Les enceintes protohistoriques et les cap barrés

Photo : Une portion du mur du cap barré du Causset

Les enceintes protohistoriques sont des fortifications rustiques qui datent généralement de l’âge du fer mais peuvent être un peu plus anciennes. Leur vocation n’était pas à proprement parler militaire. Il s’agissait plutôt de villages fortifiés : l’intérieur de l’enceinte ménageait de larges espaces pour installer des maisons (généralement adossées à la muraille) , et des terrains non construits permettant sans doute de faire du maraîchage et de rentrer les troupeaux.

Les enceintes protohistoriques étaient généralement édifiées sur des points hauts, permettant de faciliter leur défense. Une variante souvent rencontrée consistait à les installer sur une avancée rocheuse entourée de falaises. Cela permettait de limiter le travail de construction, le mur courant d’une falaise à l’autre. Cette position en bord de falaise permettait de dominer une vallée, et de surveiller les environs et les accès. On parle alors de cap barré.

Les enceintes étaient entourées d’un mur épais (entre 2 et 4 mètres), d’une hauteur équivalente. Le mur est bâti en pierre sèche, sans mortier, ce qui est étonnant car cet ingrédient important de l’art de bâtir existait depuis longtemps.

L’assemblage est relativement grossier, constitué en deux « parements » (rangs de pierres bien ajustées formant deux parois verticales) entre lesquels on remplit de pierres en vrac. Un tel assemblage est relativement fragile, sensible aux coups de boutoir, c’est pourquoi les bâtisseurs de l’époque ont inventé un système de stabilisation constitué de poutres traversant les murs, dans le sens de l’épaisseur et/ou longitudinalement, avec de nombreuses variantes selon les constructions.

Tentative de reconstitution d’un mur d’enceinte protohistorique (tiré de « Les remparts à poutrage interne du premier et du début du second page du Fer du Puech de Mus à Sainte-Eulalie-de-Cernon et du Mont Seigne à Saint-Laurent-du-Lévézou – par P. GRUAT, B. FRANCQUEVILLE, L. IZAC-IMBERT, G. MARCHAND et G. MARTY – Acte du 28e colloque AFEAF – Aquitania sup. N°14/1 -2004 »

Un ou plusieurs fossés entourent la muraille côté extérieur.

Sur la can de l’Hospitalet, on ne connait pas d’enceinte au sens strict, mais il existe un cap barré au Causset, et certains ont cru en voir un au dessus de Ventajols (mais cela n’est pas du tout confirmé, ni même vraisemblable).

Sur le causse Méjean, les enceintes et cap barrés sont nombreux (voir par exemple la très belle enceinte de la Rode).

Autre forme d’enceinte

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