Une expérimentation de fabrication de fer en bas-fourneau

En septembre 2017, avec le foyer rural Tarnon Mimente de Saint-Laurent-de-Trèves, nous avons procédé à une expérimentation passionnante : fabriquer du fer à partir de minerai local, en appliquant la technique des hommes de l’âge du fer : le bas-fourneau. Voici quelques photos de ces journées exceptionnelles.

Les premiers étages du four. Les briques réfractaires sont assemblées à l’argile locale
L’intérieur du four, une fois terminé
Pendant ce temps, on s’occupe du minerai : des limonites collectées sur la can de l’Hospitalet, complétées par des résidus de minerai glanés sur le bord de la route près du col de Montmirat
Il faut commencer par réduire le minerai en poudre. Contrairement à ce que nous aurions cru, cela se fait assez facilement, le minerai est assez fragile.
A force de frapper on obtient une poudre, qui est réactive à l’aimant, preuve qu’il y a bien du fer là-dedans
On enfourne du charbon de bois, du minerai, du charbon de bois, du minerai… et on lance la soufflerie
Il y a un mauvais génie là-dedans, ou quoi ?

Pendant 10 heures, le fer contenu dans le minerai se liquéfie, et tombe vers le fonds du four, ou il s’accumule en un bloc spongieux, encore invisible, la « loupe ». Le contenu du four se tasse imperceptiblement. On rajoute régulièrement minerai et charbon de bois.

Après 10 heures de cuisson, c’est le démoulage. Pas d’autre solution que de détruire le four
Une chaleur infernale s’en dégage
La loupe de fer incandescente apparait
Il faut frapper la loupe tant qu’elle est chaude pour la compresser, la rendre dense et uniforme.
Démontage du four le lendemain.
Les briques de la base ont tellement chauffé qu’elles ont fondu, formant les fameuses « scories« 

Au final, après tout ce travail, environ 5 kilos de fer sont obtenus… tout ça pour ça.

Nombreuses ont été les tricheries par rapport à la pratique originelle : pour construire le four, nous avons utilisé des briques réfractaires, bien plus efficaces que les pierres brutes. Le charbon de bois provenait directement du supermarché (alors que nous aurions pu envisager un atelier de fabrication de charbon de bois, qui nous aurait occupé quelques jours de plus). Et puis nous avons utilisé une soufflerie à moteur électrique pour entretenir un fort niveau de combustion. Malgré cela, la réussite n’a été que partielle, car le fer obtenu était de très mauvaise qualité et il n’est pas certain qu’il aurait pu être forgé.

Respect aux anciens qui ont découvert ces techniques et les ont mises en œuvre avec leur moyens de l’époque !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.