Histoire générale des drailles et de la transhumance en Cévennes

Voir aussi une version romancée de ce récit

L’ancienneté de la transhumance est un sujet qui ne fait pas l’objet d’un consensus de la part de la communauté scientifique. Certains y voient une pratique multimillénaire, d’autres estiment que pour des raisons d’organisation et de sécurité elle ne serait pas plus ancienne que l’époque médiévale. Je reste attentif aux différents points de vue et argumentaires, mais dans ce site je m’appuie principalement sur une transhumance ancienne.

Le principe de transhumance est si ancien qu’il s’est ancré au plus profond de l’animal, sous la forme d’une sorte de mémoire collective : aujourd’hui encore, les troupeaux semblent avoir une connaissance intuitive de la draille : ils ne s’en éloignent jamais. Pierre Clément raconte qu’il a observé des troupeaux se réveillant et se mettant spontanément en route au lever de la pleine lune, obéissant à l’impulsion d’un mystérieux atavisme… La transhumance et la draille seraient-elle inscrite dans les gènes des ovins ? Voici un petit résumé de ce que l’on sait, suppose… ou rêve !

Après la fin de la dernière glaciation, vers -10.000 ans, la température remonte. Lors des étés de plus en plus chauds, les herbivores sauvages des régions à tendance arides apprennent progressivement à monter chercher de l’herbe et de l’eau en altitude. C’est la migration saisonnière. Parmi ces herbivores, au proche orient on trouve le mouton sauvage. Il est domestiqué là-bas vers le VIIème millénaire. Les nouveaux bergers n’ont pas le choix : ils suivent la migration, puis l’organisent, ce sont les premières transhumances. Quelques siècles plus tard, les moutons domestiques arrivent en Languedoc, le phénomène de la transhumance est reproduit. Lorsque l’homme s’installe durablement dans les montagnes, des règles doivent se mettre en place pour réglementer et formaliser le fonctionnement de la transhumance.

Sur cette gravure représentant Florac, datant d’une époque que je ne connais pas, mais sans doute ancienne si l’on considère la taille du village, on reconnait les rochers du Rochefort à droite. Au fond à gauche, on voit nettement la draille de Margeride descendre de la can de Ferrière.

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