La formation de la can de l’Hospitalet

A partir de quelle époque peut-on parler de Can ? La question est moins évidente qu’il n’y paraît.

Avant le jurassique (-200 millions d’années), il n’y a pas encore de calcaire dans la région des actuels Causses. Des massifs cristallins préexistants (Aubrac, Margeride, Cévennes, Rouergue…) émergent et délimitent de vastes zones inondées : les futurs grands causses entre le Rouergue et le « seuil cévenol », les futurs causses du Quercy côté Atlantique, et les futurs causses du bas Languedoc côté Mediterranée. Dans ces mers tièdes et peu profondes se développent des organismes vivants. Lorsqu’ils meurent, leurs squelettes calcaires tombent et s’accumulent au fond de l’eau sur des dizaines puis des centaines de mètres d’épaisseur. La pression due au poids des couches supérieures aide à évacuer l’eau de cette boue calcaire. Des réactions physico-chimiques fond progressivement « prendre » ce ciment qui se durcit pour créer la roche calcaire telle qu’on la connaît aujourd’hui, dans ses diverses formes. Ce phénomène est relativement rapide durant le jurassique (entre -200 et -130 MA) et se prolonge durant le Crétacé. L’épaisseur de calcaire atteint bientôt plusieurs milliers de mètres d’épaisseur par endroit.

Vers – 35 millions d’années, l’ensemble se soulève et fait émerger les plateaux calcaires jusqu’à de grandes altitudes. Les différents ensembles calcaires d’aujourd’hui (causses, can, bondons…) se sont pas encore séparés par des vallées.

Intéressons-nous de plus près à l’emplacement de la future can de l’Hospitalet, dans le bassin central, entre les seuils cévenol et du Rouergue. On ne trouve sur l’actuelle can aucune trace de dépôts crétacés, sans qu’on puisse déterminer s’ils ont depuis été totalement décapés par l’érosion où s’ils ne se sont pas produits en cet endroit. Toujours est-il qu’à la fin du processus de sédimentation, une vaste surface calcaire relativement uniforme occupe l’ensemble de la zone actuelle des causses. La can n’est encore qu’une portion non individualisée de cette vaste plaine entourée de sommets cristallins plus élevés que rivières n’arrivent pas à entamer. La seule sortie possible pour les eaux est une sorte de « seuil » situé aux alentours de l’actuel massif granitique du Lévezou, entre Millau et Rodez.

Cette surface va rester en place très longtemps. Elle n’est quasiment pas touchée par l’érosion car en raison de la pente quasi nulle, les différentes rivières qui coulent par ici (dont le proto-Tarn) n’ont aucun pouvoir érosif. Elles y ondulent mollement, changeant souvent de cours au gré de leurs rêveries, déposant des sédiments de diverses natures (argiles, sables, fer…) qu’elles ont raclé sur les massifs cristallins environnants. La pédogenèse (formation des sols) se met en route.

Au pliocène, vers 10 – 15 MA, la surrection des Alpes est à son maximum et ses conséquences se font sentir jusqu’ici. La région est basculée, les Cévennes sont relevées, et l’érosion commence à attaquer le seuil du Lévezou, qui est lentement ouvert sous l’action du proto Tarn. Une fois ce seuil abaissé, l’érosion se met rapidement en marche sur tous les causses, sous l’effet du phénomène de karstification : les grandes rivières dévalant les pentes raides depuis les hauteurs du Mont Lozère, de l’Aigoual, et d’autres sommets très élevés et très escarpés, se creusent des lits profonds puis des gorges, qui sont les grandes vallées d’aujourd’hui (Tarnon, Jonte, Tarn…). Beaucoup de rivières de plus petite ampleur s’enfoncent et créent des lits souterrains.

La can, en se séparant peu à peu du Causse Méjean, est réellement en train de naître..

A quoi a bien pu ressembler ce ce plateau tout neuf avant l’arrivée de l’homme ? Qu’a t’il bien pu s’y passer ? Quelle végétation y a poussé, quels animaux sont venus s’y installer ? C’est ce que vous apprendrez en revenant vous brancher sur cette page une fois tous les 10 ans, le temps que je trouve des infos un peu précises sur la question.

Il est cependant probable que juste avant l’arrivée de l’homme dans la région (quelques dizaines de millénaires au maximum, semble-t-il), les grands reliefs de la can étaient déjà constitués tels qu’aujourd’hui. Le plateau était par contre probablement couvert d’une forêt primitive qui n’a disparu que par défrichement humain, pour ouvrir des pâturages et récolter du bois de feu.

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