Le rassemblement des mâles d’abeille de la can de l’Hospitalet

Photo : c‘est à peu près là… mais pas en cette saison !

Fin juin. Une chaude après-midi sur « la plane », cette étendue peu accidentée du centre de la can de l’Hospitalet, envahie par les genêts. La chaleur fait monter du sol un air vibrant. C’est le silence… et pourtant… il y a comme… un bruit, un vrombissement doux et lointain, qui semble provenir du fonds de l’horizon. Un bruit d’insecte. Pas un insecte isolé, mais un très grand nombre. Ils sont dispersés, à l’ombre des genêts, tous en train de faire la même chose au même moment : immobiles dans l’air, en suspension sur leurs ailes, ils attendent. C’est la somme des bruits de leurs milliers d’ailes dispersées qui produit ce fonds sonore.

Ce sont des mâles d’abeilles, des « faux bourdons ». Ils attendent…

Pierre Jean Prost, spécialiste des abeilles, montre à Hubert un jeu innocent. Il s’agit de lancer un caillou en l’air. Dans le très court laps de temps qu’il met à retomber au sol, il y a toujours, surgit d’on ne sait où, un mâle d’abeille qui se jette frénétiquement dessus. Pour le féconder. Ça ne marchera pas avec le caillou. Pendant un temps le faux bourdon a crû qu’il pouvait s’agir de celle qu’il attend avec ferveur : la reine. Car c’est pour cela qu’ils sont tous là : pour féconder une reine. Si l’une d’entre elles pointe son nez à proximité, ce sera un raz de marée, un acte d’amour violent, à 1000 contre une.

Chacun d’entre nous connaît la légende de la reine des abeilles qui quitte la ruche avec une armée de mâles prétendants à ses trousses et entame une course éperdue qui va les décourager l’un après l’autre. Bientôt il ne reste qu’un seul favori auquel elle va offrir ses charmes… Pierre Jean Prost prétend que ce mode de fécondation romantique n’est pas le seul. En de rares sites dont très peu seraient connus par l’homme à ce jour, chaque année les mâles d’abeille organiseraient  un type de chasse plus concerté, avec affût et attaque groupée par surprise. La plane serait l’un d’eux.

L’affaire est sérieuse, scientifiquement attestée. Elle a même fait l’objet d’un compte-rendu à l’académie des sciences par Mr Prost qui l’a observée et décrite. Un jour, grâce à un filet à papillon, il a en effet pu attraper une reine et quelques mâles et assister en direct à la fécondation.

Il s’en passe, des choses palpitantes, sous les genêts apparemment endormis de la plane !

Merci à Hubert Guérin pour ce récit de vive voix

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :