Les coraux fossiles de la can de l’Hospitalet

La can de l’Hospitalet, comme tous les causses, est constituée de calcaire. Ce calcaire est formé par l’accumulation de squelettes de microorganismes au fond de la mer de l’époque. Dans certains cas, des coraux se sont implantés sur des zones peu profondes, et ont laissé sur place le « squelette » de la colonie une fois celle-ci morte. Les fossiles de coraux sont un bon marqueur écologique (on dit « fossile de faciès »), ils indiquent un milieu de sédimentation assez précis : les récifs de coraux actuels se situent dans des océans où la température de l’eau en hiver ne descend pas en dessous de 20°C, une salinité moyenne, une bonne circulation de l’eau pour une bonne oxygénation et le drainage des particules, une profondeur inférieure à 50 m (car la lumière doit permettre la photosynthèse des algues symbiotiques des coraux).

Les coraux du Serre de Montgros, déposés sur la motte de terre sous laquelle je les ai trouvés
Détail d’un corail de Montgros

Mon inventaire personnel ne répertorie que deux types à ce jour sur la can (attention, les dénominations sont les miennes, car je n’y connais rien. Si quelqu’un identifie ces espèces, merci de me le faire savoir) :

Les « Assiettes ». Ces coraux sont organisés en colonies plates à deux faces. Le « recto » est constitué d’alvéoles grossièrement hexagonales. Quant au « verso », il est constitué d’anneaux de croissante concentriques qui forment une sorte de pied, qui devait j’imagine être ancré à la roche. Je n’en sais pas plus, mais je sens qu’un spécialiste ne va pas tarder à me le dire… J’ai trouvé des assiettes dans la motte de terre entourant les racines d’un pin noir abattu par la tempête sur le flanc nord du Serre de Montgros (voir le récit de cette fantastique découverte)

Du point de vue de la classification, ces « assiettes »  font partie du genre Isastrea, un polypier Madréporaire.

Les « Patates ». Le nom que j’ai choisi à cette espèce leur rend correctement honneur, je pense. Ce sont vraiment des espèces de patatoïdes allongés, de quelques centimètres à quelques décimètres de long. Percés en leur axe d’un trou qui devait servir à faire circuler quelque chose, j’imagine ? Certains, plus élaborés, présentent des sortes de diverticules, de ramifications elles aussi perçées d’un trou à leur axe. Comment pourrait s’appeler ce bazar ? Il n’est pas exclu qu’il s’agisse non pas de coraux mais d’éponges fossiles…

J’ai trouvé des patates sur le rebord occidental du plateau du Suquet, mais aussi dans un certain nombre de clapas, cela semble être une variété assez courante, que l’on peut facilement prendre pour une vulgaire pierre si on ne fait pas très attention.

Trois coraux fossiles du Suquet
Un peu plus élaboré, un modèle de corail patatoïde avec diverticules
Le modèle le plus simple, un simple ovoïde allongé

… et toujours avec un trou à l’axe

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