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"Le penseur de pierre" (détail d'un clapas au couchant sur la can d'Artigue)
Un arbre a choisi un clapas pour s'installer. Vers quelles nourritures ses racines ont-elles été attirées ? Avec quelles forces ont-elles pénétré la pierre ? Et si, finalement, c'était plutôt par les branches qu'il puisait son énergie et sa stabilité dans le ciel ?
Un clapas à parements, pour occuper une emprise au sol plus réduite... (bordure est du causse Méjean)
Certains clapas sont si gros que les clôtures ne prennent même pas la peine de les traverser, elles les escaladent ! (can d'Artigue)
Un magnifique clapas sur la can de Balazuègne

Les clapas

Les clapas sont des tas de pierres entassées par les paysans pour débarrasser de leurs cailloux les terrain environnants (en occitan, clap signifie "pierre, caillou"). Cela permet d'améliorer la qualité agricole des sols très pierreux en augmentant le pourcentage de surface utile, et par conséquent de pratiquer une agriculture un peu plus intensive. cette pratique était en général réservée aux zones de cultures céréalières.

Il est difficile de dater avec précision les clapas, car le travail qui a mené à leur apparition s'est probablement étalé sur plusieurs génération, sans doute plusieurs dizaines voire plusieurs centaines. En effet, les agriculteurs d'aujourd'hui le savent bien : "quand y en a plus y en a encore" : une fois le terrain nettoyé une première fois, les pierres "remontent" dès la saison suivante, en quantités certes plus faibles mais bien réelles ! Ce phénomène s'explique tout simplement par le fait que la roche sous-jacente, couverte par la terre végétale, continue à se dégrader, à se briser, à se fractionner, donnant naissance en permanence à une grande quantité de débris de toutes tailles. Les plus fins s'incorporent à la matière organique pour constituer le sol, et les plus gros remontent effectivement à la surface par un phénomène physique bien identifié.

La vie d'un clapas témoigne donc de la vie agricole d'un pays : ils naissent, tout petits, lors des premières utilisations intensives des sols, puis grandissent au rythme des remontées de pierres et des besoins d'amélioration... Peut-être ce travail se faisait-il durant les moments perdus, en surveillant le troupeau, ou de manière collective et organisée, en gigantesques chantiers rassemblant tout le village ou la tribu pour dépierrer rapidement une zone prédéterminée...

Les clapas anciens, c'est à dire érigés à la main, sont toujours nus. Dans les dernières décennies, la mécanisation des pratiques agricoles a permis aux paysans d'utiliser des engins (bulldozers) pour agrandir leur surface agricole en nettoyant plus rapidement des nouveaux terrains.  Mais ces machines grossières grattent une partie de la terre qui se retrouvent mélangée aux pierres, permettant à la végétation (de l'herbe et des broussailles, dans un premier temps) de pousser sur ces clapas de nouvelle génération.

Sur la can, la densité et la taille des clapas varie considérablement d'un endroit à l'autre. Les fonds de dolines, aux sols épais, en sont quasiment dépourvus (comme par exemple la plaine de Montgros), ainsi que certaines croupes aux sols tellement rachitiques ou inexistants que les agriculteurs n'ont même pas jugé utile d'essayer de les améliorer.

Assez souvent, les clapas sont des lieux qui intéressent les géologues, les archéologues ou les paléontologues car ils offrent l'avantage de condenser en un lieu de taille restreinte des cailloux provenant d'une zone géographique large, et surtout cumulant plusieurs décennies, siècles ou millénaires de pierres entassées. Ils constituent donc un résumé du lieu au travers du temps. Dans les clapas de la can, on peut trouver une grande diversité de roches, comme diverses sortes de calcaires, des grès, des chailles... Mais également assez souvent des fossiles de diverses sortes, et parfois des débris d'objets humains (tessons, tuiles...). Dans le meilleur des cas certains clapas peuvent être eux même des objets archéologiques : ce ne sont alors pas des clapas mais des tumuli (tombes de l'âge du fer) ou des vestiges de murs de pierre sèche de la même époque, comme au cap barré du Causset.

Sur un clapas il fait bon profiter du soleil dont la chaleur, renvoyée par la roche, permet de s'attarder par des fins de journées d'automne, et d'étudier à loisir en rêvassant toutes les merveilles qu'il recèle.

Sur la can

Voici quelques lieux où voir des clapas particulièrement intéressants :

  • La plus grande concentration de clapas est à ma connaissance atteinte sur la can d'Artigue : ils occupent près de la moitié de la surface du sol !
  • Sur la côte 1034 de la can de Saint Laurent de Trèves, les clapas ont été érigés sur des affleurement rocheux appelés "lapiaz", leur donnant des formes étonnantes et évocatrices...
  • Vous trouverez des clapas à fossiles en de nombreux endroits, comme par exemple  sur la can de Balazuègne, aux environs de la bergerie située à environs 300 mètres au sud du point côté 982.
  • Clapas à tuiles gallo-romaines dans les alentours du tumulus du col de vache.
15/03/2008
Le clapas Cazelle marguerite
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Le clapas Cazelle marguerite.
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