La grotte de Cros – Paillo

Comment se font les choses… la première fois que j’empruntais le chemin d’estive de Salgas, le hasard voulut qu’après avoir sué et soufflé les dizaines de lacets serrés qui s’enchaînent au long de ce parcours magnifique, je m’arrêtâsse précisément là. A cet endroit qui apparemment n’a rien de particulier, non loin de l’endroit où le chemin allait déboucher, enfin, sur le causse. N’importe qui d’autre aurait parcouru ces derniers mètres pour profiter pleinement de la vue, mais moi j’avais posé mon sac là. Je soufflais encore bruyamment lorsque mon regard avait été attiré par… un petit quelque chose légèrement « différent » dans la végétation. Question de densité, peut-être ? Je m’étais approché, et j’avais distingué, sous les buis, une sorte de « coulée », ces itinéraires secrets et souterrains (ou plutôt « soufeuillains ») que tracent les animaux sauvages à force de passer et repasser par les mêmes endroits. Le genre de truc qui m’attire inexorablement, allez savoir pourquoi… A peine 3 mètres plus bas, une ouverture sombre s’ouvrait juste sous le chemin. Bruits de gouttes d’eau dans le lointain… J’entrais à tâtons, pas de lampe, j’allais aussi loin que je pouvais dans l’obscurité grandissante, testant prudemment le sol du bout des pieds, me gardant d’un plafond trop lointain avec mes bras levés.

Dans la grotte de Cros-Paillo, regard vers l’entrée

Le lendemain, hop, remontée avec l’indispensable accessoire, la lampe, et ma petite fille dans les bagages. A nouveau 400 mètres de montée, avalés à toute vitesse.

Comment c’est, là-dedans ? C’est assez grand au regard d’un non spéléologue (on y tient debout sur la grande partie de l’itinéraire), assez profond aussi (peut-être une centaine de mètres en tout, pour ce qui est de la galerie supérieure), sans danger si l’on fait gaffe à ne pas se fourrer exprès dans un petit trou (plutôt planqué) qui part vers les profondeurs une dizaine de mètres après l’entrée, et plein de petites surprises, comme une partie avec de l’eau, une salle au toit effondré, des inscriptions sur le mur datant des années 70 (hé non, on n’est pas les seuls à connaître cet endroit)…

La vallée du Tarnon, depuis le chemin d’estive de Salgas, non loin de la bordure du Causse Méjean

Bref, un arrêt vraiment chouette sur le chemin du causse, qu’il serait dommage de rater lorsqu’on passe par là.

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