Des dinosaures au plafond

Depuis des décennies, de nombreux sites d’empreintes de dinosaures sont répertoriés en Lozère. Jusqu’à ce jour toutes les traces appartenaient aux Ichnogenres « Grallator »,  » Dilophosauripus » et « Eubrontes », à la forme tridactyle bien connue, représentant des espèces du sous-ordre des Théropodes (ainsi par exemple sur le site bien connu de Saint-Laurent-de-Trèves).

Mais en 2015, une découverte stupéfiante est venue bousculer cet état des connaissances. Des paléontologues en sortie de loisir dans la grotte de Castelbouc ont découvert, au plafond de la grande salle, une vingtaines d’empreintes circulaires, mesurant jusqu’à 1m25 de diamètre. Deux ou trois individus ont marché côte à côte pour former un véritable cheminement qui traverse la galerie de part en part. Ces traces ont été laissées par des dinosaures quadrupèdes et herbivores de la famille des Sauropodes (comme les fameux diplodocus). (voir l’article détaillé sur le site du CNRS)

Dès qu’il a connu la nouvelle, ML, notre grand spécialiste local de toutes les questions de sciences naturelles, a foncé à Castelbouc pour en savoir plus, et surtout apporter sa propre expertise à ce travail passionnant. Tout juste sorti de la grotte où il s’est enfermé trois jours sans boire ni manger pour mieux sentir les ondes du site, il a accepté de nous livrer ici ses propres conclusions à chaud :

« Tout d’abord, je veux rendre hommage à l’équipe qui a fait cette découverte stupéfiante. J’aurais préféré en être moi-même à l’origine, mais ne boudons pas notre plaisir, c’est formidable, magnifique, bravo. Pour autant, un point a été vraiment négligé dans l’étude et les conclusions rendues, et ce n’est pas un détail : il s’agit de la localisation des empreintes au plafond de la cavité. C’est très rare de par le monde, et je n’ai à ce jour lu que des explications mal étayées, voire carrément fantaisistes. Dans le cas présent, les paléontologues ont imaginé un processus vraiment tirés par les cheveux. D’après eux, les dinosaures auraient laissé leurs empreintes sur une surface molle. Elles auraient ensuite été recouvertes et se seraient solidifiées. Bien plus tard, grignotées par l’érosion souterraine de la grotte en formation, les sous-couches se seraient effondrées précisément sous la couche des traces. Cette hypothèse est certes intellectuellement intéressante, mais pas du tout réaliste car elle suppose l’enchaînement d’un grand nombre de hasards successifs pour mener à ce que l’on observe aujourd’hui. Et la science, voyez-vous, n’aime pas le hasard.

Cet égarement vient d’après moi du fait que les chercheurs ayant élaboré cette théorie ne sont pas d’ici vous comprenez ? Ils n’ont pas la sensibilité fine à ce qui fait notre belle Lozère. Ils ont tout simplement oublié de s’informer sur les conditions très particulières qui régnaient à l’époque dans la région. Comme je l’ai découvert récemment, l’altitude du Causse Méjean était à l’époque de 17000 mètres (pour plus de détails reportez vous à mon article « Le causse Méjean, point culminant de ma Terre à l’époque Antéprotocambrienne« ). Cette masse de roche était tellement gigantesque qu’elle créait sa propre force d’attraction gravitationnelle. La grotte de Castelbouc étant située à la base du Causse Méjean, deux forces d’attraction s’y opposaient donc : celle engendrée par la planète, dirigée vers le bas, et celle due au protoméjean, dirigée vers le haut. A certaines époques, avant que l’érosion ne rabote le causse pour le ramener à l’altitude que nous lui connaissons aujourd’hui, la force orientée vers le haut était plus puissante que celle orientée vers le bas. Tout objet se trouvant dans cette grotte se voyait donc naturellement attiré vers le HAUT. Et tout être vivant circulant par là marchait donc au plafond, la tête en bas. CQFD.

Je tends ici une main en direction de l’équipe de scientifiques découvreurs pour qu’ils aient la modestie d’accueillir ma découverte et la valident dans leur corpus de données et d’interprétation. Nous pourrons ainsi prolonger ensemble la recherche pour traiter les questions passionnantes que cette nouvelle réalité fait surgir. Je propose de défricher quatre champs principaux d’investigation :

1 – Comment les dinosaures ont-ils fait pour parvenir jusqu’à la grande galerie, accessible seulement par des boyaux mesurant parfois moins d’un mètre de diamètre ? Je pose ici l’hypothèse qu’ils auraient fait le chemin tout bébés, lorsque leur taille le leur permettait encore, pour ensuite grandir dans la grotte et finalement y être définitivement bloqués. Une société dinosaurienne autonome s’est donc très probablement développée dans l’ensemble du réseau. Comment se sont-ils nourris ? Où sont passés leurs squelettes ?

2 – Pourquoi les traces laissées au plafonds sont elles convexes ? Sans doute parce que les individus concernés avaient les pieds creux, ce qui constituerait une première observation mondiale.

3 – Le cheminement des traces au plafonds semble littéralement sortir d’une des parois et rentrer dans l’autre. Comment les animaux ont-ils réalisé ce tour de force digne du passe-muraille de Marcel Aymé ?

4 – A l’époque bien plus tardive où, raboté par l’érosion, le protoméjean n’a plus pu fournir une gravitation ascendante suffisante pour maintenir les dinosaures fermement collés au plafonds, ils ont du sentir leur poids diminuer progressivement jusqu’à s’annuler totalement lorsque les deux forces se sont équilibrées. Sans doute ont-ils alors flotté mollement dans les galeries de Castelbouc pendant quelques millénaires ? L’image est originale, sans doute mériterait-elle quelques représentations d’artistes, voire même un son et lumière ? Plus sérieusement, voilà enfin une explication plausible à l’apparition des oiseaux, que l’on sait descendre de certaines espèces de dinosaures.

Plus tard encore, lorsque l’attraction vers le haut a quasiment disparu, les dinosaures sont forcément retombés par terre. Ont-ils eu le temps de se remettre d’aplomb pour se poser doucement sur leurs pattes ou se sont-ils fait très mal ? Si le phénomène a été violent, cela pourrait en partie expliquer la disparition des dinosaures (du moins de ceux de Castlebouc) sans avoir besoin de recourir à l’hypothèse d’un météorite. Les idées les plus simples sont souvent les bonnes.

Énormément de questions donc, de belles recherches en perspective ! »

Merci ML pour ces explications passionnantes, surtout ne manquez pas de nous tenir informés des développements futurs sur vos recherches.

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