Boucle au râteau depuis la vallée du Vénéon

Itinéraire parcouru en grande partie fin juillet 2019.

Le râteau est un sommet complexe. Comme son nom l’évoque, il se présente sous la forme d’une arête horizontale hérissée de petites pointes d’altitudes proches, qui fait penser à une sorte de peigne. Les pointes situées aux extrémités est et ouest de cette arête sont très légèrement plus élevées que les autres, de telle sorte qu’elles ont reçu les appellations originales de râteau sommet est et râteau sommet ouest.

Mais ce sont quasiment deux sommets différents. La traversée du sommet est au sommet ouest, sans être très difficile, est d’un niveau nettement plus élevé que les voix qui donnent accès à l’un ou à l’autre depuis la vallée. Pour couronner le tout, la voie normale du sommet ouest est en versant nord, depuis le téléphérique de la Grave, alors que la voie normale du sommet est monte par le sud (vallon de la Selle)

Le sommet ouest surplombe le domaine skiable de la Girose, grâce au téléphérique il se fait dans la journée les mains dans les poches au milieu de nuées de cordées d’initiation. Le sommet est nécessite deux journées d’effort dans une vallée austère, sauvage et silencieuse. Gros contraste !

Rares sont les gens qui font la traversée de l’un à l’autre. Ceux qui, comme moi, ont eu l’occasion de fréquenter les deux, ont généralement fait deux courses séparées. La course présentée ici concerne le sommet est, si vous voulez jeter un œil à l’ouest c’est plutôt .

Je vous propose donc une boucle de 3 jours en autonomie, accessible avec un sac à dos un peu lourd.

1er jour : approche par le vallon de la Selle

Depuis la Croix du Bâtie (au dessus du centre bourg de Saint Christophe en Oisans), prendre le sentier qui remonte le vallon de la Selle. Pour exprimer mon avis, je dirais qu’il est long et chiant car très linéaire et monotone. La vue commence à se dégager de manière plus intéressante à partir du refuge.

Dans le vallon de la selle, au dessus du refuge

Au dessus du refuge on trouve de nombreuses plateformes aménagées très agréables, parfaites pour dormir. Si vous en avez le temps, il sera très chouette aussi de moonter jusqu’au beau lac qui existe maintenant à la base du glacer, vers 3000 m d’altitude (pas encore porté sur les cartes en 2019). Il est entouré d’espaces plats appropriés.

Cette journée représente entre 1000 et 1300 mètres de dénivelé selon l’option choisie, parfait pour se mettre en forme en arrivant de la vallée.

2e jour : montée au sommet par l’arête sud

La journée commence par une balade très agréable sur le glacier de la Selle.

Sur le glacier de la Selle

On peut avoir quelques inquiétudes en contemplant l’arête sud du râteau : depuis le glacier elle semble extrêmement aérienne et compacte, ce qui ne correspond pas tout à fait à sa réalité car l’autre versant, invisible, est plus fracturé et moins raide.

Quelques pas de « vraie » escalade pour rejoindre la brèche du râteau depuis le glacier (plutôt par la droite de la faille). Facile mais impressionnante avec les gros sacs, à ne pas sous-estimer donc.

A partir de la brèche, suivre l’arête qui part plein nord. Les premières centaines de mètres offrant quelques belles sensations d’escalade tout en restant abordables avec un gros sac. A mi-hauteur, l’arête s’élargit en une suite de faces en éboulis, pas toujours agréables mais sans plus aucune difficulté technique. Il y a souvent un choix à faire entre neige et rocher, cela dépendra de l’avancée de la saison, de l’heure, et de vos préférences respectives. Moi j’ai souvent préféré le rocher.

Fin du rocher, on va continuer sur la neige

Une belle antécime neigeuse un peu plus aérienne mène vers un col (sans nom ?) vers 3760.

Une grosse accumulation de neige permet d’y planter facilement un camp confortable. Je vous conseille de l’installer, puis de monter au sommet les mains dans les poches.

Le camp au col, vers 3700 mètres. La Meije en arrière-plan.

3è jour : redescente par la brèche de la Meije

L’arête est du Rateau qui mène de votre camp à la brèche de la Meije est à peu près de même longueur, même durée et même type de difficulté que l’arête sud : pas mal de rocher pourri mais facile, un ou deux rares passages d’escalade facile (accessible avec les sacs), et des passages en neige. Le premier tronçon est à prendre obligatoirement (enfin, pour les gens comme moi, les kadors sauront passer partout) par le versant sud, après il y a plus de choix mais classiquement on rejoint le versant sur et on termine sur la neige au pied des rochers.

A la brèche de la Meije on rejoint un itinéraire fréquenté et bien tracé pour redescendre au refuge du promontoire. De là, deux options très différentes sont envisageables pour boucler la boucle :

  • Remonter à la brèche du rateau et redescendre en terrain connu
  • Continuer à descendre jusqu’au refuge du Chatelleret, puis à la Bérarde, ou il faudra faire un peu de stop pour rejoindre la voiture

Vous commencez à me connaître, vous vous doutez de ma préférence…

Bonne balade