
{"id":716,"date":"2021-11-28T16:58:52","date_gmt":"2021-11-28T16:58:52","guid":{"rendered":"http:\/\/reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/?p=716"},"modified":"2021-11-28T16:58:54","modified_gmt":"2021-11-28T16:58:54","slug":"laltitude-et-ses-effets","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/laltitude-et-ses-effets\/","title":{"rendered":"L&rsquo;altitude et ses effets"},"content":{"rendered":"\n<p>Le mal de l&rsquo;altitude se manifeste lorsque l&rsquo;on monte trop vite en altitude, sans laisser \u00e0 l&rsquo;organisme le temps de s&rsquo;acclimater. il se manifeste par des naus\u00e9es, aux de t\u00eate, perte de volont\u00e9&#8230; et peut aller jusqu&rsquo;\u00e0 entra\u00eener la mort dans les cas les plus extr\u00eames. Il est possible de le pr\u00e9venir, par une acclimatation appropri\u00e9e, mais beaucoup moins de le traiter.<\/p>\n\n\n\n<p>Je pr\u00e9cise avant de commencer que je n&rsquo;ai pas de formation officielle sur ce sujet. Les lignes qui suivent retranscrivent simplement l&rsquo;exp\u00e9rience issue d&rsquo;une longue observation, et d&rsquo;une \u00ab\u00a0pratique\u00a0\u00bb personnelle fr\u00e9quente du mal de l&rsquo;altitude. J&rsquo;aimerai bien qu&rsquo;un de ces jours un m\u00e9decin lise ces lignes et me dise si les sympt\u00f4mes et rem\u00e8des que je d\u00e9cris ici ont des appellations contr\u00f4l\u00e9es et officielles. Merci d&rsquo;avance.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">A quoi ressemble le mal de l&rsquo;altitude ?<\/h2>\n\n\n\n<p>Le mal de l&rsquo;altitude peut prendre plusieurs formes assez diff\u00e9rentes selon le niveau de gravit\u00e9. On peut distinguer trois phases :<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le petit mal des montagnes (appellation non contr\u00f4l\u00e9e)<\/h3>\n\n\n\n<p>Quelques sympt\u00f4mes li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;altitude peuvent survenir \u00e0 tout moment d\u00e8s lors que l&rsquo;on d\u00e9pense de l&rsquo;\u00e9nergie. Ce sont :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><b>Un essoufflement \u00e0 l&rsquo;effort<\/b> : on a du mal \u00e0 trouver son air, on hal\u00e8te comme un chien. J&rsquo;imagine qu&rsquo;il s&rsquo;agit tout simplement de l&rsquo;effet de la baisse de pression de l&rsquo;air.<\/li><li>La<b> t\u00eate qui tourne quand on s&rsquo;agite trop<\/b>. Exemple typique : lorsque l&rsquo;on creuse une plate forme dans la neige pour installer le camp, \u00e0 grands coups de pelles. En quelques secondes la t\u00eate tourne, le champ de vision s&rsquo;obscurcit, parfois on a une baisse de tension suffisante pour tomber au sol. Impressionnant mais pas grave !<\/li><li>Un <b>l\u00e9ger mal de t\u00eate. <\/b>Personnellement, je ressens souvent une douleur localis\u00e9s sur l&rsquo;arri\u00e8re de la t\u00eate, au niveau des tendons qui entourent la colonne vert\u00e9brale.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Ces sympt\u00f4mes disparaissent g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e8s qu&rsquo;on cesse ou diminue l&rsquo;effort et qu&rsquo;on prend l&rsquo;air.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le mal aigu des montagnes (MAM)<\/h3>\n\n\n\n<p>Dans un second temps, si l&rsquo;on reste en altitude (m\u00eame sans une activit\u00e9 physique importante), d&rsquo;autres sympt\u00f4mes apparaissent :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><b>Les naus\u00e9es<\/b>. Elles sont faibles et passag\u00e8res au d\u00e9but, puis tr\u00e8s fortes, allant jusqu&rsquo;aux vomissements. Contrairement au mal des transports ces vomissements ne calment pas les naus\u00e9es.<\/li><li><b>Le mal de t\u00eate<\/b>. Il peut \u00eatre tr\u00e8s violent.<\/li><li><b>Une baisse sensible de la volont\u00e9<\/b>. Je pense que ce sympt\u00f4me est un d\u00e9riv\u00e9 naturel des naus\u00e9es. On n&rsquo;a plus en vie de rien faire, on n&rsquo;a plus en vie de faire d&rsquo;effort pour monter, plus envie non plus de bouger pour descendre&#8230; On a envie que les autres nous disent ce qu&rsquo;il faut faire, et qu&rsquo;ils nous aident \u00e0 le faire. On a envie d&rsquo;\u00eatre dorlot\u00e9s, on devient terriblement \u00e9go\u00efste.<\/li><li><b>Une aptitude \u00e0 l&rsquo;endormissement<\/b>. Ce sympt\u00f4me fonctionne avec les autres, il est impressionnant \u00e0 l&rsquo;ouvrage. Par -20\u00b0C, malade comme un chien, je me suis endormi en 30 secondes sur l&rsquo;ar\u00eate des bosses lors de ma premi\u00e8re ascension du Mont-Blanc.<\/li><li><b>Un manque de pertinence quant aux comportements \u00e0 adopter<\/b>. Toute logique peut quitter le malade, qui selon le cas (et entre autres exemples innombrables) se croit ailleurs, pense qu&rsquo;il r\u00eave, prend des d\u00e9cisions totalement inadapt\u00e9es, ne sait plus faire les gestes habituels&#8230;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;oed\u00e8me<\/h3>\n\n\n\n<p>Si la personne persiste \u00e0 rester en altitude malgr\u00e9 le MAM, il peut y avoir risque d&rsquo;oed\u00e8me : de l&rsquo;eau s&rsquo;accumule dans les poumons (oed\u00e8me pulmonaire) ou dans le cerveau (oed\u00e8me c\u00e9r\u00e9bral).<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;oed\u00e8me pulmonaire est tr\u00e8s facile \u00e0 reconna\u00eetre : il provoque une respiration tr\u00e8s rauque, et la personne crache une bave ros\u00e9e. L&rsquo;oed\u00e8me c\u00e9r\u00e9bral est plus complexe car il ne g\u00e9n\u00e8re pas vraiment d&rsquo;autres sympt\u00f4mes que ceux du MAM pr\u00e9c\u00e9demment d\u00e9crits, ils sont simplement plus violents et peuvent aller jusqu&rsquo;au coma.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces deux oed\u00e8mes sont MORTELS A COURT TERME (quelques heures). La redescente imm\u00e9diate de quelques centaines de m\u00e8tres est la solution la plus simple, si ce n&rsquo;est pas possible l&rsquo;\u00e9vacuation par h\u00e9lico doit \u00eatre d\u00e9cid\u00e9e sans h\u00e9siter, sinon reste la solution du caisson hyperbare que tout le monde n&rsquo;a pas sur lui en permanence \u00e9videmment&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai le souvenir d&rsquo;avoir crois\u00e9, \u00e0 la Garganta (col entre les sommets nord et sud du Huascaran, au P\u00e9rou) un cadavre tout \u00e0 fait mort d&rsquo;un oed\u00e8me, \u00e7a fait r\u00e9fl\u00e9chir !<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les causes du mal de l&rsquo;altitude<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Moins d&rsquo;oxyg\u00e8ne pour les cellules<\/h3>\n\n\n\n<p>Les cellules de l&rsquo;organisme ont besoin d&rsquo;oxyg\u00e8ne pour vivre : une cellule priv\u00e9e d&rsquo;oxyg\u00e8ne plus de 3 minutes meurt. Cet oxyg\u00e8ne, l&rsquo;organisme le tire de l&rsquo;air par la respiration. Dans l&rsquo;air il y a plusieurs gaz, de l&rsquo;azote, du CO2&#8230; l&rsquo;oxyg\u00e8ne y est repr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 20%. Ce pourcentage est constant quelque soit l&rsquo;altitude \u00e0 laquelle on se trouve. Le probl\u00e8me provient du fait que la pression de l&rsquo;air diminue avec l&rsquo;altitude. <span style=\"color: #000000;\">Au niveau de la mer, elle est en moyenne, de 760 mm Hg, au Mont Blanc elle diminue de moiti\u00e9 et au sommet de l&rsquo;Everest elle est th\u00e9oriquement de 236 mm Hg. Une m\u00eame goul\u00e9e d&rsquo;air respir\u00e9e au sommet du Mont-Blanc apportera donc \u00e0 l&rsquo;organisme 2 fois moins d&rsquo;air qu&rsquo;au niveau de la mer. Les cellules de l&rsquo;organisme risquent donc de manquer d&rsquo;oxyg\u00e8ne si l&rsquo;effort \u00e0 fournir consomme plus d&rsquo;oxyg\u00e8ne que ne peut en apporter la respiration.<\/span><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La r\u00e9action de l&rsquo;organisme<\/h3>\n\n\n\n<p><span style=\"color: #000000;\">En cas de quantit\u00e9 d&rsquo;oxyg\u00e8ne respir\u00e9e trop faible, l&rsquo;organisme met rapidement en place des processus internes pour am\u00e9liorer les choses. Au bout de quelques heures (6 environ) au-dessus de 3000m, le corps fabrique des globules rouges suppl\u00e9mentaire. Leur r\u00f4le \u00e9tant de transporter l&rsquo;oxyg\u00e8ne dans le sang depuis les poumons vers l&rsquo;ensemble de l&rsquo;organisme, cela permet d&rsquo;am\u00e9liorer l&rsquo;efficacit\u00e9 de la fixation et de l&rsquo;utilisation du peu d&rsquo;oxyg\u00e8ne respir\u00e9. <\/span><\/p>\n\n\n\n<p><span style=\"color: #000000;\">Le c\u0153ur et les poumons trouvent \u00e9galement un autre rythme : les battements cardiaques baissent d&rsquo;intensit\u00e9 et la respiration se ralentit. Suivent des modifications du syst\u00e8me hormonal, puis des changements sur le plan des tissus musculaires et adipeux.<\/span><\/p>\n\n\n\n<p>A ce stade, l&rsquo;organisme a donc r\u00e9agi pour am\u00e9liorer la capacit\u00e9 du sang \u00e0 capter l&rsquo;oxyg\u00e8ne. Cela va \u00e9viter aux cellules de se d\u00e9t\u00e9riorer, c&rsquo;est bien. Mais ce que l&rsquo;organisme n&rsquo;a pas su pr\u00e9voir, c&rsquo;est qu&rsquo;il va y avoir des effets secondaires tr\u00e8s d\u00e9sagr\u00e9ables, car l&rsquo;accumulation des globules rouges accro\u00eet la viscosit\u00e9 du sang. A partir d&rsquo;un certain moment, ce sang \u00e9pais riche en globules rouges a de plus en plus de mal \u00e0 circuler dans nos plus petits capillaires. Cette augmentation de la viscosit\u00e9 sanguine est par ailleurs amplifi\u00e9e par la s\u00e9cheresse de l&rsquo;air d&rsquo;altitude qui provoque une d\u00e9shydratation g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;incapacit\u00e9 du sang \u00e0 atteindre les plus petits capillaires du cerveau qui cr\u00e9e les premier maux de t\u00eates, naus\u00e9es&#8230; Le mal l\u00e9ger des montagnes est donc une cr\u00e9ation de l&rsquo;organisme, et pas directement de l&rsquo;altitude&#8230; On ne peut d\u00e9cid\u00e9ment compter sur personne !<\/p>\n\n\n\n<p>Plus tard, la pression trop faible de l&rsquo;air et de l&rsquo;oxyg\u00e8ne g\u00e9n\u00e8reront des probl\u00e8mes plus graves, et en particulier l&rsquo;oed\u00e8me&#8230;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Quand risque-t-on le mal de l&rsquo;altitude ?<\/h2>\n\n\n\n<p>Le mal de l&rsquo;altitude se manifeste d\u00e8s lors que l&rsquo;on gagne trop rapidement de l&rsquo;altitude sans laisser au corps le temps de s&rsquo;acclimater \u00e0 de nouvelles conditions.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;altitude \u00e0 laquelle il commence \u00e0 se faire sentir peut \u00eatre tr\u00e8s variable selon les personnes, les modes de vie, le pass\u00e9 de montagnard, etc&#8230; Disons qu&rsquo;en moyenne, une personne \u00ab\u00a0de la plaine\u00a0\u00bb, non acclimat\u00e9e, qui monte tr\u00e8s rapidement en altitude, commence \u00e0 sentir les effets de l&rsquo;altitude \u00e0 partir de 3000 m\u00e8tres (fatigue plus importante \u00e0 effort \u00e9quivalent, l\u00e9ger mal de t\u00eate et petites naus\u00e9es apr\u00e8s un effort important, etc&#8230;), que cela peut devenir vraiment probl\u00e9matique (rendre la progression difficile voire impossible) \u00e0 partir de 3500 \u00e0 3800 m\u00e8tres, et que cela peut devenir dangereux \u00e0 4500 ou 5000 m\u00e8tres (risques d&rsquo;oed\u00e8me c\u00e9r\u00e9bral ou pulmonaire). Mais ce n&rsquo;est pas une \u00e9chelle absolue, chacun doit \u00eatre \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de soi-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le \u00ab\u00a0d\u00e9lai de gr\u00e2ce\u00a0\u00bb<\/h3>\n\n\n\n<p>Le mal de l&rsquo;altitude n&rsquo;arrive pas imm\u00e9diatement. Il y a un d\u00e9lai entre le moment o\u00f9 l&rsquo;on atteint une altitude trop \u00e9lev\u00e9e par rapport \u00e0 son niveau d&rsquo;acclimatation, et le moment o\u00f9 le mal de l&rsquo;altitude survient. Je ne sais pas si ce d\u00e9lai porte un nom m\u00e9dical, donc je lui en donne un pour que l&rsquo;on se comprenne mieux par la suite. Appelons-le \u00ab\u00a0d\u00e9lai de gr\u00e2ce\u00a0\u00bb.&nbsp; Quelques exemples de la mani\u00e8re dont ce d\u00e9lai se manifeste :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Les touristes qui prennent le t\u00e9l\u00e9ph\u00e9rique de l&rsquo;aiguille du midi (d\u00e9part 1000 m Chamonix, arriv\u00e9e 3800 m) sans \u00eatre pr\u00e9c\u00e9demment mont\u00e9s en altitude disposent de 2 ou 3 heures de bonheur avant de soudain sentir leur organisme faiblir et les sympt\u00f4mes du mal de l&rsquo;altitude leur tomber dessus. Il n&rsquo;est pas rare de voir des cohues devant la gare de redescente, tout le monde voulant monter dans la prochaine cabine pour \u00e9chapper \u00e0 cette tr\u00e8s d\u00e9sagr\u00e9able sensation.<\/li><li>Les gens qui ont lou\u00e9 les services d&rsquo;un guide pour faire la voie normale du Mont-Blanc montent \u00e0 pied au refuge de l&rsquo;aiguille du go\u00fbter (3800 m). Ils y arrivent en fin de journ\u00e9e, fatigu\u00e9s mais contents, ils mangent une grande assiette de p\u00e2tes et vont se coucher. Vers minuit, un certain nombre se l\u00e8vent pr\u00e9cipitamment pour aller vomir leur repas dans les barres rocheuses (quelques-uns n&rsquo;atteignent d&rsquo;ailleurs pas l&rsquo;ext\u00e9rieur !)<\/li><li>Atterrir \u00e0 La Paz (Bolivie) est une exp\u00e9rience \u00e9tonnante. L&rsquo;a\u00e9roport est \u00e0 4100 m d&rsquo;altitude. En sortant de l&rsquo;avion on se sent l\u00e9gers, vivifi\u00e9s par l&rsquo;air t\u00e9nu et frais. On prend un taxi pour descendre en centre ville, \u00e0 3800 m. L\u00e0 on se retrouve dans un paysage ordinaire de grande ville : immeubles, grandes art\u00e8res fr\u00e9quent\u00e9es de voitures bruyantes et polluantes. Il est bien difficile de s&rsquo;imaginer que quelques heures plus tard le mal de l&rsquo;altitude va vous clouer au lit dans la chambre de votre h\u00f4tel.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Ce d\u00e9lai varie consid\u00e9rablement d&rsquo;un individu \u00e0 l&rsquo;autre, de la forme physique globale, etc&#8230;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pr\u00e9venir le mal de l&rsquo;altitude<\/h2>\n\n\n\n<p>La solution la plus intelligente pour pr\u00e9venir le mal de l&rsquo;altitude consiste \u00e9videmment \u00e0 soigner son acclimatation. C&rsquo;est tout un art, li\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9paration de l&rsquo;itin\u00e9raire, et cela m\u00e9rite une rubrique compl\u00e8te. Voyez donc \u00e0 ce sujet les <a href=\"http:\/\/reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/?p=688\">conseils pour r\u00e9ussir son acclimatation<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais plusieurs autres facteurs peuvent retarder ou limiter le mal de l&rsquo;altitude :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Le vent a un effet reconnu. Plus il fait froid et venteux moins on est englu\u00e9 dans les sympt\u00f4mes de mal d&rsquo;altitude. Choisir un itin\u00e9raire bien vent\u00e9 (par exemple une ar\u00eate d\u00e9gag\u00e9e) est donc un plus si vous \u00eates fragiles. Si vous \u00eates malade (mais pas trop) dans la tente, sortez, faites une balade au grand air, souvent \u00e7a suffit.<\/li><li>La prise d&rsquo;aspirine limite le mal de t\u00eate, mais ne fait pas grand chose contre les naus\u00e9es, et elle ne rend pas la volont\u00e9 !<\/li><li>Le fait de boire beaucoup, \u00e9galement, a un effet b\u00e9n\u00e9fique : en aidant \u00e0 lutter contre la d\u00e9shydratation syst\u00e9matique de l&rsquo;organisme dans l&rsquo;air tr\u00e8s sec d&rsquo;altitude, cela permet de d\u00e9s\u00e9paissir un peu le sang. Les petits capillaires du cerveau seront mieux irrigu\u00e9s et plusieurs sympt\u00f4mes seront limit\u00e9s (naus\u00e9es, mal de t\u00eate).<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Il existe aussi un traitement m\u00e9dical pr\u00e9ventif cens\u00e9 \u00eatre efficace pour faciliter les choses : il consiste \u00e0 prendre des diur\u00e9tiques (voir \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/?p=690\">La pharmacie<\/a>\u00ab\u00a0) quelques jours avant de partir et pendant la balade, mais il faut le faire avec prudence car (\u00e9videmment) cela favorise la d\u00e9shydratation, et \u00e7a peut aussi contribuer \u00e0 vous masquer un \u00e9tat physique mauvais.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Traiter le mal de l&rsquo;altitude<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Arr\u00eater l&rsquo;effort<\/h3>\n\n\n\n<p>Le premier stade de mal de l&rsquo;altitude (petits maux de t\u00eate, petites naus\u00e9es) se traite par l&rsquo;arr\u00eat de l&rsquo;effort, qui suffit souvent : il faudra alors attendre tranquillement (quelques heures) que l&rsquo;organisme s&rsquo;adapte.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Redescendre !<\/h3>\n\n\n\n<p>Le mal aigu des montagnes, stade suivant, indique clairement que vous \u00eates largement au dessus de la limite sup\u00e9rieure d&rsquo;adaptation actuelle de votre corps.<\/p>\n\n\n\n<p>La seule vraie solution est la redescente. D\u00e8s que vous repassez en dessous de l&rsquo;altitude \u00e0 laquelle votre corps est acclimat\u00e9, l&rsquo;effet est imm\u00e9diat et foudroyant, c&rsquo;est impressionnant : la seconde d&rsquo;avant vous \u00eates mourant(e), et tout \u00e0 coup vous n&rsquo;arrivez m\u00eame plus \u00e0 vous rappeler pourquoi diable vous souhaitiez redescendre tellement tout va bien.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceci dit, si une fois malade, l&rsquo;on reste \u00e0 l&rsquo;altitude \u00e0 laquelle on est tomb\u00e9 malade, on va tout de m\u00eame s&rsquo;acclimater peu \u00e0 peu, mais cela peut durer longtemps !!! Si par exemple vous \u00eates acclimat\u00e9s \u00e0 3000 m, et que vous dormez \u00e0 4000, il faudra probablement 2 journ\u00e9es compl\u00e8tes (rappelez-vous, le corps encaisse 500 m par jour) pour que les sympt\u00f4mes disparaissent compl\u00e8tement&#8230; et dans l&rsquo;intervalle, vous allez en baver !<\/p>\n\n\n\n<p>Si vous en \u00eates au 3\u00e8me stade, \u00e0 savoir l&rsquo;oed\u00e8me, alors l\u00e0, aucune h\u00e9sitation : redescente obligatoire, imm\u00e9diate et tr\u00e8s rapide. Un oed\u00e8me pulmonaire peut tuer en une heure !<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">AN &#8211; TI &#8211; CI &#8211; PER !<\/h3>\n\n\n\n<p>Un dernier conseil : lorsque vous pressentez que vous m\u00eame ou quelqu&rsquo;un de votre \u00e9quipe risque un mal de l&rsquo;altitude s\u00e9rieux, \u00e9vitez de vous mettre dans des situations o\u00f9 la descente rapide sera impossible. Rien de pire pour un malade que devoir remonter quelques centaines de m\u00e8tres de d\u00e9nivel\u00e9 avant de pouvoir enfin plonger vers le bas par un itin\u00e9raire facile et rapide.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9ussir son acclimatation<\/h2>\n\n\n\n<p>Les conseils donn\u00e9s dans cette page doivent vous guider dans la mani\u00e8re dont vous programmez votre itin\u00e9raire, ils sont donc \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir <b>avant le d\u00e9part en balade<\/b>. Ils ne vous seront pas d&rsquo;un grand secours lorsque vous serez engag\u00e9s&#8230; et d\u00e9j\u00e0 malades. Pour ce genre de situation, reportez-vous plut\u00f4t \u00e0 <i><a href=\"http:\/\/reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/?p=716\">L&rsquo;altitude et ses effets<\/a>,&nbsp;<\/i> dont la lecture est d&rsquo;ailleurs conseill\u00e9e pour comprendre ce qui suit.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Faire vite !<\/h3>\n\n\n\n<p>Il est possible de jouer avec le \u00ab\u00a0d\u00e9lai de gr\u00e2ce\u00a0\u00bb (voir \u00ab\u00a0L&rsquo;altitude et ses effets\u00a0\u00bb pour comprendre cette notion) :<\/p>\n\n\n\n<p>Si vous montez au del\u00e0 de votre niveau d&rsquo;acclimatation, mais que vous redescendez en dessous de ce niveau avant d&rsquo;avoir d\u00e9pass\u00e9 la fin le d\u00e9lai de gr\u00e2ce, c&rsquo;est gagn\u00e9, vous ne ressentirez pas (ou pas trop) les effets du mal de l&rsquo;altitude. C&rsquo;est grosso-modo comme \u00e7a que proc\u00e8dent tous ceux qui gravissent des sommets de quelque importance. Gravir le Mont-Blanc ne n\u00e9cessite nullement d&rsquo;\u00eatre acclimat\u00e9 \u00e0 4800m, il suffit de dormir \u00e0 une altitude raisonnable compte-tenu de son niveau d&rsquo;acclimatation (par exemple 3000 m\u00e8tres, au refuge des grands mulets), puis de foncer au sommet et de redescendre avant d&rsquo;\u00eatre malades.<\/p>\n\n\n\n<p>Par contre une chose est s\u00fbre, si 100 personnes qui arrivent en forme au sommet y dorment, une grosse majorit\u00e9 risque de se r\u00e9veiller malade le lendemain, ce qui prouve bien qu&rsquo;ils ne sont pas acclimat\u00e9s \u00e0 4800 m.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">S&rsquo;acclimater sur place<\/h3>\n\n\n\n<p>La mani\u00e8re la plus raisonnable (mais peut-on toujours \u00eatre raisonnables ?) d&rsquo;\u00e9viter le mal de l&rsquo;altitude est de s&rsquo;acclimater correctement. Disons qu&rsquo;\u00e0 partir de 2500 m d&rsquo;altitude, le corps a besoin d&rsquo;une journ\u00e9e pour gagner 500 m d&rsquo;altitude dans de bonnes conditions. Selon ce calcul, il faudrait donc 4 journ\u00e9es de mont\u00e9es progressives pour atteindre 4500 m sans \u00eatre (trop) incommod\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9cennies apr\u00e8s d\u00e9cennies, la compr\u00e9hension du ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;acclimatation de l&rsquo;organisme et la prise de conscience de l&rsquo;existence du \u00ab\u00a0d\u00e9lai de gr\u00e2ce\u00a0\u00bb ont amen\u00e9 \u00e0 mettre au point une technique qui a fait ses preuves : la progression en \u00ab\u00a0dents de scie\u00a0\u00bb. Cette technique, surtout utilis\u00e9e en exp\u00e9dition sur des sommets tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s, peut parfaitement et avec profit \u00eatre mise en oeuvre sur des sommets bien d&rsquo;chez nous et pas si hauts que \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle consiste \u00e0 monter chaque jour plusieurs centaines de m\u00e8tres au dessus de son altitude d&rsquo;acclimatation, mais de redescendre avant la fin du d\u00e9lai de gr\u00e2ce. On s&rsquo;\u00e9vite ainsi les sympt\u00f4mes du mal de l&rsquo;altitude, mais l&rsquo;organisme, lui, en profite tout de m\u00eame pour s&rsquo;acclimater. Il suffit donc de monter chaque jour un peu plus haut (maxi 500 m).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Exemple de progression \u00ab\u00a0en dents de scie\u00a0\u00bb pour s&rsquo;acclimater en vue de l&rsquo;ascension du Mont-Blanc<\/h3>\n\n\n\n<p>Si vous suivez la progression suivante, je peux vous promettre que vous ne vomirez pas vos p\u00e2tes sur les marches du refuge du go\u00fbter (que vous \u00e9viterez d&rsquo;ailleurs soigneusement puisque vous serez sous tente quelque part dans les immensit\u00e9s tranquilles)<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Jour 1 : Mont\u00e9e \u00e0 3000 m, nuit \u00e0 2500 m<\/li><li>Jour 2 : Mont\u00e9e \u00e0 3500 m, nuit \u00e0 3000 m<\/li><li>Jour 3 : Mont\u00e9e \u00e0 4000 m, nuit \u00e0 3500 m<\/li><li>Jour 4 : Mont\u00e9e \u00e0 4800 m, nuit \u00e0 3500 m ou redescente<\/li><li>Jour 5 : Redescente peinard<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>\u00c9videmment, il faut du temps, mais c&rsquo;est \u00e7a le raid en montagne.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">S&rsquo;acclimater avant<\/h3>\n\n\n\n<p>Vous pouvez aussi, dans les semaines pr\u00e9c\u00e9dant l&rsquo;ascension, et si vous avez des montagnes \u00e0 proximit\u00e9, monter le plus souvent possible en altitude, et y rester le plus longtemps possible, m\u00eame si vous ne faites pas d&rsquo;efforts particulier. Mais il faut comprendre que l&rsquo;acclimatation \u00e0 l&rsquo;altitude ne peut en aucun cas se faire en dessous de 2000 m\u00e8tres car la pression partielle d&rsquo;oxyg\u00e8ne y est encore trop importante pour g\u00e9n\u00e9rer un r\u00e9el manque dans l&rsquo;organisme. Faire un footing \u00e0 2000 m\u00e8tres vous permettra d&rsquo;am\u00e9liorer votre condition physique mais n&rsquo;apportera rien \u00e0 votre acclimatation. Inversement,&nbsp; faire une s\u00e9ance de chaise longue au sommet de l&rsquo;aiguille du midi (3800 m\u00e8tres) n&rsquo;am\u00e9liorera pas votre condition physique mais vous acclimatera&#8230; c&rsquo;est comme \u00e7a !<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;id\u00e9al est bien \u00e9videmment de faire les deux : haut et fort&#8230; vous serez comme des rois une fois sur place !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le mal de l&rsquo;altitude se manifeste lorsque l&rsquo;on monte trop vite en altitude, sans laisser \u00e0 l&rsquo;organisme le temps de s&rsquo;acclimater. il se manifeste par des naus\u00e9es, aux de t\u00eate,&hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1482,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-716","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-pratiquer"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/716","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=716"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/716\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1422,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/716\/revisions\/1422"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1482"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=716"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=716"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=716"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}