
{"id":617,"date":"2021-11-28T14:32:42","date_gmt":"2021-11-28T14:32:42","guid":{"rendered":"http:\/\/reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/?p=617"},"modified":"2023-07-23T07:52:42","modified_gmt":"2023-07-23T07:52:42","slug":"premiers-pas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/premiers-pas\/","title":{"rendered":"Premiers pas"},"content":{"rendered":"\n<p>Par quoi tout cela a t-il commenc\u00e9 ? Comment un gars qui vivait \u00e0 700 km (\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, la Normandie) de la plus proche montagne digne de ce nom a t&rsquo;il pu se prendre de passion pour l&rsquo;alpinisme ? L\u00e0, je crois qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de secrets : d\u00e8s notre plus jeune \u00e2ge nos parents nous ont emmen\u00e9s aux 4 coins de la France passer des vacances l\u00e0 o\u00f9 il y avait des sommets : Alpes, Pyr\u00e9n\u00e9es, massif central&#8230; tout y est pass\u00e9. Si les premi\u00e8res ann\u00e9es les enfants restaient \u00e0 la garderie pendant que les parents montaient (quelle vacherie) sur la fin de v\u00e9ritables randos familiales nous rassemblaient sur les sentiers et parfois un peu plus haut.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques noms me restent en m\u00e9moire, m\u00eame si je ne sais pas forc\u00e9ment tous les situer : Carlit, Montcalm, P\u00e9ric, Mont Jovet&#8230; Au cours d&rsquo;un raid plus r\u00e9cent au Mont-Blanc, je suis pass\u00e9 pr\u00e8s d&rsquo;un \u00ab\u00a0Mont-Jovet\u00a0\u00bb. Des souvenirs de maison familiale ont ressurgi. On avait fait beaucoup de kilom\u00e8tres dans la nuit pour atteindre le d\u00e9part de la rando. Apr\u00e8s quelques heures de progression silencieuse, t\u00eate baiss\u00e9e dans la nuit, on avait crois\u00e9 des n\u00e9v\u00e9s qui \u00e9taient probablement mes premiers&#8230; Mon regard d&rsquo;adulte a essay\u00e9 de reconna\u00eetre les lieux sans y arriver. Existe t-il un autre \u00ab\u00a0Mont-Jovet\u00a0\u00bb, ailleurs dans les Alpes ou les Pyr\u00e9n\u00e9es ? Si c&rsquo;est le cas, j&rsquo;irai y faire un tour, je veux en avoir le c\u0153ur net.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Enfance<\/h2>\n\n\n\n<p>L&rsquo;attrait de l\u2019altitude m&rsquo;est venu tr\u00e8s t\u00f4t.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s ma plus tendre enfance, mes parents avaient pris l&rsquo;habitude d&#8217;emmener chaque \u00e9t\u00e9 la famille passer quelques semaines en montagne. L&rsquo;id\u00e9e \u00e9tait excellente, mais je v\u00e9cus mal les premi\u00e8res ann\u00e9es de ce tour de France des massifs. Nous, les \u00ab petits \u00bb, pour des raisons qui me restaient obscures, \u00e9tions clo\u00eetr\u00e9s dans d&rsquo;\u00e9touffantes garderies pendant que les grands partaient vers des destinations myst\u00e9rieuses pour randonner ou grimper. Autour du carr\u00e9 d&rsquo;herbe sur lequel nous \u00ab jouions \u00bb, surveill\u00e9s par des moniteurs qui n\u2019aimaient pas les enfants, les b\u00e2timents du Village Vacances m\u2019apparaissaient comme les murs d\u2019une prison. Par dessus les toits, j&rsquo;apercevais des versants bois\u00e9s, raides et sauvages, surmont\u00e9s de falaises escarp\u00e9es. Encore plus haut, de vertigineux sommets couverts de glaces \u00e9tincelantes ouvraient un espace de libert\u00e9 totale mais inaccessible que je contemplais avec fi\u00e8vre. Je voulais, oui, je VOULAIS aller l\u00e0-haut.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant chaque randonn\u00e9e, je suppliais mes parents de me laisser les accompagner. Ils tentaient mollement de me dissuader, pr\u00e9textant que \u00ab l\u00e0-haut, il n&rsquo;y a que de la caillasse \u00bb. Lorsque je leur expliquais que pr\u00e9cis\u00e9ment cette caillasse m&rsquo;int\u00e9ressait \u00e9norm\u00e9ment, ils tentaient d&rsquo;interc\u00e9der en ma faveur aupr\u00e8s du guide, lequel me jetait un vague coup d&rsquo;oeil puis r\u00e9pondait toujours la m\u00eame chose : \u00ab\u00a0Trop difficile, petit, trop difficile !\u00a0\u00bb Du haut de mes six, huit ou dix ans je savais que monter l\u00e0-haut ne me poserait pas le moindre probl\u00e8me, mais comment le leur faire comprendre, \u00e0 ces gens qui m\u2019apparaissaient comme de vieux schnocks born\u00e9s et imbus d\u2019eux-m\u00eames ?<\/p>\n\n\n\n<p>Un jour, une ann\u00e9e, je fus admis, \u00e0 titre exceptionnel, \u00e0 partir vers la montagne avec les grands. Oh, pas tout en haut (\u00ab\u00a0Trop difficile, petit, trop difficile !\u00a0\u00bb) : jusqu\u2019au refuge seulement. Galvanis\u00e9 par le bonheur et la fiert\u00e9, je courus comme un jeune chien autour du groupe durant toute la mont\u00e9e. J&rsquo;atteignis pourtant le refuge en pleine forme malgr\u00e9 les kilom\u00e8tres suppl\u00e9mentaires ! Au petit matin suivant, j\u2019ai regard\u00e9 le groupe partir vers un sommet enneig\u00e9 dont j\u2019ai oubli\u00e9 le nom. Je les ai regard\u00e9s avec une envie d\u00e9vorante, et je me le suis jur\u00e9 : c&rsquo;\u00e9tait la derni\u00e8re fois qu&rsquo;on m&#8217;emp\u00eachait de monter.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques ann\u00e9es plus tard, lorsque l&rsquo;ensemble de la fratrie eut atteint un \u00e2ge suffisant, nous abandonn\u00e2mes d\u00e9finitivement les Maisons Familiales et leurs garderies-prisons pour entamer les Grandes Randonn\u00e9es itin\u00e9rantes. Chaque ann\u00e9e, nous parcourions un massif en empruntant les GR. Oisans, Vanoise, Pyr\u00e9n\u00e9es, Queyras\u2026 ils y pass\u00e8rent tous\u2026 sauf, bizarrement, le mont Blanc. Sans doute est-ce avec cet oubli qu\u2019a d\u00e9but\u00e9 le malentendu, car plus tard, lorsque je commencerai \u00e0 m\u2019\u00e9lever vers de plus hautes sph\u00e8res, je me tournerai naturellement vers les massifs de mon enfance.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1980\/0815_premiers_pas_en_montagne\/19800815_premiers_pas_en_montagne_marc_la_frime.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">H\u00e9 oui, je n&rsquo;en suis pas fier, mais je fus comme \u00e7a !<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1980\/0815_premiers_pas_en_montagne\/19800815_premiers_pas_en_montagne_famille_sur_neve_oisans.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Rando familiale en oisan<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Ces \u00e9t\u00e9s montagnards et familiaux ne me men\u00e8rent pas encore en haute montagne, mais ils me permirent de l\u2019approcher d\u2019un peu plus pr\u00e8s, de l\u2019\u00e9tudier sous toutes ses coutures. Je me rappelle particuli\u00e8rement une balade en Vanoise, la derni\u00e8re en famille avant que les membres de la fratrie se disperse pour vivre leurs propres aventures. L\u2019hiver pr\u00e9c\u00e9dent il \u00e9tait tomb\u00e9 de colossales quantit\u00e9s de neige, et en ce d\u00e9but d\u2019ao\u00fbt la montagne en \u00e9tait encore couverte. Nous avions march\u00e9 des jours durant sur d\u2019immenses n\u00e9v\u00e9s de plusieurs m\u00e8tres d\u2019\u00e9paisseur. Au sein de cet univers blanc, totalement min\u00e9ral, j&rsquo;avais ressenti des \u00e9motions tr\u00e8s fortes, touchant du doigt ce que pouvait \u00eatre la haute-montagne, et ce contact m\u2019a marqu\u00e9 pour la vie.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est lors de cette m\u00eame randonn\u00e9e que j&rsquo;appris enfin \u00e0 reconna\u00eetre le mont Blanc : depuis les cols enneig\u00e9s de la Vanoise, nous avions pu contempler son colossal profil asym\u00e9trique. Mais pour l\u2019heure je refusais encore d\u2019y voir autre chose qu\u2019un sommet comme les autres. Bizarre, bizarre\u2026<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1980\/0815_premiers_pas_en_montagne\/19800815_premiers_pas_en_montagne_rando_vanoise.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Premi\u00e8re vision du Boss, depuis le col de Chavi\u00e8re<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>De cette \u00e9poque, je garde pr\u00e9cieusement une photo de moi, prenant une pose avantageuse sur fonds de neige. Je me trouve bien ridicule dans ma frime. Mais j&rsquo;avais une excuse : j&rsquo;\u00e9tais jeune ! Mes 15 ans ne me donnaient pas encore le recul n\u00e9cessaire \u00e0 comprendre la valeur r\u00e9elle des choses. Aujourd&rsquo;hui, \u00e7a va mieux, je suis g\u00e9n\u00e9ralement plus discret&#8230; Mais se consid\u00e9rer \u00e0 sa vraie place reste un combat de tous les jours.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Jeunesse<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9t\u00e9 suivant me vit franchir une \u00e9tape d\u00e9cisive. Des amis de la famille propos\u00e8rent de m&#8217;emmener dans la \u00ab\u00a0vraie\u00a0\u00bb haute montagne, pour y marcher sur un vrai glacier, escalader de vrais rochers&#8230; avec un vrai piolet et de vrais crampons d\u2019alpiniste\u2026 Le r\u00eave ! Le Pic Nord des Cavales (3300 m\u00e8tres), dans le massif de l&rsquo;Oisans, f\u00fbt choisi comme objectif. L&rsquo;ascension, empruntant un petit glacier tranquille et une ar\u00eate rocheuse d\u00e9bonnaire, f\u00fbt facile. Mais j&rsquo;en ressentis un bonheur fou, celui de partir dans la nuit, de sentir la glace craquer sous les pointes, de progresser encord\u00e9 sur une cr\u00eate a\u00e9rienne\u2026 pour la premi\u00e8re fois de ma vie, j&rsquo;eus la sensation de vivre une aventure exceptionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Suite \u00e0 cette unique exp\u00e9rience, je me suis imm\u00e9diatement d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 alpinisme confirm\u00e9. L&rsquo;ann\u00e9e suivante, je claironnai dans mon quartier que j\u2019emm\u00e8nerais ceux qui le voudraient \u00e0 la d\u00e9couverte du fabuleux monde de l\u2019altitude. Quelques copains totalement manchots accept\u00e8rent ma proposition, et nous fon\u00e7\u00e2mes s\u00e9ance tenante vers les Alpes. Je consacrai mes maigres \u00e9conomies \u00e0 l&rsquo;achat d&rsquo;une corde, et zou ! notre caravane d\u00e9pareill\u00e9e se mit en marche en brinquebalant vers la montagne, en commen\u00e7ant par le Pic Nord des Cavales, seul sommet au monde sur lequel ma connaissance du terrain n\u2019\u00e9tait pas \u00e9gale \u00e0 z\u00e9ro. Ma pratique des techniques de s\u00e9curit\u00e9 restait, en revanche, parfaitement nulle, ainsi que ma conscience des dangers de la montagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y eut des cordes emm\u00eal\u00e9es en tas de nouilles, des pierres sifflant \u00e0 nos oreilles, des n\u0153uds magiques qui se d\u00e9faisaient tout seuls comme mus par une volont\u00e9 propre, des \u00ab retraites de Russie \u00bb, des sacs \u00e0 dos volants, des chaussettes enfil\u00e9es sur les mains pour remplacer les moufles oubli\u00e9es, des crampons fix\u00e9s \u00e0 la ficelle sur des tennis\u2026 Mon assurance in\u00e9branlable ne laissant aucune place au doute, les copains m\u2019accordaient une confiance absolue. Nous atteign\u00eemes toujours les sommets pr\u00e9vus, fr\u00f4lant les emmerdes sans jamais les percevoir. Ce fut un grand n\u2019importe quoi foutraque et po\u00e9tique, qui aurait pu inspirer de belles pages et aquarelles au ma\u00eetre Samivel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Allo Marc ? Tu devineras jamais : on t&rsquo;a vu \u00e0 la t\u00e9l\u00e9 hier soir ! &#8230; Oui, au journal de 20 heures. Yavait un sujet sur les imprudences en montagne. On vous a vu marcher sur la neige, et le commentateur il a dit qu&rsquo;il y avait des gens inconscients du danger qui allaient sur les glacier en tennis, et que \u00e7a il fallait vraiment pas le faire. Vous \u00eates des stars de la t\u00e9l\u00e9 !<\/li>\n\n\n\n<li>Ah oui, maintenant que tu le dis, il y avait un h\u00e9lico qui nous a un peu tourn\u00e9 autour l&rsquo;autre jour !<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>La haute montagne n\u2019est pas toujours impitoyable, car nous sort\u00eemes vivants et entiers de ces aventures rocambolesques. Quant \u00e0 moi, constatant en toute objectivit\u00e9 que cette \u00e9quip\u00e9e sous ma direction avait connu un succ\u00e8s total, je pus d\u00e9finitivement me consid\u00e9rer comme un vieux briscard de l\u2019alpinisme.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1980\/0815_premiers_pas_en_montagne\/19800815_premiers_pas_en_montagne_marc_face_oisan.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Au pic Nord des Cavales<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s le Pic Nord des Cavales, nous dirige\u00e2mes nos pas vers le glacier blanc, site pour moi mythique du massif, entour\u00e9 de plusieurs hauts sommets. Nous y avons pos\u00e9 une tente sur la neige durant 3 jours, ce qui \u00e9tait tout \u00e0 fait interdit car nous \u00e9tions en zone centrale du Parc National, mais nous ne le savions pas et personne n&rsquo;eut la mauvaise gr\u00e2ce de venir nous le dire. Chaque nuit des cord\u00e9es quittaient tr\u00e8s t\u00f4t le refuge des Ecrins et passaient devant notre habitat douillet pendant que nous ronflions comme des sonneurs. le r\u00e9veil ne survenait que lorsque le soleil faisait monter la temp\u00e9rature de l&rsquo;habitacle au del\u00e0 de l&rsquo;agr\u00e9able. C&rsquo;est durant ces journ\u00e9es que j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 comprendre pourquoi le bivouac est une mani\u00e8re irrempla\u00e7able d&rsquo;aller en haute montagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Pic de Neige Cordier et Roche Faurio furent gravis sans difficult\u00e9, et nous termin\u00e2mes cette vir\u00e9e par une tentative d&rsquo;ascension de la Barre des Ecrins, qui f\u00fbt un concentr\u00e9 de n&rsquo;importe quoi. L&rsquo;essentiel de la mont\u00e9e se passa bien, jusqu&rsquo;\u00e0 la rimaye. Le passage n&rsquo;\u00e9tait pas tr\u00e8s difficile, mais nettement plus raide que le reste de l&rsquo;itin\u00e9raire qui s&rsquo;apparente \u00e0 de la randonn\u00e9e sur neige.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1980\/0815_premiers_pas_en_montagne\/19800815_premiers_pas_en_montagne_trio_infernal.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Au retour du pic nord, toujours vivant<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1980\/0815_premiers_pas_en_montagne\/19800815_premiers_pas_en_montagne_rimaye_barre.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Tentative \u00e0 la rimaye de la Barre des Ecrins<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est \u00e0 ce niveau que, finalement, logiquement, mon moral de chef de troupe flancha. J&rsquo;avais franchi la \u00ab\u00a0difficult\u00e9\u00a0\u00bb sans probl\u00e8me, je devais maintenant faire monter les suivants, quand tout \u00e0 coup, sans comprendre pourquoi, je ne le sentais plus. Je ne comprenais plus ce qu&rsquo;on faisait l\u00e0, comment on avait pu s&rsquo;engager sur cette pente qui me paraissait raide, raide&#8230; Si mes souvenirs ne me trompent pas, j&rsquo;ai eu du mal \u00e0 trouver le courage de redescendre ces quelques m\u00e8tres. Je venais de franchir un nouveau pas dans l&rsquo;exp\u00e9rience de la montagne, en comprenant que le mental&#8230; c&rsquo;est vital. Le mental avait tenu tant bien que mal dans ce milieu que je ne connaissais pas, qui m&rsquo;ins\u00e9curisait sans que je veuille me l&rsquo;avouer&#8230; et tout d&rsquo;un coup il l\u00e2chait !<\/p>\n\n\n\n<p>Nous nous content\u00e2mes donc de l&rsquo;ascension du D\u00f4me des Ecrins&#8230; ce qui f\u00fbt beaucoup mieux que rien&#8230; et constitua mon premier sommet de plus de 4000 m\u00e8tres.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1980\/0815_premiers_pas_en_montagne\/19800815_premiers_pas_en_montagne_claire_sommet_barre.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Au D\u00f4me<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Sur une int\u00e9ressante photo on peut constater la qualit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9quipement qui \u00e9tait le mien lors de cette premi\u00e8re vir\u00e9e en haute montagne : le pantalon, c&rsquo;est le cher pyjama-mousse de mon adolescence. Le matin je n&rsquo;avais pas pu me r\u00e9soudre \u00e0 m&rsquo;en extirper en sortant de mon duvet, alors&#8230; je l&rsquo;avais gard\u00e9. J&rsquo;ai pu apprendre que ce n&rsquo;est pas par les jambes qu&rsquo;on sent le froid !<\/p>\n\n\n\n<p>Les mains sont par contre un \u00e9l\u00e9ment tr\u00e8s sensible au froid, ce qui explique pourquoi je me les suis caill\u00e9es grave avec seulement une paire de chaussettes en guise de gants ! Mais qu&rsquo;est-ce que je foutais avec des chaussettes sur les mains, bon dieu, c&rsquo;est hallucinant. Cette question me travaille d&rsquo;autant plus qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, j&rsquo;aime beaucoup le confort en montagne. Des bons gants, une bonne tente, un bon duvet, un bon bouquin&#8230; Je crois que \u00e7a me faisait plaisir, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, de prouver que les aspects mat\u00e9riels ne sont pas importants, que ce qui compte c&rsquo;est l&rsquo;envie, le caract\u00e8re&#8230; Allez, je m&rsquo;excuse moi-m\u00eame, j&rsquo;\u00e9tais jeune. Et \u00e0 vrai dire, je n&rsquo;arrive pas \u00e0 revoir ces photos sans une certaine admiration, une certaine jalousie. Est-ce que je saurais encore le faire, aujourd&rsquo;hui ?<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1980\/0815_premiers_pas_en_montagne\/19800815_premiers_pas_en_montagne_marc_sommet_dome.jpg\" alt=\"\" width=\"357\" height=\"595\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">La tenue en question<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Premier bivouac<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Quelque part en Oisan, 1984<\/p>\n\n\n\n<p>Au lieu de suivre sagement l\u2019itin\u00e9raire normal pour gagner le refuge, j&rsquo;ai voulu gagner du temps en inventant un raccourci de mon cru. Bien mal m&rsquo;en a pris&nbsp;: apr\u00e8s une demi-heure de progression laborieuse dans des pierriers de plus en plus raides, notre tentative a pris fin au pied d\u2019une paroi verticale, et nous avons d\u00fb rebrousser chemin alors que le jour commen\u00e7ait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 baisser. De retour sur le glacier, nous errons maintenant dans le brouillard. La nuit tombe, je ne sais pas o\u00f9 nous sommes, ni quelle direction prendre.<\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019ai aucune exp\u00e9rience de ce genre de situation. Les autres ne le savent pas et comptent b\u00eatement sur moi. J\u2019essaie de sauver les apparences en affichant une attitude calme, mais le moral n&rsquo;y est plus, et je commence \u00e0 me demander comment nous sortir de ce mauvais pas. Lorsque la visibilit\u00e9 devient quasiment nulle, je me r\u00e9sous \u00e0 prononcer la phrase fatidique : \u00ab\u00a0On va dormir l\u00e0 !\u00a0\u00bb Mes camarades sont l\u00e9g\u00e8rement surpris, mais devant mon assurance affich\u00e9e ils ne commentent pas ce changement de programme. Arrivant d&rsquo;une randonn\u00e9e autour de l&rsquo;Oisans, nous portons encore sur le dos une vieille tente canadienne rapi\u00e9c\u00e9e et des petits duvets l\u00e9gers. Ce mat\u00e9riel n\u2019est pas du tout adapt\u00e9 \u00e0 notre situation mais c\u2019est mieux que rien.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;improvise imm\u00e9diatement une proc\u00e9dure d&rsquo;installation pour un camp de haute montagne&nbsp;: \u00ab&nbsp;Creusez une plate-forme avec vos piolets \u2026 L\u00e0, il faut \u00e9largir encore &#8230; Tassez un peu plus la neige !&nbsp;\u00bb Bient\u00f4t la vieille canadienne se dresse fi\u00e8rement sur la neige, quoique l\u00e9g\u00e8rement de guingois. Il fait d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s froid, nous nous jetons tous \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur. Bon sang, m\u00eame dedans, quelle caillante&nbsp;! Nos pauvres duvets ne sont pas con\u00e7us pour ces temp\u00e9ratures, mais par le plus grand des hasards, leurs fermetures Eclair sont compatibles et nous permettent de les assembler en deux duvets doubles que nous embo\u00eetons l&rsquo;un dans l&rsquo;autre et \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur desquels nous nous glissons tous, tels 4 petits nains d&rsquo;un conte de f\u00e9es. Incroyable : la chaleur partag\u00e9e de nos corps et la double \u00e9paisseur de duvet s&rsquo;av\u00e8rent efficaces, et nous nous endormons imm\u00e9diatement&#8230; La nuit passe, tranquille, entrecoup\u00e9e de quadruples retournements coordonn\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Vers la maturit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>Vient ensuite le <a href=\"http:\/\/reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/index.php\/sacre-mont-blanc\/\">premier contact avec le Mont-Blanc<\/a>. Une rencontre fracassante ! Suivirent plusieurs ann\u00e9es totalement MontBlantesques, durant lesquelles je ne jurais plus que par le Boss. Je ne pouvais pas envisager d\u2019en faire moins de deux ou trois ascensions par an (ce qui n\u2019est pas si mal pour un Normand), testant m\u00e9thodiquement toutes les voies dont la difficult\u00e9 \u00e9tait accessible \u00e0 mon modeste niveau.<\/p>\n\n\n\n<p>Je d\u00e9cidai \u00e9galement de compl\u00e9ter mon exp\u00e9rience empirique de la haute montagne par un vrai et officiel cycle de formation \u00e0 la conduite de cord\u00e9e. Pour la premi\u00e8re et derni\u00e8re fois de ma vie, j\u2019approchai la v\u00e9n\u00e9rable institution CAF (Club Alpin Fran\u00e7ais). J\u2019y suivis deux sessions d\u2019une semaine, intitul\u00e9es \u00ab Pr\u00e9initiateur alpiniste \u00bb et \u00ab Initiateur alpiniste \u00bb. La premi\u00e8re fut une r\u00e9v\u00e9lation : mes ann\u00e9es d\u2019exp\u00e9riences heureuses et malheureuses m\u2019avaient apport\u00e9 une solide maturit\u00e9 qui me fit planer largement au dessus du niveau des autres stagiaires. En quelques jours et quelques sommets (dont le mont Blanc, bien s\u00fbr) je pus faire le tri du bon et du mauvais dans mes ann\u00e9es de pratique intuitive. J\u2019en revins au clair avec moi-m\u00eame. La seconde session, l\u2019ann\u00e9e suivante, fut un enfer. Depuis quelques ann\u00e9es j\u2019avais commenc\u00e9 \u00e0 comprendre ce qui me plaisait vraiment : la rencontre avec la montagne. Pour cela, il me fallait aller doucement, r\u00eavasser dans la neige, m\u2019attarder \u00ab l\u00e0-haut \u00bb. Cette conception de l&rsquo;alpinisme heurtait au plus haut point la logique de vitesse et de s\u00e9curit\u00e9 que mon formateur et l\u2019institution tout enti\u00e8re pr\u00f4naient comme un credo. Un jour que j\u2019avais trop fl\u00e2n\u00e9 sur une ar\u00eate rocheuse pleine de d\u00e9licieux petits recoins ensoleill\u00e9s, j\u2019arrivai tellement apr\u00e8s tout le monde que je me fis passer un savon d\u00e9finitif. Je repartis sans le dipl\u00f4me, charg\u00e9 d\u2019une col\u00e8re qui ne m\u2019a pas tout \u00e0 fait quitt\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques ann\u00e9es TotalMontBlantesques pass\u00e8rent encore. Je ne doutais plus de r\u00e9aliser dans ce massif la totalit\u00e9 de ma grandiose carri\u00e8re d\u2019alpiniste. Tout au plus acceptai-je quelques fois de d\u00e9roger \u00e0 la r\u00e8gle \u00e0 condition qu\u2019il s\u2019agisse de partir vers des sommets plus \u00e9lev\u00e9s que le Boss lui-m\u00eame. Les mois pass\u00e9s dans les cordill\u00e8res de Bolivie et du P\u00e9rou furent des moments exceptionnels, tant la rencontre avec ces montagnes et les peuples qui y vivent me toucha au plus profond. De retour en France, chaque fois, je posais mes valises et je filais retrouver mon vieil ami le mont Blanc. Le Boss. Chaque fois, je constatais qu\u2019il n\u2019avait pas \u00e0 rougir devant les 6000 des Andes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les ann\u00e9es continu\u00e8rent \u00e0 passer au Pays du Mont-Blanc. Un jour, les hasards de la vie m&rsquo;offrirent trois journ\u00e9es de libert\u00e9 pour faire une balade en montagne avec un ami. Je commen\u00e7ais \u00e0 construire un projet au mont Blanc, mais je d\u00e9tectai rapidement un probl\u00e8me : impossible de caser le voyage et l&rsquo;ascension en si peu de temps. Zut ! Pas possible d\u2019aller en montagne, donc ? Refusant de laisser \u00e9chapper l\u2019occasion, je r\u00e9fl\u00e9chissais plus avant, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il me vint une id\u00e9e folle, d\u00e9rangeante pour le monomaniaque que j\u2019\u00e9tais devenu : et si nous allions ailleurs qu\u2019au mont Blanc ? Je finis par me rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence : ce serait \u00e7a ou rien.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2004\/0918_balade_ecrins\/20040918_balade_ecrins_22.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le Mont-Blanc par del\u00e0 les cr\u00eates de l&rsquo;Oisan<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Il me fallut encore r\u00e9fl\u00e9chir. Ou aller ? J\u2019avais l\u2019impression d\u2019avoir perdu le lien avec les autres massifs. Je dus me renseigner, questionner, lire\u2026 A force de farfouiller dans mon placard, je finis par y retrouver une vieille carte de l&rsquo;Oisans, le massif glaciaire le plus proche de mes C\u00e9vennes d&rsquo;adoption. Les noms que j&rsquo;y lus firent affluer de nombreux souvenirs : Gouiran-La Valette-Vallompierre, Aup-Martin, Valgaudemar&#8230; Oui oui oui, je me souvins que j&rsquo;\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 venu souvent par ici. La premi\u00e8re fois en famille, lorsque j&rsquo;avais 15 ans. Nous avions fait le tour de l&rsquo;Oisans. Le GR nous avait conduits au pied des glaciers et des parois rocheuses, que je n\u2019avais encore jamais contempl\u00e9s de si pr\u00e8s. Et puis plus tard, lors de mes premi\u00e8res exp\u00e9riences d&rsquo;adulte. Tous ces noms resurgis du fond de ma m\u00e9moire jou\u00e8rent leur r\u00f4le de madeleine. Une tendresse pour ce massif me submergea, et j\u2019eus soudain une envie folle d\u2019y retourner.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques jours plus tard, Lionel et moi progressions sur l\u2019ar\u00eate sommitale du Pic Jocelme&#8230; Au passage d\u2019une cr\u00eate apparut soudain, \u00e0 perte de vue, un inextricable d\u00e9dale de vall\u00e9es, un piquetage infini de sommets. Je reconnus au premier coup d\u2019\u0153il ceux que j&rsquo;avais fr\u00e9quent\u00e9s autrefois : les Ecrins, le Pelvoux, les Rouies&#8230; Le Sirac, malgr\u00e9 son altitude plus modeste, ressemblait \u00e0 un grand de l&rsquo;Himalaya avec sa vertigineuse face nord pl\u00e2tr\u00e9e de neige fra\u00eeche. Quinze ans d&rsquo;absence m&rsquo;avaient fait oublier la beaut\u00e9 particuli\u00e8re de ce massif unique par sa sauvagerie et sa complexit\u00e9. A cet instant pr\u00e9cis, je compris que ma monomanie, en me focalisant sur UNE montagne, m\u2019avait \u00e9loign\u00e9 de LA Montagne. Elles sont toutes si diff\u00e9rentes, si riches dans leurs caract\u00e9ristiques propres. Comment ne pas avoir envie de les conna\u00eetre toutes ?<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1980\/0815_premiers_pas_en_montagne\/19800815_premiers_pas_en_montagne_ossau_depuis_ayous.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\"> Un peu de merveilleuses Pyr\u00e9n\u00e9es \u00e0 l&rsquo;Ossau <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Plusieurs ann\u00e9es durant, j\u2019allais oublier le mont Blanc pour repartir \u00e0 l\u2019aventure. Alpes fran\u00e7aises, Pyr\u00e9n\u00e9es, Valais, montagnes de Gr\u00e8ce, du Mexique\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Les d\u00e9couvertes furent nombreuses, merveilleuses, stimulantes. Et puis vint un jour o\u00f9, malgr\u00e9 une longue r\u00e9flexion sur ma prochaine destination montagnarde, aucune hypoth\u00e8se n\u2019alluma plus en moi l\u2019\u00e9tincelle du d\u00e9sir. Par d\u00e9faut, le projet d\u2019aller chercher un peu de chaleur et de soleil dans l&rsquo;air vibrant de l&rsquo;automne pyr\u00e9n\u00e9en l\u2019avait presque emport\u00e9 lorsque, sans pr\u00e9venir, une id\u00e9e folle germa dans mon esprit : \u00ab Et pourquoi pas le mont Blanc ? \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par quoi tout cela a t-il commenc\u00e9 ? 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