
{"id":585,"date":"2021-11-28T16:52:19","date_gmt":"2021-11-28T16:52:19","guid":{"rendered":"http:\/\/reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/?p=585"},"modified":"2021-11-28T16:52:21","modified_gmt":"2021-11-28T16:52:21","slug":"retour-a-loisan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/retour-a-loisan\/","title":{"rendered":"Retour \u00e0 l&rsquo;Oisan"},"content":{"rendered":"\n<p>En ce milieu de mois de mai 2003, les hasards de la vie m&rsquo;offrent 3 journ\u00e9es de libert\u00e9, pour faire ce que je veux avec Lionel, un ami de la r\u00e9gion d&rsquo;Aix en Provence. L&rsquo;an dernier, vers la m\u00eame \u00e9poque, Lionel m&rsquo;a emmen\u00e9 d\u00e9couvrir les calanques. La travers\u00e9e d&rsquo;ouest en est, avec nuit dans une grotte au bord de la mer, m&rsquo;a proprement stup\u00e9fait par sa sauvagerie, alors que les derniers quartiers de Marseille sont \u00e0 deux pas&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette ann\u00e9e, c&rsquo;est donc l\u00e9gitimement \u00e0 mon tour de faire une proposition d&rsquo;objectif. Imm\u00e9diatement, le d\u00e9mon de la neige me rattrape et je commence \u00e0 \u00e9chafauder des projets plus ou moins r\u00e9alistes. Il y a tout de m\u00eame quelques contraintes, que j&rsquo;aper\u00e7ois rapidement : en 3 jours il faut faire le voyage vers un lieu ou est plant\u00e9e une montagne suffisamment haute&#8230; et puis, Lionel n&rsquo;est jamais all\u00e9 en haute montagne, encore moins en bivouaquant dans la neige (ce que je ne peux pas envisager de ne pas faire !), et il n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;on pourrait appeler un tr\u00e8s grand sportif.<\/p>\n\n\n\n<p>Je lorgne un moment vers le Viso. Ce sommet attire mes regards depuis au moins 20 ans, je l&rsquo;ai contempl\u00e9 tant de fois de loin ou de pr\u00e8s, il me fait rire avec sa gueule tordue, son pan de cube sommital qui se casse la figure vers la droite. 3800 m plant\u00e9s au milieu de quasiment rien, c&rsquo;est assez unique et \u00e7a fait envie. Malheureusement, une rapide \u00e9tude des cartes m&rsquo;apporte la preuve que le projet n&rsquo;est pas r\u00e9aliste : il faudrait acc\u00e9der au massif par l&rsquo;Italie pour \u00eatre \u00e0 pied d&rsquo;oeuvre rapidement, sinon par la France il y a des solutions mais elles sont longues et rajoutent au moins une journ\u00e9e d&rsquo;approche, nous sommes hors d\u00e9lai.<\/p>\n\n\n\n<p>Je d\u00e9cide donc de traiter le probl\u00e8me de mani\u00e8re pragmatique, en partant du premier imp\u00e9ratif : la proximit\u00e9. Il me faut trouver \u00ab\u00a0quelque chose\u00a0\u00bb qui soit le plus haut possible, le plus facile possible, et le plus proche possible d&rsquo;Aix en Provence. Commence alors une qu\u00eate cartographique pas banale, durant laquelle je jongle avec les \u00e9chelles pour identifier une grande zone g\u00e9ographique, puis un massif, puis une vall\u00e9e, et enfin un sommet. Et comme j&rsquo;ai envie d&rsquo;un peu d&rsquo;aventure, je me fixe la consigne suivante : pour faire le choix, pas de topo, pas de conseils : tout au feeling, en regardant les cartes et en observant la montagne elle-m\u00eame une fois sur place.<\/p>\n\n\n\n<p>Il appara\u00eet tr\u00e8s vite \u00e9vident que l&rsquo;Oisan est le massif glaciaire le plus proche. Mais vers quel endroit pr\u00e9cis se diriger ? J&rsquo;ai fr\u00e9quent\u00e9 l&rsquo;Oisan \u00e0 mes d\u00e9buts, il y a pr\u00e8s de 20 ans, mais plut\u00f4t dans sa partie nord, qu&rsquo;il n&rsquo;est pas r\u00e9aliste de viser cette fois-ci car cela nous obligerait \u00e0 entamer un vaste contournement en voiture pour atteindre les vall\u00e9es qui m\u00e8nent au coeur du massif (la B\u00e9rarde, Vallouise&#8230;). Aujourd&rsquo;hui je dois trouver quelque chose le plus au sud possible, je suis en terrain totalement inconnu.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour en savoir plus sur cette zone il me faut m&rsquo;approcher un peu plus. J&rsquo;ouvre une carte au 100.000\u00e8, et surprise&#8230; les noms que j&rsquo;y lis font affluer de nombreux souvenirs&nbsp;: Gouiran-La Valette-Vallompierre, Aup-Martin, Valgaudemar&#8230; Je r\u00e9alise qu&rsquo;en fait je suis d\u00e9j\u00e0 venu dans ce coin. Lorsque j&rsquo;avais 15 ans nous avions fait en famille le tour de l&rsquo;Oisan. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas encore de la haute montagne, mais ce GR nous avait emmen\u00e9s au pied m\u00eame des glaciers et des parois rocheuses, et c&rsquo;est \u00e0 cette occasion que j&rsquo;avais compris ce qui m&rsquo;attirait r\u00e9ellement en montage : \u00eatre haut, tr\u00e8s haut. Tous ces noms \u00e9taient rest\u00e9s enfouis dans ma m\u00e9moire, et jouent maintenant leur r\u00f4le de madeleine. Les images de grandes diagonales doucement parcourues au travers des pierriers entach\u00e9s de n\u00e9v\u00e9s sont nettes, comme d&rsquo;hier.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis enthousiaste \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de revoir ces endroits&#8230; d&rsquo;en haut, et continue ma prospection avec ferveur. Le Valgaudemar me para\u00eet une vall\u00e9e int\u00e9ressante : elle est entour\u00e9e de nombreux sommets \u00e0 3500, ce qui constitue je crois une bonne altitude pour nos possibilit\u00e9s. Cette fois je peux prendre la carte au 25.000\u00e8me pour affiner. Je parcours dans l&rsquo;ordre toutes les possibilit\u00e9s. Les Rouies m&rsquo;attireraient bien, mais d&rsquo;apr\u00e8s la carte le versant sud est relativement raide de bas en haut, et je crains de ne pas pouvoir trouver de quoi planter un camp le premier jour. M\u00eame probl\u00e8me pour le Gioberney et tous les autres sommets faciles du flanc nord de la vall\u00e9e : leurs versants facilement accessibles sont tous situ\u00e9s de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, hors de notre port\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Reste le flanc sud. Pour y trouver des sommets \u00e9lev\u00e9s il faut aller tout au fond de la vall\u00e9e, prendre une vall\u00e9e secondaire vers la droite, et piquer vers le Sirac. J&rsquo;\u00e9limine d&rsquo;entr\u00e9e de jeu ce sommet-ci qui est raide et pr\u00e9sente probablement des parties rocheuses qui nous seront inaccessibles vu le poids que nous aurons sur le dos. Sans compter qu&rsquo;il y a encore beaucoup de neige en altitude.<\/p>\n\n\n\n<p>A vue de carte, il me semble qu&rsquo;il existe par ici un sommet glaciaire facile : le pic Jocelme. Ce nom ne me dit rien&#8230; Allez, en route pour le Jocelme !<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques jours plus tard, apr\u00e8s quelques heures de voiture, nous voici \u00e0 pied d&rsquo;oeuvre, sur le petit parking situ\u00e9 au d\u00e9part du sentier. C&rsquo;est une fois de plus pour moi le choc, la confrontation brutale entre ma vie de tous les jours et la grandeur de ce lieu&#8230; Les nuages sont bas, la m\u00e9t\u00e9o a annonc\u00e9 du temps m\u00e9diocre jusqu&rsquo;au lendemain soir, puis une journ\u00e9e de beau. Nous partons entre les volutes de nuages frais.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier kilom\u00e8tre emprunte un sentier large et bien trac\u00e9 qui traverse un flanc herbeux d&rsquo;une terrifiante raideur. Comment un tel cheminement a t&rsquo;il pu s&rsquo;implanter ici. Quels risques ont pris les premiers pour construire peu \u00e0 peu une zone de passage s\u00fbre. Etaient-ce des bergers, des troupeaux, des animaux sauvages ? Je ne sais pas le deviner, mais une chose est certaine, sans ces chemins multicentenaires, beaucoup de sommets et de vall\u00e9es d&rsquo;altitude nous seraient inaccessibles.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous d\u00e9passons la cabane de Chaborn\u00e9ou, et la neige appara\u00eet vers 2000 m. Elle est bien transform\u00e9e (il n&rsquo;est rien tomb\u00e9 depuis au moins 3 semaines), on y voit encore des traces de skis qui doivent pourtant dater car en cette saison le portage devient vraiment tr\u00e8s, tr\u00e8s long&#8230; Des ilots d&rsquo;herbe trouent la couche neigeuse de loin en loin, mais pour le fun, histoire de faire comme si on \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en altitude, nous plantons la tente dans la neige. Un violent orage vient dans la nuit d\u00e9trempe le sol, peut-\u00eatre finalement avons nous fait le bon choix car sur le n\u00e9v\u00e9 la pluie s&rsquo;infiltre imm\u00e9diatement dans les profondeurs et ne nous inqui\u00e8te pas.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9part 6 heures du matin. N&rsquo;ayant aucun topo, aucune indication d&rsquo;itin\u00e9raire, on navigue \u00e0 vue. C&rsquo;est \u00e0 la fois passionnant (on se prend pour un explorateur en territoire inconnu) et l\u00e9g\u00e8rement inqui\u00e9tant car rien n&rsquo;affirme qu&rsquo;au del\u00e0 de ce qu&rsquo;on aper\u00e7oit existe un passage, ou qu&rsquo;un secteur d\u00e9licat ou dangereux ne nous attend pas quelque part. Alors la progression se fait par tranches prudentes, et nous allons de surprise en surprise \u00e0 chaque fois que nous franchissons un verrou ou un ressaut.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;itin\u00e9raire se r\u00e9v\u00e8le en fait sans difficult\u00e9s particuli\u00e8res : de grandes pentes neigeuses entrecoup\u00e9es de petites langues rocheuses nous m\u00e8nent vers un fonds de vall\u00e9e perch\u00e9. Nous progressons sans crampons dans une pente de 35 degr\u00e9s environ. C&rsquo;est le genre de pente pas encore tr\u00e8s raide, mais d\u00e9j\u00e0 impressionnante : dans la position l\u00e9g\u00e8rement pench\u00e9e qui est naturelle sur ce genre de terrain, on aper\u00e7oit d\u00e9j\u00e0 le bas de la montagne entre ses jambes. Tout est alors question de moral : parfois, sur 20 pas, tout roule, tout s&rsquo;encha\u00eene en toute s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. Puis un regard un peu appuy\u00e9 vers le vide rappelle au pr\u00e9sent et au risque potentiel. Brutalement la confiance baisse. Les 3 cm sur lesquels la chaussure agrippe la neige paraissent soudain bien t\u00e9nus. La t\u00eate tourne l\u00e9g\u00e8rement, et l&rsquo;esprit s&#8217;emballe : \u00ab\u00a0Si je glissais, l\u00e0, o\u00f9 m&rsquo;arr\u00eaterais-je ? Avant ou apr\u00e8s la barre rocheuse ?\u00a0\u00bb. Parfois cette inqui\u00e9tude ne me concerne pas moi-m\u00eame mais mon compagnon, que je sais moins aguerri. Et s&rsquo;il glisse, que puis-je faire pour lui ? Courir me positionner en dessous de lui ? Aurais-je la force d&rsquo;enrayer sa chute ?<\/p>\n\n\n\n<p>Pour couper court ces interrogations, je cours jusqu&rsquo;\u00e0 un replat, sans plus faire aucune attention \u00e0 la mani\u00e8re dont je positionne mes pieds. Le petit ilot de s\u00e9curit\u00e9 sur lequel je me trouve me redonne le moral, et j&rsquo;observe intens\u00e9ment Lionel, attentif, pr\u00eat \u00e0 bondir&#8230; Puis il est l\u00e0, souriant, toutes les inqui\u00e9tudes sont balay\u00e9es et nous repartons plus insouciants.<\/p>\n\n\n\n<p>Du sommet des pentes on aper\u00e7oit un bombement que j&rsquo;interpr\u00e8te sans peine comme la langue terminale d&rsquo;un petit glacier. Je ne sais pas pourquoi cette vue me remplit d&rsquo;enthousiasme. L&rsquo;id\u00e9e de p\u00e9n\u00e9trer en milieu glaciaire, alors m\u00eame que cette transition est rendue quasi-invisible par la neige qui recouvre tout, m&rsquo;excite au plus haut point.<\/p>\n\n\n\n<p>Au loin, encore tr\u00e8s haut, quelques crevasses et s\u00e9racs percent la couche neigeuse au niveau d&rsquo;un \u00e9paulement plus raide. C&rsquo;est la haute montagne qui nous signale son existence. Nous avan\u00e7ons maintenant doucement : la neige commence \u00e0 enfoncer car de fr\u00e9quentes \u00e9claircies nous plombent de soleil et de chaleur, avant que le nuage suivant nous oblige \u00e0 remettre la veste en catastrophe.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette progression facile et monotone, le temps s&rsquo;\u00e9tire et chacun s&rsquo;isole dans ses pens\u00e9es. Enfoui au fond de moi m\u00eame, je manque le d\u00e9part d&rsquo;un couloir qui oblique vers la gauche, passage oblig\u00e9 pour rejoindre le glacier de Jocelme. Il nous faut faire un l\u00e9ger retour en arri\u00e8re lorsque je sors de ma torpeur&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Il n&rsquo;est pas bien long ce couloir, 100 de d\u00e9nivel\u00e9 au maximum, mais nous nous y enlisons une bonne demi-heure, tournant et retournant dans des lacets serr\u00e9s, \u00e9puis\u00e9s par cette journ\u00e9e pourtant raisonnable&#8230; Il n&rsquo;y a pas de doute : arriver de la plaine sans avoir fait le moindre exercice physique depuis des mois ne facilite pas la pratique de la haute montagne. C&rsquo;est donc sans arri\u00e8res pens\u00e9es que nous d\u00e9cidons de planter le camp au sommet du couloir. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs un endroit admirable, parfait pour passer la nuit : une belle selle neigeuse vient s&rsquo;appuyer contre un rognon rocheux. Il y a de la place, et l&rsquo;ambiance est magnifique. Au travers de fugitives d\u00e9chirures des nuages, nous apercevons le bas des parois rocheuses des sommets environnants, visions qui nous donnent le sentiment d&rsquo;\u00eatre en relative s\u00e9curit\u00e9 au milieu d&rsquo;un monde sauvage et dangereux. Vivement le grand beau !<\/p>\n\n\n\n<p>Il n&rsquo;est que midi, il nous reste une apr\u00e8s-midi compl\u00e8te pour dormir, fl\u00e2ner, lire, et boire des canons de rouge. Mais \u00e0 vrai dire, l&rsquo;effort ne nous rend gu\u00e8re friands d&rsquo;alcool et nous redescendrons bien un tiers de l&rsquo;excellent Cabernet Sauvignon qui a pes\u00e9 sur nos \u00e9paules. J&rsquo;en serai constern\u00e9, moi qui manque toujours de ce genre de g\u00e2terie en altitude.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2003\/0405_jocelme_avec_lionel\/20030405_jocelme_avec_lionel_03.jpg\" alt=\"\" width=\"384\" height=\"488\"\/><figcaption>La tente, perdue sur sa selle de neige<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Je profite d&rsquo;une belle accalmie pour jouer \u00e0 la neige un bon moment, comme un vrai gamin, creusant des toilettes inutiles, tra\u00e7ant des chemins qui ne m\u00e8ne nulle part&#8230; Vers la fin de la journ\u00e9e le temps se g\u00e2te, la neige commence \u00e0 tomber assez fortement. Il est temps de nous calfeutrer dans notre univers douillet.<\/p>\n\n\n\n<p>La nuit, la temp\u00eate se d\u00e9cha\u00eene. Un violent gr\u00e9sil mart\u00e8le notre toile de tente, nous emp\u00eachant de dormir. Bon sang, combien de fois ais-je connu ce genre de situation ? Pour \u00eatre bien en montagne, il faut qu&rsquo;il fasse BEAU. La machine \u00e0 inqui\u00e9tude se met en marche : cela va t-il durer toute la nuit ? Continuer demain ? Allons nous \u00eatre bloqu\u00e9s ici ? Et si m\u00eame on n&rsquo;est pas bloqu\u00e9s, la couche de neige fra\u00eeche va rendre la progression p\u00e9nible&#8230; Il y a toujours une fraction de seconde durant laquelle, sous la temp\u00eate, j&rsquo;aimerai \u00eatre ailleurs. Devant ma chemin\u00e9e avec un bon bouquin.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2003\/0405_jocelme_avec_lionel\/20030405_jocelme_avec_lionel_01.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption>Dans les derni\u00e8res centaines de m\u00e8tres<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Mais le vent se calme et le silence se fait, au dehors comme au dedans. Et \u00e0 5 heures du mat&rsquo; le lendemain c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9merveillement. Le grand bleu s&rsquo;est install\u00e9, la montagne est couvert de 10 modestes cm de neige fra\u00eeche qui rendent&nbsp; tout magnifique mais ne nous g\u00eaneront pas pour avancer. Toutes les inqui\u00e9tudes sont balay\u00e9es, le coeur tape de joie. Il nous faut tr\u00e8s, tr\u00e8s peu de temps pour \u00eatre dehors et partir en direction du sommet, laissant derri\u00e8re nous un camp vide et silencieux&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Quel confort de terminer une ascension comme \u00e7a : nous d\u00e9marrons \u00e0 3100, le sommet est \u00e0 3450. 350m les mains dans les poches. Une balade de sant\u00e9. Rien que du plaisir. Le vent violent qui nous attend sur l&rsquo;ar\u00eate est presque un amusement : il faut compenser en marchant de travers, lorsque la rafale cesse brusquement on manque de se casser la gueule, il faut r\u00e9tablir instantan\u00e9ment, comme en planche \u00e0 voile.<\/p>\n\n\n\n<p>Ar\u00eate sommitale&#8230; D&rsquo;un regard je d\u00e9couvre tous proches tous ces grands sommets du massif que j&rsquo;ai fr\u00e9quent\u00e9s il y a 20 ans : Les \u00e9crins, le Pelvoux, les Rouies&#8230; Derri\u00e8re nous, le Sirac, plus modeste, mais quelle face fantastique, on dirait un grand de l&rsquo;Himalaya.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2003\/0405_jocelme_avec_lionel\/20030405_jocelme_avec_lionel_02.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>20 ans d&rsquo;absence m&rsquo;avaient fait oublier la beaut\u00e9 de ce massif si particulier : un d\u00e9dale de vall\u00e9es, un piquetage de sommets qui s&rsquo;\u00e9tend \u00e0 perte de vue. Comme on est loin de l&rsquo;aspect monolithique, \u00e9norme,&nbsp; du Mont-Blanc. Ici on a envie d&rsquo;aller partout. Au mont-Blanc, on a envie d&rsquo;aller&#8230; au Mont-Blanc, sinon rien.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut absolument que je revienne faire un tour plus approfondi dans ce massif !<\/p>\n\n\n\n<p>Septembre 2004 : ce retour ne s&rsquo;est finalement pas fait attendre, avec une <a href=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/gestion\/un_ecrit.aspx?idecrit=589\">balade de 6 jours dans les glaciers de l&rsquo;est du massif<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En ce milieu de mois de mai 2003, les hasards de la vie m&rsquo;offrent 3 journ\u00e9es de libert\u00e9, pour faire ce que je veux avec Lionel, un ami de la&hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1558,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,1],"tags":[],"class_list":["post-585","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-oisans","category-recits"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/585","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=585"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/585\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1560,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/585\/revisions\/1560"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1558"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=585"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=585"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=585"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}