
{"id":583,"date":"2021-11-28T16:50:56","date_gmt":"2021-11-28T16:50:56","guid":{"rendered":"http:\/\/reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/?p=583"},"modified":"2021-11-28T16:50:57","modified_gmt":"2021-11-28T16:50:57","slug":"doutes-a-lossau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/doutes-a-lossau\/","title":{"rendered":"Doutes \u00e0 l&rsquo;Ossau"},"content":{"rendered":"\n<p>Le pic du midi d&rsquo;Ossau est, avec le Mont-Blanc, le sommet qui occupe le plus mes pens\u00e9es de baladeur de la haute-montagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils n&rsquo;ont pourtant pas grand chose en commun, ces deux l\u00e0. L&rsquo;Ossau affiche quasi-exactement 2000 m\u00e8tres de moins que le roi des Alpes. Il n&rsquo;approche pas m\u00eame l&rsquo;altitude des points culminants des Pyr\u00e9n\u00e9es (Aneto \u00e0 3404 m). Pourtant, il marque d&rsquo;une emprise absolue plusieurs vall\u00e9es pyr\u00e9n\u00e9ennes. Les terrasses \u00e0 rambardes sculpt\u00e9es du ch\u00e2teau Henri IV de Pau subissent son influence directe et multis\u00e9culaire par del\u00e0 les presque 50 kilom\u00e8tres qui les s\u00e9parent. De ce point de vue unique, par beau temps, la barri\u00e8re Pyr\u00e9n\u00e9enne s&rsquo;\u00e9tale \u00e0 l&rsquo;infini vers l&rsquo;est et l&rsquo;ouest et un effet d&rsquo;optique somme toute banal donne \u00e0 l&rsquo;Ossau le premier r\u00f4le : il appara\u00eet comme le plus haut, totalement isol\u00e9 de tout autre sommet susceptible de faire de l&rsquo;ombre \u00e0 sa prestance. Son asym\u00e9trie bancale, opposant une grande dent de travers et une petite canine ac\u00e9r\u00e9e, fait plus penser \u00e0 un pic imaginaire issu de l&rsquo;univers de Tolkien, en haut duquel logent probablement des d\u00e9mons d&rsquo;un autre \u00e2ge, qu&rsquo;\u00e0 un sommet des belles et tranquilles Pyr\u00e9n\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Ah, et puis, il faut le dire, c&rsquo;est l\u00e0 que j&rsquo;ai s\u00e9duit ma belle, celle avec laquelle je partage ma vie&#8230; Ca a d\u00fb me marquer, aussi !<\/p>\n\n\n\n<p>Quelles conneries, quelles folies, quels bonheurs, quelles terreurs j&rsquo;ai v\u00e9cus dans les pentes de ce petit g\u00e9ant !<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1980\/0815_premiers_pas_en_montagne\/19800815_premiers_pas_en_montagne_ossau_depuis_ayous.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption>L&rsquo;ossau depuis le lac d&rsquo;Ayous<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai toujours trouv\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Ossau une capacit\u00e9 \u00e0 se faire admirer pour plus qu&rsquo;il n&rsquo;est. En hiver, les multiples petites pointounettes qui composent le sommet de la face sud apparaissent, pour qui accepte de se laisser influencer, comme autant de fantastiques ar\u00eates andines aux vertigineuses draperies de neige.<\/p>\n\n\n\n<p>Inversement, il est possible de vivre dans ses alentours des aventures toutes champ\u00eatres, m\u00eame au creux de l&rsquo;hiver. Un jour, d\u00e9sireux de faire partager ma passion du lieu, j&rsquo;ai particip\u00e9 \u00e0 l&rsquo;encadrement d&rsquo;une balade de copains : 32 personnes, emmen\u00e9s depuis la Normandie pour faire le tour de l&rsquo;Ossau (version longue, Bious-Artigues &#8211; Ayous &#8211; Pombie &#8211;&nbsp; Arr\u00e9moulit &#8211; Soussou\u00e9ou) \u00e0 ski de randonn\u00e9e ! Gars et filles, costauds et freluquets; r\u00eaveurs et bagarreurs, skieurs et non skieurs. Ce f\u00fbt une semaine surr\u00e9aliste, qui vit notre troupe progresser en grand d\u00e9sordre dans la boucle, prenant d&rsquo;assaut les refuges (heureusement vides), utilisant tout&nbsp; le silence de la montagne pour y mettre ses cris et vocif\u00e9rations, tra\u00e7ant d&rsquo;innombrables sillons plus ou moins parall\u00e8les sur les pentes de neige. Dans certains passages, comme la descente du lac sup\u00e9rieur d&rsquo;Ayous vers la plaine de Bious, notre bande s&rsquo;apparentait \u00e0 la classe du petit Nicolas en voyage : skis entrem\u00eal\u00e9s, sacs \u00e0 dos d\u00e9penaill\u00e9s, chutes en tous genres, bagarres et r\u00e9conciliations, rires et pleurs, chants&#8230; le tout sur fonds des deux pointes, qui doivent tr\u00e8s probablement s&rsquo;en rappeler encore. Cette fois l\u00e0, la montagne avait \u00e9t\u00e9 bien gentille avec nous.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur certains versants, comme au pied de la face nord, on est au coeur d&rsquo;un hiver terrifiant de rigueur, alors que de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 la nature d\u00e9ploie ses charmes et s&rsquo;offre toute en douceur.<\/p>\n\n\n\n<p>Un jour, vers P\u00e2ques, nous descendions \u00e0 pieds dans la neige du sommet du Peyreget vers le refuge de Pombie. Nous avions pris une su\u00e9e dans la mont\u00e9e depuis la plaine de Bious, alors malgr\u00e9 la neige qui nous avait surpris au sommet, nous avions enlev\u00e9 tous nos habits et \u00e9tions redescendus \u00e0 l&rsquo;aveuglette, torse nus dans le brouillard et les rafales. J&rsquo;avais l&rsquo;impression \u00e9tonnante qu&rsquo;il neigeait \u00e0 20\u00b0C. C&rsquo;est la peau d\u00e9goulinante de neige fondue et de sueur m\u00e9lang\u00e9es, tout fumants et haletants d&rsquo;avoir couru, que nous avons fait irruption dans la salle hors sac du refuge de Pombie. 5 Gendarmes de haute-montagne se pelotonnaient l\u00e0, autour de la froide table de formica trou\u00e9e jusqu&rsquo;au bois, et tentaient de se r\u00e9chauffer en s&rsquo;offrant un petit en-cas. A notre vue l&rsquo;adjudant s&rsquo;\u00e9tait lev\u00e9, et \u00e0 moiti\u00e9 b\u00e9gayant de surprise, il nous avait demand\u00e9&#8230; si on avait de quoi s&rsquo;habiller ! Je pense qu&rsquo;il avait cru voir surgir des fant\u00f4mes en perdition.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1984\/0415_ski_rando_ossau\/19840415_ski_rando_ossau_02.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption>Au sommet en hiver<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Autre image : Pascal est en t\u00eate d&rsquo;une cord\u00e9e, l\u00e9g\u00e8rement en dessous de moi dans les pentes de neige de la grande raill\u00e8re (un c\u00f4ne d&rsquo;\u00e9boulis qui monte tout droit vers le col s\u00e9parant les 2 pics). C&rsquo;est P\u00e2ques, le petit matin est beau et glacial, la neige est dure, n\u00e9cessitant toute notre attention dans cette pente qui commence \u00e0 \u00eatre raide. Soudain, un stalactite de glace se d\u00e9croche d&rsquo;une quelconque corniche loin au dessus de nous dans la face. Un rebond le jette violemment \u00e0 la t\u00eate de Pascal, dont le front s&rsquo;ouvre comme un fruit m\u00fbr. Du sang appara\u00eet imm\u00e9diatement, mais ce qui me terrorise, c&rsquo;est de voir Pascal vaciller sous le choc, sonn\u00e9. S&rsquo;il tombe l\u00e0, il entra\u00eene sa cord\u00e9e. Les secondes passent au ralenti, les sc\u00e9narios catastrophe se bousculent dans ma t\u00eate. Il est debout sur ses crampons, appuy\u00e9 sur son piolet, il oscille doucement, les yeux ferm\u00e9s&#8230; tombera, tombera pas ? Derri\u00e8re lui, tr\u00e8s bas, les premiers rayons du soleil effleurent le refuge de Pombie dans leur lumi\u00e8re dor\u00e9e. Pascal ouvre les yeux, il s&rsquo;\u00e9broue. C&rsquo;est pass\u00e9 !<\/p>\n\n\n\n<p>Moi qui aime la lenteur, les nuits dans la neige, et la compagnie de bons amis, il me revient un souvenir li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Ossau durant lequel j&rsquo;avais fait un autre choix. D\u00e9part 4 heures, un petit matin de f\u00e9vrier, des environs de Pau. Seul. J&rsquo;\u00e9tais dans les environs pour autre chose, mais sentir la montagne si proche m&rsquo;avait suffi \u00e0 foncer pour essayer d&rsquo;atteindre \u00ab\u00a0quelque chose\u00a0\u00bb en 12 heures chrono aller-retour.<\/p>\n\n\n\n<p>6 heures du matin, Col du Pourtalet. L&rsquo;air est glac\u00e9, vivifiant. Avec mes 4 petits kilos sur le dos je me sens l\u00e9ger, l\u00e9ger. Les lacets du sentier m&rsquo;attirent, me donnent envie de courir. Je vais faire une bouch\u00e9e de ce sacr\u00e9 Jean-Pierre ! Le temps de compter les virages et me voil\u00e0 d\u00e9j\u00e0 sur le rebord de la combe de l&rsquo;Ossau. La neige&nbsp; commence ici. Crampons, crissements d\u00e9licieux. J&rsquo;avale \u00e0 grands pas les m\u00e9andres de la trace. Je passe comme une fus\u00e9e devant le refuge de Pombie et monte au col de Suzon. 7 heures 30, c&rsquo;est bien. Me voil\u00e0 \u00e0 pieds d&rsquo;oeuvre.<\/p>\n\n\n\n<p>Premi\u00e8res dizaines de m\u00e8tres de la voie normale. Bien, la neige est id\u00e9alement dure&#8230;&nbsp; Me reviennent en m\u00e9moire les images de ma premi\u00e8re ascension de ce sommet en hiver. Trois jours de suite, avec Pascal et Babette, nous avions d\u00fb revenir \u00e0 la charge. Chaque fois, l&rsquo;Ossau nous avait rejet\u00e9 : parce que nous avions pris le mauvais couloir, parce que nous \u00e9tions fatigu\u00e9s, parce que&#8230; nous \u00e9tions impressionn\u00e9s, tout simplement. Ces pentes nous paraissaient \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des sommets de technicit\u00e9, la vie ne nous semblait tenir qu&rsquo;\u00e0 un fil&#8230; Nous \u00e9voluions lentement, encord\u00e9s comme pour une premi\u00e8re. Finalement, la troisi\u00e8me tentative s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9v\u00e9l\u00e9e la bonne, et ne parvenir au sommet qu&rsquo;apr\u00e8s des \u00e9checs avait r\u00e9hauss\u00e9 dans nos coeurs la sensation d&rsquo;avoir r\u00e9ussi une tr\u00e8s grande chose. Aujourd&rsquo;hui, apr\u00e8s quelques ann\u00e9es de pratique, je mesure mieux la difficult\u00e9 r\u00e9elle de l&rsquo;entreprise : il s&rsquo;agit d&rsquo;une ascension facile, une bonne initiation \u00e0 la course de neige, voil\u00e0 tout.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout est donc parfait ! Je progresse r\u00e9guli\u00e8rement et rapidement. Sauf que&#8230; je ressens soudain une l\u00e9g\u00e8re, l\u00e9g\u00e8re fatigue. Une langueur s&#8217;empare de mon corps, mes jambes tremblent insensiblement. Bigre. Il faut que j&rsquo;y aille doucement. D&rsquo;ailleurs me voici au pieds de la seconde chemin\u00e9e, plus possible de continuer \u00e0 courir ici. Rien de bien difficile, simplement \u00e0 pr\u00e9sent je sens ma limite : ce ressaut mi-rocheux mi neigeux doit \u00eatre franchi sans erreur car une chute depuis le rocher ne peut pas facilement \u00eatre enray\u00e9e et ne pardonnerait pas. Il faut s&rsquo;engager tranquillement, assurer chacun de ses gestes, trouver les moyens de ne pas se fatiguer plus. A 7 ou 8 m\u00e8tres de haut, je dois me l&rsquo;avouer \u00e0 moi m\u00eame : je ne suis pas \u00e0 l&rsquo;aise. Le doute s&rsquo;insinue en moi : et si je tombais ? Je ne peux m&#8217;emp\u00eacher de regarder entre mes jambes. Sous cet angle trompeur, la pente para\u00eet in\u00e9vitablement terrifiante. Mais bon sang pourquoi je suis comme une poule mouill\u00e9e tout \u00e0 coup ? Cette Foutue voie normale de l&rsquo;Ossau, j&rsquo;y suis venu des tas de fois en hiver ! Oui, mais pas seul, pas sans un minimum de pr\u00e9paration physique, pas en courant le ventre vide&#8230; Bon sang, il faut que je me bouge le cul pour sortir de ce couloir !!!<\/p>\n\n\n\n<p>Une mini vague de panique d\u00e9clenche une mont\u00e9e d&rsquo;adr\u00e9naline dans mon corps. Sans plus r\u00e9fl\u00e9chir je me projette vers le haut, sautant de prise en prise. Sortir de l\u00e0, vite&#8230; En quelques pas je rejoins au sommet du couloir un replat neigeux sur lequel je me sens \u00e0 nouveau en s\u00e9curit\u00e9. Je hal\u00e8te en silence, \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de ce que je ressens. Bient\u00f4t le calme revient en moi et je l\u00e8ve les yeux vers la suite de l&rsquo;itin\u00e9raire.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0 commence la grande pente de neige. Elle me fatigue \u00e0 l&rsquo;avance. Est-il indispensable que je m&rsquo;y lance, alors que je suis en s\u00e9curit\u00e9 ici ?<\/p>\n\n\n\n<p>Je repars \u00e0 petits pas minuscules, donnant de minables coups de piolet dans la glace qui commence \u00e0 appara\u00eetre \u00e7a et l\u00e0. Minable. Je suis minable. Mais je ne peux pas encore me rendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence. La pente atteint son inclinaison maximum, et comble de malchance, je suis maintenant sur de la glace vive. En forme j&rsquo;aurai progress\u00e9 tranquillement et fermement, un pied de face et un pied de profil, plantant chaque crampon d&rsquo;un unique et solide coup. Aujourd&rsquo;hui, je tape 25 fois de suite, v\u00e9rifie et rev\u00e9rifie que l&rsquo;ancrage est bon, finis parfois par tailler de vraies baignoires parfaitement inutiles, dans l&rsquo;unique but de me persuader que oui, vraiment, l\u00e0 je ne risque rien \u00e7a va tenir&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Une interminable heure se passe, me rapprochant affreusement lentement du couloir sup\u00e9rieur. Les pens\u00e9es tournent dans ma t\u00eate : comment pourrais-je avoir le courage de continuer ? Mais comment m&rsquo;avouer \u00e0 moi-m\u00eame que je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 capable de r\u00e9aliser cette ascension facile ? Et comment le dire aux autres ? Mais pourquoi faudrait-il que les autres sachent si je ne suis pas mont\u00e9. Bon sang, mais je deviens fou ou quoi, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il y a de mal \u00e0 ne pas monter ? C&rsquo;est quoi ces histoires de faire mine ? Je creuse une l\u00e9g\u00e8re plateforme qui me permet de me sentir en s\u00e9curit\u00e9 relative dans cette immensit\u00e9 inclin\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Peu \u00e0 peu la temp\u00eate int\u00e9rieure se calme. Des bribes de raisonnement commencent \u00e0 s&rsquo;\u00e9tablir en moi. Je commence \u00e0 comprendre que je suis dans un \u00e9tat limite, et que la seule attitude raisonnable consiste \u00e0 redescendre, comme un gentil gar\u00e7on.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour la premi\u00e8re fois de toute ma courte vie d&rsquo;alpiniste, j&rsquo;ai l\u00e2ch\u00e9 prise (si je puis dire !), je me suis \u00e9cout\u00e9, j&rsquo;ai privil\u00e9gi\u00e9 la raison \u00e0 la passion. Ouuuh, mais je grandis ma parole ! Je repense \u00e0 Lionel Terray et tant d&rsquo;autres alpinistes de haut niveau, morts dans des voies faciles apr\u00e8s avoir vaincu les pires difficult\u00e9s dans des conditions \u00e9pouvantables. L\u00e0, je crois que je commence \u00e0 comprendre.<\/p>\n\n\n\n<p>A mon retour, lorsque je lui ai racont\u00e9 que je n&rsquo;avais pas \u00e9t\u00e9 en haut, Sophie m&rsquo;a simplement dit : \u00ab\u00a0C&rsquo;est bien !\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi je crois toujours qu&rsquo;il faut aller au sommet pour que les gens m&rsquo;aiment ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le pic du midi d&rsquo;Ossau est, avec le Mont-Blanc, le sommet qui occupe le plus mes pens\u00e9es de baladeur de la haute-montagne. 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