
{"id":1229,"date":"2021-11-28T16:03:16","date_gmt":"2021-11-28T16:03:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/?p=1229"},"modified":"2021-11-28T16:03:18","modified_gmt":"2021-11-28T16:03:18","slug":"la-balance-du-mont-blanc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.reveeveille.net\/lamontagnetranquille\/la-balance-du-mont-blanc\/","title":{"rendered":"La balance du Mont-Blanc"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Ar\u00eate de l&rsquo;aiguille du Go\u00fbter, ao\u00fbt 2019<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il est bizarre, cet homme. Il pourrait s&rsquo;agir d&rsquo;un grimpeur solitaire, mais&#8230; son comportement est intrigant. Au lieu de progresser r\u00e9guli\u00e8rement, comme tout alpiniste en route pour le sommet, il semble se promener. Il fait quelques pas, s&rsquo;arr\u00eate, jette un regard circulaire autour de lui, red\u00e9marre sans se presser&#8230; Les autres cord\u00e9es le doublent les unes apr\u00e8s les autres, mais il semble s&rsquo;en ficher royalement. Chaque fois il se range de c\u00f4t\u00e9 pour les laisser passer. Il semble r\u00e9fl\u00e9chir. La trace le rapproche peu \u00e0 peu de notre tente. Lorsqu&rsquo;il n&rsquo;en est plus qu&rsquo;\u00e0 une trentaine de m\u00e8tres, il s&rsquo;immobilise, et regarde fixement dans notre direction. Farfouillant dans sa poche int\u00e9rieure, il sort un t\u00e9l\u00e9phone portable, compose un num\u00e9ro, et s&rsquo;adresse \u00e0 un interlocuteur invisible. Il parle \u00e0 voix basse, mais l&rsquo;air du matin porte ses paroles jusqu&rsquo;\u00e0 nous.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Oui, c&rsquo;est moi&#8230; il y a une tente au replat&#8230; oui. North Face jaune&#8230; oui. Trois personnes&#8230; Oui. Salut.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;homme raccroche, et reprend sa progression erratique en direction du D\u00f4me du Go\u00fbter, sans plus nous accorder la moindre attention.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est que cette histoire&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Hier, nous \u00e9tions au sommet vers 17 heures. L\u00e0-haut, le grand beau, et surtout le silence, en l&rsquo;absence de tout autre \u00eatre humain, avaient constitu\u00e9 une belle r\u00e9compense \u00e0 une balade de trois jours. La descente de l&rsquo;ar\u00eate des Bosses d\u00e9serte avait \u00e9t\u00e9 somptueuse dans la lumi\u00e8re dor\u00e9e de cette belle fin d&rsquo;apr\u00e8s-midi. Mais un petit vent d&rsquo;ouest tenace et glacial avait souffl\u00e9 sans rel\u00e2che, s&rsquo;insinuant insidieusement sous mes lunettes. Dans la travers\u00e9e du d\u00f4me du Go\u00fbter mon \u0153il droit avait commenc\u00e9 \u00e0 me br\u00fbler, dans la descente vers l&rsquo;Aiguille les larmes me brouillaient la vue. A la naissance de l&rsquo;ar\u00eate je n\u2019y voyais plus gu\u00e8re et j&rsquo;avais compris que le projet de regagner la vall\u00e9e le soir m\u00eame ne faisait plus partie des options r\u00e9alistes.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment faire&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Jeter la tente sur le premier replat venu aurait constitu\u00e9 une solution simple et \u00e9l\u00e9gante. Depuis trois jours nous campions avec bonheur dans les glaciers, une derni\u00e8re nuit sous la toile ne nous aurait pas d\u00e9plu. Sauf que&#8230; l&rsquo;augmentation exponentielle du nombre d&rsquo;ascensionnistes ces derni\u00e8res ann\u00e9es ayant g\u00e9n\u00e9r\u00e9 un d\u00e9veloppement anarchique du camping sauvage sur cette ar\u00eate, il est \u00e0 pr\u00e9sent rigoureusement interdit d&rsquo;y bivouaquer, comme dans l&rsquo;ensemble du massif.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;approuve cette mesure, destin\u00e9e \u00e0 limiter les nombreux probl\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9, de gestion des d\u00e9chets et autres incivilit\u00e9s. Mais naturellement, en bon fran\u00e7ais, je consid\u00e8re avec ma mauvaise foi coutumi\u00e8re qu&rsquo;elle ne s&rsquo;applique pas \u00e0 ma propre personne&#8230; surtout si elle contrecarre mes petits projets. C&rsquo;est donc dans une indiff\u00e9rence provocatrice que nous avons ostensiblement pos\u00e9 la tente aux quatre coins du massif les jours pr\u00e9c\u00e9dents. Nous n&rsquo;\u00e9tions pas inquiets&nbsp;: qui aurait pris la peine de surveiller les versants presque d\u00e9serts que nous avons parcourus&nbsp;? Ici, il en va diff\u00e9remment&nbsp;: nous nous trouvons pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;endroit le plus fr\u00e9quent\u00e9 &#8211; et donc certainement le plus surveill\u00e9 \u2013 du massif du mont-Blanc, des Alpes et peut-\u00eatre m\u00eame du monde entier&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Camper ici aurait \u00e9t\u00e9 franchement risqu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Autre solution&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Le flambant neuf refuge du Go\u00fbter, distant de quelques centaines de m\u00e8tres \u00e0 peine, aurait pu constituer une base de repli possible&#8230; en supposant qu&rsquo;on nous y ait laiss\u00e9 entrer&nbsp;: durant la haute saison il est perp\u00e9tuellement bond\u00e9, et son acc\u00e8s est strictement r\u00e9serv\u00e9 aux chanceux qui ont r\u00e9ussi \u00e0 obtenir des places six mois \u00e0 l&rsquo;avance sur les plate-formes de r\u00e9servation en ligne. M\u00eame avec un gardien tr\u00e8s compr\u00e9hensif, nous n&rsquo;y aurions trouv\u00e9 place que dans le local \u00e0 chaussures, et au prix fort&#8230; Voil\u00e0 qui aurait \u00e9t\u00e9 dur \u00e0 avaler apr\u00e8s les journ\u00e9es sauvages que nous venions de vivre.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2019\/0730_oisan_et_mont_blanc_raphael_aurelien\/20190730_oisan_et_mont_blanc_raphael_aurelien_14.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption>Le refuge du Go\u00fbter, sur son ar\u00eate solitaire<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>N&rsquo;apercevant pas de plan C, apr\u00e8s une longue h\u00e9sitation c&rsquo;est le camping que nous avons finalement choisi, confort\u00e9s par notre situation d&rsquo;urgence&nbsp;: si un quelconque repr\u00e9sentant de la loi s&rsquo;en prenait \u00e0 nous, je pourrais brandir l&rsquo;imparable argument de mon \u0153il d\u00e9faillant. Dans la lumi\u00e8re rasante des derniers rayons du soleil, nous avions install\u00e9 notre camp sur un confortable replat, \u00e0 une quinzaine de m\u00e8tres de la trace.<\/p>\n\n\n\n<p>A 2 heures du matin, le d\u00e9fil\u00e9 a commenc\u00e9. De lointains cliquetis nous ont tir\u00e9 d&rsquo;un sommeil comateux. Ils sont all\u00e9s crescendo, bient\u00f4t accompagn\u00e9s de respirations haletantes et de crissements de crampons. Un faisceau de lampe frontale a vol\u00e9 sur la toile de notre tente et a disparu un instant. Il est revenu en arri\u00e8re, s&rsquo;est longuement attard\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; H\u00e9 vous avez vu \u00e7a&nbsp;? Une tente&nbsp;! Ils sont gonfl\u00e9s les gars&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><em>Gonfl\u00e9s, gonfl\u00e9s&#8230; ne parle pas sans savoir, s&rsquo;il te pla\u00eet. On a eu un probl\u00e8me, on est des naufrag\u00e9s de l&rsquo;altitude, nous !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ils ont pas d\u00fb comprendre que c&rsquo;\u00e9tait interdit. C&rsquo;est s\u00fbrement des Russes ou des Bulgares,.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Nous parfaitement comprendre toi, esp\u00e8ce de bachi-bouzouk.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; S&rsquo;ils se font choper ils vont le sentir passer.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ha ha, \u00e7a me ferait bien mal&nbsp;!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Para\u00eet que l\u2019amende peut monter \u00e0 30.000 \u20ac par personne.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ah quand m\u00eame&nbsp;!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>S&rsquo;ensuivirent plusieurs heures de commentaires du m\u00eame type, prof\u00e9r\u00e9s \u00e0 pleine puissance par ces importuns ind\u00e9licats. Derri\u00e8re notre toile de tente, nous en avons profit\u00e9 \u00e0 loisir. Peut-\u00eatre pensaient-ils que nous nous \u00e9tions absent\u00e9s quelques jours&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ils sont tar\u00e9s, ils sont juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;une crevasse.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Oui : \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Pas dedans.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ouah&#8230; les veinards, il sont trop tranquilles, ici&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><em>H\u00e9 bien justement non&nbsp;! Si tu la fermais, peut-\u00eatre&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Parfois, le flot humain se tarissait quelques minutes. Le silence retrouv\u00e9 nous permettait un rapide petit somme. Puis une nouvelle vague approchait, et la litanie recommen\u00e7ait.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque le ciel a commenc\u00e9 \u00e0 s&rsquo;\u00e9claircir, nous sommes sortis dans l&rsquo;air glac\u00e9. Aussi loin que portait la vue, une interminable chenille s&rsquo;\u00e9tirait sur la trace dans les deux directions. Les premiers avaient depuis longtemps disparu derri\u00e8re le d\u00f4me du Go\u00fbter, les derniers \u00e9tant sans doute encore en train de chausser leurs crampons dans le fameux local \u00e0 chaussures du refuge.<\/p>\n\n\n\n<p>Et il y avait ce type bizarre avec son portable.<\/p>\n\n\n\n<p>Il continue son dr\u00f4le de man\u00e8ge, un peu plus haut sur les premi\u00e8res pentes du D\u00f4me, traquant sans doute d&rsquo;autres contrevenants. Car nous en sommes certains maintenant, c&rsquo;est bien de cela qu&rsquo;il s&rsquo;agit. C&rsquo;est une balance. Avec son t\u00e9l\u00e9phone il a lanc\u00e9 l&rsquo;alerte. Les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes sont \u00e0 pr\u00e9sent inform\u00e9es que trois dangereux hors-la-loi campent sur l&rsquo;aiguille du Go\u00fbter. Il suffit de monter les cueillir. Notre sang ne fait qu&rsquo;un tour&nbsp;: les brigades blanches vont-elles appara\u00eetre derri\u00e8re cette bosse neigeuse toute proche&nbsp;? Un h\u00e9licopt\u00e8re va-t-il surgir de la vall\u00e9e et entamer une man\u0153uvre d\u2019encerclement avec sommation par m\u00e9gaphone de nous allonger face contre le sol&nbsp;? Ou bien serons-nous interpell\u00e9s plus bas par des soldats en tenues de camouflage qui se jetteront sur nous au sortir du couloir de la mort et nous plaqueront virilement au sol en nous lisant nos droits&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Le c\u0153ur battant, encore \u00e0 moiti\u00e9 d\u00e9v\u00eatus, nous jetons nos affaires dans les sacs. La tente suit, en vrac. En quelques minutes, nous sommes pr\u00eats. Un d\u00e9part en bon ordre nous aurait demand\u00e9 une heure. La peur rend efficace.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ils savent qu&rsquo;on est trois, il faut nous s\u00e9parer. Je pars tout de suite, vous suivez par intervalles de 5 minutes.<\/p>\n\n\n\n<p>Je rejoins la trace en courant et pars en direction du refuge. Une cord\u00e9e vient \u00e0 ma rencontre. Sans doute une force d&rsquo;intervention sp\u00e9ciale&nbsp;! Ils font mine de ne pas s\u2019int\u00e9resser \u00e0 moi. Ils attendent certainement que je les aie crois\u00e9s pour m\u2019attaquer \u00e0 revers&#8230; Mais rien ne se passe. Peu \u00e0 peu mon c\u0153ur se calme.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la terrasse de l&rsquo;ancien refuge du Go\u00fbter, notre trio se reconstitue pour entamer la descente de l&rsquo;aiguille. Tout est calme&#8230; Trop calme&nbsp;! Restons vigilants.<\/p>\n\n\n\n<p>Six cent m\u00e8tres plus bas, au bord du glacier de T\u00eate Rousse, d\u00e9bute le sentier qui rejoint la vall\u00e9e. Nous y serons hors de danger. S&rsquo;il doit se passer quelque chose, ce sera avant.<\/p>\n\n\n\n<p>Le terminus du sentier est noir de monde, apparemment des randonneurs, en groupe ou en famille. Mais \u00e0 y bien regarder, plusieurs ont l&rsquo;air franchement louche, des protub\u00e9rances anormales gonflent leurs habits, probablement des fusils LBD dissimul\u00e9s. Bigre, \u00ab&nbsp;ils&nbsp;\u00bb ont mis les moyens&nbsp;! H\u00e9las, il est trop tard pour faire demi-tour, nous attirerions imm\u00e9diatement leur attention et c&rsquo;en serait fait de nous. Faisant mine de rien, \u00e0 pas lents, nous approchons. La foule s&rsquo;\u00e9carte sur notre passage, silencieuse. Nous sentons des regards hostiles se porter sur nos nuques. Mon c\u0153ur s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re. J&rsquo;ai la respiration courte, malgr\u00e9 la fra\u00eecheur du matin je suis tremp\u00e9 de transpiration. Ils attendent le meilleur moment&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Plus que quelques m\u00e8tres. Nous sommes maintenant si pr\u00e8s du but que je me prends presque \u00e0 esp\u00e9rer. Pourquoi n\u2019agissent-ils pas&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Encore quelques m\u00e8tres et nous \u00e9mergeons de la foule. Nous sommes \u00e0 pr\u00e9sent sur le sentier, la voie semble libre. Nous nous retournons pour faire face, pour braver l&rsquo;ennemi.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux fins vous sont propos\u00e9es pour clore \u00e0 votre convenance cette aventure palpitante&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Fin 1&nbsp;: Tous ces gens sont bien des agents des Forces Sp\u00e9ciales d&rsquo;Intervention d\u00e9guis\u00e9s en vulgaires touristes. Mais notre ruse les a tromp\u00e9s, ils nous ont pris pour de simples marmottes d\u00e9guis\u00e9es en vulgaires alpinistes. Alors on leur crie&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ha ha ha&nbsp;! On vous a eus, bande de gros nazes, le gang des campeurs fous c&rsquo;\u00e9tait nous. Maintenant c&rsquo;est trop tard, vous pouvez plus rien contre nous. Ha ha ha (\u00e9chos de rires r\u00e9sonnant dans les ab\u00eemes de la montagne)<\/p>\n\n\n\n<p>Nous nous enfuyons en courant vers la vall\u00e9e, encore tous secou\u00e9s de spasmes de rire r\u00e9manents.<\/p>\n\n\n\n<p>Fin 2&nbsp;: Tous ces gens observent le paysage \u00e0 la jumelle, boivent une gorg\u00e9e d&rsquo;eau fra\u00eeche au goulot de la gourde, tirent le pique-nique du sac, d\u00e9bouchent une bouteille de rouge, se congratulent pour la belle mont\u00e9e qu&rsquo;ils viennent de r\u00e9ussir, d\u00e9signent le sommet de leur doigt tendu, disposent soigneusement un tee-shirt tremp\u00e9 de sueur \u00e0 s\u00e9cher sur un rocher br\u00fblant&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>On dirait bien qu\u2019il s\u2019agit d&rsquo;une foule de promeneurs ordinaire. Personne, je dis bien&nbsp;: personne, ne s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 nous. C&rsquo;en est vexant&nbsp;! Les mains en porte-voix, je m&rsquo;adresse \u00e0 eux&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; H\u00e9, les gens, si vous voulez savoir, on a quand m\u00eame camp\u00e9 sur l&rsquo;Aiguille du Go\u00fbter, hein&nbsp;! C&rsquo;est totalement interdit, figurez-vous&nbsp;! Si on avait \u00e9t\u00e9 pris on aurait sacr\u00e9ment d\u00e9gust\u00e9, il para\u00eet que l\u2019amende peut monter \u00e0 30.000 \u20ac par personne, mais \u00e7a nous a pas arr\u00eat\u00e9, on avait m\u00eame l&rsquo;intention de&#8230; H\u00e9 ho, les gens, vous m&rsquo;\u00e9coutez ou quoi&nbsp;? Vous m&rsquo;\u00e9coutez pas&nbsp;? Vous vous en fichez&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Oui, ils s&rsquo;en foutent.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous entamons une lente retraite vers la vall\u00e9e, secou\u00e9s de sanglots de frustration.<\/p>\n\n\n\n<p>Fin 1, fin 2, moi j&rsquo;sais pas. Dans les deux cas il y aurait beaucoup de choses \u00e0 dire, des questions d\u00e9rangeantes \u00e0 poser \u00e0 qui de droit. Alors je ne veux pas vous influencer, libre \u00e0 chacun de se faire sa propre opinion. N&#8217;emp\u00eache, je vous le dis comme je le pense&nbsp;: quelque chose est en train de changer sur cette montagne.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ar\u00eate de l&rsquo;aiguille du Go\u00fbter, ao\u00fbt 2019 Il est bizarre, cet homme. Il pourrait s&rsquo;agir d&rsquo;un grimpeur solitaire, mais&#8230; son comportement est intrigant. 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