{"id":580,"date":"2023-03-19T20:29:14","date_gmt":"2023-03-19T19:29:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/wordpress\/?p=580"},"modified":"2024-08-25T11:39:59","modified_gmt":"2024-08-25T09:39:59","slug":"lepervier-de-maheux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/lepervier-de-maheux\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00e9pervier de Maheux"},"content":{"rendered":"\n<p>La lecture du roman \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9pervier de Maheux\u00a0\u00bb, de Jean Carri\u00e8re (prix Goncourt 1972),&nbsp;est une mani\u00e8re&nbsp;passionnante et diff\u00e9rente de faire connaissance avec la <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/\">can de l&rsquo;Hospitalet<\/a> et les vall\u00e9es qui l&rsquo;entourent. L&rsquo;\u00e9crivain a&nbsp;en effet situ\u00e9 l&rsquo;intrigue de son roman dans les environs imm\u00e9diats de la can, et y a d\u00e9velopp\u00e9 de nombreuses descriptions de l&rsquo;ambiance du plateau. J&rsquo;y reviendrai longuement un peu plus loin. Mais l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la lecture de ce livre ne s&rsquo;arr\u00eate pas \u00e0 ces seules consid\u00e9rations g\u00e9ographiques. La gen\u00e8se de l&rsquo;\u00e9criture, la mani\u00e8re dont il a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u \u00e0 sa sortie, la relation qu&rsquo;entretenait Carri\u00e8re avec les C\u00e9vennes, tout cela fait maintenant quasiment partie du patrimoine historique&nbsp;et culturel de la C\u00e9vennes. Pauvre Carri\u00e8re qui pr\u00e9tend quelque part que la C\u00e9venne est emp\u00eatr\u00e9e dans des souvenirs trop forts qui l&#8217;emp\u00eachent d&rsquo;aller de l&rsquo;avant (il pense naturellement \u00e0 la guerre des camisards et \u00e0 toute l&rsquo;identit\u00e9 qui s&rsquo;est cr\u00e9\u00e9e autour de ces ann\u00e9es flamboyantes), voil\u00e0 que sans le vouloir il a lui m\u00eame particip\u00e9 \u00e0 renforcer la l\u00e9gende !<\/p>\n\n\n\n<p>Jean Carri\u00e8re n&rsquo;\u00e9tait pas lui-m\u00eame habitant des environs. Comme il le raconte de mani\u00e8re d\u00e9taill\u00e9e dans \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/gestion\/une_source?idressource=74\">Le nez dans l&rsquo;herbe<\/a>\u00ab\u00a0, une sorte d&rsquo;autobiographie parue en 1981, il est originaire \u00ab\u00a0d&rsquo;en bas\u00a0\u00bb, de la r\u00e9gion n\u00eemoise. Mais c&rsquo;est un fou de nature et de moyenne montagne, et il devient rapidement un visiteur assidu des vall\u00e9es c\u00e9venoles, des causses, et des quelques massifs montagneux un peu plus \u00e9lev\u00e9s que la r\u00e9gion lui offre. La d\u00e9couverte avec le massif de l&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/aigoual-lesprit-dun-grand\/\" data-type=\"post\" data-id=\"274\">Aigoual<\/a> est un vrai choc, il y ach\u00e8tera bient\u00f4t une petite maison dans la <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/au-fil-du-bonheur\/\" data-type=\"post\" data-id=\"1258\">vall\u00e9e du Bonheur<\/a> pr\u00e8s de Camprieu. Il y&nbsp;passera de nombreuses et&nbsp;longues p\u00e9riodes de retraites tranquilles et proches de la nature. Des fois, j&rsquo;aimerai bien \u00eatre Jean Carri\u00e8re. A la \u00ab\u00a0montagne\u00a0\u00bb, comme il d\u00e9signe d&rsquo;une mani\u00e8re globale les hauteurs loz\u00e9riennes, il se sent chez lui. Pendant des d\u00e9cennies, il pense \u00e0 \u00e9crire sur ce pays ch\u00e9ri. Toutes les id\u00e9es sont en place : les paysages, les odeurs, les saisons&#8230; Mais il lui manque LA id\u00e9e. Celle qui f\u00e9d\u00e8rera les autres, lui permettra de structurer un r\u00e9cit. Carri\u00e8re raconte que c&rsquo;est finalement un ami d&rsquo;Al\u00e8s (un myst\u00e9rieux Gilbert B.) qui lui livre cette piste. Il conna\u00eet tr\u00e8s bien la r\u00e9gion de Florac pour en \u00eatre originaire et y avoir v\u00e9cu sa \u00ab\u00a0belle et mis\u00e9rable jeunesse\u00a0\u00bb dans une ferme (\u00ab\u00a0qui ne s&rsquo;appelait pas Maheux\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise Carri\u00e8re). Cet ami lui raconte plusieurs souvenirs forts, que l&rsquo;on retrouve dans le roman. Et surtout, il lui parle de son oncle, qui passait sa vie \u00e0 \u00ab\u00a0creuser une montagne qui finirait par le tuer\u00a0\u00bb pour trouver un peu d&rsquo;eau. Il l&#8217;emm\u00e8ne visiter la galerie. Carri\u00e8re est imm\u00e9diatement habit\u00e9 par les lieux, le personnage, la qu\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;homme qui creuse sans fin sera donc son personnage central. A partir de l\u00e0, le roman si longuement esp\u00e9r\u00e9 s&rsquo;\u00e9crit quasiment tout seul. Les personnages trouvent leur place, les relations se pr\u00e9cisent, la g\u00e9ographie termine de se dessiner. Carri\u00e8re raconte quelque part que le r\u00e9cit fondateur de l\u2019\u00c9pervier s&rsquo;est fait \u00e0 la table d&rsquo;une auberge de Florac, qui est la \u00ab\u00a0grande ville\u00a0\u00bb que je fr\u00e9quente r\u00e9guli\u00e8rement. D&rsquo;o\u00f9 cette interrogation qui me travaille : peut-\u00eatre ais-je pos\u00e9 mon propre cul sur la chaise qui a accueilli le post\u00e9rieur de ce grand auteur ?<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00e9saventure tout de m\u00eame dans le processus : en 1969 Carri\u00e8re, en proie depuis toujours \u00e0 un solide complexe de l&rsquo;imposteur, perd confiance : il br\u00fble son manuscrit, alors qu&rsquo;il vient d&rsquo;en terminer l&rsquo;\u00e9criture. Il s&rsquo;en mord imm\u00e9diatement les doigts, persuad\u00e9 que ce roman qui n&rsquo;existera jamais va le hanter jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de ses jours. Un an plus tard, il trouve le courage de le r\u00e9\u00e9crire enti\u00e8rement. Jean-Jacques Pauvert, petit \u00e9diteur qui avait publi\u00e9 son premier roman (Retour \u00e0 Uz\u00e8s), l&rsquo;accepte avec enthousiasme, pensant en tirer un ou deux milliers d&rsquo;exemplaires, ce qui ne serait pas si mal. Le succ\u00e8s est fulgurant. Aupr\u00e8s des critiques, mais aussi du grand public, ce qui peut sembler \u00e9tonnant vu le style aust\u00e8re et soutenu du texte. En quelques mois, plusieurs tirages s&rsquo;encha\u00eenent, et le roman de cet inconnu est propuls\u00e9 sur l&rsquo;avant-sc\u00e8ne du monde litt\u00e9raire. Cinq mois apr\u00e8s, il remporte le prix Goncourt. Et pas de la petite mani\u00e8re : avec un million huit cet mille exemplaires, il reste \u00e0 ce jour l&rsquo;un des plus gros tirages du c\u00e9l\u00e8bre prix litt\u00e9raire. Ce succ\u00e8s, totalement inattendu\u00a0pour un ouvrage\u00a0que\u00a0certains voulaient d\u00e9j\u00e0 consid\u00e9rer comme\u00a0une simple\u00a0chronique r\u00e9gionaliste,\u00a0va bouleverser la vie de Carri\u00e8re de toutes les mani\u00e8res possibles. Lui qui avait du mal \u00e0 joindre les deux bouts, entretenu par son insitutrice de femme, le voil\u00e0 presque riche. L&rsquo;inconnu est catapult\u00e9 auteur \u00e0 succ\u00e8s, on s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 ses autres livres&#8230; Il est invit\u00e9 partout, monte \u00e0 Paris, fr\u00e9quente les grands de ce monde&#8230; l&rsquo;aventure est irr\u00e9elle, f\u00e9\u00e9rique&#8230; mais \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, c&rsquo;est le malaise. La gloire ne lui va pas. Et d\u00e9j\u00e0, il sent d\u00e9j\u00e0 monter cette pression malsaine, l&rsquo;attente de la suite. Comment se maintenir \u00e0 ce niveau ?<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ce qui lui fait le plus de mal, et qui va achever de le faire plonger dans une profonde d\u00e9pression pour des ann\u00e9es (lire \u00ab\u00a0Le prix d&rsquo;un Goncourt\u00a0\u00bb), c&rsquo;est la r\u00e9action des c\u00e9venols.<\/p>\n\n\n\n<p>Car voil\u00e0 : depuis sa sortie, et aujourd&rsquo;hui encore,&nbsp;l\u2019\u00c9pervier n&rsquo;est pas appr\u00e9ci\u00e9 de tout le monde dans la vall\u00e9e de la Mimente.&nbsp;Le pays et ses habitants (on sait que c&rsquo;est bien d&rsquo;ici qu&rsquo;il s&rsquo;agit car certains noms sont cit\u00e9s, nous y reviendrons) y sont d\u00e9crits de mani\u00e8re sombre, rude et arri\u00e9r\u00e9e. La temporalit\u00e9 du roman met en \u00e9vidence les p\u00e9riodes les plus dures de l&rsquo;ann\u00e9e : Yves Berger, journaliste au Monde, remarquait dans un article de septembre 1972 que l&rsquo;action se d\u00e9roule sur fonds d&rsquo;\u00e9t\u00e9 torride en 20 tableaux, d&rsquo;hiver polaire en 60 tableaux, d&rsquo;automne d\u00e9goulinant pour 62 tableaux, ne laissant que 3 modestes tableaux au printemps pour exprimer sa douceur et sa lumi\u00e8re !<\/p>\n\n\n\n<p>Entre les lignes, certains lecteurs locaux reconnaissent des personnes ou des lieux (voire croient se reconna\u00eetre eux-m\u00eames) et sont bless\u00e9s par la vision de Carri\u00e8re qu&rsquo;ils prennent pour eux ressentient comme n\u00e9gative. Des noms imaginaires auraient-ils \u00e9t\u00e9 moins violents ? Peut-\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour couronner le tout, l&rsquo;attention attir\u00e9e par le roman sur la r\u00e9gion fait d\u00e9bouler des hordes de curieux, qui souhaitent d\u00e9couvrir de visu les sites du roman. D\u00e8s le mois de mai 1973, <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/roger-le-marcheur-des-cevennes\/\" data-type=\"post\" data-id=\"239\">Roger Lagrave<\/a> organise un \u00ab\u00a0Week-end sportif et litt\u00e9raire au mays de Maheux\u00a0\u00bb. Et ce n&rsquo;est que le d\u00e9but.<\/p>\n\n\n\n<p>Autour de la can de Ferri\u00e8re, on aimerait mieux oublier tout \u00e7a. Faire en sorte que le territoire ne soit pas associ\u00e9 \u00e0 ce roman. Les critiques pleuvent sur Carri\u00e8re. Les \u00e9lus locaux manifestent officiellement leur m\u00e9contentement. Touch\u00e9 au plus profond par les vives critiques qu&rsquo;il re\u00e7oit de la part des c\u00e9venols, Carri\u00e8re tent\u00e9 de leur expliquer sa d\u00e9marche, au travers de nombreux interviews, articles, lettres ouvertes. De texte en texte il d\u00e9veloppe deux grands types d&rsquo;arguments :<\/p>\n\n\n\n<p>Il pr\u00e9tend que, bien qu&rsquo;il ait donn\u00e9 des noms existants \u00e0 certains des lieux ou se d\u00e9roule l&rsquo;action, ce sont des territoires imaginaires, phantasm\u00e9s, transform\u00e9s. Touch\u00e9 par les traits forts du pays et de ses habitants, il les a synth\u00e9tis\u00e9s en caract\u00e9ristiques g\u00e9n\u00e9riques qu&rsquo;il a cherch\u00e9 \u00e0 rendre de mani\u00e8re symbolique, simplifi\u00e9e, caricatur\u00e9e diront certains, magnifi\u00e9es diront d&rsquo;autres (je suis de ceux-l\u00e0). La C\u00e9venne qu&rsquo;il d\u00e9crit est donc une C\u00e9venne imaginaire, qui ne ressemble \u00e0 aucun lieu pr\u00e9cis. \u00ab\u00a0Peut-on reprocher \u00e0 Van Gogh d&rsquo;avoir peint un champ de bl\u00e9 qui ne ressemble pas \u00e0 un champ de bl\u00e9 ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mais \u00e0 l&rsquo;inverse, il interpelle les c\u00e9venols en les accusant de ne pas regarder leur pays avec objectivit\u00e9, leur rappelant combien les personnages, les lieux et les \u00e9v\u00e9nements qu&rsquo;il d\u00e9crit ressemblent \u00e0 des personnages, des lieux et des \u00e9v\u00e9nements parfaitement r\u00e9els, qu&rsquo;ils connaissent tous, tout en refusant de le reconna\u00eetre et de l&rsquo;admettre.<\/p>\n\n\n\n<p>A la lecture de ces textes de justification, je ne peux m&#8217;emp\u00eacher de ressentir une impression d&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9. Ce sont des argumentaires presque contradictoires. Carri\u00e8re voulait-il vraiment se r\u00e9concilier avec les c\u00e9venols ? Ou \u00e9tait-il tout simplement maladroit ?<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours est-il que le roman continue de diviser les populations locales. Je connais m\u00eame, en bordure du territoire de l\u2019\u00c9pervier, une famille c\u00e9venole \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de laquelle\u00a0vit\u00a0une controverse concernant le livre. Les parents le d\u00e9testent pour les raisons que j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 dites, alors que la fille l&rsquo;aime, et y voit presque un argumentaire touristique pour le pays. Comme la po\u00e9sie des Chorons du nord, les femmes tristes et sombres de l&rsquo;\u00e9pervier sont pour elle une invite\u00a0\u00e0 l&rsquo;abandon\u00a0lyrique.<\/p>\n\n\n\n<p>Personnellement, j&rsquo;aime profond\u00e9ment ce livre. La rudesse de la r\u00e9gion me semble une r\u00e9alit\u00e9, du moins \u00e0 certaines p\u00e9riodes de l&rsquo;ann\u00e9e et en certains endroits, mais pour vivre&nbsp;depuis trois d\u00e9cennies sur le territoire concern\u00e9, j&rsquo;ai pu constater qu&rsquo;elle n&rsquo;a ass\u00e9ch\u00e9 ni le c\u0153ur ni l&rsquo;esprit des gens qui vivent l\u00e0 depuis des g\u00e9n\u00e9rations. Chaque description de paysage ou&nbsp;de personnage me donne envie de resserrer encore ma relation aux C\u00e9vennes, \u00e0 la Can, de les conna\u00eetre dans leurs moindres d\u00e9tails.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui encore, on croise parfois sur les chemins du plateau\u00a0des\u00a0touristes amateurs de litt\u00e9rature et de C\u00e9vennes qui cherchent \u00e0 approcher d&rsquo;un peu plus pr\u00e8s l&rsquo;essence du territoire r\u00e9el et litt\u00e9raire. Comme certains parcourent l&rsquo;axe Le Monastier &#8211; Saint Jean du Gard sur les traces de Stevenson, tenant de la main droite leur \u00ab\u00a0Voyages avec un \u00e2ne dans les C\u00e9vennes\u00a0\u00bb ouvert, et de leur main gauche la longe d&rsquo;un \u00e2ne de location, d&rsquo;autres explorent les alentours de la can de Ferri\u00e8re \u00e0 la recherche des lieux de l&rsquo;Epervier. Sans forc\u00e9ment conna\u00eetre les dessous de la gen\u00e8se du roman,\u00a0ils \u00e9prouvent\u00a0le besoin de se confronter pour de vrai aux ambiances et aux paysages qui y sont d\u00e9crits. Ils viennent vers vous et vous demandent en toute simplicit\u00e9 \u00ab\u00a0Pourriez-vous m&rsquo;indiquer l&#8217;emplacement de Maheux, s&rsquo;il vous pla\u00eet ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Et c&rsquo;est l\u00e0 que tout se complique (et devient passionnant par la m\u00eame occasion) : Carri\u00e8re a largement pioch\u00e9 dans le vrai, mais presque tout le temps modifi\u00e9 les d\u00e9tails au passage. Faire le tri du vrai et du faux, reconna\u00eetre&nbsp;le \u00ab\u00a0totalement invent\u00e9\u00a0\u00bb et&nbsp;le \u00ab\u00a0juste un peu&nbsp;modifi\u00e9\u00a0\u00bb, constitue une qu\u00eate passionnante mais qui n\u00e9cessite de longues investigations, tant sur le terrain que dans les livres !<\/p>\n\n\n\n<p>Ne vous attendez pas \u00e0 trouver ici des r\u00e9ponses toutes faites, mais puisque nous sommes entre amis, je vous propose d&rsquo;\u00e9tudier tout \u00e7a ensemble d&rsquo;un peu plus pr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Un lieu important\u00a0du roman existe porte un nom r\u00e9el.\u00a0Il s&rsquo;agit\u00a0du Mazel de Mort, un hameau aujourd&rsquo;hui ruin\u00e9 situ\u00e9 \u00e0 environ 1,5 km au nord du col de l&rsquo;Oumenet, sur le flanc sud de la vall\u00e9e de la Mimente. Le site est donc vrai&#8230; mais pas sa localisation, car\u00a0le roman\u00a0le place ailleurs, juste \u00ab\u00a0sous les calcaires de la can\u00a0\u00bb. Carri\u00e8re en a utilis\u00e9 le nom pour son \u00e9vidente force \u00e9vocatrice&#8230; Il l&rsquo;a d&rsquo;ailleurs am\u00e8rement regrett\u00e9 :\u00a0\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la sortie du roman le hameau, d\u00e9j\u00e0 abandonn\u00e9, \u00e9tait inconnu. En quelque ann\u00e9es, l&rsquo;attention apport\u00e9e par le roman y a envoy\u00e9 des pillards qui y ont\u00a0r\u00e9cup\u00e9r\u00e9\u00a0les encadrements de portes et de fen\u00eatres et tout ce qui pouvait avoir une quelconque valeur.\u00a0De ce site magnifique il ne reste \u00e0 pr\u00e9sent que des murs vacillants \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur desquels ont pouss\u00e9 des arbres, crevant\u00a0les charpentes pourries. Carri\u00e8re\u00a0interpr\u00e8te ce comportement comme un besoin de ramener un souvenir de l\u2019\u00c9pervier. Je me demande s&rsquo;il ne surestime pas la curiosit\u00e9 litt\u00e9raire des \u00ab\u00a0gens\u00a0\u00bb : le site a plus probablement attir\u00e9 des voleurs qui avaient besoin de refaire une partie de leur maison, comme cela se voit h\u00e9las sur toutes les <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/ruines-cevenoles\/\" data-type=\"post\" data-id=\"1\">ruines<\/a> des environs !<\/p>\n\n\n\n<p>Le plateau aride, venteux, froid et rude qui sert de toile de fonds \u00e0 plusieurs moments importants de l&rsquo;histoire est \u00e9galement nomm\u00e9, c&rsquo;est la <a href=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/gestion\/un_ecrit.aspx?idecrit=186\">can de Ferri\u00e8re<\/a>. Certaines sc\u00e8nes s&rsquo;y d\u00e9roulent avec certitude (comme par exemple la s\u00e9ance de bucheronnage du d\u00e9but), mais certaines descriptions me laissent \u00e0 penser que dans l&rsquo;esprit de l&rsquo;auteur&nbsp;d&rsquo;autres sc\u00e8nes cens\u00e9es s&rsquo;y passer \u00e9galement se d\u00e9roulent un peu plus loin, sur la <a href=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/gestion\/un_ecrit.aspx?idecrit=342\">can de Balazu\u00e8gne<\/a>, ou la <a href=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/gestion\/un_ecrit.aspx?idecrit=63\">can de Tardonnenche<\/a>. Lieux charg\u00e9s d&rsquo;histoires s&rsquo;il en est&#8230;<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2007\/0130_can_ferriere\/20070130_can_ferriere_rocher_des_conques_1.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Les rochers des Conques, au milieu des \u00e9tendues d\u00e9sertiques de la can de Ferri\u00e8re<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Plus excitants pour l&rsquo;amateur de litt\u00e9rature amoureux des C\u00e9vennes sont les lieux dont les noms ne correspondent \u00e0 aucun toponyme r\u00e9el. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment le cas de Maheux, le lieu central du Roman. Est-ce donc un lieu fantasm\u00e9, une sorte de somme, ou de moyenne, de plusieurs sites qui ont touch\u00e9 l&rsquo;auteur ? Ou est-ce un lieu r\u00e9el que Carri\u00e8re n&rsquo;a pas os\u00e9 nommer ouvertement, de peur de trop profond\u00e9ment blesser les habitants ou leurs descendants ? Ouvrons \u00e0 la fois le roman et l&rsquo;enqu\u00eate pour essayer de tirer tout cela au clair&#8230;<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2007\/0519_thym_can_ferriere\/20070519_thym_can_ferriere_cueillette.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Cueillette de thym sur le rebord oriental de la can de Ferri\u00e8re, au dessus de la vall\u00e9e du Brian\u00e7on<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>A la v\u00e9rit\u00e9, les pages de l&rsquo;\u00e9pervier nous livrent de bien pauvres informations sur cette localisation. La meilleure d&rsquo;entre elles nous est sans doute livr\u00e9e d\u00e8s les premi\u00e8res lignes du chapitre 2 : \u00e0 cet instant, Joseph Reilhan et son fils sont \u00ab\u00a0en train de fagoter dans une h\u00eatraie du c\u00f4t\u00e9 de la can de Ferri\u00e8re, entre Saint Julien d&rsquo;Arpaon et Barre des C\u00e9vennes. Il existe effectivement quelques h\u00eatraies r\u00e9parties sur les hauts des flancs Est de la can de Ferri\u00e8re, au dessus de la vall\u00e9e du Brian\u00e7on, entre les hameaux de l&rsquo;Aubaret et Ferri\u00e8re, et un peu plus au sud encore. Nos deux h\u00e9ros malgr\u00e9 eux sont donc quelque part dans les environs, \u00e0 travailler sur le rebord du plateau, quand la neige les prend.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, \u00e0 cet endroit, ils sont \u00e0 une heure de marche de Maheux, nous dit Jean Carri\u00e8re. Pour rejoindre Maheux il faut marcher par le travers des pentes, et descendre dans une combe \u00ab\u00a0referm\u00e9e par les contreforts des plateaux\u00a0\u00bb, donc \u00e0 priori l&rsquo;une des petites vall\u00e9es secondaires qui remontent vers la can depuis la vall\u00e9e du Brian\u00e7on. Celle-ci pr\u00e9sente un \u00ab\u00a0fonds de h\u00eatres clairsem\u00e9s\u00a0\u00bb. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;on peut apercevoir la lueur d&rsquo;une bougie qui br\u00fble derri\u00e8re une fen\u00eatre, allum\u00e9e par la ma\u00eetresse de maison pour que les hommes ne se perdent pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Il existe 4 vall\u00e9es secondaires entre l&rsquo;Aubaret et Ferri\u00e8re, qui du nord au sud s&rsquo;appellent \u00ab\u00a0Ravin de la fajasse\u00a0\u00bb (h\u00eatraie), ruisseau des fonds, ruisseau de Gu\u00e9ril, ravin d&rsquo;Anduine, et 3 au sud de Ferri\u00e8re, qui d&rsquo;ouest en est s&rsquo;appellent : <a href=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/gestion\/un_ecrit.aspx?idecrit=359\">ravin de Sez<\/a>, ravin des Auglani\u00e8res, et ruisseau des Crouzets. Ce sont tous, Dieu m&rsquo;est t\u00e9moin, des endroits magnifiques, o\u00f9 j&rsquo;ai plaisir \u00e0 m&rsquo;aller promener avec ma belle. Mais je n&rsquo;y a crois\u00e9 aucun fonds de h\u00eatre clairsem\u00e9 avec un b\u00e2timent pouvant correspondre \u00e0 Maheux. Dans l&rsquo;ensemble du secteur, les b\u00e2timents notables sont tous situ\u00e9s sur les \u00e9paulements, et non dans les fonds. Ces b\u00e2timents s&rsquo;appellent, du nord au sud : l&rsquo;Aubaret, Mas-vieil, Peyrastre, les Bouars, le Bosc&#8230; Ils sont tous \u00e0 moins d&rsquo;une heure d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 pied du rebord du plateau.<\/p>\n\n\n\n<p>Les renseignements sur le hameau lui-m\u00eame ne sont gu\u00e8re plus riches : c&rsquo;est un agencement d\u00e9sorganis\u00e9 de morceaux de b\u00e2timents qui, au fil des g\u00e9n\u00e9rations, sont venus s&rsquo;ajouter au b\u00e2timent originel, une \u00ab\u00a0bergerie primitive\u00a0\u00bb, ou un \u00ab\u00a0mastaba sauvage\u00a0\u00bb. Il y a des greniers \u00e0 foin, des caves vo\u00fbt\u00e9es pleines d&rsquo;une \u00e9paisse couche de fumier solidifi\u00e9 par les \u00e2ges&#8230; Le tout est d\u00e9j\u00e0 partiellement en ruine au sortir de la seconde guerre mondiale. Le lieu semble assez grand, plus que n\u00e9cessaire me semble-t-il pour loger les quelques personnes de la famille Reilhan. Il se d\u00e9gage de ces descriptions l&rsquo;ambiance de ces lieux au pass\u00e9 large et fastueux qui sont rattrap\u00e9s par la ruine et dans lesquels errent encore des cr\u00e9atures d&rsquo;un autre \u00e2ge. Sacr\u00e9 Jean Carri\u00e8re, sous quelle t\u00e9n\u00e9breuse influence as-tu pu avoir une vision si sombre de ce pays ? Allez, je te pardonne car tu nous aura aussi fait bien r\u00eaver, mais ne recommence pas trop souvent, d&rsquo;ac ?<\/p>\n\n\n\n<p>Maheux n&rsquo;existerait donc pas ? Ce ne serait que le m\u00e9lange imaginaire de plusieurs hameaux des environs ?<\/p>\n\n\n\n<p>Pas si s\u00fbr : au dire de Carri\u00e8re lui-m\u00eame, l&rsquo;un des hameaux de la vall\u00e9e l&rsquo;a inspir\u00e9 plus profond\u00e9ment que les autres. Comme beaucoup d&rsquo;habitants des environs, je connais l&rsquo;endroit, et y suis souvent all\u00e9 promener. Juste au dessus de ce presque vrai Maheux, une galerie artificielle s&rsquo;enfonce dans le schiste. Elle fut creus\u00e9e au d\u00e9but du XX\u00e8 si\u00e8cle par un homme qui chercha de l&rsquo;eau sans succ\u00e8s. C&rsquo;est cet endroit que le myst\u00e9rieux Gilbert B. fit d\u00e9couvrir \u00e0 Carri\u00e8re, et il n&rsquo;est pas douteux que l&rsquo;inspiration de base du roman s&rsquo;ancre l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p> Je ne vous dirais pas son vrai nom, bien s\u00fbr : d\u00e9couvrir Maheux est r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 celles et ceux qui prendront le temps de chercher, et ils doivent rester rares, pour prot\u00e9ger le site et ses habitants, pour pouvoir continuer \u00e0 r\u00eaver, et bien s\u00fbr pour vous rendre un peu jaloux de ce secret !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">******<\/p>\n\n\n\n<p>Daniel Andr\u00e9, sp\u00e9l\u00e9ologue bien connu en Loz\u00e8re, propose une autre origine au roman. Il affirme que le personnage d&rsquo;Abel Reilhan a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9 par la vie de S\u00e9rafin Arnal (1), sp\u00e9l\u00e9ologue tr\u00e8s actif sur le Causse M\u00e9jean dans le milieu du XX\u00e8 si\u00e8cle. Pendant de longues ann\u00e9es celui-ci creusa dans les gorges du Tarn une galerie dans l&rsquo;objectif de d\u00e9couvrir non pas de l&rsquo;eau mais une grotte \u00ab\u00a0aussi belle que Padirac\u00a0\u00bb qu&rsquo;il pourrait ensuite ouvrir aux touristes pour gagner sa vie. S\u00e9rafin Arnal\u00a0est mort en 1966 sans avoir r\u00e9alis\u00e9 son r\u00eave, en faisant accidentellement exploser la dynamite qu&rsquo;il utilisait pour sa prospection. Carri\u00e8re, qui a pourtant abondamment racont\u00e9 la gen\u00e8se de l&rsquo;Epervier, n&rsquo;y fait nulle part allusion, mais qui sait si cette singuli\u00e8re histoire ne lui est pas parvenue aux oreilles, venant enrichir consciemment ou inconsciemment le personnage et la qu\u00eate d&rsquo;Abel ?<\/p>\n\n\n\n<p>Un lecteur de cet article affirme que l&rsquo;hypoth\u00e8se S\u00e9rafin Arnal est grotesque, puisqu&rsquo;il est l&rsquo;arri\u00e8re petit-fils de l&rsquo;homme qui a creus\u00e9 la galerie situ\u00e9e au dessus de *** pour y chercher de l&rsquo;eau. Il signale m\u00eame que son arri\u00e8re grand-p\u00e8re utilisa une fois de la dynamite, pour son malheur car un rocher d\u00e9vala la pente et d\u00e9truisit une partie de la maison, 50 m\u00e8tres en dessous. Il affirme qu&rsquo;un \u00e9pervier tournait constamment autour de la maison, m\u00eame pendant sa propre enfance, et que si cela se trouve il tourne encore aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;apr\u00e8s un autre lecteur, Jean Carri\u00e8re a v\u00e9cu plusieurs mois \u00e0 *** pour y \u00e9crire son livre, ce qui n&rsquo;est valid\u00e9 ni par Carri\u00e8re ni par les h\u00e9ritiers de ***. <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/legendes-rurales\/\" data-type=\"post\" data-id=\"133\">L\u00e9gende rurale <\/a>?<\/p>\n\n\n\n<p>Qui a d&rsquo;autres informations vraies ou fausses \u00e0 apporter au dossier ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>(1) Une figure m\u00e9connue de la sp\u00e9l\u00e9ologie des Grands Causses<\/strong>&nbsp;: <strong>S\u00e9raphin Arnal<\/strong> in<em> \u00ab&nbsp;Cent ans de sp\u00e9l\u00e9ologie fran\u00e7aise&nbsp;\u00bb,<\/em> Actes du Symposium d&rsquo;Histoire de la Sp\u00e9l\u00e9ologie Fran\u00e7aise, tenu \u00e0 Millau les 1-2-3 juillet 1988, p.167-170<\/p>\n\n\n\n<iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/geoportail\/cartepublique.aspx?idecrit=389\" width=\"100%\" height=\"400\"><\/iframe>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La lecture du roman \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9pervier de Maheux\u00a0\u00bb, de Jean Carri\u00e8re (prix Goncourt 1972),&nbsp;est une mani\u00e8re&nbsp;passionnante et diff\u00e9rente de faire connaissance avec la can de l&rsquo;Hospitalet et les vall\u00e9es qui l&rsquo;entourent.&hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":581,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[32,37],"tags":[],"class_list":["post-580","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-can-de-ferriere","category-oeuvres-artistiques-et-litteraires"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/epervier_de_maheux.jpeg","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/580","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=580"}],"version-history":[{"count":29,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/580\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2942,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/580\/revisions\/2942"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/wp-json\/wp\/v2\/media\/581"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=580"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=580"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=580"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}