{"id":531,"date":"2021-04-30T13:51:07","date_gmt":"2021-04-30T11:51:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/wordpress\/?p=531"},"modified":"2021-04-30T13:51:12","modified_gmt":"2021-04-30T11:51:12","slug":"une-journee-a-radio-bartas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/une-journee-a-radio-bartas\/","title":{"rendered":"Une journ\u00e9e \u00e0 Radio Bartas"},"content":{"rendered":"\n<p>Mercredi 22 janvier 2014, 10h03<\/p>\n\n\n\n<p>Je pousse la porte sous le regard rigolard de Coluche qui tr\u00f4ne sur l&rsquo;affiche des restaus du c\u0153ur. Les locaux de Radio Bartas voisinent en effet avec ceux de la c\u00e9l\u00e8bre association d&rsquo;aide aux d\u00e9munis. Me voil\u00e0 dans un hall spacieux et lumineux. Table, chaises, machine \u00e0 caf\u00e9, c&rsquo;est manifestement un lieu d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la convivialit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un coin, une enceinte au look vintage diffuse en direct ce qui passe \u00e0 l&rsquo;antenne. Pour l&rsquo;instant, de la musique des balkans. Suivront de la chanson fran\u00e7aise alternative, du jazz, des musiques ethniques, des groupes locaux. Peu de choses connue. Rien de commercial.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-luminous-vivid-amber-background-color has-background\">Une radio toute neuve&#8230; h\u00e9riti\u00e8re de 10 ans d&rsquo;exp\u00e9rience&nbsp;!<br>Radio-Bartas est n\u00e9e avec la fin du monde, le 21 d\u00e9cembre 2012. &nbsp;La fr\u00e9quence de 107.7 \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 bien connue des floracois&nbsp;: depuis 10 ans, 48FM \u00e9mettait sur ce canal. La disparition pr\u00e9matur\u00e9e de son fondateur Thierry Serri\u00e8re, puis l&rsquo;ouverture d&rsquo;une seconde fr\u00e9quence sur Mende avaient amen\u00e9 de nouvelles \u00e9quipes (b\u00e9n\u00e9voles et professionnelles) \u00e0 prendre le relai. En quelques mois la radio avait beaucoup \u00e9volu\u00e9, passant progressivement d&rsquo;une structure presque familiale \u00e0 une organisation plus collective. Le ton et les contenus avaient suivi. Le changement de nom \u00e9tait devenu une \u00e9vidence.<br>Les valeurs et objectifs de la radio (\u00eatre \u00e0 la fois ancr\u00e9s dans le territoire et ouverts sur l&rsquo;ext\u00e9rieur, \u00eatre le miroir de la diversit\u00e9 des habitants et refl\u00e9ter son \u00e9clectisme, \u00eatre \u00e9ditorialement ind\u00e9pendants&#8230;), red\u00e9finis en 2012, se retrouvent dans la nouvelle appellation&nbsp;:<br>\u00ab<em>&nbsp;Le bartas (buisson) est un \u00e9l\u00e9ment primordial pour la survie des esp\u00e8ces, berceau de la biodiversit\u00e9, de la culture \u00e0 l\u2019\u00e9tat brut, d\u2019un foisonnement permanent, d\u2019une r\u00e9sistance \u00e0 toute \u00e9preuve m\u00eame apr\u00e8s une fin du monde. Le bartas a une connotation sociale, historique, locale ; il est teint\u00e9 d\u2019un esprit alternatif, en dehors des sentiers battus, et bien enracin\u00e9 sur son territoire.<\/em>&nbsp;\u00bb (Extrait du site <a href=\"http:\/\/www.radiobartas.net\/\">www.radiobartas.net<\/a>)<br>Les \u00e9volutions des ann\u00e9es 2011 \u00e0 2013 ne se sont pas faites sans difficult\u00e9s, mais l&rsquo;ann\u00e9e 2014 appara\u00eet comme le d\u00e9but d&rsquo;une nouvelle \u00e8re, qui verra la radio prendre son allure de croisi\u00e8re sur des bases nouvelles et solides.<\/p>\n\n\n\n<p>Une porte vitr\u00e9e donne sur le studio. J&rsquo;aper\u00e7ois une table ovale encombr\u00e9e de fils, des machines \u00e0 son, des CDs. Casque aux oreilles, une femme lit m\u00e9ticuleusement un texte dans le micro. \u00ab&nbsp;C&rsquo;est une des nombreuses b\u00e9n\u00e9voles de l&rsquo;antenne, elle propose une \u00e9mission sur l&#8217;emploi local&nbsp;\u00bb, m&rsquo;explique C\u00e9cile l&rsquo;animatrice. Derri\u00e8re sa table de mixage, Aur\u00e9lien le technicien manipule des boutons en la fixant du regard.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-luminous-vivid-amber-background-color has-background\">La dynamique b\u00e9n\u00e9vole<br>Les professionnels de l&rsquo;\u00e9quipe interviennent \u00e0 l&rsquo;antenne, mais ils essaient avant tout de d\u00e9velopper la programmation b\u00e9n\u00e9vole. Toute le monde peut proposer une \u00e9mission, ponctuelle ou r\u00e9guli\u00e8re. Si la commission de programmation estime le projet int\u00e9ressant (ce qui est presque toujours le cas), il ne restera qu&rsquo;\u00e0 trouver le cr\u00e9neau appropri\u00e9 pour d\u00e9marrer&nbsp;!<br>Actuellement, il y a 11 \u00e9missions de b\u00e9n\u00e9voles. De \u00ab&nbsp;Comm comm&nbsp;\u00bb (consacr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;actualit\u00e9 de la communaut\u00e9 de communes) \u00e0 \u00ab&nbsp;Hear we come sound system&nbsp;\u00bb (reggae), elles apportent \u00e0 l&rsquo;antenne une diversit\u00e9 de ton salutaire. Plus de 100 personnes y participent.<br>Aur\u00e9lien raconte&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les b\u00e9n\u00e9voles sont super investis sur leurs \u00e9missions. Ca leur tient \u00e0 c\u0153ur, c&rsquo;est important pour eux, c&rsquo;est un moyen d&rsquo;expression. M\u00eame s&rsquo;il n&rsquo;y a pas beaucoup d&rsquo;auditeurs, ce n&rsquo;est pas un probl\u00e8me. L&rsquo;important, c&rsquo;est que \u00e7a ait \u00e9t\u00e9 fait, et dit. Il y a un plaisir manifeste.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>10h30. Anne a mis en boite ses annonces d&#8217;emploi. En sortant du studio elle me confie \u00ab&nbsp;Quand j&rsquo;\u00e9tais jeune je faisais une \u00e9mission de jazz dans une radio \u00e9tudiante. Quand je viens ici, \u00e7a me titille de recommencer, je proposerai bien quelque chose&nbsp;!\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Aur\u00e9lien retravaille l&rsquo;\u00e9mission dans la foul\u00e9e. Il coupe les petits rat\u00e9s et les redites, raccourcit les silences trop longs, ins\u00e9re les musiques et les g\u00e9n\u00e9riques, ajuste les niveaux.. Il v\u00e9rifie que la dur\u00e9e finale convient \u00e0 la tranche horaire. L&rsquo;\u00e9mission est pr\u00eate. Il la copie sur l&rsquo;ordinateur charg\u00e9 d&rsquo;envoyer les sons \u00e0 l&rsquo;antenne, et la programme \u00e0 sa place dans la grille. Elle se lancera toute seule le moment venu. Magie de l&rsquo;informatique qui permet de lib\u00e9rer l&rsquo;esprit pour une autre t\u00e2che.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u00e9mission est \u00e9galement d\u00e9pos\u00e9e sur un serveur internet, o\u00f9 elle pourra \u00eatre t\u00e9l\u00e9charg\u00e9e par la suite.<\/p>\n\n\n\n<p>12h20. \u00ab&nbsp;Oh oh, le direct va bient\u00f4t commencer, il faut que je trouve un morceau&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Aur\u00e9lien farfouille dans la playlist. \u00ab&nbsp;Tiens, \u00e7a, \u00e7a ira bien&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-luminous-vivid-amber-background-color has-background\">Le Direct<br>Jusqu&rsquo;\u00e0 2013, Bartas ne diffusait que du diff\u00e9r\u00e9, plus facile \u00e0 g\u00e9rer. A son arriv\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9quipe, C\u00e9cile a propos\u00e9 de mettre en place un \u00ab&nbsp;Direct&nbsp;\u00bb, trois jours par semaine, entre 12h30 et 13h30. Il permet de recevoir plus d&rsquo;invit\u00e9s et d&rsquo;\u00eatre au plus pr\u00e8s de l&rsquo;actualit\u00e9 locale. Plus technique \u00e0 r\u00e9aliser, il est pris en charge par l&rsquo;\u00e9quipe de professionnels, ce qui leur permet d&rsquo;apporter leur ton personnel \u00e0 la radio.<\/p>\n\n\n\n<p>Quatre \u00e9tudiants de Supagro arrivent pour parler de leur projet tutor\u00e9, accompagn\u00e9s du Directeur et d&rsquo;une animatrice de la MAS (Maison d&rsquo;Accueil Sp\u00e9cialis\u00e9) de Florac qui les accueille pour ce projet. \u00ab&nbsp;Vous avez d\u00e9j\u00e0 fait de la radio&nbsp;?&nbsp;\u00bb, demande C\u00e9cile. \u00ab&nbsp;Jamais&nbsp;\u00bb, r\u00e9pondent-ils en choeur. De fait, ils semblent un peu impressionn\u00e9s, et se plongent dans leurs notes pour une ultime r\u00e9vision. 12h29, plus que quelques secondes. Une blague un peu nerveuse fuse. Le g\u00e9n\u00e9rique est lanc\u00e9 dans un silence total. Apr\u00e8s les derni\u00e8res notes, C\u00e9cile introduit le sujet d&rsquo;un ton affirm\u00e9 et professionnel&nbsp;; Elle donne la parole \u00e0 une \u00e9tudiante qui rougit violemment mais r\u00e9ussit a d\u00e9passer son appr\u00e9hension et \u00e0 poser ses mots de mani\u00e8re claire. Le directeur de la MAS intervient \u00e0 son tour, sur un ton plus institutionnel. Il ne rougit pas, mais il lit son texte. La parole continue \u00e0 tourner. Au fil des t\u00e9moignages, le projet se dessine. La mini-ferme, mise en place au sein de la MAS avec l&rsquo;aide des \u00e9tudiants, devrait apporter plus de bien-\u00eatre pour les r\u00e9sidents les plus isol\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Pause musicale. C&rsquo;est l&rsquo;occasion d&rsquo;un petit recentrage pour identifier ce qui doit \u00eatre pr\u00e9cis\u00e9. Tout le monde reste concentr\u00e9. Tr\u00e8s vite, \u00e0 nouveau l&rsquo;antenne. Le groupe est plus \u00e0 l&rsquo;aise, les derni\u00e8res interventions s&rsquo;encha\u00eenent facilement. A la pause musicale de fin, tout ce petit monde commente ce qu&rsquo;il a dit, rat\u00e9 ou r\u00e9ussi.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;C&rsquo;\u00e9tait super, bravo&nbsp;\u00bb annonce C\u00e9cile, tout en faisant comprendre \u00e0 cette joyeuse banse qu&rsquo;il faut lib\u00e9rer le studio pour la s\u00e9quence suivante. \u00ab&nbsp;Au revoir, merci, super exp\u00e9rience&nbsp;!&nbsp;\u00bb, remercient les \u00e9tudiants ravis.<\/p>\n\n\n\n<p>Marie-Pascale Vincent, \u00e9crivain c\u00e9venole, s&rsquo;installe \u00e0 son tour. Elle vient pr\u00e9senter son dernier livre, t\u00e9moignage de femmes tunisiennes sur le printemps arabe. Il s&rsquo;\u00e9tablit entre elle et C\u00e9cile une relation forte, imm\u00e9diate, une relation de femmes. Elles parlent bient\u00f4t les yeux dans les yeux, comme si elles \u00e9taient seules au monde. Marie-pascale raconte son amour du territoire africain, les encha\u00eenements de hasards qui l&rsquo;ont entra\u00een\u00e9e dans ce projet \u2013 comme si souvent en C\u00e9vennes &#8211; et surtout les personnalit\u00e9s singuli\u00e8res de celles qu&rsquo;elle a longuement interview\u00e9es l\u00e0-bas. Le propos est dense et riche, inform\u00e9, tout en laissant la place \u00e0 une \u00e9motion palpable. Loin d&rsquo;une banale \u00e9mission de promotion, le moment est touchant. Les auditeurs ont de la chance.<\/p>\n\n\n\n<p>Derni\u00e8re s\u00e9quence du direct. Longs cheveux noirs boucl\u00e9s, lunettes carr\u00e9es, visage aux lignes exotiques, Karim vient parler cuisine. Il livre deux recettes \u00e0 l&rsquo;antenne&nbsp;: une \u00ab&nbsp;Salade rock&rsquo;n roll&nbsp;\u00bb emprunt\u00e9e \u00e0 un chef \u00e9toil\u00e9 mais remise \u00e0 sa sauce, et une \u00ab&nbsp;Soupe ratte ratte&nbsp;\u00bb m\u00e9di\u00e9vale. Vu son \u00e2ge plut\u00f4t jeune, sa passion pour la gastronomie m&rsquo;appara\u00eet d\u00e9cal\u00e9e mais communicative.<\/p>\n\n\n\n<p>Le direct est termin\u00e9. Dans le silence retrouv\u00e9 du studio, je dig\u00e8re la densit\u00e9 du moment \u00e9coul\u00e9, appr\u00e9ciant la diversit\u00e9 d&rsquo;humanit\u00e9 qui s&rsquo;est encha\u00een\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-luminous-vivid-amber-background-color has-background\">Comment vit la radio&nbsp;?<br>En parall\u00e8le \u00e0 l&rsquo;aventure technique et humaine, la question des financements se pose de mani\u00e8re permanente. La radio vit \u00e0 85&nbsp;% de subventions publiques, dont 75&nbsp;% proviennent du FSER (fonds de soutien expression radiophonique, constitu\u00e9 sur dotation de l&rsquo;\u00e9tat). Le compl\u00e9ment est trouv\u00e9 aupr\u00e8s de la R\u00e9gion, du Conseil g\u00e9n\u00e9ral, de plusieurs communes.<br>Le Parc National des C\u00e9vennes et la Communaut\u00e9 de Commune apportent une aide financi\u00e8re en \u00e9change d&rsquo;une \u00e9mission r\u00e9guli\u00e8re.<br>Dans une moindre mesure, la radio vit aussi de la vente des prestations&nbsp;: diffusions pour la r\u00e9gion, agenda culturel, travail avec le foyer rural (CEL financ\u00e9).<br>Et enfin, il y a les adh\u00e9sions&#8230; et les soutiens financiers spontan\u00e9s (rares!).<\/p>\n\n\n\n<p>14 heures. Au caf\u00e9, Aur\u00e9lien et C\u00e9cile imaginent les questions pour le radio-trottoir du lendemain, qui portera sur les moyens de communication. \u00ab&nbsp;Faut-il conserver les cabines t\u00e9l\u00e9phoniques \u00e0 l&rsquo;heure du portable&nbsp;?&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Ecrivez-vous encore des lettres&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Le petit montage de 3 minutes qui en r\u00e9sultera est un \u00e9l\u00e9ment important de la strat\u00e9gie d&rsquo;ancrage de la station dans la vie locale. Donnant la parole \u00e0 un grand nombre d&rsquo;habitants des environs, il enrichit l&rsquo;antenne d&rsquo;un ton plus proche des gens&#8230; tout en parlant de la radio dans la rue, car beaucoup ne la connaissent pas encore.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-luminous-vivid-amber-background-color has-background\">Qui \u00e9coute Radio bartas&nbsp;?<br>Quantitativement, l&rsquo;auditoire de la radio est encore peu important (quelques centaines de personnes sans doute) car la zone d&rsquo;\u00e9mission est actuellement r\u00e9duite au bassin de Florac, qui ne compte que 4000 habitants. Un projet de partenariat avec Radio Interval pour ouvrir une antenne sur les vall\u00e9es c\u00e9venoles est \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude, il am\u00e8nerait un \u00e9largissement cons\u00e9quent de l&rsquo;auditoire potentiel.<br>Qualitativement, Radio bartas a \u00e9t\u00e9 pens\u00e9e comme ouverte \u00e0 tous et \u00e0 destination de tous. Pourtant, force est de constater que, pour l&rsquo;instant, elle est majoritairement faite par et \u00e9cout\u00e9e par des \u00ab&nbsp;n\u00e9o-ruraux&nbsp;\u00bb, et des publics plut\u00f4t jeunes. Elargir cet auditoire est une priorit\u00e9. Plusieurs \u00e9missions vont d\u00e9j\u00e0 dans ce sens&nbsp;: \u00ab&nbsp;Comm comm&nbsp;\u00bb,&nbsp; \u00ab&nbsp;Lo resson del pesqui\u00e8r&nbsp;\u00bb (\u00e9mission en occitan).<\/p>\n\n\n\n<p>15h00. C&rsquo;est l&rsquo;heure d&rsquo;enregistrer \u00ab&nbsp;Lo resson del pesqui\u00e8r&nbsp;\u00bb, l&rsquo;\u00e9mission en occitan. Andr\u00e9e Agulhon et David Chambon, en vieux routards de Radio Bartas, arrivent \u00e0 peine en avance, visiblement pas inquiets du tout. Au top d&rsquo;Aur\u00e9lien ils d\u00e9marrent au quart de tour. On commence avec \u2013 je crois, moi qui ne parle pas l&rsquo;occitan \u2013 la m\u00e9t\u00e9o, et le bizarre hiver de cette ann\u00e9e. D\u00e9d\u00e9e l\u00e8ve les yeux au ciel comme si une grande v\u00e9rit\u00e9 venait d&rsquo;\u00eatre \u00e9nonc\u00e9e. S&rsquo;encha\u00eenent des noms d&rsquo;oiseaux, en occitan et en fran\u00e7ais, il me semble que l&rsquo;on parle de chats, aussi. Ces deux l\u00e0 se donnent la parole avec aisance et bonheur, riant de ce que dit l&rsquo;autre, en improvisation manifeste. Emergeant du flot d&rsquo;occitan, un \u00ab&nbsp;Non, je recommence&nbsp;\u00bb vient parfois signaler que la langue a fourch\u00e9 et qu&rsquo;il faut recommencer. Aur\u00e9lien note le chronom\u00e8tre, il coupera au montage.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant la pause musicale, David nous pr\u00e9cise hors antenne, avec un grand sourire&nbsp;: \u00ab&nbsp;S&rsquo;il y a des \u00e9colos qui nous \u00e9coutent, ils ne vont peut-\u00eatre pas aimer, \u00e7a parle de chasse&nbsp;! Mais bon, ce qui nous int\u00e9resse dans la chasse, c&rsquo;est que c&rsquo;est traditionnel. C&rsquo;est \u00e7a notre approche.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Un peu plus tard, avec une belle voix timbr\u00e9e, Andr\u00e9e lit un conte, tournant les pages d&rsquo;un doigt gourmand. David la remercie, toujours en souriant, tandis que les Fabulous trobadors entament la chanson de fin d&rsquo;\u00e9mission.<\/p>\n\n\n\n<p>16 heures. Le silence r\u00e8gne \u00e0 nouveau sur le studio. Dans un coin, l&rsquo;ordinateur s&rsquo;occupe d&rsquo;envoyer musiques et \u00e9missions vers l&rsquo;antenne. L&rsquo;\u00e9quipe est d\u00e9j\u00e0 au travail sur la journ\u00e9e de demain.<\/p>\n\n\n\n<p>Je crois que je vais \u00e9couter plus souvent Radio-Bartas.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mercredi 22 janvier 2014, 10h03 Je pousse la porte sous le regard rigolard de Coluche qui tr\u00f4ne sur l&rsquo;affiche des restaus du c\u0153ur. 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