{"id":518,"date":"2022-10-07T15:23:04","date_gmt":"2022-10-07T13:23:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/wordpress\/?p=518"},"modified":"2022-10-07T15:23:06","modified_gmt":"2022-10-07T13:23:06","slug":"construire-un-toit-de-bardeaux-en-cevennes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.reveeveille.net\/cevennevivante\/construire-un-toit-de-bardeaux-en-cevennes\/","title":{"rendered":"Construire un toit de bardeaux en C\u00e9vennes"},"content":{"rendered":"\n<p>Cette fois, c&rsquo;est av\u00e9r\u00e9. Le toit de notre maison fuit ! Il y a quelques ann\u00e9es, seules les pluies les plus fortes et les plus tenaces r\u00e9ussissaient \u00e0 introduire quelques gouttes dans notre int\u00e9rieur. Il n&rsquo;y a pas grand-chose \u00e0 faire contre \u00e7a : dans ce pays, lorsque la saison d&rsquo;automne arrive et qu&rsquo;il souffle grand-vent, des jours durant la pluie s&rsquo;abat horizontalement sur les fa\u00e7ades avec une violence difficilement imaginable. L&rsquo;eau p\u00e9n\u00e8tre les joints les mieux colmat\u00e9s, se glisse entre les lauzes les mieux pos\u00e9es, et finit irr\u00e9m\u00e9diablement par appara\u00eetre dans les pi\u00e8ces de vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Des si\u00e8cles d&rsquo;exp\u00e9rience de ce ph\u00e9nom\u00e8ne ont fini par g\u00e9n\u00e9rer une esp\u00e8ce de fatalit\u00e9 chez les gens du cru, qui s&rsquo;est rapidement transmise aux n\u00e9o-ruraux dont nous sommes, comme une illustration suppl\u00e9mentaire du fait que la vie dans ce pays se m\u00e9rite : de toute fa\u00e7on, un toit en C\u00e9vennes, dans les pires moments, \u00e7a fuit ! Je parierai que nombre d&rsquo;entre nous tirent une certaine fiert\u00e9 de ce fait.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette certitude nous a permis de gagner quelques ann\u00e9es sur la r\u00e9novation du toit. Mais progressivement, les fatidiques aur\u00e9oles d&rsquo;humidit\u00e9 sont apparues de plus en plus fr\u00e9quemment, m\u00eame lors des simples petites pluies passag\u00e8res. Et nous nous sommes rendus \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence : ce toit, il allait falloir le refaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Les premi\u00e8res inspections ne furent pas tr\u00e8s r\u00e9jouissantes. Comme sur un palimpseste, le toit s&rsquo;av\u00e8re constitu\u00e9 de nombreuses strates issues d&rsquo;\u00e9poques diff\u00e9rentes. Chacun y est all\u00e9 de ses propres techniques et lubies, et l&rsquo;aspect d&rsquo;aujourd&rsquo;hui&nbsp; est totalement h\u00e9t\u00e9roclite. Des pans se recoupent dans l&rsquo;anarchie la plus compl\u00e8te, certain paraissent injustifi\u00e9s, d&rsquo;autres ont \u00e9t\u00e9 sur\u00e9lev\u00e9s pour des raisons qu&rsquo;il est impossible de comprendre sans fouiller plus avant. Les mat\u00e9riaux sont \u00e9galement disparates, bien que tous de mauvaise qualit\u00e9 : de la toisite et du shingle de bitume, connus pour \u00eatre bon march\u00e9s et rapides \u00e0 poser mais de dur\u00e9e de vie limit\u00e9e et d&rsquo;esth\u00e9tique contestable.<\/p>\n\n\n\n<p>Le tout \u00e9voque irr\u00e9sistiblement un bidonville et permet de comprendre sans ambigu\u00eft\u00e9 la facilit\u00e9 avec laquelle la pluie s&rsquo;est jou\u00e9e de nous ces derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Le projet est donc mis \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude. Nous commen\u00e7ons \u00e0 faire de fr\u00e9quents s\u00e9jours sur ce toit, en imaginant les diverses solutions envisageables. A vrai dire, la saisissante vue sur le causse M\u00e9jean et le Mont Aigoual nous poussent souvent \u00e0 rester largement plus longtemps que n\u00e9cessaire sur ce belv\u00e9d\u00e8re magique et accueillant. Le toit devient bient\u00f4t le dernier endroit \u00e0 la mode o\u00f9 il est de bon ton d&rsquo;inviter ses petits camarades.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous entrecoupons cependant nos siestes d&rsquo;altitude de r\u00e9flexions bien r\u00e9elles. L&rsquo;une des questions auxquelles nous devons trouver r\u00e9ponse est celle du mat\u00e9riau de couverture. Le toit traditionnel des C\u00e9vennes est en lauzes de schiste. Cette roche abonde dans le sud de la zone, mais elle est \u00e9galement bien souvent utilis\u00e9e pour couvrir les toits de massifs calcaires (causse) ou granitique (Mont Loz\u00e8re, Boug\u00e8s&#8230;). Il est rapidement \u00e9vident que malgr\u00e9 notre pr\u00e9f\u00e9rence, nous ne pourrons pas utiliser la lauze : elle n\u00e9cessite une charpente tr\u00e8s solide, capable de supporter plusieurs dizaines de kilos au m\u00e8tre carr\u00e9. Or les pr\u00e9c\u00e9dentes g\u00e9n\u00e9rations de propri\u00e9taires de ces lieux ont choisi de restaurer notre pauvre toit en papier m\u00e2ch\u00e9, et l&rsquo;ont dot\u00e9 d&rsquo;une charpente de chewing-gum ! Il faut donc trouver un mat\u00e9riau l\u00e9ger&#8230; Le choix est mince : ardoise, toisite, shingle&#8230; ou bardeau de bois.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bardeau n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 traditionnellement en C\u00e9vennes. Nous apprendrons bient\u00f4t qu&rsquo;il provient de r\u00e9gions comme le Jura et certains massifs des Alpes (dans ces r\u00e9gions il est souvent de m\u00e9l\u00e8ze). Mais il a r\u00e9cemment commenc\u00e9 \u00e0 faire son apparition dans la r\u00e9gion, consid\u00e9r\u00e9 comme une alternative esth\u00e9tique \u00e0 la lauze. Ce sera donc du bardeau. Mais malheureusement pas d&rsquo;une essence locale, comme le ch\u00e2taignier : trop cher, trop complexe \u00e0 poser&#8230; Nous cherchons mollement des producteurs de bardeaux de r\u00e9sineux ailleurs en France, mais nous serons finalement oblig\u00e9s de commander du bardeau de Red-Cedar venu en droite ligne du Canada. Quelle mis\u00e8re qu&rsquo;il faille toujours faire traverser la moiti\u00e9 de la plan\u00e8te \u00e0 tous les produits de consommation abondants autour de nous.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous allons profiter de ce chantier pour poser des capteurs solaire. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un mod\u00e8le qui s&rsquo;ins\u00e8re directement dans le mat\u00e9riau de couverture, le moment est donc id\u00e9al.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour la mise en \u0153uvre, nous proc\u00e9dons comme d&rsquo;habitude, suivant une d\u00e9marche qui a fait ses preuves : le chantier de copains. Ca se fera en juillet et ao\u00fbt, \u00e0 une p\u00e9riode dont nous savons qu&rsquo;elle attire les copains dans cette r\u00e9gion pleine de rivi\u00e8res et de balades. Nous les h\u00e9bergerons, on travaillera le matin, et ce sera les vacances l&rsquo;apr\u00e8s-midi.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9videmment, r\u00e9aliser une couverture n&rsquo;est pas un chantier techniquement tr\u00e8s simple. Les copains sont pleins de talents mais ne suffiront pas \u00e0 concentrer tous les savoir-faire n\u00e9cessaires. Un chef de chantier professionnel est n\u00e9cessaire. Ce sera Gilles, il nous guidera et fera travailler tout ce beau monde.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9but juillet, tout est pr\u00eat. Nous esp\u00e9rons le beau temps, car le toit va \u00eatre d\u00e9mont\u00e9 plusieurs semaines durant. Nous allons \u00eatre largement servis !<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le d\u00e9montage de la couverture<\/h2>\n\n\n\n<p>Lors d&rsquo;un chantier comme celui-ci, les plus enthousiastes et les plus press\u00e9s, comme moi, veulent toujours bondir sur le toit et commencer \u00e0 poser des bardeaux. H\u00e9las, il y a une quantit\u00e9 incalculable de choses \u00e0 faire avant d&rsquo;en arriver l\u00e0 sous peine de ne pas pouvoir correctement travailler par la suite.<\/p>\n\n\n\n<p>Les premi\u00e8res journ\u00e9es ont enti\u00e8rement consacr\u00e9es \u00e0 diverses op\u00e9rations fort utiles. Il faut tout d&rsquo;abord disposer d&rsquo;un solide \u00e9chafaudage, qui permettra aux personnes et aux mat\u00e9riaux d&rsquo;\u00eatre achemin\u00e9s facilement, sans trop de peine ni de risques, vers le toit. Nous montons donc une structure m\u00e9tallique en kit, qui semble dater de Mathusalem mais se r\u00e9v\u00e8le pourtant efficace et solide. Je suis en particulier surpris par le principe d&rsquo;assemblage, qui repose sur des sortes de coins de m\u00e9tal venant s&rsquo;encastrer dans des fentes pr\u00e9vues \u00e0 cet effet. Il est difficile de croire que quelques coups de marteaux suffiront \u00e0 immobiliser tout \u00e7a pour plusieurs semaines, mais le syst\u00e8me s&rsquo;est pourtant r\u00e9v\u00e9l\u00e9 tout \u00e0 fait fiable \u00e0 l&rsquo;usage.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2003\/0801_chantier_toit\/20030801_chantier_toit_echafaudage.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption>L&rsquo;\u00e9chafaudage<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2003\/0801_chantier_toit\/20030801_chantier_toit_brouette_volante.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption>La brouette volante<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Sur cet \u00e9chafaudage vient prendre place un monte-charge, ing\u00e9nieux dispositif imagin\u00e9 et fabriqu\u00e9 par Gilles, le chef de chantier. Pour ne pas se faire chier \u00e0 charger et d\u00e9charger ses charges dans une benne, Gilles a tout simplement imagin\u00e9 de fixer une brouette au bout d&rsquo;un c\u00e2ble tract\u00e9 par un moteur. La marche des mat\u00e9riaux est alors simple et \u00e9vidente : la brouette arrive charg\u00e9e depuis la rue et le camion, elle est prise en charge par le c\u00e2ble qui la hisse \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage sup\u00e9rieur de l&rsquo;\u00e9chafaudage.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>De nombreux craquements inqui\u00e9tants se font entendre durant l&rsquo;ascension. Parfois le c\u00e2ble se remet en place et la brouette volante chute de 10 cm dans un grand fracas qui \u00e9branle tout l&rsquo;\u00e9chafaudage. Le serveur du monte-charge a parfois un instant de grande inqui\u00e9tude, mais les centaines de chargements sont arriv\u00e9s \u00e0 bon port sur le toit.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0, la brouette retrouve sa vocation premi\u00e8re&#8230; de brouette. Nous la prom\u00e8nerons ainsi en tous sens directement sur le toit dont la faible pente permet cette pratique peu courante. Par contre, il est indispensable de la poser \u00e0 cheval sur la fa\u00eeti\u00e8re, sous peine de la voir partir partir \u00e0 grande vitesse dans la pente, ce qui heureusement n&rsquo;arrivera jamais gr\u00e2ce \u00e0 notre vigilance aigu\u00eb, et aussi un peu \u00e0 un bienveillant hasard qui pardonnera beaucoup de petites erreurs durant ce chantier d&rsquo;amateurs enthousiastes et \u00e9tourdis.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2003\/0801_chantier_toit\/20030801_chantier_toit_brouette_sur_toit.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption>La brouette sur le toit, et le d\u00e9but du d\u00e9montage<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2003\/0801_chantier_toit\/20030801_chantier_toit_marc_decolle_toisite.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 ! Cette fois, apr\u00e8s des mois \u00e0 y penser, nous pouvons enfin commencer \u00e0 travailler sur ce toit. Il fait un temps magnifiques, nous sommes en plein dans les d\u00e9buts de la \u00ab\u00a0grande canicule de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2003\u00a0\u00bb, celle qui a tu\u00e9 5000, 10.000 ou on ne saura jamais combien de personnes \u00e2g\u00e9es. Ici, sur ce toit perdu \u00e0 860 m\u00e8tres &lsquo;altitude dans les C\u00e9vennes, \u00e0 9 heures du matin il fait encore bon, la perspective de se mettre au travail me remplit d&rsquo;enthousiasme et de dynamisme.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re \u00e9tape consiste \u00e0 d\u00e9monter la couverture actuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle est faite d&rsquo;un mat\u00e9riau de fort mauvais go\u00fbt, une sorte d&rsquo;imitation d&rsquo;ardoise fabriqu\u00e9e en goudron, appel\u00e9e toisite, ou shingle. 15 ans d&rsquo;exposition au soleil et \u00e0 la pluie du lieu l&rsquo;ont brul\u00e9, d\u00e9truisant les liaisons chimiques profondes de la mati\u00e8re&#8230; reste un mat\u00e9riau qui parfois se d\u00e9chire d\u00e8s qu&rsquo;on tire dessus, parfois r\u00e9siste d&rsquo;une mani\u00e8re incompr\u00e9hensible et proprement \u00e9nervante. Il faut exp\u00e9rimenter diverses m\u00e9thodes plus ou moins heureuses avant de devenir efficace. Le pieds de biche, la main nue&#8230; c&rsquo;est bient\u00f4t la pelle, la simple pelle de chantier, qui se r\u00e9v\u00e8le la technique la plus productive, quoiqu&rsquo;un peu destroy parfois, car il faut y aller \u00e0 grands coups pour arracher les pointes les plus r\u00e9tives.<\/p>\n\n\n\n<p>La brouette fait des dizaines de voyages pour convoyer tout ce goudron vers le bord du toit, depuis lequel il est impitoyablement lanc\u00e9 vers les profondeurs de la cour. Nous en entassons ainsi une quantit\u00e9 tout \u00e0 fait stup\u00e9fiante, compte-tenu de la faible \u00e9paisseur de ce mat\u00e9riau.<\/p>\n\n\n\n<p>Peu \u00e0 peu appara\u00eet la couche d&rsquo;en dessous. Selon les endroits, il s&rsquo;agit d&rsquo;une sorte de panneau de bois agglom\u00e9r\u00e9, d&rsquo;une couleur curieusement orange, ou d&rsquo;une vieille volige d&rsquo;\u00e9pic\u00e9a.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2003\/0801_chantier_toit\/20030801_chantier_toit_panneau_enleve.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption>Toute la couverture a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9e\u2026 c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il faut commencer \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir\u2026<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Une seconde partie de toit est d&rsquo;une nature diff\u00e9rente : ici il reste quelques lauzes de schiste, rescap\u00e9es de la restauration f\u00e2cheuse des propri\u00e9taires pr\u00e9c\u00e9dents. Le travail se fait dans une ambiance tr\u00e8s diff\u00e9rente. Chaque lauze est un personnage v\u00e9n\u00e9rable qu&rsquo;il faut choyer, et persuader de se laisser d\u00e9monter sans r\u00e9sister. Pas de coups de pelle ici, sous peine de voir le talon se briser&#8230; chacune sera patiemment r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e, puis descendue par le monte-charge et entrepos\u00e9e dans la cour, en attendant une seconde vie : taille \u00e0 neuf et pose quelque part ailleurs, sur un autre toit c\u00e9venol&#8230; Michel, qui prend en charge cette t\u00e2che d\u00e9licate, s&rsquo;en acquitte m\u00e9ticuleusement, empilant les lauses extraites en tas r\u00e9guliers, balayant soigneusement les surfaces d\u00e9gag\u00e9es&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, apr\u00e8s une demi-journ\u00e9es d&rsquo;efforts, le bois est \u00e0 nu sur l&rsquo;ensemble du toit.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2003\/0801_chantier_toit\/20030801_chantier_toit_grand_toit_nettoye.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est un moment d\u00e9cisif du chantier, car il va falloir d\u00e9cider si le bois doit \u00eatre chang\u00e9, ou si l&rsquo;on va pouvoir couvrir en l&rsquo;utilisant. Il peut y avoir plusieurs jours de travail entre les diff\u00e9rentes options.<\/p>\n\n\n\n<p>Le diagnostic est mitig\u00e9 : la partie gauche, couverte en panneau, ne peut pas \u00eatre utilis\u00e9e telle-quelle, mais on ne peut pas en dire plus avant d&rsquo;avoir d\u00e9mont\u00e9 les panneaux. La partie droite (celle qu&rsquo;on voit sur la photo), n&rsquo;est pas trop mauvaise, mais il faut au minimum remettre une couche de volige neuve, celle qui est en place commence \u00e0 vieillir et pr\u00e9sente de nombreux trous au travers desquels nos clous passeront sans cesse.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Surprise sous les panneaux de particule&#8230;<\/h2>\n\n\n\n<p>La journ\u00e9e du lendemain est donc consacr\u00e9e au d\u00e9montage des panneaux de particules couvrant la partie gauche du toit. Ces sacr\u00e9 panneaux nous ont bien \u00e9nerv\u00e9s : fragiles, et pourtant trop bien fix\u00e9s \u00e0 leur support par des clous monstrueusement disproportionn\u00e9s. Difficile de rester d\u00e9licat lorsque le pied de biche arrache le bois tout autour du clou et que celui-ci reste rigoureusement immobile. C&rsquo;est \u00e0 grand renforts de hurlements que l&rsquo;\u00e9quipe a termin\u00e9 le travail, atomisant les panneaux \u00e0 grands coups de masse.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;\u00e9tait la partie facile de l&rsquo;op\u00e9ration. Sous les panneaux nous attendaient de dr\u00f4les de surprises.<\/p>\n\n\n\n<p>Un \u00e9troit espace vide, probablement destin\u00e9 \u00e0 faciliter l&rsquo;a\u00e9ration, a \u00e9t\u00e9 m\u00e9nag\u00e9 entre les panneaux et la couche inf\u00e9rieure (de grosses poutres jointives servant de plafond aux pi\u00e8ces situ\u00e9es au dessous). Ce vide constitue un vrai petit labyrinthe desservant l&rsquo;ensemble de la maison par les combles. Inutile de dire que cet endroit magique, chauff\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;abri des pluies et de vents, a constitu\u00e9 depuis des d\u00e9cennies un repaire r\u00eav\u00e9 pour toutes sortes d&rsquo;animaux.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2003\/0801_chantier_toit\/20030801_chantier_toit_crottes_de_chat.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption>Des crottes, des crottes et encore des crottes. Des montagnes de crottes<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Des crottiers nombreux et fournis sont r\u00e9partis un peu partout, preuve de la grande fr\u00e9quentation du lieu. Il y a des d\u00e9jections de toutes formes, de toutes tailles et de toutes odeurs. Pour le go\u00fbt je ne sais pas mais je soup\u00e7onne la m\u00eame diversit\u00e9. Nous \u00e9vacuons le tout et poursuivons notre exploration &#8211; nettoyage plus avant.<\/p>\n\n\n\n<p>Une quantit\u00e9 incroyable de gravats est accumul\u00e9e l\u00e0, vestige des techniques de couverture d&rsquo;autrefois : sur les toits \u00e0 faibles pentes, les lauzes \u00e9taient en effet tout simplement pos\u00e9es, sans \u00eatre fix\u00e9es, sur un lit de tout venant destin\u00e9 \u00e0 les caler correctement pour ne pas qu&rsquo;elles bougent.<\/p>\n\n\n\n<p>De toute \u00e9vidence, le toit a \u00e9t\u00e9 refait \u00e0 plusieurs reprises et chaque g\u00e9n\u00e9ration de couvreur y a \u00e9t\u00e9 de sa propre couche suppl\u00e9mentaire. Ce qui est \u00e9tonnant, c&rsquo;est qu&rsquo;au milieu de gravats sans valeur, on trouve des st\u00e8res et des st\u00e8res de vieux bois, rebuts d&rsquo;anciennes poutre voire m\u00eame sections de troncs d&rsquo;arbres de belle taille. De quoi chauffer la maison pendant plusieurs semaines&#8230; Le bois avait donc si peu de valeur \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque qu&rsquo;il serve ainsi de mat\u00e9riau de comblement ?<\/p>\n\n\n\n<p>Notre intention \u00e9tant d&rsquo;ins\u00e9rer une isolation correcte entre les bardeaux et les plafonds de la maison, il n&rsquo;y a pas le choix : nous devons d\u00e9blayer, d\u00e9blayer et d\u00e9blayer encore. Des dizaines de brouettes partent ainsi vers le bas, dans une poussi\u00e8re indescriptible. Le monte-charge nous est d&rsquo;un grand secours, nous avons de la peine \u00e0 imaginer le labeur qui a \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire pour monter tout \u00e7a ici, seau par seau probablement.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour terminer, c&rsquo;est la surprise : une patte de ch\u00e8vre momifi\u00e9e est coinc\u00e9e l\u00e0, entre deux poutres, manifestement d\u00e9pos\u00e9e par une main humaine qui savait ce qu&rsquo;elle faisait. \u00c9mouvante rencontre qui fait monter en nous des images fortes de c\u00e9r\u00e9monies pa\u00efennes : le ma\u00eetre de maison est seul sur son toit entour\u00e9 de nuages gris. Sa silhouette se d\u00e9tache \u00e0 contre-jour sur les derni\u00e8res lueurs du cr\u00e9puscule. Il brandit la patte en marmonnant un m\u00e9lange d&rsquo;impr\u00e9cations sataniques et religieuses, appelle le bon \u0153il sur sa maison et prie pour que la foudre et les fuites n&rsquo;atteignent jamais son toit.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2003\/0801_chantier_toit\/20030801_chantier_toit_patte_de_chevre.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption>La patte de ch\u00eavre<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>A quelques m\u00e8tres de la patte de ch\u00e8vre, au milieu des gravats, nous trouverons quelques minutes plus tard&#8230; un pied de biche, cet outil servant \u00e0 arracher les clous. Simple oubli d&rsquo;un ouvrier peu attentif, ou clin d&rsquo;oeil et communion avec les g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes ?<\/p>\n\n\n\n<p>Le pied de biche est all\u00e9 rejoindre les outils de mon atelier. La patte de ch\u00e8vre, quant \u00e0 elle, a \u00e9t\u00e9 entrepos\u00e9e quelques semaines sur le rebord de la chemin\u00e9e, puis lorsque est venu le temps de refermer le toit, nous l&rsquo;y avons \u00e0 nouveau enferm\u00e9e, en esp\u00e9rant que ses pouvoirs pourraient continuer \u00e0 nous prot\u00e9ger.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Charpente et volige<\/h2>\n\n\n\n<p>Nous disposons \u00e0 pr\u00e9sent d&rsquo;un toit parfaitement nettoy\u00e9, mais \u00e0 la surface tr\u00e8s in\u00e9gale. Il subsiste plusieurs d\u00e9crochements, certaines parties de bois sont par ailleurs quasiment pourries&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la partie gauche, nous avions esp\u00e9r\u00e9 pouvoir poser quelques chevrons puis directement la volige. Apr\u00e8s de longues discussions cette option est abandonn\u00e9e car elle ne permettrait pas d&rsquo;obtenir une surface plane d&rsquo;un seul tenant : il faudrait conserver plusieurs d\u00e9crochements, chacun constituant une source potentielle de fuite, et compliquerait par ailleurs la pose ult\u00e9rieure des bardeaux. Nous devons donc nous rendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence, il faut refaire une charpente. Nous y consacrerons deux journ\u00e9es, mais toute la suite en sera facilit\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Dr\u00f4le de charpente que voil\u00e0&#8230; La base est tellement tordue que chacune des pannes (les grosses poutres ma\u00eetresses sur lesquelles viendront ensuite reposer les chevrons) doit \u00eatre pos\u00e9e ind\u00e9pendamment, avec une attention toute particuli\u00e8re. L\u2019\u0153il perd tous ses rep\u00e8res, rien n&rsquo;est parall\u00e8le \u00e0 rien, seuls les nombreux cordeaux tir\u00e9s en tous sens nous permettent de placer chaque pi\u00e8ce de bois \u00e0 sa position logique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois les trois pannes en place, heureusement, le travail devient plus simple. Les chevrons trouvent naturellement leur place sur cette base calcul\u00e9e pour offrir enfin un peu de plan\u00e9it\u00e9 dans cet univers tordu. Chaque chevron vient d\u00e9passer du mur d&rsquo;une quarantaine de centim\u00e8tres pour assurer une \u00e9tanch\u00e9it\u00e9 correcte pour les temps de pluie venteuse (c&rsquo;est \u00e0 dire plusieurs dizaines de journ\u00e9es par an dans cette belle r\u00e9gion).<\/p>\n\n\n\n<p>Cette \u00e9tape du travail est agr\u00e9able et enthousiasmante : le travail avance visiblement d&rsquo;heure en heure, et le toit prend rapidement forme. Apr\u00e8s avoir d\u00e9mont\u00e9, d\u00e9moli, arrach\u00e9, jet\u00e9, broy\u00e9&#8230; enfin on reconstruit, enfin on r\u00e9enclenche une d\u00e9marche positive.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2003\/0801_chantier_toit\/20030801_chantier_toit_pose_pannes.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption>La pose des pannes<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>A la mise en place des chevrons succ\u00e8de cependant une \u00e9tape longue et p\u00e9nible : les arasements. Il s&rsquo;agit de remonter de quelques centim\u00e8tres les murs de mani\u00e8re que les chevrons soient pris dans la masse \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie du toit. Ceci assure une bonne solidit\u00e9, mais est surtout destin\u00e9 \u00e0 interdire tout passage d&rsquo;animaux depuis l&rsquo;ext\u00e9rieur vers l&rsquo;int\u00e9rieur, et \u00e0 calfeutrer la maison au mieux pour ne pas que le vent s&rsquo;y engouffre et que l&rsquo;isolant foute le camp dans la montagne c\u00e9venole. Pour un temps il faut abandonner le travail du bois, auquel on s&rsquo;\u00e9tait habitu\u00e9, pour faire du mortier, trier des pierres dans le jardin et les monter en brouette par brouette.<\/p>\n\n\n\n<p>Une nuit de s\u00e9chage, et on peut injecter entre les chevrons de la laine de roche en flocons pour assurer une bonne isolation thermique. Encore une fois le projet d&rsquo;origine \u00e9tait plus \u00e9cologique (chanvre) mais je m&rsquo;y suis pris trop tard, le fournisseur n&rsquo;avait pas de stock, et j&rsquo;ai finalement fonc\u00e9 sur le premier produit de merde venu. Bon. La prochaine fois il faudra que je m&rsquo;y prenne beaucoup plus t\u00f4t. D&rsquo;autant plus que la pose de ces flocons s&rsquo;av\u00e8re assez d\u00e9sagr\u00e9able. Le moindre coup de vent fait voleter plein de petits d\u00e9bris de laine qui viennent sournoisement d&rsquo;immiscer dans les habits et nous rappelleront un ou deux jours \u00e0 leur souvenir&#8230;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2003\/0801_chantier_toit\/20030801_chantier_toit_douelle_toit_.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption>La douelle toute neuve se met en place<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Pendant ce temps, la partie droite du toit est elle aussi pr\u00e9par\u00e9e. De ce c\u00f4t\u00e9 le travail est plus simple puisqu&rsquo;il suffit de poser une couche de volige neuve sur l&rsquo;ancienne. Les camions de l&rsquo;entreprise de mat\u00e9riaux ont d\u00e9pos\u00e9 sur le parking une quantit\u00e9 proprement stup\u00e9fiante de planches, qui eut cru qu&rsquo;une surface plane pouvait prendre autant de volume ? Le plus dur est donc de monter tout ce mat\u00e9riau sur le toit. Une fois \u00e0 pied d\u2019\u0153uvre il n&rsquo;y a que quelques d\u00e9coupes \u00e0 faire, et le toit prend rapidement des allures neuves, au rythme du clouage qui se fait \u00e0 vitesse foudroyante gr\u00e2ce \u00e0 la machine \u00e0 clouer. Cette sorte de grosse mitraillette reli\u00e9e \u00e0 un compresseur donne \u00e0 son servant des allures de Rambo. Chaque pointe projet\u00e9e vers l&rsquo;avant \u00e9branle tout le corps et il faut bander les muscles pour rester en place.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une semaine de chantier, tout le toit est comme neuf, couvert de volige pr\u00eate \u00e0 recevoir le bardeau.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La pose des bardeaux<\/h2>\n\n\n\n<p>Depuis un mois, sur le parking, attendent deux \u00e9normes palettes de bardeaux. L&rsquo;odeur du red-cedar envahit toute la rue, avec un pic particuli\u00e8rement sensible pendant quelques heures apr\u00e8s chaque pluie qui rajeunit les effluves.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces montagnes de bois n&rsquo;ont pas manqu\u00e9 d&rsquo;attirer l&rsquo;attention de tout le village et au del\u00e0. Lorsque, avec 8 jours de retard, je me pointe \u00e0 la mairie pour expliquer que j&rsquo;ai engag\u00e9 des travaux et que j&rsquo;ai oubli\u00e9 d&rsquo;en faire la d\u00e9claration l\u00e9gale, le maire, conciliant, me dit : \u00ab\u00a0Oui, je sais, tu refais ton toit en bardeaux de red cedar !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Nous allons donc enfin entrer dans le vif du sujet. Le chantier va prendre de l&rsquo;ampleur : plusieurs amis nous ont rejoint et vont travailler avec nous toute la semaine. Il y a maintenant une quinzaine de personnes dans la maison, un minimum d&rsquo;organisation devient n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout d&rsquo;abord, il fait maintenant \u00e9pouvantablement chaud. Nous sommes au c\u0153ur de la vague de chaleur, la temp\u00e9rature atteint 35\u00b0C d\u00e8s 11 heures du matin. Pas question de travailler au del\u00e0, donc pas le choix : lever \u00e0 6 heures, travail de 7 \u00e0 11. Et puis re-travail en fin de journ\u00e9e, \u00e0 partir de 18 heures.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut aussi penser \u00e0 la logistique g\u00e9n\u00e9rale du chantier. Tout ce monde au travail, mine de rien \u00e7a boit et \u00e7a mange, une \u00e9quipe se met en place pour assurer les repas et les pauses casse-cro\u00fbte. Chacun prend donc son r\u00f4le, selon ses envies, ses comp\u00e9tences, ses affinit\u00e9s avec le voisin.<\/p>\n\n\n\n<p>Un beau matin, le premier bardeau est clou\u00e9. Un premier paquet de 1,8 m\u00b2 a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9lev\u00e9 sur la palette du parking, il a \u00e9t\u00e9 port\u00e9 \u00e0 dos d&rsquo;homme jusqu&rsquo;au monte-charge, hiss\u00e9 au sommet de l&rsquo;\u00e9chafaudage. D&rsquo;autres bras l&rsquo;ont saisi et lui ont fait traverser la totalit\u00e9 du toit. Jet\u00e9 au sol, il a \u00e9t\u00e9 \u00e9ventr\u00e9 d&rsquo;un coup de cutter. Les bardeaux se sont r\u00e9pandus, Gilles en a saisi un, l&rsquo;a montr\u00e9 alentour \u00e0 qui voulait l&rsquo;entendre, et a dit \u00ab\u00a0Je vais vous montrer !\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2003\/0801_chantier_toit\/20030801_chantier_toit_bruno_cloue_rang_.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption>Le rang 1 et les premiers bardeaux<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Et voici la technique qu&rsquo;il nous a expliqu\u00e9e :<\/p>\n\n\n\n<p>Sous chaque rang de bardeau il y a un rang de toile goudronn\u00e9e de 50 cm de large. On l&rsquo;\u00e9tale en la d\u00e9roulant \u00e0 partir d&rsquo;un rouleau qui est hyper lourd, et on l&rsquo;agrafe pour ne pas que le z\u00e9phyr l&#8217;emm\u00e8ne vers les cieux le temps qu&rsquo;elle soit couverte de bardeaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis on pose une rang\u00e9e de bardeaux, align\u00e9e verticalement sur un trait de cordex. La premi\u00e8re rang\u00e9e d\u00e9passe assez largement du toit. Chaque rang\u00e9e suivante laisse appara\u00eetre 25 cm de la pr\u00e9c\u00e9dente. \u00c9tant donn\u00e9 que les bardeaux mesurent 60 cm de long, il y a un recouvrement de 3 \u00e9paisseurs par endroit.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, on pose une nouvelle couche de toile goudronn\u00e9e, puis un autre rang de bardeau, dont chaque \u00e9l\u00e9ment doit venir recouvrir le joint entre deux bardeaux de la rang\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2003\/0801_chantier_toit\/20030801_chantier_toit_cecilea_pose_bardeaux.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption>C\u00e9cile tient son rang<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Enfin, troisi\u00e8me couche de toile godronn\u00e9e et troisi\u00e8me couche de bardeau. Mais attention, de plus en plus subtil : chaque bardeau de ce rang doit couvrir les joints des deux rang\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes, et ce de plus de 2 cm.<\/p>\n\n\n\n<p>Les rangs suivants continuent sur la m\u00eame logique. C&rsquo;est assez technique au d\u00e9but, il y a plein de choses auxquelles il faut penser en m\u00eame temps. Ma premi\u00e8re r\u00e9action a \u00e9t\u00e9 de penser que je n&rsquo;y arriverai jamais, puis finalement je m&rsquo;y suis fait, et probablement aussi qu&rsquo;avec le temps je suis devenu moins exigeant sur les crit\u00e8res de pose.<\/p>\n\n\n\n<p>Bref, les premiers bardeaux sont pos\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n&rsquo;est pas facile de travailler \u00e0 plus de 2 sur un rang sous peine de se marcher sur les pieds, de d\u00e9faire ce que le pr\u00e9c\u00e9dent a fait et d&rsquo;arriver \u00e0 une quantit\u00e9 invraisemblable de non recouvrement de joints. Tr\u00e8s vite, plusieurs fronts d&rsquo;attaque sont lanc\u00e9s en diff\u00e9rents endroits du toit.<\/p>\n\n\n\n<p>Les premiers rangs sont lents et difficiles. Chacun h\u00e9site, s&rsquo;interroge int\u00e9rieurement, appelle le chef de chantier pour obtenir confirmation d&rsquo;une hypoth\u00e8se ou apprendre un nouveau geste. Un pro pose, para\u00eet-il, 1m\u00b2 par heure. A nos d\u00e9buts, nous sommes peut-\u00eatre au quart de ce rendement. A vouloir s&rsquo;assurer de tout penser \u00e0 tout, parfois pr\u00e8s de deux heures sont n\u00e9cessaires pour monter un seul rang, cent fois d\u00e9fait et refait avant d&rsquo;\u00eatre finalement valid\u00e9 par le clouage.<\/p>\n\n\n\n<p>Inversement, parfois soudain tout semble s&#8217;embo\u00eeter comme il faut, le bardeau tir\u00e9 au hasard dans la pile vient naturellement trouver sa place \u00e0 la suite du pr\u00e9c\u00e9dent, et de longues s\u00e9ries sont mises en place sans efforts de r\u00e9flexion. Le plaisir est malheureusement parfois g\u00e2ch\u00e9 lorsque Gilles s&rsquo;approche et constate qu&rsquo;on s&rsquo;est tromp\u00e9s de ligne ou qu&rsquo;on a oubli\u00e9 de veiller \u00e0 un d\u00e9tail depuis le d\u00e9but de la rang\u00e9e, explication lumineuse et d\u00e9sagr\u00e9able de la facilit\u00e9 avec laquelle on a avanc\u00e9. Alors on essaie de bricoler pour ne pas avoir \u00e0 tout d\u00e9monter, mais il est parfois n\u00e9cessaire de le faire, ce qui ne va pas sans casse car les bardeaux sont des objets fragiles !<\/p>\n\n\n\n<p>Tr\u00e8s souvent, il fait proc\u00e9der \u00e0 une l\u00e9g\u00e8re retouche d&rsquo;un bardeau, pour qu&rsquo;il vienne s&rsquo;ajuster au plus proche du pr\u00e9c\u00e9dent et du suivant. Chacun est arm\u00e9 d&rsquo;un cutter, outil qui suffit largement \u00e0 travailler ce bois l\u00e9ger. Plaisir de planter la lame dans le fil du bois, et de la pousser doucement mais fermement au travers de la mati\u00e8re qui s&rsquo;ouvre doucement en chuintant une note de plus en plus aig\u00fce. Un petit claquement bref ponctue le moment o\u00f9 le bois c\u00e8de, et une longue \u00e9caille se d\u00e9tache et tombe \u00e0 terre.<\/p>\n\n\n\n<p>Jour apr\u00e8s jour, l&rsquo;ambiance s&rsquo;installe sur le toit. Les questions se tarissent, la technique p\u00e9n\u00e8tre les gestes, laissant de plus en plus de libert\u00e9 aux pens\u00e9es intimes de vaquer ou elles veulent bien aller. Ce sont de grands moments de calme sur le toit, efficaces et pensifs, durant lesquels nous progressons lentement mais s\u00fbrement vers le fameux \u00ab\u00a0m\u00b2 par heure\u00a0\u00bb des poseurs professionnels.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois par jours environ, le silence est interrompu par le voisin qui appara\u00eet sur sa terrasse (donnant \u00e0 la base de l&rsquo;un des pans de toit) : \u00ab\u00a0H\u00e9 bien, on ne ch\u00f4me pas par ici !\u00a0\u00bb, ou \u00ab\u00a0Ha, il vous fait travailler, c&rsquo;est bien, quand vous aurez fini venez donc chez moi, j&rsquo;aurai quelques petites t\u00e2ches \u00e0 vous proposer !\u00a0\u00bb. De jours en jours, les interventions sont plus sobres : on sent le respect qui gagne sur la moquerie affectueuse. Tous ces n\u00e9os, avec plein de filles, en plus, \u00e0 travailler sur un toit, c&rsquo;\u00e9tait pas gagn\u00e9 d&rsquo;avance, mais il faut bien se rendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence : \u00e7a avance, et c&rsquo;est beau !<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque \u00e9quipe travaille \u00e0 sa fa\u00e7on. Dans celle-ci, Michel pose et Ho\u00ebl (son fils) cloue. Anne et C\u00e9cile posent toutes les deux tout en clouant.<\/p>\n\n\n\n<p>Bruno et moi, on n&rsquo;arr\u00eate de pas de changer de strat\u00e9gie \u00e0 chaque changement de rang, lorsque l&rsquo;interruption n\u00e9cessaire \u00e0 la mise en place d&rsquo;une nouvelle bande de toile goudronn\u00e9e vient perturber le rythme de travail fra\u00eechement adopt\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Bardeau apr\u00e8s bardeau, rang apr\u00e8s rang, le toit monte. Les habitudes sont maintenant prises, chacun est autonome, Gilles ne vient quasiment plus nous corriger. 1 rang, une \u00e9tanch\u00e9it\u00e9, deux traits de cordex, une bande de toile goudronn\u00e9e. Un rang, une \u00e9tanch\u00e9it\u00e9, deux traits de cordex, une bande de toile goudronn\u00e9e&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Jour apr\u00e8s jour, les rouleaux de toile goudronn\u00e9e, toujours aussi lourds, prennent le chemin du toit et sont mis en place entre chaque rang. Ca fait beaucoup, beaucoup de toile goudronn\u00e9e. A vrai dire, et pour \u00eatre honn\u00eate, je pense que ce toit une fois termin\u00e9 portera quasiment la m\u00eame quantit\u00e9 de goudron que lorsqu\u00a0\u00bbil \u00e9tait directement et ouvertement fabriqu\u00e9 en shingle. La diff\u00e9rence, c&rsquo;est qu&rsquo;on ne le verra plus, cach\u00e9 qu&rsquo;il sera sous le bardeau.<\/p>\n\n\n\n<p>Peu \u00e0 peu, l&rsquo;\u00e9vidence prend forme dans nos consciences : un toit de bardeau, c&rsquo;est un toit de goudron d\u00e9guis\u00e9. En fait c&rsquo;est bien la toile goudronn\u00e9e qui va assurer l\u2019\u00e9tanch\u00e9it\u00e9, elle suffit largement pour \u00e7a. Le bardeau, lui, est l\u00e0 pour l&rsquo;esth\u00e9tique, et aussi pour prot\u00e9ger la toile goudronn\u00e9e des intemp\u00e9ries et du rayonnement solaire qui pourrait la d\u00e9truire en quelques ann\u00e9es. Nous sommes en train de fabriquer un toit de goudron \u00e0 un prix 4 fois sup\u00e9rieur au toit de goudron d&rsquo;origine !<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est une d\u00e9ception de se rendre \u00e0 cette \u00e9vidence ! Heureusement, un regard vers ce que nous avons d\u00e9j\u00e0 entrepris nous redonne tout de m\u00eame le plaisir de l&rsquo;esth\u00e9tique, qui n&rsquo;est tout de m\u00eame pas vilaine&#8230; Esp\u00e9rons que les avions sauront appr\u00e9cier ! Et puis, tout de m\u00eame, ce toit devrait durer 30 ans, 3 fois plus qu&rsquo;un toit de shingle habituel. Allons, tout ne va pas si mal !<\/p>\n\n\n\n<p>A l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 de chaque rang, l\u00e0 o\u00f9 il vient buter contre le mur, il faut placer des \u00e9tanch\u00e9it\u00e9s, qui sont de simples plaques de zinc s&rsquo;encastrant sous les bardeaux pour ramener \u00e0 la surface du toit l&rsquo;eau qui y p\u00e9n\u00e8trerait par inadvertance. De m\u00eame, \u00e0 la jonction de deux pans de toit d&rsquo;orientations diff\u00e9rentes, il y a un petit angle qu&rsquo;il n&rsquo;est pas possible de couvrir de bardeaux : la \u00ab\u00a0noue\u00a0\u00bb. Il faut y installer une sorte d\u2019\u00e9tanch\u00e9it\u00e9 plus technique, et de plus toujours merdique \u00e0 recouvrir de bardeaux, car ceux ci y arrivent avec un angle assez fort, il fait les retailler et les faire se chevaucher d&rsquo;une mani\u00e8re peu explicite pour nos esprits cart\u00e9siens.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2003\/0801_chantier_toit\/20030801_chantier_toit_avancee_toit_en_cours_de_couverture.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Nombre d&rsquo;entre nous auront donc tr\u00e8s t\u00f4t appris, lorsque l&rsquo;avanc\u00e9e du rang nous mettait en position de devoir bient\u00f4t jonctionner avec cette noue, \u00e0 passer subrepticement de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 pour laisser au voisin cette t\u00e2che prise de t\u00eate. Du coup, l&rsquo;art et la mani\u00e8re de poser les bardeaux sur la noue est devenu l&rsquo;apanage d&rsquo;un petit nombre seulement d&rsquo;\u00e9lus, de ce fait consid\u00e9r\u00e9s avec respect et obs\u00e9quiosit\u00e9 par les autres membres de l&rsquo;\u00e9quipe.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais avant de poser les bardeaux par dessus ces \u00e9tanch\u00e9\u00eft\u00e9s, il faut les fabriquer. Le magasin de mat\u00e9riaux livre de grandes plaques de zinc rutillantes, \u00e0 parti desquelles on d\u00e9coupe des pi\u00e8ces aux dimensions correctes, qu&rsquo;on termine par plier comme il faut. Avec une feuille de papier, une r\u00e8gle, un crayon et une paire de ciseaux suffisent, mais avec le zinc c&rsquo;estune autre paire de manches car cela ne se d\u00e9coupe pas comme \u00e7a. Aussi utilise t&rsquo;on une machine sp\u00e9ciale, terriblement rustique mais tout \u00e0 fait efficace, d\u00e9nomm\u00e9e de mani\u00e8re originale \u00ab\u00a0Machine \u00e0 plier le zinc\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2003\/0801_chantier_toit\/20030801_chantier_toit_michel_a_la_plieuse.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>La technique est simple : on trace sur la feuille de zinc, \u00e0 l&rsquo;endroit ou l&rsquo;on veut la couper, un trait avec un pointeau tr\u00e8s dur qui entame superficiellement le m\u00e9tal. Plusieurs passages successifs font jaillir de petits tortillons ressemblant \u00e0 une \u00e9ponge m\u00e9tallique, indiquant que le travail de sape est en cours. Il ne reste plus, gr\u00e2ce \u00e0 la machine, \u00e0 plier plusieurs fois de suite la feuille de zinc selon de trait de coupe. Au bout de 5 \u00e0 6 pliages-d\u00e9pliages, la feuille c\u00e8de.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour une raison encore inconnue, Michel s&rsquo;est pris de passion pour le pliage du zinc et a r\u00e9alis\u00e9, \u00e0 lui tout seul, la grande partie des \u00e9tanch\u00e9\u00eft\u00e9s de tout le toit, ce qui repr\u00e9sente pas mal de kilos pli\u00e9s, d\u00e9coup\u00e9s et transport\u00e9s. Il faut dire que la machine \u00e9tait install\u00e9e \u00e0 l&rsquo;ombre d&rsquo;une cour tellement plus fra\u00eeche que la fournaise de la haut&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le toit, l&rsquo;activit\u00e9 continue. Les bruits de marteau r\u00e9sonnent inlassablement et irr\u00e9guli\u00e8rement, au rythme des avanc\u00e9es et r\u00e9flexions des \u00e9quipes au travail.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque heure pr\u00e9sente ses avantages et inconv\u00e9nients. Les premiers sur le toit, \u00e0 6 ou 7 heures du matin, b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;une temp\u00e9rature id\u00e9ale : 18 degr\u00e9s, qui vont vite s&rsquo;envoler. Il fait un calme absolu, la vue porte incroyablement loin dans l&rsquo;air immobile et frais. C&rsquo;est presque un sacril\u00e8ge d&rsquo;\u00e9branler ce silence \u00e0 coups de marteau, qui d\u00e9marrent g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 regret.<\/p>\n\n\n\n<p>9 heures, tout le monde est l\u00e0, c&rsquo;est la fourmili\u00e8re. Il fait d\u00e9j\u00e0 chaud mais l&rsquo;activit\u00e9 bruissante, la vitesse \u00e0 laquelle montent les rangs, d\u00e9cuplent la motivation et l&rsquo;\u00e9nergie de chacun. Les coups de marteau cr\u00e9pitent alors sans retenue.<\/p>\n\n\n\n<p>A partir de 10 heures, les premiers abandonnent, terrass\u00e9s par la chaleur. Le rythme des coups de marteau diminuent progressivement, mais ceux qui restent sont les plus acharn\u00e9s, ils travaillent vite, vite, pour prendre le soleil de vitesse. Brutalement, la motivation s&rsquo;envole, les derniers marteaux sont d\u00e9pos\u00e9s et le toit br\u00fblant est d\u00e9sert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faudra laisser passer une demi-journ\u00e9e \u00e0 la rivi\u00e8re pour que, vers 18 heures, les premiers courageux remontent. C&rsquo;est alors un rythme moins soutenu que le matin, plus convivial, plus d\u00e9contract\u00e9. La temp\u00e9rature est \u00e0 la baisse et pousse chacun \u00e0 rester un peu plus, rectifiant calmement un profil de bardeau, le clouant mollement. Les derniers s&rsquo;attarderont parfois jusqu&rsquo;\u00e0 21h30 dans la fra\u00eecheur du soir.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les pauses<\/h2>\n\n\n\n<p>Heureusement, un chantier tel que celui-l\u00e0 n&rsquo;est pas fait que de moments de travail. Les interruptions ont \u00e9t\u00e9 nombreuses, vari\u00e9es, agr\u00e9ables et parfois inattendue.<\/p>\n\n\n\n<p>Des pauses tout \u00e0 fait \u00ab\u00a0officielles\u00a0\u00bb sont obligatoires si l&rsquo;on veut que l&rsquo;\u00e9quipe tienne la distance. Un panier plein de victuailles est mont\u00e9 sur le toit, on se tasse dans le dernier petit coin d&rsquo;ombre qui subsiste en milieu de matin\u00e9e au pied de la chemin\u00e9e monumentale, et tout le monde se sert en causant&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Curieusement, il est parfois difficile d&rsquo;arriver \u00e0 arr\u00eater tout le monde. Chacun, embarqu\u00e9 dans une op\u00e9ration pr\u00e9cise, souhaite \u00ab\u00a0terminer avant\u00a0\u00bb, puis oublie carr\u00e9ment.<\/p>\n\n\n\n<p>La vie ne s&rsquo;est pas arr\u00eat\u00e9e durant le chantier, et nous en avons profit\u00e9 pour f\u00eater quelques anniversaires.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les finitions<\/h2>\n\n\n\n<p>Mi-ao\u00fbt. La pose des bardeaux est quasiment termin\u00e9e. L&rsquo;\u00e9quipe est maintenant r\u00e9duite \u00e0 sa plus simple expression. Deux ou trois personnes se croisent en silence dans la chaleur \u00e9touffante. Le toit est maintenant couvert de d\u00e9bris de taille. En fin de chantier, il nous faudra des heures et des heures pour les rassembler, les ranger dans la cave \u00e0 bois. Des mois plus tard, toutes les flamb\u00e9es seront encore allum\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 ces sortes d&rsquo;allumettes g\u00e9antes qui s&#8217;embrasent en cr\u00e9pitant violemment. A chaque fois je songe qu&rsquo;il s&rsquo;agit bien l\u00e0 des calories les plus ch\u00e8res qu\u00a0\u00bbil m&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 de produire dans notre chemin\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Les capteurs solaires ont \u00e9t\u00e9 mis en place, nous les avons int\u00e9gr\u00e9s dans la couverture.&nbsp; Comble d&rsquo;ironie, nous sommes au pire de la chaleur. Les 6 m\u00b2 pr\u00e9vus pour porter 300 litres \u00e0 50\u00b0C produisent une chaleur proprement infernale. Le liquide caloporteur monte \u00e0 105\u00b0C \u00e0 la sortie des capteurs, l&rsquo;eau est br\u00fblante. Il faut rapidement couvrir une grande partie de la surface des capteurs avec du carton pour ne pas que tout se mette \u00e0 bouillir.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2003\/0801_chantier_toit\/20030801_chantier_toit_gilles_allonge_gouttieres.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption>Fin ao\u00fbt. Les derni\u00e8res \u00e9tapes de finition sont plus classiques. Pose des goutti\u00e8res\u2026.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>On y est bien sur ce toit.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2003\/0801_chantier_toit\/20030801_chantier_toit_sophie_en_robe.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Ce f\u00fbt un sacr\u00e9 chantier !<\/p>\n\n\n\n<p>Octobre. Les pluies diluviennes du d\u00e9but du mois ont assen\u00e9 leur verdict sans appel : par vent de sud violent, \u00e7a fuie. Comme tous les toits c\u00e9venols. Alors \u00e7a restera comme \u00e7a.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette fois, c&rsquo;est av\u00e9r\u00e9. Le toit de notre maison fuit ! 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