Le cévenol vers 1895

Texte construit à partir d’extraits choisis (avec mauvaise foi, je l’admet) dans lcgt, pages 89 à 132.

« Malgré les beaux travaux du Docteur Prunières sur la préhistoire, nous n’avons pas de connaissance précises sur l’homme paléolithique dolichocéphale lozérien ni même sur ses caractéristiques physiques […] Cette race très sauvage et très misérable était-elle parente de celle de Cro-Magnon plus civilisée ou bien avait-elle sa physionomie spéciale, nous ne le savons pas.« 

Rien sur les origines, passons donc directement au XIXème siècle.

« Dépeindre le lozérien est, estimons-nous, chose impossible. La géologie, l’anthropologie nous ont en effet montré qu’il y avait en Lozère trois régions nettement distinctes : la Montagne, le Causse et les Cévennes. A chacune de ces divisions correspond un type différent : le Montagnard, le Caussenard, le Cévenol, et c’est dans un de ces types particuliers qu’il faudra classer tout lozérien.

Le Montagnard […] est grand, fort, lourd, solidement bâti. […] Il travaille relativement peu pendant l’été […] pendant l’hiver il vit dans l’oisiveté. […]. Au moral il est peu intelligent, peu instruit, dédaignant même l’instruction. Content de son sort, de sa vie journalière, il n’essaie pas de faire autre chose.« 

Le cas du montagnard étant ainsi promptement réglé, passons au Caussenard.

« Le caussenard est un type absolument différent du montagnard. Au physique il est grand, sec, actif. La race est assez laide et assez mal bâtie. Les privations, les maladies, le manque de soins et la malpropreté étiolent les enfants. Plus tard, le travail les déforme, creuse leurs visages, courbe leurs membres. Car le travail est rude et continuel sur les causses. […] Mais si les visages sont le plus souvent laids et ridés, ils sont expressifs. Les lèvres minces, les yeux malins, souriant toujours et parlant peu, l’air toujours triste, le Caussenard est sympathique ! […] On sent, en le voyant, que chez lui la vie est rude et qu’il doit arroser de ses sueurs le sol natal, terre inféconde et horriblement sèche, afin de récolter le peu de blé qui suffit à sa vie misérable. Peun intellignet, peu instruit, il est morose, rarement gai et dans sa gaité même toujours soucieux.« 

Bigre, on croirait lire l’Epervier de Maheux ! Et le cévenol, qu’est ce qu’il dit, le cévenol ?

« Le cévenol est absolument différent des types que nous venons d’étudier. Au point de vue physique il est bien bâti, plutôt petit, l’air moins sombre que ses autres compatriotes. Au point de vue morla il est intellignet, instruit, et aimant bien l’instruction. Très ingénieux, il sait bien tirer de son pauvre pays tout ce qu’il peut rendre. On sent dans les Cévennes qu’on se rapproche du midi de la France, aussi y est-on plus jovial, plus gai, plus exubérant, plus accueillant, plus ouvert que dans les autres régions.« 

La cause est donc entendue !

Mais non, allez ! Caussenards, Montagnards, Cévenols, tous frères, tous égaux ! Et puis vous savez, moi qui arrive d’une autre région, ni Montagnard, ni Cévenol, ni Caussenard, je n’ai même pas une ligne pour moi dans cet ouvrage grandiose. Je me demande si je ne préfèrerai pas une description bien gore. Au moins j’existerai.

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