{"id":2386,"date":"2022-10-02T13:32:14","date_gmt":"2022-10-02T13:32:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?p=2386"},"modified":"2022-10-02T13:32:16","modified_gmt":"2022-10-02T13:32:16","slug":"la-migration-saisonniere-des-animaux-sauvages-avant-lhistoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/la-migration-saisonniere-des-animaux-sauvages-avant-lhistoire\/","title":{"rendered":"La migration saisonni\u00e8re des animaux sauvages avant l&rsquo;histoire"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;appel du ventre<\/h3>\n\n\n\n<p>Bien qu&rsquo;on ne dispose pas \u00e0 ce jour de traces tangibles d&rsquo;un tel ph\u00e9nom\u00e8ne, plusieurs historiens \u00e9mettent l&rsquo;hypoth\u00e8se que la transhumance, aujourd&rsquo;hui men\u00e9e par l&rsquo;homme, n&rsquo;a pourtant pas \u00e9t\u00e9 initi\u00e9e par l&rsquo;homme, mais par les animaux eux-m\u00eames. L&rsquo;homme n&rsquo;aurait en quelque sorte fait que suivre un mouvement naturel. L&rsquo;hypoth\u00e8se n&rsquo;a rien d&rsquo;extravagant : en un certain nombre de r\u00e9gions du monde, les caract\u00e9ristiques locales du climat et la nature des sols engendrent durant la saison estivale une s\u00e9cheresse suffisante pour rendre rares, voire inexistantes, les deux mati\u00e8res premi\u00e8res fondamentales de l&rsquo;alimentation des herbivores, \u00e0 savoir l&rsquo;eau et -par cons\u00e9quent- l&rsquo;herbe. Or, c&rsquo;est un ph\u00e9nom\u00e8ne bien connu, au sein d&rsquo;une m\u00eame aire climatique les pr\u00e9cipitations sont presque toujours beaucoup plus abondantes sur les massifs montagneux qu&rsquo;ailleurs. En \u00e9t\u00e9, les zones montagneuses constituent donc des sortes d&rsquo;oasis pour les r\u00e9gions arides. Il semble raisonnable d&rsquo;imaginer que depuis longtemps, les herbivores sauvages de ces r\u00e9gions ont recherch\u00e9, \u00e0 chaque p\u00e9riode de l&rsquo;ann\u00e9e, le meilleur site de nourrissage : la plaine durant l&rsquo;hiver, car le sol (et donc la v\u00e9g\u00e9tation) y est moins souvent couvert de neige, l&rsquo;eau y est moins souvent gel\u00e9e, et la montagne l&rsquo;\u00e9t\u00e9, car l&rsquo;herbe y est plus abondante et les rivi\u00e8res plus fournies. Les herbivores sauvages auraient donc pu naturellement prendre le chemin de la montagne au printemps, sans avoir besoin d&rsquo;\u00eatre guid\u00e9s par l&rsquo;homme. Cette hypoth\u00e8se passionnante, d\u00e8s lors qu&rsquo;on l&rsquo;explore, g\u00e9n\u00e8re tout un tas de questions nouvelles : quels animaux ? a quelle \u00e9poque ? par quels chemins ?<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Quels animaux ?<\/h3>\n\n\n\n<p>Les ovins ont sans doute \u00e9t\u00e9 naturellement dispos\u00e9s \u00e0 la migration saisonni\u00e8re. Ils ont une m\u00e2choire inf\u00e9rieure conform\u00e9e de mani\u00e8re \u00e0 pouvoir tondre l&rsquo;herbe jusqu&rsquo;au ras du sol. S&rsquo;ils restent trop longtemps au m\u00eame endroit, ils d\u00e9truisent totalement la couche herbeuse, et doivent se d\u00e9placer pour trouver de nouvelles sources d&rsquo;alimentation. Inversement, en se d\u00e9pla\u00e7ant, ils ont la capacit\u00e9 de pouvoir se nourrir m\u00eame si la couche herbeuse est relativement rase. Ces caract\u00e9ristiques leurs permettent donc d&rsquo;effectuer de longs d\u00e9placements tout en se nourrissant. Les bovins, au contraire, ont besoin d&rsquo;une herbe abondante et vigoureuse, et auront beaucoup plus de mal \u00e0 la trouver en d\u00e9placement, d&rsquo;o\u00f9 une transhumance bovine beaucoup plus rare.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">A quelle \u00e9poque ?<\/h3>\n\n\n\n<p>Cette question est plus complexe qu&rsquo;il n&rsquo;y para\u00eet, car durant les derni\u00e8res centaines de milliers d&rsquo;ann\u00e9es, le climat a beaucoup vari\u00e9, alternant des p\u00e9riodes glaciaires avec des interglaciaires plus chauds. On peut supposer que durant les p\u00e9riodes glaciaires les animaux avaient int\u00e9r\u00eat \u00e0 rester toute l&rsquo;ann\u00e9e le plus bas possible en altitude (m\u00eame dans les r\u00e9gions non couvertes par une glace permanente), la n\u00e9cessit\u00e9 de monter vers la fra\u00eecheur ne r\u00e9apparaissant que durant les interglaciaires. Il aurait donc pu y avoir plusieurs cycles d&rsquo;apparition \/ disparition de la migrations saisonni\u00e8re des herbivores en fonction des cycles de glaciations. Si l&rsquo;on applique cette hypoth\u00e8se au cas qui nous int\u00e9resse, les premi\u00e8res migrations animales ayant donn\u00e9 naissance \u00e0 la transhumance sous sa forme actuelle auraient pu d\u00e9marrer progressivement suite \u00e0 la fin du dernier \u00e9pisode glaciaire (W\u00fcrm), donc vers -10.000 ans ou apr\u00e8s. A noter qu&rsquo;\u00e0 cette \u00e9poque, les ovins n&rsquo;existent pas encore dans le sud de la France. ???<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Par quels chemins ?<\/h3>\n\n\n\n<p>Au vu de la lenteur du r\u00e9chauffement climatique en fin de glaciation, les choses se sont sans doute faites tr\u00e8s progressivement. Il ne faut pas imaginer qu&rsquo;un jour, un immense troupeau s&rsquo;est rassembl\u00e9 au pied des montagnes pour s&rsquo;\u00e9branler d&rsquo;un seul mouvement vers les hauteurs, tra\u00e7ant ainsi une voie unique. Sans doute quelques animaux ont-ils commenc\u00e9 \u00e0 parcourir les versants, remontant chaque ann\u00e9es un peu plus haut. La temp\u00e9rature continuant \u00e0 monter, l&rsquo;altitude a d\u00fb faire de m\u00eame. Une fois sur les premi\u00e8res cr\u00eates, les g\u00e9n\u00e9rations suivantes ont pu prendre le relais vers des endroits encore plus \u00e9lev\u00e9s, plus \u00e9loign\u00e9s. D\u00e9cennies apr\u00e8s d\u00e9cennies, si\u00e8cles apr\u00e8s si\u00e8cles, les passages d&rsquo;abords ponctuels puis r\u00e9p\u00e9t\u00e9s ont ouvert et entretenu des sentiers. Les itin\u00e9raires menant de la mani\u00e8re la plus efficace vers les lieux recherch\u00e9s ont bient\u00f4t drain\u00e9 une plus grande quantit\u00e9 d&rsquo;animaux. Leurs trac\u00e9s se sont simplifi\u00e9s, coupant les inutiles virages cr\u00e9\u00e9s par les recherches divagantes des g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes, coupant parfois d&rsquo;un sommet \u00e0 l&rsquo;autre. Certains tron\u00e7ons de drailles, comme par exemple au dessus du Pont de Montvert en direction du Mont Loz\u00e8re, sont stup\u00e9fiants de raideurs : les b\u00eates n&rsquo;ont pas cherch\u00e9 la pente douce mais l&rsquo;itin\u00e9raire le plus direct, droit la pente. Sous la pression du nombre croissant d&rsquo;animaux, les trac\u00e9s se sont \u00e9galement \u00e9largis, v\u00e9ritables tranch\u00e9es dans les montagnes, visibles de tr\u00e8s loin, devenant encore plus \u00e9vidents et attractifs. Quelques itin\u00e9raires majeurs se sont ainsi dessin\u00e9s, rassemblant bient\u00f4t de grandes quantit\u00e9s d&rsquo;animaux qui ont appris \u00e0 voyager ensemble. En quelques si\u00e8cles, des dates de d\u00e9part se sont pr\u00e9cis\u00e9es, des points de rendez-vous se sont d\u00e9finis, des itin\u00e9raires ont pris leurs trac\u00e9s d\u00e9finitifs&#8230; De d\u00e9placement purement utilitaire, la migration saisonni\u00e8re est devenue une tradition ancr\u00e9e dans la m\u00e9moire collective des animaux, int\u00e9grant leur instinct m\u00eame. Aujourd&rsquo;hui encore les observateurs attentifs de la transhumance remarquent que les animaux parcourent sans aucune h\u00e9sitation l&rsquo;itin\u00e9raire, m\u00eame s&rsquo;ils ne le connaissent pas. Un savoir continue de se transmettre, d&rsquo;une mani\u00e8re qui nous \u00e9chappe mais nous \u00e9merveille.<\/p>\n\n\n\n<iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/geoportail\/cartepublique.aspx?idecrit=213\" width=\"100%\" height=\"400\"><\/iframe>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;appel du ventre Bien qu&rsquo;on ne dispose pas \u00e0 ce jour de traces tangibles d&rsquo;un tel ph\u00e9nom\u00e8ne, plusieurs historiens \u00e9mettent l&rsquo;hypoth\u00e8se que la transhumance, aujourd&rsquo;hui men\u00e9e par l&rsquo;homme, n&rsquo;a pourtant&hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":2093,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[112],"tags":[],"class_list":["post-2386","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-faune"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2386","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2386"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2386\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3802,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2386\/revisions\/3802"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2093"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2386"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2386"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2386"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}