{"id":1828,"date":"2022-10-02T16:07:32","date_gmt":"2022-10-02T16:07:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wordpress\/?p=1828"},"modified":"2022-10-02T16:07:34","modified_gmt":"2022-10-02T16:07:34","slug":"rocher-des-fees-du-barret-compte-rendu-de-fouille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/rocher-des-fees-du-barret-compte-rendu-de-fouille\/","title":{"rendered":"Rocher des f\u00e9es du Barret : compte-rendu de fouille"},"content":{"rendered":"\n<p>La Can de l&rsquo;Hospitalet est une longue bande de terrain calcaire orient\u00e9e nord-Sud avec un \u00e9tranglement central. La partie Nord qui s&rsquo;\u00e9largit vers l&rsquo;Est depuis le col de Faysses jusqu&rsquo;\u00e0 la Can Noire pr\u00e9sente un versant expos\u00e9 au SUd. Le lieu dit \u00ab\u00a0Barret\u00a0\u00bb sur lequel se trouve le rocher des Croix occupe la partie haute de ce versant, entre les c\u00f4tes 1027 et 1037 et \u00e0 1,5 km au Sud-est des ruines du ch\u00e2teau de terre Rouqe . Cadastre de la commune de Barre des C\u00e9vennes, feuille GI, parcelles 2 et 3 (nos sondages se trouvent dans la parcelle 3).<\/p>\n\n\n\n<p>Si on aborde le site depuis le sommet de la Can, il faut emprunter une \u00e9chancrure au fond de laquelle serpente un filet d&rsquo;eau et d\u00e9valer une centaine de m\u00e8tres de pente assez raide (calcaire) jusqu&rsquo;\u00e0 une barre de gr\u00e8s triasique (falaise faiblement incurv\u00e9e, longue de 60 m, et haute de 6 m environ) .De cette falaise se sont d\u00e9tach\u00e9s plusieurs blocs qui ont roul\u00e9 sur une pente douce (micaschiste), plus loin le relief schisteux, d\u00e9chiquet\u00e9 et escarp\u00e9, plonge dans la vall\u00e9e. Parmi le chaos de rochers, le bloc central, le plus volumineux, porte sur sa face sud une cinquantaine de croix ou anthropomorphes grav\u00e9s d&rsquo;o\u00f9 le nom de rocher des croix (1) .<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1900\/0101_illustrations_canhospitalet\/19000101_illustrations_canhospitalet_rocher_des_fees_plan_fouilles.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption> Plan des fouilles effectu\u00e9es autour du rocher des Croix au Barret. Extrait de <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/bibliographie\/\">rac<\/a>, p. 50 <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>On remarque quelques gravures isol\u00e9es sur les blocs voisins, des cupules, deux \u00ab\u00a0escaliers\u00a0\u00bb (:petites encoches superpos\u00e9es dans la paroi presque verticale). Il existe aussi trois encoches rectangulaires plus importantes : l&rsquo;une est \u00e0 1m du sol, les deux autres sur la paroi nord du rocher grav\u00e9 sont A 1,80 et 2,30 m du sol. S&rsquo;agit-il d&#8217;emplacements de poutre ? (voir plan d&rsquo;ensemble , fig. 18).<\/p>\n\n\n\n<p>Le surplomb de la falaise et d&rsquo;un bloc effondr\u00e9 forme deux abris relativement spacieux. Le toit de ces abris est entaill\u00e9 par une rigole profonde actuellement de 15 on et large d&rsquo;autant. Pensant qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un am\u00e9nagement destin\u00e9 \u00e0 assainir les abris, nous avons suppos\u00e9 que les graveurs avaient pu s\u00e9journer dans ces lieux hospitaliers confortablement expos\u00e9s au midi et arros\u00e9s par un ruisselet. Notre conviction \u00e9tait renforc\u00e9e par l&rsquo;existence de terrains fertiles, un peu trop lourds peut-\u00eatre pour les moyens dont disposaient les pr\u00e9historiques, et par l&rsquo;abondance des d\u00e9bris de chaille et de quartz sur le versant calcaire (2) .<\/p>\n\n\n\n<p>Afin de nous en assurer et d&rsquo;apporter du m\u00eame coup un \u00e9l\u00e9ment de datation &lsquo;pour les gravures, nous avons fait trois sondages : un dans chacun des abris et un troisi\u00e8me au pied de la paroi grav\u00e9e (3). Dans un premier temps nous allons exposer le r\u00e9sultat de ces travaux puis nous reviendrons sur la description des gravures, principalement sur celles de la paroi centrale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les recherches (situation voir fig. 18 et fig. 19)<\/h2>\n\n\n\n<p>Le premier sondage affecte la partie centrale de l&rsquo;abri le plus spacieux situ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 est de la falaise. Nous l&rsquo;appellerons sondage I.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Stratigraphie du sondage 1 : (voir coupe ci-dessous) -2,5 x 1 m.<\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Couche I: Humus sableux, noir et pierres. R\u00e9guli\u00e8rement labour\u00e9e. \u00c9paisseur maximum 25 cm. Elle disparait au milieu du carr\u00e9 B. Trois minuscules d\u00e9bris charbonneux.<\/li><li>Couche II : Terre sableuse, marron \u00e0 gris\u00e2tre provenant de la d\u00e9sagr\u00e9gation du gr\u00e8s, nombreux grains de quartz et quelques pierres en calcaire. R\u00e9seau de racines particuli\u00e8rement dense. La puissance varie entre 10 et 25 cm. Dans le carr\u00e9 B et au sommet de la couche gisait un petit galet am\u00e9nag\u00e9.<\/li><li>Couche III : Sable jaune (d\u00e9composition du gr\u00e8s) avec fragments de quartz. \u00c9paisseur maximum 25 cm.<\/li><li>Couche IV : Argile blanch\u00e2tre \u00e0 jaune tr\u00e8s collante. \u00c9paisseur moyenne 40 cm. Vers le milieu de cette couche, lit de petits cailloux anguleux, form\u00e9 de grains de quartz et de morceaux de gr\u00e8s d\u00e9tach\u00e9s de la falaise, partiellement soud\u00e9 par un d\u00e9p\u00f4t ferrugineux. IV&rsquo;, \u00e9paisseur 2.\u00e0 3 cm. A la base de la couche, blocs de gr\u00e8s recouverts d&rsquo;une cro\u00fbte couleur rouille.<\/li><li>Couche V: Micaschiste alt\u00e9r\u00e9, facilement attaquable au grattoir. Sond\u00e9e sur 20 cm. Le sondage a \u00e9t\u00e9 interrompu \u00e0 Z 130, mais d\u00e8s la couche IV, il \u00e9tait n\u00e9cessaire \u00e0 chaque reprise du travail de pomper l&rsquo;eau qui suintait en abondance. A notre grande d\u00e9sillusion nous n&rsquo;avons pas rencontr\u00e9 de niveau d&rsquo;habitat. Le galet de quartz taill\u00e9 est un objet isol\u00e9, s\u00e9par\u00e9 de tout contexte et difficilement datable. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un petit galet ovale, am\u00e9nag\u00e9 par un enl\u00e8vement transversal oblique et par deux retouches secondaires inverses. Ses&nbsp; dimensions&nbsp; : 70 x 55 x 25 mm.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Un gros bloc effondr\u00e9 au pied de la falaise (extr\u00e9mit\u00e9 ouest) forme un petit abri sur le toit duquel une rigole au profil en \u00ab\u00a0V\u00a0\u00bb est nettement visible. Nous avons choisi cet emplacement pour entreprendre le sondage 2.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Stratigraphie du sondage 2 : (voir plan et coupe fig. 21). 1,5 x 0,7 m.<\/h3>\n\n\n\n<p>Dans ses grandes lignes elle est comparable \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Couche I : Humus et pierres en calcaire abondantes, teinte noire. \u00c9paisseur 30 cm, c\u00f4t\u00e9 paroi elle repose sur un bloc de gr\u00e8s.<\/li><li>Couche II : Sable meuble, gris\u00e2tre s&rsquo;\u00e9claircissant vers le bas. M\u00e9lange du produit de la d\u00e9composition du gr\u00e8s et de l&rsquo;humus. \u00c9paisseur maximum 40 cm.<\/li><li>Couche III : Sable jaune, tass\u00e9. M\u00eames mat\u00e9riaux que pr\u00e9c\u00e9demment mais sans humus. \u00c9paisseur : 20 \u00e0 25 cm.<\/li><li>Couche IV : Micaschiste alt\u00e9r\u00e9, argile. Sond\u00e9 sur pr\u00e8s de 10 cm. Arr\u00eat\u00e9 \u00e0 Z 120, le sondage s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 totalement st\u00e9rile.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1900\/0101_illustrations_canhospitalet\/19000101_illustrations_canhospitalet_rocher_des_fees_coupe_b.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Enfin le troisi\u00e8me sondage se situe contre le bloc central au pied m\u00eame de la face grav\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Stratigraphie du sondage 3 : 1,10 x 1 m.<\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Couche I : Humus noir, quelques \u00e9clats et des plaques de micaschiste d\u00e9tach\u00e9es de la couche sous-jacente par le soc de la charrue. \u00c9paisseur maximum 30 cm. Couche p\u00e9riodiquement labour\u00e9e sauf \u00e0 proximit\u00e9 de la paroi. Un minuscule tesson.<\/li><li>Couche II : Terre rouge, argileuse, avec plaquettes de micaschiste. Cette couche provenant sans doute de la d\u00e9composition du calcaire a une \u00e9paisseur moyenne de 10 cm contre le rocher, elle disparait 70 cm plus loin.<\/li><li>Couche III: Micaschiste (socle schisteux).<\/li><\/ul>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1900\/0101_illustrations_canhospitalet\/19000101_illustrations_canhospitalet_rocher_des_fees_coupe_a2.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption>Site du rocher des f\u00e9es, coupe a2<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Cette s\u00e9rie d&rsquo;investigations est d\u00e9cevante, de nos espoirs de d\u00e9couvrir au moins quelques traces d&rsquo;habitat et, peut-\u00eatre, de faire progresser la datation des gravures il nous reste deux t\u00e9moins atypiques. Le minuscule tesson, recueilli dans la couche superficielle pioch\u00e9e et labour\u00e9e il y a encore peu d&rsquo;ann\u00e9es provient d&rsquo;un vase \u00e0 paroi fine et sans doute confectionn\u00e9 au tour. La p\u00e2te, gris-clair est \u00e0 fin d\u00e9graissant brillant (paillettes de mica) la face externe porte un engobe noir. Il pourrait \u00eatre gallo-romain ou plus r\u00e9cent mais en aucun cas ant\u00e9rieur \u00e0 notre \u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Le galet \u00e0 tranchant am\u00e9nag\u00e9 est plus digne d&rsquo;attention malheureusement sa datation est probl\u00e9matique. Nous le verrions volontiers contemporain des stations de surface d\u00e9couvertes par C. Hugues sur la Can et plus particuli\u00e8rement de celle toute proche de la Can Noire (4). A-t-il \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9 par un ouvrier graveur ? A-t-il \u00e9t\u00e9 perdu au cours d&rsquo;un d\u00e9placement ? A-t-il tout simplement gliss\u00e9 le long de la pente avant de dispara\u00eetre dans la terre remu\u00e9e ? Si des fouilles plus \u00e9tendues sont un jour entreprises elles fourniront, peut-\u00eatre, des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse mais il est douteux qu&rsquo;elles mettent au jour un niveau d&rsquo;habitat de longue dur\u00e9e (\u00e0 moins que les aires de s\u00e9jour soit \u00e0 rechercher ailleurs, pr\u00e8s des emplacements des encoches destin\u00e9es \u00e0 recevoir l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 de poutres par exemple). Dans ce cas, les rigoles n&rsquo;auraient plus pour mission d &lsquo; ass\u00e9cher l\u00e9s abris mais plut\u00f4t de canaliser et de recueillir l&rsquo;eau de pluie ruisselant sur la roche. Faut-il y voir un culte de l&rsquo;eau \u00e0 mettre en parall\u00e8le avec les cupules et, qui sait, avec les gravures ? Et si le<br>but recherch\u00e9 \u00e9tait utilitaire : fournir de l&rsquo;eau potable lorsqu&rsquo;une p\u00e9riode humide transformait le ruisselet en torrent boueux.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Description des gravures (pour les emplacements se reporter au plan<br>d&rsquo;ensemble, fig. 18) .<\/h2>\n\n\n\n<p>Toutes ces incisions sont us\u00e9es, voire partiellement effac\u00e9es par l&rsquo;\u00e9rosion qui d\u00e9sagr\u00e8ge la roche. Elles ont, sans doute, \u00e9t\u00e9 obtenues par piquetage puis r\u00e9gularis\u00e9es par polissage, un galet tranchant en quartz du genre de celui d\u00e9couvert dans le sondage 1 devait convenir. Toutefois, les sillons profonds, avec un profil en V aigu, et les encoches anguleuses pourraient \u00eatre l\u2019\u0153uvre d&rsquo;un instrument m\u00e9tallique.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1900\/0101_illustrations_canhospitalet\/19000101_illustrations_canhospitalet_rocher_des_fees_coupe_a.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption>Site du rocher des f\u00e9es, coupe a<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Nous distinguerons trois sortes de gravures :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>les rigoles et encoches,<\/li><li>les cupules,<\/li><li>les croix.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">A \/ Les rigoles et les encoches<\/h3>\n\n\n\n<p>Nous avons rep\u00e9r\u00e9 5 rigoles, 4 sont sur le toit de l&rsquo;abri plus ou moins importants quant \u00e2 la cinqui\u00e8me, elle coupe un plan inclin\u00e9. La plus longue, situ\u00e9e sur l&rsquo;abri n\u00b0 1, approche 7 m; les eaux de ruissellement en ont emport\u00e9 une partie. La profondeur et la largeur de ces rigoles \u00e0 section en V sont de 15 cm en moyenne. Des rigoles superficielles sont incertaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Les encoches sont au nombre de trois (deux exemplaires trop douteux n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 figur\u00e9s sur le plan). La plus grande, et aussi la mieux conserv\u00e9e, d\u00e9crit un carr\u00e9 de 40 cm de c\u00f4t\u00e9 sur l&rsquo;ar\u00eate sup\u00e9rieure d&rsquo;un bloc immobilis\u00e9 au pied de la falaise pr\u00e8s le l&rsquo;abri n\u00b0 1.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">B \/ Les cupules<\/h3>\n\n\n\n<p>On les trouve essentiellement au sommet du bloc \u00e9boul\u00e9 le plus \u00e9loign\u00e9 de la falaise. Quatre cupules (15 cm de diam\u00e8tre, profondes de 10 cm et \u00e0 fond plat) , reli\u00e9es par un sillon en croix, fortement \u00e9rod\u00e9 d\u00e9limitent un losange de 40 cm de c\u00f4t\u00e9. A 2m une cupule et un bassin ovale communiquant par un sillon donnent une curieuse figure en T (40 X 30 X 8 cm). Quelques creux, diss\u00e9min\u00e9s, dont deux jumel\u00e9s, sont peut-\u00eatre naturels.<\/p>\n\n\n\n<p>Il reste les \u00ab\u00a0escaliers\u00a0\u00bb faits de petites encoches (sorte de cupules) superpos\u00e9es (5). Le plus int\u00e9ressant escalade la paroi sud du rocher pr\u00e9c\u00e9dent, il compte 14 marches doubl\u00e9es dans la partie sup\u00e9rieure d&rsquo;un \u00e9tagement de 4 marches distant de 20 cm environ. Les marches inf\u00e9rieures ont r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 retaill\u00e9es avec le tranchant d&rsquo;une pioche. Il est impossible en mettant l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 des pieds dans les creux de gravir cette roche qui est pratiquement verticale sur 4 m de haut. Un second \u00ab\u00a0escalier\u00a0\u00bb, form\u00e9 de 10 marches irr\u00e9guli\u00e8rement dispos\u00e9es, entaille la seule voie d&rsquo;acc\u00e8s au faite du rocher grav\u00e9. Cette voie d\u00e9bute par des blocs amoncel\u00e9s contre la face ouest, au-dessus il faut s&rsquo;agripper aux asp\u00e9rit\u00e9s naturelles et loger la pointe des pieds dans les encoches.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">C \/ Les croix<\/h3>\n\n\n\n<p>Tous les signes cruciformes, \u00e0 l&rsquo;exception de cinq isol\u00e9s sur les blocs voisins, sont group\u00e9s sur la face sud du bloc central. Cette paroi verticale, lisse sur toute sa surface se pr\u00eatait magnifiquement \u00e0 la gravure, elle mesure 4m de long sur pr\u00e8s de 5m de haut. Le bandeau central, qui seul est grav\u00e9, se situe entre 0,5 et 1,65 m au dessus du sol. Un signe ovale -vulve ?- plac\u00e9 \u00e0 plus de 2m du sol est, peut-\u00eatre, naturel. Tous ces trac\u00e9s sont aujourd&rsquo;hui us\u00e9s, plusieurs sont incomplets ou ind\u00e9chiffrables. Ils ont un profil en U ouvert. Les tron\u00e7ons les mieux conserv\u00e9s ont en moyenne 20 mm de largeur et 10 \u00e0 20 mm de profondeur, ils paraissent avoir \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9s par piquetage, \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une pointe peu r\u00e9sistante (pic en roche dure ?).<\/p>\n\n\n\n<p>Une croix de petites dimensions diff\u00e8re du lot pr\u00e9c\u00e9dent par son profil en V. Est-elle plus r\u00e9cente ou a -t-elle \u00e9t\u00e9 rafraichie avec un outil m\u00e9tallique ? (situation voir fig. 22 au-dessus de la fl\u00e8che).<\/p>\n\n\n\n<p>La figure ci-dessous est une r\u00e9duction d&rsquo;un relev\u00e9 par calque direct des gravures certaines, les tiret\u00e9s indiquent les trac\u00e9s probables mais tr\u00e8s effac\u00e9s, les gravures trop incertaines n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 reproduites.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans entrer dans une analyse d\u00e9taill\u00e9e de cette cinquantaine de signes g\u00e9om\u00e9triques tr\u00e8s simples et sans oublier le chevauchement probable de quelques figures on peut esquisser le classement suivant :<br>Croix simples : 24<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Croix \u00e0 deux branches transversales : 2<\/li><li>Croix cupul\u00e9es : 12<\/li><li>Croix hauss\u00e9es sur pied : 4<\/li><li>Croix avec branche transversale coud\u00e9e : 2<\/li><li>B\u00e2tonnets ou figures incompl\u00e8tes : 14<\/li><li>Figures curvilignes : 5<\/li><li>Cupules : 3<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Ces figures, d\u00e9crites en 1967 par M. Lorblanchet, s&rsquo;apparentent aux signes grav\u00e9s sur un plan inclin\u00e9 gr\u00e9seux du col de Portes pr\u00e8s Florac (6). Ce remarquable ensemble associe des croix simples, des croix cupul\u00e9es, des \u00ab\u00a0arbal\u00e9tiformes\u00a0\u00bb et des gravures anthropomorphes plus complexes. L&rsquo;assciation de cruciformes et d&rsquo;antropomorphes se retrouve sur le piton qui supporte le ch\u00e2teau de D\u00e8ze, le Collet de D\u00e8ze (7).<\/p>\n\n\n\n<p>S&rsquo;il est d\u00e9licat de proposer une datation s\u00e9rieuse de cet art sch\u00e9matique, il ne fait aucun doute qu&rsquo;il s&rsquo;agit de repr\u00e9sentations stylis\u00e9es de la forme humaine. Sans insister sur les deux repr\u00e9sentations suffisamment \u00ab\u00a0parlantes\u00a0\u00bb, les croix cupul\u00e9es -la branche principale ou 3 branches termin\u00e9es par une cupule &#8211; et les deux croix juch\u00e9es sur un signe en arceau ou celle qui surmonte un triangle sans base sont significatives (8). Il nous parait raisonnable d&rsquo;admettre que les croix de la Can furent grav\u00e9es dans un laps de temps assez court. De l&rsquo;ensemble du panneau ressort une impression d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9, d&rsquo;\u00e9quilibre tant au point de vue graphisme -il est vrai que ces signes sont bien simples- que disposition et technique de gravure.<\/p>\n\n\n\n<p>Un dernier bloc immobilis\u00e9 \u00e0 25 m contrebas de la paroi pr\u00e9c\u00e9dente pr\u00e9sente, sur sa face sud-est, un groupement original de 5 signes (fig. 22, n\u00b0 1). Grav\u00e9s \u00e0 1 m environ au-dessus du sol, selon la technique courante, on d\u00e9chiffre de droite \u00e0 gauche; une croix cupul\u00e9e, deux figures carr\u00e9es enserrant une croix, un signe en D et un signe en arceau barr\u00e9 &#8211; ce signe en arceau est, peut-\u00eatre, une figure carr\u00e9e inachev\u00e9e ou partiellement effac\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Les effets superficiels de l&rsquo;\u00e9rosion \u00e9tant rapides sur le gr\u00e8s, l&rsquo;alt\u00e9ration qui affecte uniform\u00e9ment la paroi et les gravures et qui donne \u00e0 ces derni\u00e8res un aspect \u00ab\u00a0ancien\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas un crit\u00e8re probant. Avec prudence et par comparaison avec des s\u00e9ries de m\u00eame type soit grav\u00e9es soit incis\u00e9es nous pensons qu&rsquo;elles sont ant\u00e9rieures au christianisme et qu&rsquo;elles pourraient appartenir \u00e0 l\u2019\u00e2ge des m\u00e9taux, plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e2ge du Bronze (9).<\/p>\n\n\n\n<p>Signalons enfin, sans en tirer aucune indication chronologique, l&rsquo;existence de plusieurs tumulus align\u00e9es sur le rebord de la Can \u00e0 500 m au Nord-Ouest (10).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<p>(1) Il est aussi appel\u00e9 \u00ab\u00a0Le rocher des F\u00e9es\u00a0\u00bb (Lou Roc de Las Fados).<\/p>\n\n\n\n<p>(2) N. Bastide. Il \u00e9tait une fois&#8230; sur la grande montagne. Revue du G\u00e9vaudan 1971. L&rsquo;auteur \u00e9crit, p. 22 : \u00ab\u00a0Etant donn\u00e9 l&rsquo;admirable position du site, l&rsquo;ensoleillement, la protection naturelle des vents d&rsquo;Ouest et du Nord, toujours froids, la proximit\u00e9 de la source, je crois plut\u00f4t qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un habitat permanent. \u00ab\u00a0Article paru apr\u00e8s l&rsquo;ach\u00e8vement de nos recherches.<\/p>\n\n\n\n<p>(3) Autorisation de fouille: FA n\u00b0 1295. Fouilles effectu\u00e9es au cours de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1972.<\/p>\n\n\n\n<p>(4) C. Hugues et M. Lorblanchet. Stations pr\u00e9historiques de la Can de l&rsquo;Hospitalet et du Causse M\u00e9jan (Loz\u00e8re) .Cong. Pr\u00e9h. de France, 1969 p. 235.<\/p>\n\n\n\n<p>(5) N. Bastide. Ouvrage cit\u00e9. Il utilise l&rsquo;expression \u00e9vocatrice de \u00ab\u00a0chaine de cupules\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>(6) M. Lorblanchet. G\u00e9ographie pr\u00e9historique, protohistorique et galloromaine des C\u00e9vennes M\u00e9ridionales et de leurs abords. D.E.S. 1967.<\/p>\n\n\n\n<p>(7) J. Salles. Les gravures rupestres c\u00e9venoles de l&rsquo;arri\u00e8re-pays al\u00e8sien. Bull. Soc. Etudes des Sc. Naturelles de Nimes. Tome LI -1971.<\/p>\n\n\n\n<p>(8) R. Guiraud. Nouvelles gravures et cupules dans le Massif Caroux-Espinouse-Saumail. Cahiers Ligures de Pr\u00e9h. et d&rsquo;Arch. n\u00b0 19, 1970 p39.<\/p>\n\n\n\n<p>(9) M. Lapierre et P. Marcelin. Revue du Club C\u00e9venol, Causses et C\u00e9vennes. 1947. Tome VII n\u00b0 1, p 229.<br>M-C. de Marnhac et A. Vernhet. Gravures rupestres des Coud\u00e9nasses, commune de Palhers (Loz\u00e8re). Revue du G\u00e9vaudan 1967, p;16. G. Isetti. Corpus delle incisioni lineari di Val Meraviglie. Rivista<br>di Studi Liguri. Anno XXXI, numeri 1-2, p 45. G. Isetti. Nota sulle incisioni dell&rsquo;Arma della Moretta (Finale Ligure). Rivista di Studi Liguri. Anno XXXI, nUmeri 1-2, p. 111.<\/p>\n\n\n\n<p>(10) Depuis 1967 ces tumulus ont \u00e9t\u00e9 victimes de piochages anarchiques.<\/p>\n\n\n\n<iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/geoportail\/cartepublique.aspx?idecrit=125\" width=\"100%\" height=\"400\"><\/iframe>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Can de l&rsquo;Hospitalet est une longue bande de terrain calcaire orient\u00e9e nord-Sud avec un \u00e9tranglement central. 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