{"id":1816,"date":"2022-10-02T10:37:43","date_gmt":"2022-10-02T10:37:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wordpress\/?p=1816"},"modified":"2022-10-02T10:37:47","modified_gmt":"2022-10-02T10:37:47","slug":"le-col-du-rey","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/le-col-du-rey\/","title":{"rendered":"Le col du Rey"},"content":{"rendered":"\n<p>Le col du Rey est un site-cl\u00e9 de l&rsquo;histoire humaine de la can de l&rsquo;Hospitalet. De tous temps il a constitu\u00e9 un n\u0153ud d&rsquo;itin\u00e9raires importants au niveau local mais aussi r\u00e9gional :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Le passage entre la vall\u00e9e fran\u00e7aise et la vall\u00e9e du Tarnon. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;un passage routier, mais aussi d&rsquo;un <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?p=1653\">r\u00e9seau de tours \u00e0 signaux<\/a>, \u00e9tabli entre Anduze et Florac, qui permettait d&rsquo;acheminer des messages en transitant par Barre-des-C\u00e9vennes, le col du Rey et Saint Laurent de Tr\u00e8ves.<\/li><li>Un itin\u00e9raire tr\u00e8s ancien mais toujours actuel reliant la plaine du Languedoc et l&rsquo;Auvergne (l&rsquo;actuelle <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?p=1625\">Corniche des C\u00e9vennes<\/a>, dont l&rsquo;histoire est complexe et riche, en a repris une partie du trac\u00e9)<\/li><li>Un passage entre les plaines du Roussillon et les hauts-plateaux de la Margeride pour la transhumance des moutons, la <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?p=2594\">draille de Margeride<\/a>.<\/li><li>Un tr\u00e8s ancien chemin \u00ab\u00a0\u00e0 la c\u00f4te du Rey\u00a0\u00bb est \u00e9galement signal\u00e9 sous le nom de \u00ab\u00a0Chalsado\u00a0\u00bb par F Andr\u00e9 (manuscrit, archives d\u00e9partementales de la Loz\u00e8re, J900, p 244).<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Bref, depuis tr\u00e8s longtemps le col du Rey est fr\u00e9quent\u00e9 en tous sens. Plusieurs signes tr\u00e8s \u00e9vidents de ce fait sont encore visibles aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n\n\n\n<p>Les panneaux indicateurs, actuels, d&rsquo;abord : bien nombreux pour un modeste croisement de petites routes de montagne. D&rsquo;ici, on va partout, et ce assez facilement.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais certaines traces sont tr\u00e8s anciennes. Un des menhirs les plus importants de la can, le \u00ab\u00a0menhir couch\u00e9 du Rey\u00a0\u00bb, gisait \u00e0 terre \u00e0 800 m au nord de la ferme. Il \u00e9tait long de 2,42 m. Visible de la draille, et proche de deux tumulus (servait-il \u00e0 en indiquer la pr\u00e9sence ?), il a \u00e9t\u00e9 vol\u00e9 dans les ann\u00e9es 70 !!!<\/p>\n\n\n\n<p>A l&rsquo;\u00e9poque gallo-romaine, le site est toujours occup\u00e9 : des tessons de poteries y sont trouv\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Le nom de \u00ab\u00a0Rey\u00a0\u00bb est connu d\u00e8s 1381 dans la litt\u00e9rature. Il atteste la pr\u00e9sence en ce lieu d&rsquo;un p\u00e9age royal.<\/p>\n\n\n\n<p>En juillet 1457, le seigneur de barre conc\u00e8de la \u00ab\u00a0borie du Rey\u00a0\u00bb&nbsp;\u00e0 Antoine Atger (originaire du mas de Montsoubeiran, Molezon), qui succ\u00e8de \u00e0 un certain Bosc. C&rsquo;est le d\u00e9but de la tr\u00e8s longue histoire qui va lier des si\u00e8cles durant cette famille et ce lieu. Ils sont fermiers et pratiquent le petit \u00e9levage et la culture c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re. Ils commenceront tr\u00e8s modestement avec quelques petits b\u00e2timents et terres, pour lesquelles ils paient en redevance une poule et un porcelet \u00e0 r\u00f4tir, mais doivent aussi assurer des corv\u00e9es ou contraintes comme monter la garde au ch\u00e2teau du seigneur et moudre son grain au moulin de Grattegals. Les g\u00e9n\u00e9rations suivantes&nbsp;agrandiront&nbsp;sans cesse le domaine, obtiendront de nouveaux droits et devront payer un tribut plus important au seigneur.<\/p>\n\n\n\n<p>Par l&rsquo;interm\u00e9diaire des Atger, les seigneurs de Barre l\u00e8vent au col du Rey un p\u00e9age sur les transhumances. On retrouve trace de l&rsquo;arrangement pass\u00e9 entre les seigneurs de Barre et les tenanciers du Rey&nbsp;dans un acte&nbsp;de 1540, qui sera renouvel\u00e9 en 1699 (<a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?page_id=2627\">hoche<\/a>, p.6). Les droits pouvaient&nbsp;\u00eatre pay\u00e9s en argent (c&rsquo;est le p\u00e9age classique) mais aussi en&nbsp;\u00ab\u00a0moutonnage\u00a0\u00bb (pr\u00e9l\u00e8vement de laine, de lait ou&#8230; de crottes pour enrichir les sols).&nbsp;Ces modes de p\u00e9age servaient aussi \u00e0 compenser les torts caus\u00e9s par la poussi\u00e8re soulev\u00e9e par le passage des milliers de brebis, qui couvrait les cultures bordant la draille et qui, par diminution de la photosynth\u00e8se,&nbsp;amoindrissait leur rendement. Tenir le p\u00e9age&nbsp;devait \u00eatre lucratif, mais certainement&nbsp;pas de tout repos : des altercations \u00e9clataient entre les Atger et leurs clients occasionnels, en particulier avec les bergers en d\u00e9placements qui pr\u00e9tendaient faire pa\u00eetre leurs b\u00eates sans bourse d\u00e9lier.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais le&nbsp;Rey \u00e9tait&nbsp;\u00e9galement une \u00ab\u00a0couch\u00e9e\u00a0\u00bb sur la draille : moyennant finance les troupeaux s&rsquo;y arr\u00eataient pour la nuit pour se reposer et p\u00e2turer. Les bergers pouvaient s&rsquo;y restaurer et y dormir.&nbsp;Les avantages financier dont b\u00e9n\u00e9ficiait le domaine du Rey excitaient la jalousie de voisins moins chanceux, comme \u00e0 <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?p=649\">Terre Rouge<\/a> o\u00f9 les troupeaux ne s&rsquo;arr\u00eataient pas. On trouve la trace d&rsquo;un proc\u00e8s men\u00e9 au XVIII\u00e8me si\u00e8cle par le Seigneur de Terre Rouge \u00e0 l&rsquo;h\u00f4te du Rey (<a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?page_id=2627\">htvt<\/a> p.3). On faisait courir des bruits sinistres sur ses habitants accus\u00e9s d&rsquo;assassinats.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s la fin du XIV\u00e8me si\u00e8cle, le Rey sert \u00e9galement de relais postal : on y changeait les chevaux des attelages.<\/p>\n\n\n\n<p>Vers 1568, la famille Atger h\u00e9berge au Rey les pasteurs qui rayonnent sur plusieurs communes des environs de la can.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1611 le domaine est solidement constitu\u00e9. Les Atger ont ajout\u00e9 des b\u00e2tisses nouvelles aux constructions primitives et un ensemble de terres et de p\u00e2tures ont \u00e9t\u00e9 regroup\u00e9es autour des b\u00e2timents, formant une exploitation familiale d&rsquo;importance. En 1631, l&rsquo;itin\u00e9raire qui rejoint Florac par le col de vache est d\u00e9j\u00e0 \u00ab\u00a0ferrat\u00a0\u00bb (pav\u00e9), ce qui t\u00e9moigne d&rsquo;une bonne fr\u00e9quentation !<\/p>\n\n\n\n<p>Lors de la guerre des camisards, les Atger quittent le Rey et vont se r\u00e9fugier \u00e0 Florac. Mais il reviendront y vivre jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle. Durant cette derni\u00e8re p\u00e9riode, une auberge a fonctionn\u00e9 sur le site. L&rsquo;histoire de cette famille se confond donc avec ce lieu pendant plus d&rsquo;un demi mill\u00e9naire, leur conf\u00e9rant une sorte de noblesse, ce que refl\u00e8te l&rsquo;\u00e9volution de leur nom :&nbsp; on les appelle \u00ab\u00a0Atger du Rey\u00a0\u00bb (info tir\u00e9e de <a href=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/gestion\/une_source.aspx?idressource=77\">fpdm<\/a>, p. 28). Ils seront parfois appel\u00e9s les seigneurs du mas vieil, \u00e0 la suite de l&rsquo;achat de cette m\u00e9tairie sur le versant oriental de la can.<\/p>\n\n\n\n<p>Le p\u00e9age sur les transhumance se poursuit encore quelques temps : en 1717&nbsp;Pierre&nbsp;Atger l&rsquo;afferme pour 3 ann\u00e9es au prix annuel de 60 livres.&nbsp; Il&nbsp;prend finalement fin en 1777 (<a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?page_id=2627\">crd<\/a> p. 17) alors que le revenu annuel qu&rsquo;il d\u00e9gage est estim\u00e9 \u00e0 90 livres par an (<a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?page_id=2627\">cav<\/a> p.74). Dans <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?page_id=2627\">fpdm<\/a>, il est au contraire pr\u00e9tendu qu&rsquo;en 1746 le p\u00e9age est tomb\u00e9 en d\u00e9su\u00e9tude&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Le Rey est prosp\u00e8re. Il y a l\u00e0 un relais, celui-l\u00e0 m\u00eame qui existe encore aujourd&rsquo;hui, et s&rsquo;ins\u00e9rait dans un ensemble de relais (Saint Laurent de Tr\u00e8ves, Nozi\u00e8re&#8230;) sur l&rsquo;actuel itin\u00e9raire de la corniche. Y \u00e9taient assur\u00e9s la vente de fourrage aux troupeaux, le g\u00eete et le couvert des voyageurs qui le souhaitaient&#8230;(<a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?page_id=2627\">slt<\/a>, p. 9)<\/p>\n\n\n\n<p>En 1879&nbsp;il y a encore&nbsp;10 habitants au Rey.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1998, y habitait encore un homme solitaire, que j&rsquo;ai souvent observer le passage des voitures de derri\u00e8re sa fen\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui subsiste sur ce lieu un ensemble de b\u00e2timents tristes et magnifiques dans leur d\u00e9labrement. Une restauration a \u00e9t\u00e9 entreprise en 2019 mais elle semble s&rsquo;\u00eatre arr\u00eat\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/2005\/1119_can_noire\/20051119_can_noire_panneaux_col_du_rey.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption>Les multiples panneaux du col du Rey<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/geoportail\/cartepublique.aspx?idecrit=120\" width=\"100%\" height=\"400\"><\/iframe>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le col du Rey est un site-cl\u00e9 de l&rsquo;histoire humaine de la can de l&rsquo;Hospitalet. 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