{"id":1730,"date":"2022-10-02T16:30:15","date_gmt":"2022-10-02T16:30:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wordpress\/?p=1730"},"modified":"2023-02-01T15:37:44","modified_gmt":"2023-02-01T15:37:44","slug":"tumuli-sur-la-can-de-saint-laurent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/tumuli-sur-la-can-de-saint-laurent\/","title":{"rendered":"Deux tumulus du Causse Noir et de la Can d&rsquo;Artigues"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Article de Camille Hugues paru dans la <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?page_id=2627\">Revue du G\u00e9vaudan, des Causses et des C\u00e9vennes<\/a>, n\u00b06, 1960<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Une d\u00e9couverte fortuite, faite en 1959 \u00e0 Lanu\u00e9jols (Gard), a fix\u00e9 notre attention sur les tumulus du premier \u00e2ge du Fer dont le mobilier, assez rare, comprend une et parfois deux coupelles en bronze, ainsi que des armes de guerrier.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">I -Tumulus du Causse Noir, Lanu\u00e9jols (Gard)<\/h2>\n\n\n\n<p>Sur le Causse Noir, au cours de l&rsquo;am\u00e9nagement en route du chemin qui relie Lanu\u00e9jols au hameau des Mazes, un tumulus a \u00e9t\u00e9 mis au jour sous un \u00e9norme tas de cailloux d&rsquo;\u00e9pierrement. Il est situ\u00e9 \u00e0 500 m\u00e8tres au sud du Four \u00e0 Chaux, sur une plate-forme dolomitique qu&#8217;emprunte le chemin de Rasiguette, perpendiculaire \u00e0 la route, \u00e0 80 m\u00e8tres de celle-ci.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir enlev\u00e9 les cailloux destin\u00e9s \u00e0 l&#8217;empierrement de la nouvelle voie, les ouvriers ont entam\u00e9 le monument, et la pioche, \u00e0 leur grande surprise, a ramen\u00e9 une coupelle en bronze, les tessons d&rsquo;un vase et quelques ossements. Le chef des travaux a remis ces trouvailles \u00e0 M. Rigal, Conseiller g\u00e9n\u00e9ral du canton de Tr\u00eaves, qui a eu l&rsquo;obligeance de nous informer et de nous conduire sur les lieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Le tumulus d\u00e9pouill\u00e9 de sa carapace pierreuse mesurait alors 10 m\u00e8tres de diam\u00e8tre. Une cuvette, sur le flanc est, marquait la partie \u00e9ventr\u00e9e ; comme elle n&rsquo;arrivait pas au centre du tertre, nous avons jug\u00e9 bon de poursuivre l&rsquo;exploration. Le d\u00e9blaiement des terres devait nous montrer que les ouvriers avaient creus\u00e9 \u00e0 une vingtaine de centim\u00e8tres au dessous de l&rsquo;aire du tumulus et arrach\u00e9 quelques pierres d&rsquo;un pav\u00e9 bien conserv\u00e9 dans la zone intacte. Au centre, la hauteur du monticule \u00e9tait r\u00e9duite \u00e0 50 centim\u00e8tres, non compris l&rsquo;\u00e9paisseur des dalles \u00e9tendues sur le sol du Causse (0,70 m au total de hauteur approximative, car nous ignorons l&rsquo;importance des pierres de couverture qui, toutes, avaient \u00e9t\u00e9 retir\u00e9es par les cantonniers).<\/p>\n\n\n\n<p>Quoi qu&rsquo;il en soit, ce monument fun\u00e9raire se distingue par l&rsquo;abondance de la terre meuble employ\u00e9e dans sa construction, la pierre s\u00e8che \u00e9tant d&rsquo;ordinaire l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment essentiel des tumulus caussenards. La masse des mat\u00e9riaux de la tombe contenait plusieurs morceaux de schiste. Au sommet du bombement, entre des blocs calcaires, \u00e9tait plant\u00e9e verticalement une plaquette brute, de 9 cm de c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pav\u00e9 en place \u00e9tait constitu\u00e9 par plusieurs dalles de calcaire dont la plus grande, de forme losangique, mesure 0,90 m sur 0,45 m. Une autre dalle \u00e9tait pos\u00e9e dessus et, entre les deux, dans une couche de terre fine, \u00e9taient \u00e9parpill\u00e9s des fragments de fer tr\u00e8s oxyd\u00e9s. Nous avons exhum\u00e9 les vestiges d&rsquo;animaux fouisseurs (lapins, renards, micromammif\u00e8res) responsables de la dispersion. Quelques d\u00e9bris d&rsquo;os, calcin\u00e9s ou non, repr\u00e9sentaient les derniers restes du mort, avec seulement deux ou trois petits charbons de bois, d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;on conclut que l&rsquo;incin\u00e9ration avait eu lieu ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Ayant d\u00e9gag\u00e9 une lame en fer (111 millim\u00e8tres) dont l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 \u00e9troite \u00e9tait tourn\u00e9e vers le sud-est (Fig. 1, n\u00b0 1), nous croyions avoir d\u00e9couvert la pointe bris\u00e9e d&rsquo;une \u00e9p\u00e9e. En r\u00e9alit\u00e9 le mobilier comprenait deux armes en fer rang\u00e9es parall\u00e8lement, mais en sens oppos\u00e9: un poignard et une \u00e9p\u00e9e qui se terminait par une pointe plus effil\u00e9e (132 millim\u00e8tres) et par une bouterolle en bronze (Fig. 1, N\u00b0 2 et 3). Le pav\u00e9 se relevait \u00e0 40 centim\u00e8tres de la surface sous la bouterolle.<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;apr\u00e8s la distribution de ses fragments, l&rsquo;\u00e9p\u00e9e, longue de 70 cm au moins, avait la poign\u00e9e au sud-est et la pointe au nord- ouest.<\/p>\n\n\n\n<p>La bouterolle du chemin de Rasiguette est \u00e0 ailettes courtes relev\u00e9es, dont l&rsquo;envergure ne d\u00e9passe pas 85 millim\u00e8tres pour une hauteur totale de 110 millim\u00e8tres. Les ailettes -celle de droite qui a un peu souffert a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e cass\u00e9e dans une fissure du pav\u00e9 -se terminaient par une sorte de bec recourb\u00e9, surmont\u00e9 d&rsquo;une cr\u00eate plus mince. Deux trous, sur chaque face, assuraient la fixation sur la ga\u00eene du fourreau dont la mati\u00e8re p\u00e9rissable n&rsquo;a laiss\u00e9 aucune trace.<br>Les tessons de poterie, rares et menus dans la partie centrale du tumulus, provenaient sans doute du vase fun\u00e9raire enfoui \u00e0 l&rsquo;est avec la coupelle en bronze (Fig.1, N\u00b0 4).<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;un poids de 74 grammes, la coupelle mesure 63 millim\u00e8tres de hauteur, avec un diam\u00e8tre de 98 millim\u00e8tres \u00e0 l&#8217;embouchure, quelque peu r\u00e9tr\u00e9cie par rapport \u00e0 la panse (Fig.2, N\u00b0 1). Son bord, l\u00e9g\u00e8rement rentrant, est \u00e9pais de 2,5 millim\u00e8tres, mais les flancs et le fond sont d&rsquo;une minceur extr\u00eame, d&rsquo;o\u00f9 plusieurs trous dus \u00e0 l&rsquo;oxydation du m\u00e9tal. L&rsquo;ext\u00e9rieur ne porte aucun d\u00e9cor. On remarque \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, tout autour du bord, des incisions horizontales, sur deux \u00e0 trois rangs, longues d&rsquo;un centim\u00e8tre environ; ces sortes de tirets tiennent vraisemblablement au proc\u00e9d\u00e9 de fabrication.<\/p>\n\n\n\n<p>Il nous est plus difficile de d\u00e9crire le vase fun\u00e9raire, fait \u00e0 la main et sans d\u00e9cor, dont nous ne poss\u00e9dons qu&rsquo;un petit nombre de d\u00e9bris. Les intemp\u00e9ries ont d\u00e9grad\u00e9 les tessons \u00e0 p\u00e2te noire et d\u00e9graissant calcaire blanc, et les racines les ont sillonn\u00e9s de cannelures. Un seul fragment de col a conserv\u00e9 le beau lissage d&rsquo;un noir brillant, ce qui devait \u00eatre la teinte g\u00e9n\u00e9rale. Le col \u00e9vas\u00e9, haut de 7 ,5 cm, a un bord simplement arrondi ; il se soude par un l\u00e9ger \u00e9paulement \u00e0 une panse ovo\u00efde qui porte les traces du lissoir sur sa partie renfl\u00e9e (23 cm de diam\u00e8tre calcul\u00e9 sur le plus gros tesson) et repose sur un pied bas, \u00e9vid\u00e9 (Fig. 1, N\u00b0 4).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1900\/0101_illustrations_canhospitalet\/19000101_illustrations_canhospitalet_24.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Lames et bouterolles trouv\u00e9es dans un tumulus du Causse Noir (extrait de <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/bibliographie\/\">dtcn<\/a>)<br><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1900\/0101_illustrations_canhospitalet\/19000101_illustrations_canhospitalet_22.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\"> Coupelles. Illustration extraite de <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/bibliographie\/\">dtcn<\/a><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>En proc\u00e9dant par ana1ogie, si on compare les courbures de ses tessons aux formes connues, le vase de Lanu\u00e9jols correspond au type AD 12 de la n\u00e9cropole de Cazevieille (H\u00e9rault), avec un pied plus court que celui du mod\u00e8le figur\u00e9 dans la publication du Centre de Recherches Arch\u00e9ologiques des Ch\u00eanes Verts (1).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">II- Tumulus de la Can d&rsquo;Artigues, St-Laurent-de-Tr\u00e8ves (Loz\u00e8re)<\/h2>\n\n\n\n<p>Une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es avant la d\u00e9couverte faite \u00e0 Lanu\u00e9jols, nous avions reconnu un tumulus dans un tertre gazonn\u00e9 de la Can d&rsquo;Artigues, petit causse \u00e0 l&rsquo;est de la vall\u00e9e du Tarnon. dans le prolongement de la Can de l&rsquo;Hospitalet.<br>Plac\u00e9 \u00e0 un carrefour important de voies anciennes -draille de transhumance, chemin muletier de Florac \u00e0 Barre, chemin de Ferri\u00e8res -, le tertre, de forme allong\u00e9e (14 m sur 10 m) et aplanie (hauteur 0,80 m), avait port\u00e9 une quille en pierre s\u00e8che dont on distinguait la base \u00e0 fleur de sol. Il se dresse, en effet, entre les cotes 1019 et 1040, au Col de Vache, au bord de la grande draille de la Margeride, au point o\u00f9 celle-ci quittant le plateau plonge \u00e0 travers les rocs croulants de la couronne de la Can, en direction de Tardonnenche et de Florac (2).<\/p>\n\n\n\n<p>Trop visible en ce lieu de passage, le sommet du tumulus a \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9. La couche sup\u00e9rieure, \u00e9paisse d&rsquo;une trentaine de centim\u00e8tres, est form\u00e9e \u00e0 peu pr\u00e8s uniquement de terre avec quelques rares blocs. Elle contient des dents et des os de mouton, une molaire de porc et des morceaux de schiste. Deux fragments de briques \u00e0 rebords et quelques petits tessons de poterie grise tourn\u00e9e sont une preuve de l&rsquo;implantation des Romains dont on retrouve des traces plus abondantes, au sud, entre les fermes du Rey et de Montgros, et \u00e0 Saint-Laurent-de-Tr\u00eaves m\u00eame (3). Ce sont eux, probablement, qui ont \u00e9miett\u00e9 un vase en terre noire, sans d\u00e9cor, qui devait appartenir \u00e0 la tombe sous-jacente.<\/p>\n\n\n\n<p>A 80 centim\u00e8tres de profondeur gisait un squelette en mauvais \u00e9tat, inhum\u00e9 du nord-est au sud-ouest, sur un pav\u00e9. De part et d&rsquo;autre, des dalles plant\u00e9es de chant limitaient la s\u00e9pulture et se dressaient plus haut qu&rsquo;un second dallage de lourdes pierres plates qui avait \u00e9cras\u00e9 les os. On se demande s&rsquo;il repr\u00e9sentait un couvercle effondr\u00e9, ou si le d\u00e9funt, de propos d\u00e9lib\u00e9r\u00e9, avait \u00e9t\u00e9 paralys\u00e9 en le surchargeant de pierres. Quoique \u00e9pais, le cr\u00e2ne, aux dents us\u00e9es, \u00e9tait bris\u00e9. Un cailloutis compl\u00e9tait le remplissage du caisson.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1900\/0101_illustrations_canhospitalet\/19000101_illustrations_canhospitalet_21.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\"> Coupelles et Bouterolles. Illustration extraite de <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/bibliographie\/\">dtcn<\/a> <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Le mobilier ne comprenait pas d&rsquo;autre poterie que le vase en terre noire rencontr\u00e9 dans la premi\u00e8re couche. Nous n&rsquo;avons recueilli, contre la jambe gauche, qu&rsquo;un seul fragment de lame en fer, tr\u00e8s oxyd\u00e9 (longueur: 55 millim\u00e8tres, largeur: 30 milli- m\u00e8tres) qui provient d&rsquo;un poignard ou d&rsquo;une \u00e9p\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce essentielle \u00e9tait une coupelle en bronze, sans d\u00e9cor, pesant 140 grammes, d\u00e9pos\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du pied droit (Fig. 2, N\u00b0 2). Elle ne contenait que de la terre. Prise entre des blocs volumineux, elle a eu le fond caboss\u00e9 et d\u00e9chir\u00e9. Il ne semble pas qu&rsquo;elle ait \u00e9t\u00e9 volontairement \u00ab\u00a0tu\u00e9e\u00a0\u00bb ; sa fragilit\u00e9 suffit pour expliquer sa d\u00e9t\u00e9rioration. Dans ce r\u00e9cipient, large de 116 milli- m\u00e8tres \u00e0 l&#8217;embouchure et haut de 60 millim\u00e8tres, le bord sup\u00e9rieur, l\u00e9g\u00e8rement rentrant, est \u00e9pais de 2 millim\u00e8tres, tandis que le fond, arrondi par martelage, est mince. Il est visible que les coupelles du chemin de Rasiguette et du col de Vache, de m\u00eame forme, sont aussi de m\u00eame facture.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusions<\/h2>\n\n\n\n<p>Dix kilom\u00e8tres, \u00e0 vol d&rsquo;oiseau, s\u00e9parent le tumulus du chemin de Rasiguette du tumulus de l&rsquo;Aven Armand (La Parade, Loz\u00e8re), au nord -nord-ouest, sur le Causse M\u00e9jan, et 25 kilom\u00e8tres le s\u00e9parent du tumulus du Col de Vache (Saint-Laurent-de-Tr\u00e8ves), au nord-est, sur la Can d&rsquo;Artigues : deux s\u00e9pultures des Causses loz\u00e9riens qui contenaient elles aussi des coupelles en bronze et des armes en fer (4). Toutefois, dans ces derni\u00e8res, le rite observ\u00e9 \u00e9tait l&rsquo;inhumation: corps repli\u00e9, l&rsquo;\u00e9p\u00e9e dans la main droite, pour le guerrier de l&rsquo;Aven Armand, -corps allong\u00e9 dans un caisson de pierres, un fragment de lame du c\u00f4t\u00e9 gauche, pour celui du Col de Vache.<\/p>\n\n\n\n<p>Au sud des Gorges du Tarn, d&rsquo;apr\u00e8s quelques sp\u00e9cimens connus, les coupelles en bronze seraient de deux types :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>coupelles en calotte basse, lisses ou d\u00e9cor\u00e9es, la plus orn\u00e9e \u00e9tant l&rsquo;une des deux du tumulus de l&rsquo;Aven Armand, qui porte quatre paires de cercles concentriques sur les flancs et, en pointill\u00e9 sur le fond, une sorte de svastika aux branches tourn\u00e9es \u00e0 gauche (Fig. 3, N\u00b0 1) ;<\/li>\n\n\n\n<li>coupelles lisses, \u00e0 fond arrondi et bord \u00e9lev\u00e9, provenant des tumulus de la Can d&rsquo;Artigues et du Causse Noir.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>On discute sur l&rsquo;utilisation d&rsquo;un objet trouv\u00e9 dans le dolmen du Gen\u00e9vrier (Salles-la-Source, Aveyron) : s&rsquo;agit-il d&rsquo;un troisi\u00e8me type de coupelle conique \u00e0 fond perc\u00e9 ou d&rsquo;un ornement vestimentaire (5) ? Celles des tumulus d&rsquo;Ayrolles (Alzon, Gard) et de Cazevieille (H\u00e9rault) appartiennent au premier groupe (Fig. 3, N\u00b02). En tous cas, les unes et les autres sont consid\u00e9r\u00e9es comme hallstattiennes (6).<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;inventaire des poteries de la n\u00e9cropole de Cazevieille montre qu&rsquo;il \u00e9tait fait un plus large usage de coupelles en terre cuite, de m\u00eame forme, parmi les populations pastorales du preinier \u00e2ge du Fer qui gravitaient autour du Pic Saint-Loup, au nord de Montpellier (7). Les coupelles en bronze des Causses, trouv\u00e9es dans des tombes avec des armes, paraissent avoir \u00e9t\u00e9 l&rsquo;attribut des guerriers, mais peut-\u00eatre correspondaient-elles simplement \u00e0 un certain niveau de vie ?<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, d&rsquo;utiles comparaisons m\u00e9ritent d&rsquo;\u00eatre tent\u00e9es \u00e0 propos de la r\u00e9partition des armes. En 1936, dans un recensement des grandes \u00e9p\u00e9es en fer Hallstattiennes, le Docteur Charles Morel en d\u00e9nombrait cinq dans la Loz\u00e8re et remarquait aussit\u00f4t que les glaives courts \u00e0 antennes manquaient presque totalemen, bien qu&rsquo;ils soient repr\u00e9sent\u00e9s, au-de\u00e0 de l&rsquo;Aigoual et du Lingas, sur les Causses m\u00e9ridionaux de Blandas et de Campestre (8). Il aurait \u00e9t\u00e9 int\u00e9ressant de recueillir en meilleur \u00e9tat la lame courte de rasiguette que nous attribuons \u00e0 un poignard, et surtout celle du tumulus du col de Vache dont il ne restait \u00e0 peu pr\u00e8s rien. Lors de recherches dans la partie orientale du Causse M\u00e9jan. le tumulus de la Cabassude (Saint-Laurent-de-Tr\u00eaves), \u00e0 l&rsquo;ouest du Tarnon, nous avait rendu, sur 60 centim\u00e8tres, les d\u00e9bris d&rsquo;une lame de fer gr\u00e2ce auxquels nous reconnaissions la pr\u00e9sence d&rsquo;une grande \u00e9p\u00e9e (9).<\/p>\n\n\n\n<p>Notre bouterolle ne saurait \u00eatre confondue avec deux belles pi\u00e8ces d&rsquo;apparat \u00e0 ailettes horizontales, trouv\u00e9es dans des tonmbes de Cazevieille (H\u00e9rault) et du Viala-du-Pas-de-Jaux (Aveyron), qui ont respectivement 22 et 21 centim\u00e8tres d&rsquo;envergure. Elle a, par contre, une ressemblance certaine avec une bouterolle provenant du fourreau d&rsquo;une \u00e9p\u00e9e en bronze, exhum\u00e9e sur le Causse de Carennac (Lot). Gabriel et Adrien de Mortillet nous fournissent, par ailleurs, la preuve qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas un simple type local, en repr\u00e9sentant, dans leur Mus\u00e9e Pr\u00e9historique, un exemplaire trouv\u00e9 \u00e0 Dompierre (Ain) (10).<\/p>\n\n\n\n<p>Plus pr\u00e8s de nous, en dehors des Causses du G\u00e9vaudan et du Quercy, les hautes terres volcaniques du Cantal ont exerc\u00e9 une m\u00eame attirance sur les \u00ab Celtes des tumulus \u00bb du premier \u00e2ge du Fer (11). Au hameau de Mons, commune de Saint-Georges, sur 1a plan\u00e8ze de Saint-Flour, un gros tumulus, fouill\u00e9 en 1877 par J.-B. Delort, a livr\u00e9 une bouterolle cass\u00e9e de m\u00eame profil que celle de Lanu\u00e9jols, associ\u00e9e \u00e0 deux grandes \u00e9p\u00e9es en fer, et une tasse en bronze mince, \u00e0 fond ombiliqu\u00e9 (Fig. 3, N\u00b0 3 et 4). La tasse, repr\u00e9sent\u00e9e en demi-grandeur naturelle, n&rsquo;a pas la forme des coupelles caussenardes, mais son d\u00e9p\u00f4t correspond \u00e0 une conception religieuse identique.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les limites d&rsquo;un cadre r\u00e9gional, avec les r\u00e9serves d&rsquo;usage \u00e9tant donn\u00e9 le petit nombre de documents, nous constatons que les bouterolles \u00e0 ailettes horizontales \u00e9taient port\u00e9es de part et d&rsquo;aufre du Bas-Rh\u00f4ne (12), dans le Comtat (Joncqui\u00e8res, Sainte- C\u00e9cile), le Languedoc oriental (Cazevieille) et jusque sur le Causse du Larzac (Viala-du-Pas-de-Jaux). Les bouterolles \u00e0 ailettettes relev\u00e9es se voyaient au nord, des confins m\u00e9ridionaux du G\u00e9vaudan (Lanu\u00e9jols) au Quercy (Carennac) et \u00e0 l&rsquo;Auvergne (Saint- Georges).<\/p>\n\n\n\n<p>Au coeur du domaine hallstattien, la n\u00e9cropole de Hallstatt, station \u00e9ponyme, dans les Alpes autrichiennes, abritait une bouterolle analogue \u00e0 celle de Lanu\u00e9jols, avec deux trous sur chaque face, mais aux ailettes tronqu\u00e9es. Au contraire, sur les bouterolles du Haut-Palatinat bavarois (Lengenfeld, Oberwiesenacker), les ailettes relev\u00e9es se recourbent davantage et il n&rsquo;y a qu&rsquo;un trou de fixation sur chaque face. Les arch\u00e9ologues allemands sont d&rsquo;accord pour attribuer les unes et les autres \u00e0 la phase ancienne du Hallstattien qui, \u00e0 Hallstatt m\u00eame, se situerait entre 800 ou 750 et 600 avant notre \u00e8re (13).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">C. Hugues<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">BIBLIOGRAPHIE<\/h2>\n\n\n\n<p>(1) CENTRE DE RECHERCHES ARCH\u00c9OLOGIQUES DES CH\u00caNES VERTS \u00ab La n\u00e9cropole hallstattienne de Cazevieille \u00bb, Etudes Roussillonnaises, T. IV, 1954-55, p. 24, pl. 5.<br>(2) HUGUES (Camille) \u00ab Les si\u00e8cles obscurs de la Can, Causses et C\u00e9vennes \u00bb, Revue du Club C\u00e9venol, T. VIII, 1951, p. 50.<br>(3) HUGUES (Camille) \u00ab Sur le peuplement gallo-romain de la Can et du Causse M\u00e9jan oriental \u00bb, Revue du G\u00e9vaudan, nouvelle s\u00e9rie, n\u00b02, 1957, p. 137.<br>(4) DELISLE (Fernand) et VIRE (Armand) \u00ab Recherches de pr\u00e9histoire dans le d\u00e9partement de la Loz\u00e8re, \u00bb, A. F. A. S., Boulogne-sur-Mer, 1899, p 612.<br>(5) MORTILLET (Gabriel de) \u00ab Fouilles des dolmens de Montaubert et de Nogui\u00e8s \u00bb, Mat\u00e9riaux, T. XI, 1879, p. 420, fig. 157.<br>(6) CAZALIS DE FONDOUCE (Paul) \u00ab Tumulus hallstattiens des Causses du Gard \u00ab\u00a0, Revue Pr\u00e9historique, 1906, p. 201 \u00e0 215, fig. 6. &#8211; CENTRE DE RECHERCHES ARCH\u00c9OLOGIQUES DES CH\u00caNES VERTS, loc. cit., p. 45, fig. Il.<br>(7) CENTRE DE RECHERCHE~ ARCH\u00c9OLOGIQUES DE~ CH\u00caNES VERTS, loc. cit., p. 24, pl. 5.<br>(8) MOREL (Charles) \u00ab S\u00e9pultures tumulaires de la r\u00e9gion du Freyssinel (Causse de Sauveterre, Loz\u00e8re) \u00bb, Mende, 1936, p. 50. &#8211; DURAND &#8211; TULLOU (Adrienne) \u00ab Quelques tumulus des environs de Rogues (Gard) ,), Cahier ligures de Pr\u00e9histoire et d&rsquo;Arch\u00e9ologie, 1954, n\u00b0 3. p. 51.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article de Camille Hugues paru dans la Revue du G\u00e9vaudan, des Causses et des C\u00e9vennes, n\u00b06, 1960 Une d\u00e9couverte fortuite, faite en 1959 \u00e0 Lanu\u00e9jols (Gard), a fix\u00e9 notre attention&hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":1878,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[97],"tags":[96],"class_list":["post-1730","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-tumulus","tag-can-dartigue"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1730","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1730"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1730\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3994,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1730\/revisions\/3994"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1878"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1730"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1730"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1730"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}