{"id":1625,"date":"2022-10-02T16:23:35","date_gmt":"2022-10-02T16:23:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/wordpress\/?p=1625"},"modified":"2022-10-02T16:23:37","modified_gmt":"2022-10-02T16:23:37","slug":"histoire-de-la-corniche-des-cevennes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/histoire-de-la-corniche-des-cevennes\/","title":{"rendered":"Histoire de la corniche des C\u00e9vennes"},"content":{"rendered":"\n<p>La Corniche des C\u00e9vennes est vendue comme l&rsquo;un des attraits touristiques des C\u00e9vennes. Il est vrai que cette route n&rsquo;est pas vilaine : elle serpente au dessus de deux des plus belles vall\u00e9es c\u00e9venoles (la Vall\u00e9e Fran\u00e7aise et la Vall\u00e9e Borgne), mais h\u00e9las depuis de nombreuses ann\u00e9es, les arbres ont pouss\u00e9 de part et d&rsquo;autre de la route, limitant les points de vue et donnant parfois l&rsquo;impression de traverser un massif forestier ordinaire. Plusieurs autres itin\u00e9raires de cr\u00eate me paraissent aujourd&rsquo;hui m\u00e9riter plus l&rsquo;appellation de \u00ab\u00a0Corniche\u00a0\u00bb, comme la route qui relie la Croix de Berthel \u00e0 la Vernar\u00e8de, de tr\u00e8s grande classe. Mais c&rsquo;est une autre affaire, qui sera peut-\u00eatre cont\u00e9e un jour.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la Corniche reste un itin\u00e9raire fabuleux et passionnant, particuli\u00e8rement si l&rsquo;on s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 son histoire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Avant l&rsquo;homme : un itin\u00e9raire de migration saisonni\u00e8re pour les animaux sauvages&#8230;<\/h2>\n\n\n\n<p>On a des raisons de penser que cet itin\u00e9raire est tr\u00e8s ancien. Certains sp\u00e9cialistes estiment que la Corniche, comme d&rsquo;autres cr\u00eates c\u00e9venoles faciles \u00e0 parcourir (car relativement horizontales et accessibles, contrairement aux fonds de vall\u00e9es) aurait \u00e9t\u00e9 parcourue par des hordes d&rsquo;animaux sauvages en \u00ab\u00a0migrations saisonni\u00e8res\u00a0\u00bb (anc\u00eatres naturels de la transhumance), apr\u00e8s la fin de la derni\u00e8re glaciation, lorsque le climat s&rsquo;est progressivement r\u00e9chauff\u00e9, chassant les b\u00eates des plaines vers les sommets en p\u00e9riode estivale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">&#8230; qui devient un itin\u00e9raire de transhumance avec les premiers pasteurs<\/h2>\n\n\n\n<p>Le passage r\u00e9gulier d&rsquo;hommes sur la cr\u00eate s&rsquo;est probablement mis en place progressivement, d\u00e8s avant le peuplement permanent des vall\u00e9es c\u00e9venoles par l&rsquo;homme (qui survint probablement vers 3000 avant JC). Les ovins domestiqu\u00e9s arrivent dans la plaine du Languedoc vers -6000. Les itin\u00e9raires de migration saisonni\u00e8re des troupeaux sauvages, si on admet leur existence,&nbsp;auront naturellement \u00e9t\u00e9 r\u00e9employ\u00e9s par les pasteurs pour faire transhumer leurs b\u00eates depuis les plaines du Languedoc jusqu&rsquo;aux hauteurs du sud du massif central, donnant ainsi naissance aux drailles. Sur la Corniche se serait donc mise en place \u00e0 cette p\u00e9riode l&rsquo;une des branches de la <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?p=2594\">draille de Margeride<\/a>,&nbsp; qui empruntait grosso-modo l&rsquo;itin\u00e9raire de la route actuelle entre Saint Jean du Gard et le col Saint Pierre, puis se ramifiait : une branche partait vers Saint Etienne Vall\u00e9e Fran\u00e7aise (et servait autrefois de route d&rsquo;acc\u00e8s au village), l&rsquo;autre partait vers la can de l&rsquo;Hospitalet et se confond aujourd&rsquo;hui compl\u00e8tement avec la route. C&rsquo;est celle qui nous int\u00e9resse ici.<br>Les traces humaines de cette \u00e9poque sont extr\u00eamement rares, pour ainsi dire limit\u00e9es \u00e0 quelques pierres taill\u00e9es trouv\u00e9es \u00e7a et l\u00e0 (essentiellement sur la can de l&rsquo;Hospitalet), et \u00e0 un unique <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?p=2232\">dolmen sur le Puech vendut.<\/a><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1900\/0101_illustrations_canhospitalet\/19000101_illustrations_canhospitalet_corniche_des_cevennes_carte_2.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption>Partie ouest<\/figcaption><\/figure>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1900\/0101_illustrations_canhospitalet\/19000101_illustrations_canhospitalet_corniche_des_cevennes_carte_1.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption>Partie est<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le chemin muletier<\/h2>\n\n\n\n<p>La cr\u00eate a probablement \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t utilis\u00e9e \u00e0 d&rsquo;autres fonctions que la seule transhumance, pour le transit de mat\u00e9riaux et d&rsquo;humains. Des tron\u00e7ons sont am\u00e9nag\u00e9s pour \u00eatre \u00ab\u00a0carrossables\u00a0\u00bb aux mules. C&rsquo;est le <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?p=2596\">chemin muletier Anduze &#8211; Col du Rey<\/a>, qui est probablement tr\u00e8s ancien, et dont la corniche garde encore quelques ultimes (et hypoth\u00e9tiques) traces, malgr\u00e9 la mauvaise volont\u00e9 de la DDE.<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs \u00e9l\u00e9ments de toponymie locale attestent de la pr\u00e9sence des hommes sur la cr\u00eate \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge du fer. Au lieu dit \u00ab\u00a0Le lac\u00a0\u00bb, proche du col Saint Pierre, pas de lac en vue, bien \u00e9videmment, puisque l&rsquo;on se trouve quasiment au sommet de la cr\u00eate. Ce nom viendrait de \u00ab\u00a0lake\u00a0\u00bb, mot d&rsquo;origine celte, qui pourrait avoir transit\u00e9 par le pi\u00e9montais ou le grec, et qui signifie \u00ab\u00a0pierre plant\u00e9e\u00a0\u00bb, ou \u00ab\u00a0dalle de pierre\u00a0\u00bb (on retrouve cette racine dans d&rsquo;autres noms de lieux des environs, comme \u00e0 Th\u00e9m\u00e9lac, et le mot lecque d\u00e9signe toujours en patois une dalle de pierre, et en particulier celle qui servait \u00e0 faire un pi\u00e8ge pour les oiseaux). La cr\u00eate \u00e9tait&nbsp; donc sans aucun doute d\u00e9j\u00e0 occup\u00e9e au d\u00e9but de notre \u00e8re. (<a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?page_id=2627\">cec<\/a>, n\u00b04, 1957, p. 76).<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1900\/0101_illustrations_canhospitalet\/19000101_illustrations_canhospitalet_chemin_muletier_corniche_cevennes.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption> Le \u00ab\u00a0chemin muletier\u00a0\u00bb de la corniche des C\u00e9vennes, avant qu&rsquo;il ne soit trop abim\u00e9 par la DDE (Photo publi\u00e9e dans la revue Causse et c\u00e9vennes n\u00b04 de 1957, p. 67 <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">III\u00e8 si\u00e8cle avant JC : La route des Gabales<\/h2>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 d&rsquo;autres r\u00e9gions de la future France, qui ont r\u00e9sist\u00e9 aussi longtemps que possible, le Languedoc et les C\u00e9vennes ont \u00e9tabli tr\u00e8s t\u00f4t des liens commerciaux et culturels avec Rome. D\u00e8s le III\u00e8me si\u00e8cle avant JC, parall\u00e8lement \u00e0 la piste muleti\u00e8re, a exist\u00e9 sur la corniche une voie de communication charreti\u00e8re qui unissait N\u00eemes, capitale de la tribu des Volques ar\u00e9comiques, \u00e0 Anderitum (devenue Javols), capitale des Gabales. On a appel\u00e9 cette voie la <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?p=1633\">route des Gabales<\/a>. Elle circulait la plupart du temps proche du fa\u00eete de l&rsquo;ar\u00eate, et se rapprochait parfois de la piste muleti\u00e8re. Sur un bombement schisteux visible de l&rsquo;actuelle route entre les cols Saint Pierre et de l&rsquo;Exil, tout proche de l&rsquo;actuel ultime reste de la piste muleti\u00e8re, des traces de roues \u00e9taient autrefois visibles au sol. Elles ont disparu dans la folie des am\u00e9nagements routiers de 1976. Tout au long de l&rsquo;itin\u00e9raire il est encore possible de trouver des traces de vie de cette \u00e9poque (comme le <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?p=707\">Cap barr\u00e9 du Causset<\/a>, sur la can de l&rsquo;Hospitalet)&#8230; et surtout des traces de mort, comme les tombes \u00e0 coffre situ\u00e9es pr\u00e8s du col Saint Pierre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">III\u00e8me si\u00e8cle apr\u00e8s JC : l&rsquo;itin\u00e9raire gallo-romain<\/h2>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e8re chr\u00e9tienne, de nombreux \u00e9tablissements gallo-romains sont install\u00e9s un peu partout a proximit\u00e9 de la corniche. Sur la can de l&rsquo;Hospitalet, dans la vall\u00e9e du Tarnon, dans les vall\u00e9es c\u00e9venoles. Un important trafic de denr\u00e9es circule sur la corniche. Pourtant,&nbsp;\u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e9poque romaine, cet itin\u00e9raire f\u00fbt progressivement abandonn\u00e9. Sans doute le d\u00e9clin des tribus gauloises et d&rsquo;Anderitum (Javols) fit diminuer le trafic qui bient\u00f4t ne justifia plus les co\u00fbts tr\u00e8s importants que devait n\u00e9cessiter l&rsquo;entretien de certaines sections r\u00e9put\u00e9es tr\u00e8s fragiles (le schiste de la corniche est tr\u00e8s sensible \u00e0 l&rsquo;\u00e9rosion par l&rsquo;eau, et avant l&rsquo;apparition du b\u00e9ton et du bitume il devait \u00eatre tr\u00e8s fr\u00e9quemment refait, comme le disent les t\u00e9moignages du XVIII\u00e8me si\u00e8cle).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Durant le moyen-\u00e2ge : oubli puis route de croisades<\/h2>\n\n\n\n<p>Il est difficile de savoir ce qu&rsquo;il advient de l&rsquo;itin\u00e9raire pendant le haut moyen-\u00e2ge. En cette p\u00e9riode troubl\u00e9e surviennent des invasions diverses. Vers le VI\u00e8 si\u00e8cle, la cr\u00eate mat\u00e9rialise quasiment la s\u00e9paration entre une zone occup\u00e9e par les wisigoths, au sud (qui deviendra la Septimanie) et une zone occup\u00e9e par les francs, au nord (qui se rattachera au futur G\u00e9vaudan). La route a-t-elle totalement disparu ? A t-elle continu\u00e9 \u00e0 exister physiquement tout en ne conservant qu&rsquo;une utilit\u00e9 locale ? A-t-elle momentan\u00e9ment retrouv\u00e9 sa fonction premi\u00e8re de draille ? Il ne subsiste quasiment aucune information de cette p\u00e9riode la concernant.<\/p>\n\n\n\n<p>A partir de l&rsquo;an 1000, par contre, on en sait un peu plus.&nbsp;Un itin\u00e9raire se met en place entre <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?p=1628\">Aubrac et Saint Gilles<\/a>, sur le Petit Rh\u00f4ne, pour amener les crois\u00e9s, et plus tard des p\u00e8lerins,&nbsp;au port puis en Terre-Sainte. En provenance du Causse M\u00e9jean et de Salgas, il&nbsp;montait au&nbsp;Col de Solp\u00e9ri\u00e8re&nbsp;et suivait l&rsquo;ancien&nbsp;la draille jusqu&rsquo;\u00e0&nbsp;Saint Jean du Gard. La circulation reprend, sans doute au gr\u00e9 des moments forts des diff\u00e9rents croisades. La route a d\u00fb \u00eatre r\u00e9am\u00e9nag\u00e9e, modernis\u00e9e. Des \u00e9tablissements d&rsquo;accueil se mettent en place, comme \u00e0 l&rsquo;Hospitalet,&nbsp; hameau situ\u00e9 sur la can du m\u00eame nom ou les p\u00e8lerins trouvaient de&nbsp;quoi se loger et se nourrir. On y veillait aussi \u00e0 leurs \u00e2mes (<a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?p=682\">chapelle de la Fage Obscure<\/a>). C&rsquo;est de cette p\u00e9riode \u00e9galement que date le ch\u00e2teau de <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?p=649\">Terre-Rouge<\/a>, dont certains auteurs attribuent la construction et la gestion aux templiers&#8230;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">XIII\u00e8me si\u00e8cle : La route royale N\u00eemes &#8211; Saint Flour<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans la seconde partie du moyen-\u00e2ge, les croisades se terminent. La circulation \u00e0 destination de la Terre Sainte doit probablement consid\u00e9rablement diminuer. L&rsquo;itin\u00e9raire de la corniche reste pourtant tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9. Il y transite un intense trafic commercial entre le sud du massif central et les plaines du Languedoc.&nbsp;Huiles, vin, eau-de-vie,&nbsp;sel, poisson s\u00e9ch\u00e9&nbsp;montent du Languedoc vers l&rsquo;Auvergne. En \u00e9change, le Languedoc re\u00e7oit du massif central fer, chanvre, toiles, grain, fromage&#8230; Le G\u00e9vaudan exporte des b\u00eates \u00e0 cornes, chevaux, mulets, moutons&#8230; vers le midi. L&rsquo;itin\u00e9raire sert \u00e9galement \u00e0 exporter la soie des C\u00e9vennes.<\/p>\n\n\n\n<p>T\u00e9moignage insolite de la relative richesse de l&rsquo;\u00e9poque : un petit \u00ab\u00a0tr\u00e9sor\u00a0\u00bb datant probablement du XIII\u00e8me si\u00e8cle&nbsp;a \u00e9t\u00e9&nbsp;d\u00e9couvert dans la petite&nbsp;grotte de <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?p=690\">Baumole\u00efro<\/a>,&nbsp;situ\u00e9e \u00e0 quelques dizaines de m\u00e8tres de l&rsquo;itin\u00e9raire.<\/p>\n\n\n\n<p>Au XIII\u00e8me si\u00e8cle, l&rsquo;itin\u00e9raire s&rsquo;int\u00e8gre \u00e0 la \u00ab\u00a0route royale N\u00eemes &#8211; Saint Flour\u00a0\u00bb. Quelques vestiges de ce \u00ab\u00a0chemin royal\u00a0\u00bb sont encore visibles, par exemple pr\u00e8s du col Saint Pierre, sur le roc dominant l&#8217;embranchement de la draille de Saint Etienne Vall\u00e9e Fran\u00e7aise, ou une section d&rsquo;une centaine de m\u00e8tres de longs peut s&rsquo;observer, avec ses orni\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque que le prieur\u00e9 b\u00e9n\u00e9dictin de Saint Pierre du pas de Dieu est cr\u00e9\u00e9 au col Saint Pierre. Des ruines \u00e9taient encore apparentes au XVII\u00e8me si\u00e8cle, d&rsquo;apr\u00e8s le compoix de Saint Jean du Gard de 1644, mais on n&rsquo;en trouve plus aucune trace aujourd&rsquo;hui (<a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?page_id=2627\">cec<\/a> 1969 n\u00b04, p. 398)<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques si\u00e8cles plus tard, l&rsquo;itin\u00e9raire tombe \u00e0 nouveau en d\u00e9su\u00e9tude. Il n&rsquo;est plus correctement entretenu et se d\u00e9grade \u00e0 nouveau, mis \u00e0 part sur la section la plus septentrionale : en 1631, le compoix de la communaut\u00e9 du Rey pr\u00e9cise que le hameau est travers\u00e9 par un chemin \u00ab\u00a0ferrat\u00a0\u00bb (pav\u00e9) menant du Rey \u00e0 Florac (il ne passe pas encore par l&rsquo;itin\u00e9raire de la route actuelle, mais par le <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?p=1710\">col de vache<\/a> et le hameau de Tardonnenche).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">XVII\u00e8me si\u00e8cle : un chemin royal pour lutter contre les camisards<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans le dernier quart du XVII\u00e8me, pendant les troubles religieux qui \u00e9branlent les C\u00e9vennes, l&rsquo;intendant Basville fait \u00e9largir ou tracer 22 voies de circulation au coeur des C\u00e9vennes, cens\u00e9es faciliter le contr\u00f4le de la r\u00e9gion et la lutte contre les protestants des C\u00e9vennes. La corniche en fait partie : des chantiers sont ouverts d\u00e8s 1695. En 1702 sous la responsabilit\u00e9 de Pagezy et de la Rouvi\u00e8re les travaux sont achev\u00e9s entre Saint-Pierre et Saint-Roman de Tousque. La corniche est maintenant un \u00ab\u00a0chemin royal\u00a0\u00bb de 15 pieds de large (4m80), d\u00e9crit par Basville comme \u00ab\u00a0assez large pour y faire circuler du canon et porter des bombes en cas de besoin\u00a0\u00bb. Les camisards n&rsquo;ont qu&rsquo;\u00e0 bien se tenir !<\/p>\n\n\n\n<p>Les noms de plusieurs lieux-dits de la corniche sont d&rsquo;ailleurs aujourd&rsquo;hui (librement) interpr\u00e9t\u00e9s comme des t\u00e9moignages de la guerre des camisards. Le col de l&rsquo;exil devrait ainsi son nom au dernier regard que les proscrits et les prisonniers portaient sur le pays avant de le quitter, souvent de mani\u00e8re d\u00e9finitive. Sur la can de l&rsquo;Hospitalet, le <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?p=1816\">col du Rey<\/a> aurait \u00e9t\u00e9 le si\u00e8ge d&rsquo;un affrontement entre soldats du roi et camisards (<a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?page_id=2627\">pet<\/a>, p. 63).<\/p>\n\n\n\n<p>A partir de 1793, le d\u00e9veloppement des \u00e9changes entre l&rsquo;Auvergne, le G\u00e9vaudan et le bas-Languedoc encouragea les autorit\u00e9s \u00e0&nbsp;cr\u00e9er un service postal&nbsp;permanent :&nbsp; le \u00ab\u00a0service de la poste aux chevaux\u00a0\u00bb, avec relais \u00e0 Florac, Nozi\u00e8re, Le Rey, le Pompidou, Saint-Roman-de-Tousque, Saint Jean du Gard. Le relai du Pompidou, \u00e0 lui seul, poss\u00e8de de 10 \u00e0 20 chevaux selon les \u00e9poques, ce qui t\u00e9moigne d&rsquo;une activit\u00e9 importante. (d&rsquo;apr\u00e8s <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?page_id=2627\">popo<\/a>)<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 ces grands travaux, la route est fragile : coup\u00e9e par les camisards, les parapets d\u00e9truits, elle se d\u00e9t\u00e9riore rapidement. Il semble tout de m\u00eame que dans les heures les plus chaudes de la guerre des camisards, personne, civils ou militaires, n&rsquo;ose l&#8217;emprunter (<a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?page_id=2627\">hvc<\/a>, p. 147) !En 1713 plusieurs mulets tombent dans les ravins, aussi en 1717 les \u00c9tats du G\u00e9vaudan discutent de la remise en \u00e9tat du chemin entre Saint-Pierre et le Pompidou. Dans la travers\u00e9e de la can par contre on se limite \u00e0 la pose de <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?p=1636\">Montjoies <\/a>en 1696.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant ce temps, en 1716, apr\u00e8s les troubles, l&rsquo;intendant Basville souhaite continuer sur sa lanc\u00e9e d&rsquo;am\u00e9nageur et faire ouvrir une route directe entre le Languedoc et l&rsquo;Auvergne. Il demande \u00e0 l&rsquo;ing\u00e9nieur Cruvier une \u00e9tude compar\u00e9e des trac\u00e9s d&rsquo;Al\u00e8s \u00e0 Saint Ch\u00e9ly d&rsquo;Apcher, soit par Villefort, soit par Saint Jean du Gard, Florac et Mende (reprenant ainsi le tron\u00e7on d\u00e9j\u00e0 am\u00e9nag\u00e9). C&rsquo;est le trac\u00e9 par Villefort qui est choisi (il sera abandonn\u00e9 4 ans plus tard au profit d&rsquo;un itin\u00e9raire par le Puy suite \u00e0 des pressions des marchands du Velay). L&rsquo;heure d&rsquo;un grand itin\u00e9raire interr\u00e9gional moderne sur la corniche n&rsquo;est pas encore venu. Mais \u00e0 partir de 1720 l&rsquo;itin\u00e9raire est parfaitement \u00ab\u00a0roulant\u00a0\u00bb et s&rsquo;ouvre au trafic intense des muletiers et des charrois qui remontent vin et sel du Languedoc et descendent les \u00e9toffes de serges et cadis du haut-G\u00e9vaudan.<\/p>\n\n\n\n<p>Un ensemble de travaux d&rsquo;am\u00e9lioration est entam\u00e9 : d\u00e8s 1731 aux alentours de <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?p=649\">Terre Rouge<\/a> et sur la portion Le Pompidou &#8211; col Saint Pierre, en 1757 on am\u00e9liore la mont\u00e9e entre le Pompidou et la can,<\/p>\n\n\n\n<p>1745. Afin de guider les voyageurs les jours de brouillard ou de tourmente, les \u00e9tats du G\u00e9vaudan font dresser les \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?p=1636\">Montjoies<\/a>\u00a0\u00bb qui bordent la route traversant la can de l&rsquo;Hospitalet (remarque : cette date est incompatible avec celle de 1696 cit\u00e9e ci-dessus).1745 &#8211; 1788 : du mas du Rey \u00e0 Florac on met en place un trac\u00e9 en grande partie nouveau en raison du danger que pr\u00e9sente la descente de Font des Vaches, entre le col de vache et le hameau de Tardonnenche. D\u00e9sormais par Nozi\u00e8res et Saint-Laurent de Tr\u00e8ves on rejoint le Tarnon au pont du Mazel. Ensuite longeant le rebord du causse le long de la vall\u00e9e on parvient \u00e0 Florac. Les chantiers se d\u00e9veloppent \u00e0 partir de 1745. D&rsquo;abord par la r\u00e9fection du pont du Mazel. Ensuite avec l&rsquo;am\u00e9nagement de la rampe de Saint-Laurent de Tr\u00e8ves. Les travaux commenc\u00e9s vers 1750 ne sont pas termin\u00e9s en 1788 car on doit faire face \u00e0 des glissements d&rsquo;argile.<br>En 1768, l&rsquo;itin\u00e9raire qui monte au col Saint Pierre par l&rsquo;Af\u00e9nadou est abandonn\u00e9 au profit d&rsquo;un nouveau tron\u00e7on&nbsp; par la Banni\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Vers 1771 on travaille de part et d&rsquo;autre du col de l&rsquo;exil. A noter que la famille de Bernis d\u00e9tentrice du ch\u00e2teau de Salgas a profit\u00e9 de la mise en place de la route pour d\u00e9senclaver sa r\u00e9sidence. En 1771 c&rsquo;est chose faite avec un chemin carrossable entre le col de Solp\u00e9ri\u00e8re et Salgas, la <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?p=1630\">cardinale<\/a>. Le&nbsp; plus court chemin pour aller de V\u00e9bron \u00e0 Florac avec des chariots passe donc par le sommet de la can !<\/p>\n\n\n\n<p>En 1774 on signale un chantier entre Saint Roman et le Castanier.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1787 c&rsquo;est un constat d&rsquo;\u00e9chec que pr\u00e9sente le syndic des \u00e9tats du G\u00e9vaudan. Le responsable est l&rsquo;ing\u00e9nieur Boissonnade qui a sous-estim\u00e9 la friabilit\u00e9 des schistes face aux attaques de la neige et de la pluie. De plus le mauvais \u00e9tat de la route d\u00e9courage les candidats \u00e0 l&rsquo;adjudication. Pourtant il faut terminer \u00e0 n&rsquo;importe quel prix l&rsquo;am\u00e9nagement car d&rsquo;ici quelques ann\u00e9es on va subir la concurrence de la route d&rsquo;Auvergne \u00e0 Montpellier par Marvejols. Dans l&rsquo;\u00e9tat actuel des choses en 1789 la chauss\u00e9e est incapable de r\u00e9sister au passage journalier des rouliers.<\/p>\n\n\n\n<p>1788 &#8211; 1789 : les \u00e9tats du G\u00e9vaudan investissent des cr\u00e9dits massifs sur la corniche.<\/p>\n\n\n\n<p>1788 : des montjoies sont plac\u00e9s sur le causse (encore ? Il n&rsquo;y en a pourtant pas tant que \u00e7a !)Le 16 D\u00e9cembre 1811, sous le premier empire, un d\u00e9cret imp\u00e9rial fait la distinction entre routes imp\u00e9riales et routes d\u00e9partementales. Il d\u00e9finit le classement de 229 routes imp\u00e9riales et de 1.169 routes d\u00e9partementales. Il fixe par Le Pompidou le passage de la route imp\u00e9riale n\u00b0 127 de Nismes \u00e0 St-Flour. Une telle d\u00e9cision \u00e9tait logique, aucune autre liaison valable n&rsquo;existait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque entre les deux localit\u00e9s de Saint-Jean-du-Gard et Florac. La corniche est renforc\u00e9e dans son r\u00f4le de grande circulation, alors que son \u00e9tat et sa roulabilit\u00e9 ne sont pas au niveau du trafic qui y transite. En 1813, le pr\u00e9fet de Loz\u00e8re Mr Gamot emprunte l&rsquo;itin\u00e9raire et est constern\u00e9 par l&rsquo;\u00e9tat du tron\u00e7on qui relie le Pompidou \u00e0 la c\u00f4te Saint Jean. Il comprend facilement pourquoi : ce satan\u00e9 schiste est toujours aussi friable, et les trous de la route sont r\u00e9par\u00e9s en y jetant sommairement des morceaux de cette roche fragile ! Il sugg\u00e8re d&rsquo;utiliser plut\u00f4t le quartz, dont on trouve ici et l\u00e0 des bans dispers\u00e9s dans le schiste.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1836 &#8211; 1872 : la route imp\u00e9riale, puis la N 107 : l&rsquo;apog\u00e9e<\/h2>\n\n\n\n<p>L&rsquo;itin\u00e9raire est parsem\u00e9 de relais de toutes sortes pour faciliter les trajets.<\/p>\n\n\n\n<p>Rien que sur la mont\u00e9e de la can versant Tarnon, existaient plusieurs relais de poste et caravans\u00e9rails : La baraque (actuelle Carl\u00e8ques ?), Saint Laurent de Tr\u00e8ves (relais de poste), Nozi\u00e8re, le col du Rey&#8230; Il semblerait que sur le plateau m\u00eame de la can il n&rsquo;en existe qu&rsquo;un : l&rsquo;Hospitalet. Les voyageurs pr\u00e9f\u00e9raient sans doute passer cet obstacle jug\u00e9 dangereux (surtout en hiver) dans la journ\u00e9e, et dormir plus bas.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1836 est cr\u00e9\u00e9 au Pompidou un relais de postes \u00e0 chevaux qui pr\u00eate des chevaux de renfort aux malles-postes et aux voyageurs. Mais la poste \u00e0 chevaux, tu\u00e9e par la voie ferr\u00e9e, sera supprim\u00e9e sur la nationale 107 en 1872. D&rsquo;autres \u00e9tablissement s&rsquo;\u00e9gr\u00e8nent sur la portion schisteuse de la corniche, souvent encore visibles aujourd&rsquo;hui : Malataverne, le Castanier, la Baraque du coucou, Saint Roman, le Bec de Jeu, les Vernets, le Lac. Ces lieux sont s\u00e9par\u00e9s par quelques kilom\u00e8tres au maximum. Il y avait donc de quoi se reposer !<\/p>\n\n\n\n<p>La c\u00f4te Saint Pierre (qui relie Saint Jean au col Saint Pierre) est ouverte \u00e0 cette \u00e9poque, au d\u00e9triment de l&rsquo;ancien chemin qui escaladait la cr\u00eate de l&rsquo;Affenadou depuis le pied de c\u00f4te. A deux kilom\u00e8tres du col est construit un relais pour les diligences au lieu-dit la Baraquette. Il sera d\u00e9truit au moment de l&rsquo;\u00e9largissement de la route.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1884 &#8211; 1930 : l&rsquo;abandon<\/h2>\n\n\n\n<p>A partir du d\u00e9but du XIX\u00e8me si\u00e8cle, de plus en plus d&rsquo;usagers se plaignent du mauvais \u00e9tat de la route. Laurent Parlier, ch\u00e2telain au Pompidou, argumente pour la r\u00e9habilitation de plusieurs tron\u00e7ons, en particulier celui qui monte du Pompidou \u00e0 la can. Il propose \u00e9galement la mise en place, sur toute la longueur de la can, de Montjoies (poteaux de pierres) pour guider les voyageurs en cas de brouillard et de Tourmentes.<\/p>\n\n\n\n<p>Au milieu du XIX\u00e8me si\u00e8cle, sous la monarchie de juillet (1830 &#8211; 1848), et suite au nombre de plaintes croissantes qui fusent de toute part, l&rsquo;administration entreprend de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l&rsquo;am\u00e9lioration de la circulation entre Florac et Saint Jean. Trois alternatives sont \u00e9tudi\u00e9es pour la nouvelle nationale 107 :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Soit am\u00e9liorer l&rsquo;itin\u00e9raire de la 107 existante<\/li><li>Soit en cr\u00e9er un nouveau par la vall\u00e9e de la Mimente, Fontmorte, Saint Martin de Lansuscle, Saint Etienne Vall\u00e9e Fran\u00e7aise<\/li><li>Soit en cr\u00e9er un nouveau par la vall\u00e9e du Tarnon, le col du Marqua\u00efres et la vall\u00e9e Borgne<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Durant 6 ann\u00e9es, la discussion va faire rage entre les d\u00e9fendeurs de l&rsquo;une ou l&rsquo;autre de ces alternatives. Chaque commune souhaite \u00e9videmment voir midi \u00e0 sa porte et s&#8217;empresser de trouver des argumentaires souvent tordus pour discr\u00e9diter le voisin et r\u00e9hausser l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour le pays tout entier de faire passer la route chez lui. Un <a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?page_id=2627\">excellent article de la revue Causse et C\u00e9vennes n\u00b04 de 1970<\/a> raconte cet \u00e9pisode dans le d\u00e9tail.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est finalement l&rsquo;itin\u00e9raire passant par les vall\u00e9es du Tarnon et de la vall\u00e9e Borgne qui est choisi, ce qui para\u00eet aujourd&rsquo;hui \u00e9trange, vu le nombre incalculable de petits virages serr\u00e9s \u00e0 la mode c\u00e9venole qu&rsquo;on y rencontre. 40 ann\u00e9es seront d&rsquo;ailleurs n\u00e9cessaires pour construire la route, qui ne sera ouverte \u00e0 la circulation que le 1er juillet 1884, (le tunnel du Marqua\u00efres sera achev\u00e9 en 1873) ce qui t\u00e9moigne de la difficult\u00e9 de l&rsquo;op\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;itin\u00e9raire de la corniche est donc d\u00e9class\u00e9, et quasi abandonn\u00e9 \u00e0 partir de 1884. En 1918 la route existe toujours mais elle est dans un \u00e9tat d\u00e9plorable.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">XX\u00e8me si\u00e8cle : La bataille pour le renouveau, la route touristique<\/h2>\n\n\n\n<p>Pourtant, sous la pression de nombreux riverains et amoureux de la corniche, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour cet itin\u00e9raire rena\u00eet. Pierre D\u00e9voluy, romancier qui situe plusieurs \u00e9pisodes de sa trilogie \u00ab\u00a0La C\u00e9venne embras\u00e9e\u00a0\u00bb (1922 &#8211; 1931) en vall\u00e9e fran\u00e7aise, milite ardemment pour la r\u00e9ouverture de la \u00ab\u00a0Corniche d&rsquo;Am\u00e9thyste\u00a0\u00bb, nom qui est depuis tomb\u00e9 aux oubliettes. L&rsquo;expression \u00ab\u00a0Corniche des C\u00e9vennes\u00a0\u00bb semble avoir \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e pour la premi\u00e8re fois par le naturaliste n\u00eemois Paul Marcellin, en 1925, dans un compte-rendu d&rsquo;excursion (<a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?page_id=2627\">cec<\/a> n\u00b04, 1925).<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1900\/0101_illustrations_canhospitalet\/19000101_illustrations_canhospitalet_corniche_des_cevennes_au_dessus_du_pompidou.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>En septembre 1927, le club c\u00e9venol \u00e9met un v\u0153u pour la remise en \u00e9tat de viabilit\u00e9 de la route lors de son congr\u00e8s de Saint-Andr\u00e9-de-Valborgne.<\/p>\n\n\n\n<p>La route est finalement r\u00e9ouverte \u00e0 la grande circulation le 17 ao\u00fbt 1930, sous le nom de \u00ab\u00a0Corniche des C\u00e9vennes\u00a0\u00bb. (<a href=\"https:\/\/www.reveeveille.net\/candelhospitalet\/?page_id=2627\">lpj<\/a>, p. 386), mais les travaux d&rsquo;am\u00e9lioration continuent jusqu&rsquo;\u00e0 apr\u00e8s la guerre : la c\u00f4te Saint Pierre est \u00e9largie et modernis\u00e9e en 1950. En 1960 la corniche est goudronn\u00e9e sur toute sa longueur.<\/p>\n\n\n\n<p>La corniche est \u00e0 nouveau l&rsquo;un des fils qui relie les hauts pays aux plaines, et durant la saison touristique il y circule des cohortes de voitures et de motos que l&rsquo;on entend r\u00e9sonner longuement dans les versants escarp\u00e9s des C\u00e9vennes.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui, nombre d&rsquo;entre nous qui vivent dans le pays de Florac seraient bien emmerd\u00e9s si cette route n&rsquo;existait pas : elle constitue l&rsquo;un des traits d&rsquo;union principaux (et sans doute le plus \u00ab\u00a0roulant\u00a0\u00bb tant que la N 106 Florac &#8211; Al\u00e8s n&rsquo;aura pas \u00e9t\u00e9 \u00e9largie sur la totalit\u00e9 de sa longueur, ce que je n&rsquo;attends pas avec impatience car ce sera une d\u00e9figuration de plus), pour relier le sud Loz\u00e8re \u00e0 la \u00ab\u00a0plaine\u00a0\u00bb, celle dans laquelle il faut bien se rendre de temps en temps, m\u00eame si on n&rsquo;en a pas toujours envie.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1900\/0101_illustrations_canhospitalet\/19000101_illustrations_canhospitalet_corniche_des_cevennes_enneigee.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption> Vue ancienne de la corniche des C\u00e9vennes enneig\u00e9e <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.reveeveille.net\/photos\/1900\/0101_illustrations_canhospitalet\/19000101_illustrations_canhospitalet_corniche_des_cevennes_descente_le_pompidou.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption> Descente vers le Pompidou par la corniche des C\u00e9vennes <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Corniche des C\u00e9vennes est vendue comme l&rsquo;un des attraits touristiques des C\u00e9vennes. 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