Le cap barré du Causset

La pointe sud du lieu-dit « Le Causset » est extrêmement effilée. Deux falaises d’une dizaine de mètres de haut enserrent une bande de terrain qui va en se rétrécissant. Comme en de nombreux points des bordures des grands causses, ce site naturellement bien protégé des agressions a été utilisé pour établir un camp retranché, que l’on nomme « cap barré« . Les deux falaises assurant la sécurité vers le sud, l’est et l’ouest, une muraille a été élevée au nord pour clore l’ensemble.

Bien visible dans le paysage et du ciel, elle est cependant très dégradée aujourd’hui. Pour le passant inattentif (comme je l’ai été moi-même pendant des années), elle ressemble à un immense clapas qui court d’une falaise à l’autre, sur environ 200 mètres de longueur pour 5 à 6 mètres de largeur et 1 à 2 mètres de hauteur.

La muraille d’origine n’avait évidemment pas cet aspect là. Elle était construite en double double parement, dont on peut encore apercevoir certaines sections, et mesurait environ 2 mètres de largeur. Sa hauteur d’origine est plus difficile à estimer, sans doute entre 3 et 4 mètres. Une observation attentive permet d’y voir les restes d’une amorce d’escalier, ainsi que des portions de parements perpendiculaires à la muraille, ce qui semble signifier la présence d’une porte. Camille Hughes a estimé que cette muraille datait de l’âge du fer, probablement vers -500.

En deux endroits, la muraille est « creusée » d’une sorte de cratère de quelques mètres de larges, au fond duquel des arbres ont poussé. Ces formes sont-elles d’époque, ou ont elles été ménagées plus tard, par exemple par des chasseurs pour se constituer un affût ?

Une excavation circulaire dans le mur

Classiquement, les habitats des caps barrés étaient adossés à la muraille pour limiter d’autant le travail de construction. Actuellement, aucun vestige humain n’est visible sur le site. Peut-être les éboulements de la muraille ont-ils partiellement recouvert des habitats ?

Côté falaise, au sud, tout près de la pointe, une échancrure de la falaise laisse place à un petit sentier caladé (le « passage du renard ») qui permet de relier le cap barré à la vallée de Bassurels. Etait-il fortifié à l’époque du cap-barré ?

Le cap barré du Causset était sans doute un refuge temporaire. Son établissement a probablement été facilité par la présence à proximité de la source des Crottes. A noter également la présence, à quelques centaines de mètres, de la grotte des fées, qui a servi de sépulture à la même époque, et qui pourrait donc faire partie d’un même ensemble.

Le « passage du renard », entre les falaises du Causset

Détail du caladage du passage du renard

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