Rêve éveillé Si vous voulez m'aider, achetez mon livre :
"Sacré mont Blanc"
Chez
Marc Lemonnier
La can de l'Hospitalet
Recherche sur le siteNouveau sur le site
Skip Navigation Links
Accueil
Nouveau
Territoire
Histoire
Lieux-dits
Routes
GrottesExpand Grottes
Vestiges
Mystères
SourcesExpand Sources
L'aven de Montgros sous la neige.
Le second puit de l'aven de Montgros en cours de (ré)ouverture en 2004
Un frène a poussé dans le fonds de l'aven de Montgros, il peine à dépasser la surface !
Vue générale de l'aven de Montgros, au milieu des magnifiques prairies qui bordent la route.
Un frène s'est confortablement installé dans la doline de l'aven de Montgros
Penchés au dessus de l'abime
Le couloir horizontal qui relie les deux puits de l'aven de Montgros
Le linteau de béton au sommet du puit sud de l'aven de Montgros
On se prépare à descendre dans le puit principal
Descente dans le second puit de l'aven de Montgros
Une magnifique veine de chaille au fond de l'aven de Montgros
La dernière galerie de l'aven de Montgros
Ultime flaque au fond de l'aven de Montgros

L'aven de Montgros

L'aven de Montgros est un personnage majeur de la can de l'Hospitalet.

Pour le découvrir, il faut s'aventurer au fond d'une belle doline à la forme complexe, nichée au milieu de cette magnifique prairie qui s'étend à l'est de la route, un kilomètre et demi au sud du hameau de l'Hospitalet . La doline en question est discrète : seuls quelques épineux poussant à sa périphérie trahissent sa présence au promeneur attentif. Il faut marcher jusqu'à son rebord pour découvrir ce petit endroit intime et chaleureux. Il est facile d'y descendre par des belles pentes herbeuses, et l'on s'y sent protégé lorsque le vent souffle sur la can. Les jours de forte pluie, les eaux qui se mettent à couler en rivières temporaires à la surface de la can y convergent et disparaissent dans une ouverture sombre, justifiant l'appellation de "ponor" (perte) que lui donnent les spécialistes.

L'aven proprement dit, étroit et profond, s'ouvre au nord de la doline dans une zone au relief plus perturbé, inquiétante. Il  s'autorise pourtant un trait d'humour : il laisse émerger de la gueule sombre un frêne au port élancé qui semble s'y plaire.

La formation de l'aven raconte une histoire pleine de rebondissements. A en croire les traces écrites, il serait même né plusieurs fois.

Un premier témoignage atteste que l'aven s'est ouvert en 1875 à la suite d'une crue énorme qui aurait fait céder le fonds d’une lavogne (sorte de mare artificielle destinée à accumuler les eaux de pluie pour permettre aux troupeaux de boire). En effet, certaines lavognes étaient construites en rebouchant partiellement des avens pour profiter du creux naturel. On raconte que toute cette eau est ressortie à la grotte de Baume Dolente dans un fracas tel que les habitants du petit hameau de Montagut, à plusieurs kilomètres de là, l'ont entendu gicler pendant 2 jours !

Un autre témoignage atteste qu'au cours de l'hiver 1877 il y ait eu un autre effondrement, très vaste également, sans plus de précision.

Une autre source écrite (pcl, p. 26) fait mention d'un lac temporaire qui se serait créé en 1882, et dont le fond aurait cédé violemment, donnant naissance à l'aven... Ce récit ressemble suffisamment à celui de 1875 pour imaginer qu'il s'agit d'un seul et même événement.

Dans les années 50, le spéléo-club nîmois, persuadé que l'aven de Montgros est un regard direct sur le drainage souterrain de la can, décide de s'y pencher sérieusement. De nombreuses séances de désobstruction permettront de gagner quelques mètres mais ne donneront hélas jamais à Montgros les dimensions d'une grande cavité.

Il a aussi une configuration particulière, en deux puits parallèles reliés entre eux par une galerie horizontale d'une dizaine de mètres de long. L'un des puits a été bouché (probablement par les agriculteurs ?) par un linteau de béton en une période sans doute déjà reculée (début du XXème ?), il s'est débouché naturellement en 2004.

Si on a le pied sûr, on peut descendre sans corde dans la première partie de l'aven, en suivant la pente naturelle de la profonde faille, côté nord. On arrive sur un sol caillouteux, probablement un colmatage de la faille par les sédiments tombés du plateau. C'est là que s'ouvre la courte galerie qui mène au second puits. Elle est facile à parcourir, presque sans lumière car on y distingue un soupçon de lueur du jour arrivant des deux côtés à la fois... La galerie débouche à mi-hauteur d'une vaste faille dont le sommet émerge à l'air libre (le second puits). Le linteau en béton est nettement visible à quelques mètres au dessus. On ne peut pas aller plus loin sans un tout petit peu de matériel (et de technique) spéléo. Il faut en effet descendre une verticale de quelques mètres pour rejoindre le plancher caillouteux du second puits. Une dernière courte verticale se désescalade ensuite facilement pour rejoindre une galerie basse, inconfortable et humide, qui conduit au siphon terminal.

C'est là qu'en 1982 et 1983, ont été réalisés des "traçages" hydrogéologiques (mesures permettant de connaître la destination des eaux souterraines) qui ont permis d'éclaircir un aspect passionnant de ce lieu : l'aven de Montgros est la pièce centrale de l'étrange "diffluence" qui sépare les eaux souterraines de la Can : selon les régimes de pluie, les eaux qui pénètrent à Montgros ressortent, côté Méditerranée (à la grotte de Tartabisac) ou côté Atlantique (Baume Dolente)

A l'entrée de cette galerie, on peut voir de magnifiques veines de chaille, qui apparaissent d'une blancheur éclatante dans les calcaires grisâtres.

L'aven est en perpétuelle évolution : au début des années 80, des spéléos signalent qu'il s'est subitement approfondi de plus 10 mètres (sans doute la petite désescalade et la galerie terminale ?) et qu'il est resté instable car ce creusement s'est effectué au sein d'éboulis et de sédiments fragiles.

Tous ces aspects passionnants font de l'aven de Montgros un objectif de balade très prisé par la famille lorsque le dimanche après midi s'avance et qu'il faut sortir s'aérer après le repas.

Merci à Daniel André pour les informations historiques.

06/07/2009
14/12/2007
17/12/2014
Notes sur l'aventure de la découverte du corail du Serre de Montgros Les prairies de Montgros, ou "le p'tit coin magique"
A lire dans cette rubrique
Aven de la ferme de Montgros.
Aven de la ferme de Montgros
L'aven de Montgros.
L'aven de Montgros, la plus grosse ouverture à la surface de la can de l'Hospitalet
L'aven du petit coin magique.
Aven du petit coin magique
La diffluence Montgros - Baume dolente - Tartabisac.
Des traçages effectués à l'Aven de Montgros le 1er mars 1982 et le 25 avril 1983 par Guilhem Fabre et Yves Maurin ont montré que les eaux qui s'y engouffrent descendent ordinairement vers les exurgences de Baumale et la grotte de Baume dolente.
La ferme de Montgros.
Au sud du serre de Montgros, au milieu des prairies, se niche ce qui reste de la Ferme de Montgros
Les coraux fossiles de la can de l'Hospitalet.
Quelques coraux fossiles de la can de l'Hospitalet
Les prairies de Montgros.
Au sud du serre de Montgros, entourant l'ancienne ferme de Montgros, de vastes et belles prairies se développent d'est en ouest.
Les prairies de Montgros, ou "le p'tit coin magique".
Au pied du versant sud du serre de Montgros, il existe un ensemble de prairies tout à fait uniques à mes yeux, que les enfants ont d'ailleurs spontanément nommées "le p'tit coin magique", c'est pour dire...
Notes sur l'aventure de la découverte du corail du Serre de Montgros.
La fantastique aventure scientifique de la découverte des coraux du Serre de Montgros, racontée minute après minute sur un rythme haletant
Poche de la ferme de Montgros.
Poche de la ferme de Montgros
Source de Montgros.
La source de Montgros est un puisard situé le long de la piste qui va vers la ferme de Montgros.
Skip Navigation Links
A propos du site "Rêve éveillé"
Si ce site vous a été utile
Toutes les pages