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Une semaine-type

La manière dont se déroule une semaine change évidemment chaque année, et au cours d'une même année. Dans le témoignage qui suit, je regroupe au sein d'une semaine imaginaire un certain nombre d'événements qui arrivent régulièrement et sont, eux bien réels.

Lundi. La reprise.

Comme chaque lundi matin, je prends une heure pour faire un peu le point de tout ce qui est en cours. Je ressors mon cahier de notes, et je liste les choses à faire.

Classiquement il ressort que j'ai plein de petits trucs administratifs à régler. C'est toujours par ça que je commence ma semaine, j'ai l'impression de ne pas être en sécurité pour faire de la musique tant que ce n'est pas réglé.

On est en début de mois, il faut que je fasse le bilan des cachets du mois précédent pour faire mon actualisation à l'ASSEDIC et permettre le prolongement de mon statut d'intermittent. Je passe en revue les cachets, additionne les heures, puis fais mon actualisation par internet.

Deux feuillets guichet unique sont revenus, l'employeur avait oublié de mettre son numéro d'affiliation et le guichet unique ne peut pas (ne veut pas, ils pourraient facilement retrouver ce code !!!). J'appelle le guichet unique, remplis les formulaires et les réexpédie. Que de temps perdu avec ces conneries !

Un de mes élèves d'accordéon m'a demandé s'il serait possible d'organiser un jour un stage de musique d'ensemble hors temps scolaire. Je commence à réfléchir à la chose, regarde des dates, appelle d'autres personnes pour voir si c'est une demande partagée. Réponse affirmative, je prends une demi-heure pour commencer à écrire le contenu du stage... Que de demandes.

L'après-midi, je consacre deux heures à la recherche de nouvelles partitions pour mes élèves débutants en accordéon diatoniques. depuis 2 ans je tourne avec une dizaine de morceaux, j'en ai marre et puis ce n'est pas super de faire jouer la même chose à tout le monde. Je fais des recherches sur Internet et trouve une quinzaine de choses intéressantes.

Mardi. La répet Bas les Pattes

Bas les Pattes est l'un des groupes dont je fais partie. Cette année, à ma grande satisfaction, nous avons décidé de répéter une journée par semaine. Une belle tranche horaire, suffisamment longue pour avoir le temps de travailler à fonds sans être speedés. Aujourd'hui c'est la reprise, je prends une demi heure pour rebrancher la sono dans la pièce qui nous sert de répet (c'est chez moi) puis pour faire un bon ménage car ça commence à être vraiment crad. Pris dans le mouvement, j'entame un ménage général de la maison.

C'est l'un des avantages de mon métier : j'organise mon temps comme je veux. Etant donné que je travaille souvent en soirée et le WE, j'essaie de récupérer un peu de ce temps en consacrant du temps à la maison et aux enfants. Chaque jours, je consacre environ une heure à du ménage, de la vaisselle... C'est un moment qui m'est peu à peu devenu agréable, car je fais fonctionner mes mains et pas trop ma tête. J'en ressors généralement apaisé. Et puis, en empilant du linge, on peut parfaitement composer de la musique en silence ou organiser sa journée...

10 heures... Chacun arrive peu à peu... en retard, comme toujours. Bah, c'est comme ça, il faut pas se prendre la tête. On se fait une heure de reprises de morceaux déjà maîtrisés pour se mettre dans l'ambiance. Une discussion est ensuite lancée sur la réorganisation du répertoire : qu'est-ce qui doit être retravaillé, laissé en l'état, supprimé... Une heure vraiment très utile. Puis deux heures de travail sur de la nouveauté. On tourne un morceau en cherchant des trucs, peu à peu ça prend forme, on se met d'accord sur des ambiances, des interprétations... Un travail lent mais passionnant, dont in sent qu'il débouchera sur des choses intéressantes.

18 heures. Les enfants arrivent, c'est fini pour moi. A la semaine prochaine !

Mercredi. Le break familial.

J'essaie chaque fois que c'est possible de me garder le mercredi après-midi libre pour être avec les enfants car il y a des activités, des conduites à faire. Cette demi-journée est tout de même généralement entrecoupée de micro-coupures professionnelles.

Ce matin c'est Eric qui m'appelle, il aimerait jouer de la musique des balkans. Il connaît deux personnes intéressées mais il lui semblerait bien qu'il y ait un accordéon, il a pensé à moi pour ça. On cause un moment, je dis que j'ai besoin de réfléchir.

Durant tout le reste de la journée j'accomplis les gestes habituels du mercredi en pensant à cette proposition. Je fais déjà partie de plusieurs groupes, c'est du temps de répétion, beaucoup d'énergie... Est-ce raisonnable de s'investir dans un nouveau projet ? Question subsidiaire, mais importante tout de même : est-ce qu'un tel groupe tournerait ?

Par ailleurs, ce style de musique m'attire depuis plusieurs années, j'en joue un peu, c'est une bonne occasion de se lancer un peu plus sérieusement.... on verra ça un peu plus tard.

Jeudi

Je m'aperçois que depuis le début de la semaine... je n'ai pas touché un instrument pour moi-même. Je m'octroie royalement une heure d'accordéon, durant laquelle j'essaie de réussir enfin à jouer un petit two-step-rock de ma composition, qui m'a toujours posé problème jusque là. Pour la première fois, j'arrive enfin à l'enchaîner, mais quel boulot ! La tête me tourne...

Fin de matinée. Je dois rendre prochainement la maquette d'une "démo" qu'on a enregistrée avant l'été avec Pierry. C'est un duo de musique de Méditerranée, on a le projet de proposer notre répertoire à une association qui fait de la programmation dans les écoles, pour être sélectionné il faut leur fournir un enregistrement. Je me remets laborieusement dans le truc, en réécoutant les diverses versions enregistrées d'un morceau pour repérer les meilleurs passages. Ca fait longtemps, j'ai un peu oublié, je peine... Finalement j'opte pour le dernier enregistrement, mais la fin est ratée, je la prends dans le précédent. Je fais ce que je peux, en final le résultat n'est pas terrible, je n'ai pas le temps de faire mieux ce matin, je ne suis pas content de moi, j'aurais dû attendre d'avoir plus de temps, il va falloir que j'y revienne !

Dans l'après-midi, je ressors un enregistrement de la dernière répétition d'El Pueblo. On se voit ce soir, et il y a un morceau dans lequel je me plante sans cesse. J'aimerai arriver à la répet en ayant quelque chose de présentable à jouer, sinon je vais me faire regarder de travers. Je progresse un peu, mais je réalise une fois de plus que pour vraiment bien intégrer quelque chose, il faut s'y prendre beaucoup plus à l'avance et travailler un peu chaque jour... Rien ne sert de courir, il faut partir à point !

19 heures. Départ pour la répet El Pueblo. 1 heure 15 de route jusqu'au delà d'Alès. C'est mon moment calme. dans la voiture je pense à l'avenir, de nouvelles idées me viennent souvent, je regrette toujours de ne pas avoir un petit magnéto avec lequel je pourrais enregistrer tout ce qui me vient en tête pour l'exploiter ensuite, car généralement le lendemain tout est oublié.

20h30 à minuit. Répet. 8 personnes dans une petite pièce voûtée. Il fait très chaud près des radiateurs à pétrole, très froid ailleurs, j'ai mal au cul après deux heures sur cette chaise dure. Parfois on se prend la tête sur un morceau qui n'avance pas, parfois on a l'impression de faire du bon travail... Mais l'ambiance est sympa, on est contents d'être là.

Au lit à 2 heures du mat'

Vendredi : les cours

Je donne des cours assez loin de chez moi, en vallée française, à 50 minutes de voiture. Pour éviter les frais de déplacement et la perte de temps, je les ai regroupés au maximum : 9 heures dans la journée. C'est trop, je sais, mais que faire ? Heureusement, comme souvent, sur 9 élèves il y en a souvent un qui ne peut pas venir. J'ai de la chance, ils sont tous super consciencieux, ils me préviennent. Hier Maguy a appelé pour me dire qu'elle ne serait pas là. J'ai hésité : tasser tous les cours un peu plus, ou me garder une pause ? Pour cette fois j'ai choisi cette option. 

J'arrive un peu à la bourre à Saint Etienne. J'ai foncé dans les petites routes des Cévennes, c'est pas bien parfois je me suis fait un peu peur...

C'est le matin, il fait frais et clair, dans le ciel comme dans ma tête. J'enchaîne 3 heures avec 3 élèves en accordéon diatonique. Ce sont des adultes, tous très sympa et très motivés, j'ai beaucoup de chance. Voici mon heure de pause. Un petit tour au soleil dans le village, avec le pique-nique et un bouquin, que je garde toujours dans ma malette en cas d'absence d'un élève. J'ai aussi dans cette optique un livret de gammes de guitare à travailler, mais le plus souvent, lorsqu'une fenêtre s'ouvre dans cette journée marathon, je préfère le roman !

En début d'après-midi, je consacre 2 heures à 3 élèves en même temps : ils ont commencé à jouer ensemble régulièrement et m'ont demandé de les aider à s'organiser collectivement. On travaille su deux morceaux. Ils les connaissent déjà mais voudraient les améliorer, faire en sorte que ça ne soit pas trop répétitif. On essaie des trucs, je les conseille sur des ambiances rythmiques, on écrit des voix... J'adore ce genre de moment, moins hard pour moi qu'un cours individuel, car je passe une partie du temps à écouter, tout simplement, et le résultat est très rapidement visible. Tout le monde est content.

16 heures. Je prends la voiture et file au village suivant, à 1/4 h d'heure d'ici, pour être à la sortie de l'école. J'ai trois jeunes élèves de guitare. Ambiance très différente, les enfants sont moins acteurs de leurs cours, je ne comprends pas toujours ce qui les motive, les accroche... On tente des trucs, lorsque je constate que ça marche j'essaie de creuser cette voie... Je suis rarement très serein avec les enfants, je doute de l'intérêt de ce que je leur propose... j'ai un peu l'impression de faire du remplissage... et pourtant ils reviennent, et ils ont l'air contents. Allez comprendre !

Les derniers cours sont longs, fastidieux. J'ai la tête farcie de musique, de conseils, d'attention trop longuement soutenue. 

18h30. 50 minutes de voiture pour le retour. Le calme. Je roule en silence, contemplant les paysages fabuleux des Cévennes. Je suis crevé, mais heureux. J'ai le sentiment d'avoir vraiment mérité mon salaire, et je me dis que je ne suis pas le plus malheureux des hommes.

Week-end

Pas de concert cette semaine. Repos total. Ouf

25/05/2009
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