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Marc Lemonnier
Démocratie participative
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B6 : Prendre une décision collective

La prise de décision collective est parfois, par simple manque de méthode, un moment délicat d’une réunion. Voici quelques conseils simples d’animation pour se donner de bonnes chances d’aboutir à une décision satisfaisante tout en respectant la diversité des opinions et les besoins des personnes.

 

1 - Poser le cadre

Présenter la démarche que l’on va appliquer. Par exemple :

·        Premier tour de table d’expression des ressentis.

·        Expression – identification des enjeux concernant le sujet.

·        Propositions de solutions possibles (travail de recherche et créativité).

·        Positionnement du groupe par rapport à ces solutions

Préciser que la validation finale se fera en essayant de tendre vers l’unanimité, et dans tous les cas en essayant de respecter toutes les positions.

 

2 - Recueil des ressentis

·        Donner une minute aux participants pour mettre individuellement par écrit leur ressenti personnel concernant le sujet traité.

·        Faire un rapide tour de table : chacun exprime son ressenti sans argumenter sa position et sans débat de la part du groupe. Chacun a le droit de ne pas s’exprimer.

 

3 - Identication des besoins

·        Durant les expressions individuelles l’animateur essaie, par questionnement des personnes qui s’expriment, de faire expliciter les besoins de chacun par rapport au sujet traité :

o       Concernant les enjeux personnels et professionnels.

o       Concernant les enjeux individuels et collectifs (de quoi ai-je personnellement besoin, de quoi notre groupe a besoin)

·        Faire une synthèse de l’ensemble des besoins exprimés, et rappeler qu’ils sont tous légitimes.

 

4 - Elaboration de solutions

·        Donner une minute aux participants pour mettre individuellement par écrit des pistes de solutions. Consigne : les propositions élaborées doivent, dans la mesure du possible, respecter les besoins identifiés précédemment.

·        Faire un tour de table, sans discussion durant un premier temps.

·        Faire une synthèse des propositions : sont-elles convergentes ? Divergentes ? Compatibles ? Regrouper celles qui se ressemblent.

·        Animer un débat sur l’ensemble des propositions. Faire exprimer les arguments de chacun.

·        Faire régulièrement une synthèse des différentes solutions en cours d’élaboration, en rappelant les différents avantages et inconvénients exprimés par l’ensemble des participants (s’aider d’un visuel aide bien !).

·        Si une opposition perdure entre plusieurs alternatives, faire exprimer par chacun les concessions qu’il est prêt à faire sur sa propre proposition, et inversement ce dont il aurait besoin pour accepter une autre proposition.

 

5 - Positionnement du groupe

·        Faire un sondage pour recueillir le positionnement de chacun sur les différentes propositions élaborées.

o       S’il y a unanimité sur l’une des propositions elle peut être validée.

o       S’il y a presque unanimité, évaluer si les personnes qui ne sont pas d’accord accepteraient de mettre en pratique l’alternative la plus représentée, et ce dont ils auraient besoin pour l’accepter.

·        Si l’on est loin de l’unanimité

o       Soit relancer une phase d’élaboration de solutions (si possible en laissant passer un peu de temps, une pause, ou en remettant à une prochaine réunion s’il n’y a pas d’urgence).

o       Soit mettre en place une « décision unanime non uniforme » (voir encadré)

La décision unanime non uniforme

Prendre une décision unanime non uniforme consiste à décider, tout ensemble, que l’on ne va pas tous faire la même chose.

Exemple : un collectif d’intermittents du spectacle se met en place pour mieux défendre leur statut précaire. Les plus radicaux exigent que tous annulent les concerts et organisent des manifs à la place. Or certains ont un enjeu financier important (il leur manque quelques cachets pour avoir leur statut), d’autres ne se sentent pas à l’aide dans les manifs, d’autres enfin, par respect pour le public, n’aiment pas le principe même d’annuler un concert, etc…

Il est finalement décidé que certains annuleront leurs concerts pour aller manifester devant la préfecture, et que d’autres maintiendront leurs concerts mais parleront à leur public à cette occasion.

La décision unanime non uniforme, lorsqu’elle est possible, présente de nombreux intérêts :

·        Le groupe reste soudé puisque la décision est unanime

·        Chacun est respecté dans ses opinions, ses besoins et ses peurs

·        Chacun est au meilleur de son efficacité dans l’option qu’il choisira, l’efficacité globale de la décision est donc meilleure

·        Sentant ses opinions et besoins respectés, chacun aura plus de facilité à faire un geste « arrangeant » vers ceux qui en ont d’autres (exemple : un intermittent non manifestant pourra décider de venir à une des manifs lorsque ça ne chamboulera pas ses concerts)

Pour qu’une décision de ce type puisse être mise en place de manière efficace, il faut bien s’assurer à l’avance que tous respecteront de bonne volonté l’ensemble des options prises.

·        Faire voter la proposition finale pour bien formaliser les choses.

Fiche en partie rédigée sur la base d’écrits et d’interventions de Hervé Ott de l’EICCC (voir bibliographie).

13/05/2012
B5 : Coordonner le déroulement d'une grosse réunion B7 : Préparer les salles de travail
A lire dans cette rubrique
A1 : Préparer sa première réunion.
Si vous êtes perfectionnistes, la préparation et l’animation de réunions respectant les principes de la démocratie participative vous permettront de vous régaler car il est toujours possible de faire mieux, plus performant, plus efficace, plus participatif.
A2 : Préparer l'ordre du jour d'une réunion.
En démocratie participative, la préparation d’un ordre du jour nécessite que l’on porte une attention toute particulière à associer les participants au choix des sujets à traiter.
A3 : Etablir le planning de la réunion.
Le planning est construit à partir de l’ordre du jour, mais il apporte beaucoup de précisions supplémentaires, comme la durée de la réunion, l’ordre de traitement des sujets, les durées de travail consacrées à chaque sujet, les méthodes de travail employées, les configurations de groupes, etc.
A4 : Préparer la logistique de la réunion.
La logistique des réunions n’est évidemment pas l’objet central de cet ouvrage. Voici tout de même, sous forme d’inventaire à la Prévert, quelques aspects auxquels il sera utile de penser pour améliorer les conditions du travail, et donc sa qualité.
A5 : Préparer les débats.
Durant cette phase, le coordinateur s’assure que chaque sujet à traiter est préparé comme il faut, c’est-à-dire que tous les atouts seront réunis pour que le travail avance au mieux sur ce sujet.
A6 : Préparer et mener une séquence d'information.
L’apport d’information est la première étape d’un processus décisionnel (qui en comprendra ensuite 2 autres : la réflexion et la prise de décision), mais elle peut aussi être utilisée en tant que tel, juste pour informer le groupe, ou pour lancer une réflexion sans objectif décisionnel.
A7 : Préparer une réunion de taille moyenne.
La présente fiche se positionne dans le cas de figure d’une réunion d’importance moyenne (une journée, une trentaine de participants).
A8 : Préparation d'une grosse réunion.
La préparation d’une grosse réunion (exemple : plusieurs dizaines à plusieurs centaines de personne durant plusieurs jours) suit la même logique chronologique générale que pour une petite, mais nécessite une grosse équipe de préparation et d’animation.
A9 : Préparer une réunion pour un groupe qui n'a pas l'habitude de la démocratie participative.
Comment faire lorsque le groupe que l’on doit réunir ne sait pas ce qu’implique concrètement de travailler en démocratie participative ?
B1 : Animer sa première réunion.
L’objet de cette fiche très concrète est de vous guider pas à pas dans le déroulement de votre première réunion, afin de vous aider à ne rien oublier.
B2 : Introduire la réunion.
Les premiers instants d’une réunion sont très importants. C’est à ce moment que l’ambiance s’installe, que l’esprit dans lequel la réunion a été préparée « passe ».
B3 : Conclure une réunion.
Une réunion ne devrait pas en principe se terminer « sans fin », c’est à dire sur les dernières discussions concernant le dernier sujet à traiter.
B4 : Mettre de la convivialité dans une réunion.
La convivialité n’est pas une fin en soi dans une réunion. Elle peut cependant beaucoup apporter, tant au niveau du bien-être des participants que de l’efficacité même des travaux
B5 : Coordonner le déroulement d'une grosse réunion.
Une part du travail du coordinateur est terminée lorsque la réunion commence. Le déroulement nécessite cependant une grande attention de sa part pour s’assurer que tout le monde est « à son poste », et fait bien au moment opportun le travail qu’il s’est engagé à faire.
B6 : Prendre une décision collective.
La prise de décision collective est parfois, par simple manque de méthode, un moment délicat d’une réunion
B7 : Préparer les salles de travail.
L’allure des lieux a une influence directe et immédiate sur les relations qui vont s’établir entre les participants d’une réunion, et l’ambiance de travail qui va se mettre en place.
C1 : Quelques méthodes de gestion de la parole.
Voici quelques règles ou méthodes à mettre en application par l’animateur de la séquence
C2 : Mener un bilan de réunion.
Voici une démarche simple et éprouvée pour mener un bilan en fin de réunion.
C3 : mener une rlexion colletive de manière interactive : la méthode des "papiers volants".
Voici une méthode pour lancer la réflexion sur un sujet au sein d’un groupe. Elle peut être utilisée seule ou comme première étape d’un travail de réflexion.
C4 : Mener une réflexion collective.
Voici une méthode pour mener une réflexion sur un nouveau sujet au sein d’un groupe. Elle peut être utilisée seule ou comme première étape d’un travail qui se prolongera ensuite.
C5 : Quelques attitudes de gestion des conflits.
Si l’ambiance au sein du groupe est mauvaise, que les discussions sont conflictuelles et se déroulent dans une atmosphère d’agressivité ou de violence, l’animateur peut intervenir assez simplement et de manière efficace.
C6 : Préparer et animer une réunion téléphonique.
Nous essaierons dans cette fiche d’identifier les points particuliers sur lesquels il faut être vigilant en réunion téléphonique.
C7 : Les suites d'une réunion.
Toute réunion s’inscrit dans un processus commençant avec sa préparation et s’achevant par sa valorisation. Quand la réunion est terminée, il reste donc un travail non négligeable, au moins pour quelques personnes !
C8 : Commencer avec un groupe débutant.
Le premier contact avec les méthodes de travail respectant la démocratie participative est souvent déconcertant pour des gens qui n’en ont pas l’habitude (c’est à dire une grande partie de la planète !).
D1 : Etre simple participant à une réunion.
Travailler en démocratie participative signifie s’efforcer d’avoir un niveau d’implication personnelle fort. Cela est valable concernant les sujets traités durant la réunion, cela peut aussi s’appliquer à la manière dont se déroule la réunion elle-même. Chaque participant devra mettre du sien pour que tout se passe au mieux.
D2 : Etre garant d'une réunion.
Le garant est une personne qui garde du recul sur le déroulement d’une réunion pour veiller à ce que le fond (les sujets traités) et la forme (les méthodes de travail employées pour travailler sur les sujets) restent bien en accord avec les valeurs du groupe, et soient efficaces.
D3 : Etre rapporteur d'une réunion.
Le rapporteur est chargé de retransmettre, de manière synthétique et fidèle, les contenus d’un débat. Cette fonction nécessite donc des qualités de synthèse et d’objectivité.
D4 : Etre secrétaire d'une réunion.
D5 : Etre animateur d'une séquence.
Un seul animateur suffira pour une réunion courte (moins de 2 heures). Au-delà, il est conseillé de travailler à plusieurs, chacun étant responsable d’une séquence.
D6 : Etre coordinateur d'une réunion.
La préparation d’une grosse réunion nécessite une équipe qui peut être importante. Cette équipe doit elle-même être animée et organisée, d’où la nécessité d’un(e) coordinateur(trice).
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