Rêve éveillé Si vous voulez m'aider, achetez mon livre :
"Sacré mont Blanc"
Chez
Marc Lemonnier
Démocratie participative
Recherche sur le siteNouveau sur le site
Skip Navigation Links
Accueil

L'alternance des modes de travail

L’alternance est un excellent moyen pour que le groupe et ses participants n’atteignent pas leurs limites physiques, psychiques et émotionnelles, et soient dans de bonnes conditions pour être efficaces. Elle est à pratiquer sans restriction ni excès au cours d’une réunion. Voici plusieurs types d’alternance qu’il est utile de combiner.

 

Alterner les configurations du groupe

Classiquement, on distingue deux familles de « configuration du groupe » :

·        Le travail en « grand groupe ». Il rassemble tous les participants à la réunion

·        Le travail en « petits groupes ». Les participants se divisent en plusieurs sous-groupes

Travailler en grand groupe ou en petit groupe n’offre pas les mêmes avantages et inconvénients.

 

Avantages

Inconvénients

Grand groupe

Permet le recueil d’un plus grand nombre d’idées

Permet la « mise à niveau » de tout le monde

Permet la validation d’un sujet

Globalement plus lourd à gérer que le petit groupe

Intimide certaines personnes qui ne s’y expriment pas

Temps de parole court pour chacun

Nécessite obligatoirement un animateur

Exacerbe les tensions, favorise les clivages

Petit groupe

Globalement plus facile à gérer que le grand groupe

Facilite les échanges

Permet d’accorder plus de temps de parole à chacun

Les timides peuvent arriver à s’y exprimer

Ambiance moins solennelle, plus facilement détendue

Les temps de négociation y sont plus courts

N’a pas la légitimité du grand groupe pour valider des propositions

Produit un moins grand nombre d’idées

Demande plus de temps (temps nécessaire pour se reconcentrer, temps de retransmission au grand groupe, …)

 

D’une manière générale, on peut dire que :

·        Le travail en grand groupe est idéal pour informer d’une situation, recueillir beaucoup d’idées, lancer une réflexion et valider des propositions. Il n’est pas approprié pour faire de la construction de propositions ou de l’organisation d’idées

·        Le travail en petit groupe est au contraire approprié pour la construction de propositions, l’organisation d’idées… mais il s’avère également très efficace pour recueillir des idées (car il facilite l’expression).

Seule une réunion uniquement consacrée à informer le groupe peut éventuellement s’envisager sans passage en sous-groupe. Dans les autres types de réunions il sera très utile, voire indispensable, de pratiquer une alternance entre les deux types de travail, en respectant quelques principes :

·        Il vaut toujours mieux commencer et terminer une réunion en grand groupe, même pour une durée très courte.

·        Une validation se fait toujours en grand groupe.

·        Dans la mesure du possible, les personnes composant les petits groupes doivent être représentatives de la diversité du grand groupe (en terme de connaissance des sujets, de position…), sinon le travail du petit groupe risque d’être complètement remis en question par le grand groupe.

 

Alterner les niveaux d’enjeu des discussions

Plus l’enjeu d’une discussion est fort, plus celle-ci aura tendance à être tendue et difficile. Il n’est pas souhaitable pour le groupe de travailler trop longtemps sur des sujets à enjeux forts. L’alternance « sujet à enjeux faibles / sujets à enjeux forts » permet une meilleure efficacité et un plus grand bien-être du groupe.

 

Alterner les lieux

Le lieu dans lequel se déroule une séquence a une grande importance sur le déroulement de cette séquence. Rien de tel par exemple qu’une séquence de travail sur l’herbe pour lui enlever son caractère solennel ou faire baisser une tension dans le groupe.

Quelle que soit la qualité des lieux dont on dispose, changer de lieu permet toujours de relancer la dynamique du groupe, voire si besoin de repositiver une ambiance mal engagée. Si on se déplace vers un autre lieu, cela veut forcément dire que l’on commence un nouveau travail…

L’importance de la disposition des lieux

Il est étonnant de constater l’importance qu’a la disposition des lieux sur le comportement des personnes et du groupe. Plus la disposition met en valeur des personnes plus que d’autres, plus ces personnes auront d’importance aux yeux des autres participants, plus les débats seront centrés sur eux. Inversement, les dispositions « égalitaires » aident à gommer les différences hiérarchiques.

Il est généralement pertinent, lorsque cela est possible, de changer régulièrement de configuration des lieux en fonction de l’objectif du travail en cours.

Voir aussi :

- Fiche pratique B7 (Préparer une salle de travail)

 

Alterner les rythmes de travail

Une séquence de travail, quel que soit son type (validation, construction collective) ne peut plus guère être efficace au delà d’1 heure ½. La fatigue intellectuelle augmente, la saturation guette, les gens commencent tous à avoir envie d’aller aux toilettes ou de fumer une cigarette. Il est indispensable d’offrir de réels moments de pause aux participants si un moment de travail dépasse cette durée.

3 évidences concernant les rythmes de travail

Evidence 1 : une personne met un certain temps à se mettre dans une nouvelle ambiance. Au début d’une réunion chacun doit pouvoir faire la rupture avec ce qu’il a vécu juste avant, se mettre au diapason du groupe, du lieu, etc…

Evidence 2 : une personne met un certain temps à « entrer » dans un sujet. Même en étant déjà un peu « au courant », il faut s’y replonger, oublier le sujet précédent. Si le sujet est complètement nouveau, ce temps est évidemment plus long. Selon les cas, la durée d’appropriation peut varier de quelques minutes à une demi-heure.

Evidence 3 : une personne « sature » au bout d’un certain temps. On retrouve ici la notion de limites physique, psychique ou émotionnelle évoquée au chapitre « Les capacités individuelles », p. 18

 

Alterner les modes de communication

Trop souvent le mode de communication utilisé durant les réunions reste l’oral. Se limiter à l’oral présente deux inconvénients majeurs :

·        Tout le monde n’a pas la même réceptivité à l’oral (c’est un principe de base de la différenciation pédagogique)

·        Une même personne sature inévitablement de l’oral au bout d’un certain temps

Pour ces raisons, il est recommandé de diversifier les mode de communication et de travail :

·        L’écrit individuel (par exemple un document distribué) est palpable, il permet aux participants de prendre un moment « seuls » lorsqu’ils lisent ou écrivent. Chacun avance à son rythme. Il est idéal pour les phases de mise à niveau d’information.

·        L’affichage (sous forme de paperboard, rétroprojecteur, vidéoprojecteur…) a un impact beaucoup plus collectif. Tous les participants voient la même chose au même moment. Il demande une attention plus soutenue que l’écrit individuel. Il est idéal pour les phases de validation. Le vidéoprojecteur, grâce à l’interactivité qu’il apporte, est très utile pour les phases d’élaboration collective.

·        L’oral garde bien sûr toute sa valeur, mais dans ce contexte il se transformera souvent en un second moyen de communiquer, pour commenter des écrits papier ou des affichages.

 

Aménager des espaces de repos et de ressourcement

Pour gérer au mieux ses temps de repos, l’être humain doit être pris en compte dans toutes ses composantes, physique, intellectuelle et émotionnelle.

Le repos physique

Il s’agit de satisfaire les besoins élémentaires du corps : boire, manger, éventuellement dormir, pratiquer une activité physique, ...

Le repos intellectuel

Il se prend en diminuant son activité de réflexion ou d’échange d’idées. Un moment décisionnel long doit forcément permettre d’intégrer des temps durant lesquels on n’a pas à réfléchir, pas à assimiler d’information nouvelle.

Le repos émotionnel

On l’oublie souvent, et pourtant quelle importance il a ! Il se prend tout simplement en se mettant à l’écart des lieux de forte densité émotionnelle (ce peuvent être par exemple une discussion à enjeu fort très tendue, un moment d’enthousiasme débordant…). La planification et l’animation du processus décisionnel devront y être particulièrement attentives 

Assez souvent, les moments de validation de décision et les moments de dernière discussion avant validation sont tendus. Les moments d’information et de réflexion collective sont plus décontractés.

Le simple fait de laisser passer un peu de temps ou de se mettre en petits groupes apportera un peu de recul aux personnes et fera baisser la densité émotionnelle.

D’une manière générale, les phases de repos passent par :

·        des pauses longues, régulières, adaptées aux besoins et envies de chacun,

·        l’alternance des modes de communication et de la configuration des groupes,

·        l’interruption du travail si nécessaire.

Voir aussi :

- Fiche pratique A3 (Etablir le planning de la réunion)

- Fiche pratique A4 (Préparer la logistique de la réunion)

13/05/2012
Quelques démarches collectives
A lire dans cette rubrique
Les 4 forces du principe de réunion.
Si des centaines de générations d’humains de toutes cultures ont pratiqué la réunion sous toutes ses formes, c’est qu’il y a une raison ! Rassembler des personnes permet en effet au groupe de développer une importante puissance de travail, qu’il s’agisse de réflexion, de communication ou d’action.
Démarche de projet : rappel.
Quelques rappels sur la démarche de projet
Quelques démarches collectives.
Quelques démarches collectives
L'alternance des modes de travail.
L’alternance est un excellent moyen pour que le groupe et ses participants n’atteignent pas leurs limites physiques, psychiques et émotionnelles, et soient dans de bonnes conditions pour être efficaces.
Skip Navigation Links
A propos du site "Rêve éveillé"
Si ce site vous a été utile
Toutes les pages