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"Sacré mont Blanc"
Chez
Marc Lemonnier
La can de l'Hospitalet
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Rubrique : Les grottes
Préparation du matériel avant la plongée
Laçage des chaussures
Ne rien oublier...
Mmmm... tout est bon ?
Le cosmonaute en route vers sa capsule
Passage des bouteilles vers le siphon de Baume Dolente
Prêt à plonger
Immobile sous l'eau, dernier moment d'observation pour le plongeur
La lumière du plongeur disparaît peu à peu dans le premier siphon de Baume Dolente
Quelques dernières bulles s'échappent du siphon après la disparition des plongeurs

Plongée à Baume Dolente

Baume Dolente est une grotte située dans la vallée du Tarnon. Son large porche, abrité des regards par un dense taillis arboré, s'ouvre au pied des falaises de la can de l'Hospitalet, et se prolonge d'une vaste galerie de près de 50 mètres de long. Au cours des siècles, ce lieu caché a été souvent utilisé comme abri et cachette. Des hommes y ont séjourné depuis le néolithique. Bien plus tard, au XVIIème siècle, des assemblées protestantes secrètes s'y sont réunies, puis y ont été commémorées au début du XXème siècle. En 1944, des résistants y ont trouvé refuge...

Cette richesse historique fait de Baume Dolente un site emblématique des Cévennes. Mais la grotte présente également un bel intérêt spéléologique que peu de gens connaissent : au fond du porche d'entrée, un boyau étroit s'enfonce sous une paroi rocheuse et mène au bord d'une petite poche d'eau sous laquelle se prolonge une galerie inondée.

17 février 2007. Laurent et Damien, deux plongeurs spéléo, vont tenter de franchir le siphon pour reconnaître les suites du réseau. Les membres du spéléo-club de Florac sont là pour les accompagner dans cette opération délicate. C'est l'heure du pique-nique. Tout le monde est debout autour d'un bloc rocheux qui fait office de table. Le porche de Baume Dolente bruisse de blagues, de rires, et du tintement des verres qui s'entrechoquent. Mais bientôt, les deux plongeurs s'écartent du groupe. Lentement, à gestes mesurés, ils étalent au sol les différents composants de leurs équipement. A coup de gestes lents et soigneux, ils les disposent d'une manière bien précise. Comme une ménagère ajustant un pli de col, lorsqu'une boucle de corde n'est pas exactement dans la position souhaitée, ils la remettent en place d'un geste doux. Puis ils commencent à enfiler les multiples couches qui vont leur être utiles sous l'eau. La combinaison de plongée, d'abord, contre le froid. Ensuite, la combinaison spéléo, pour protéger la précédente. Le baudrier, enfin, pour attacher diverses choses utiles, et s'attacher soi-même en cas de besoin.

A quelques mètres, les conversations vont toujours bon train. Les plongeurs, concentrés sur chacun des gestes qu'ils font, n'échangent plus que de rares paroles, d'une voix si basse qu'elle en est presque inaudible. Il me semble soudain que dans ce petit coin de la grotte, la tension est légèrement montée.

Au bout d'un temps qui me paraît infini, ils semblent prêts. Ils se tiennent quelques instants côte à côte, en silence, comme si la suite des événements posait un problème. A la vérité, j'ai une explication. Je sais que si je me tenais à leur place, ici et maintenant, je serais mort de trouille. Me reviennent des souvenirs de parapente. Ce fameux moment où l'on est debout face au vide, sur un site encore inconnu, alors que les conditions météo ne sont pas totalement facile, et qu'il faut se décider à décoller ou non. Renoncer serait simple. Mais l'envie d'y aller est là aussi... lorsqu'il y a des gens autour, le moment est encore compliqué par cette légère pression de la fierté. Les émotions, contradictoires, s'entrechoquent. Est-ce précisément ce qui se passe en eux maintenant, ou sont ils simplement concentrés ?

Soudain, Laurent se redresse légèrement, et annonce à la cantonnade, presque trop doucement pour être entendu : "Bon... hé ben... on va y aller". Je m'attends à un mouvement collectif, une sorte de procession pour les accompagner jusqu'à l'entrée de la galerie noyée. Mais non. Les conversations se poursuivent normalement, entrecoupées de quelques "Bonne chance les gars", "A tout à l'heure", comme s'ils partaient pour une simple randonnée. Ces gens doivent avoir l'habitude, sans doute ont-il assisté à de nombreuses plongées du même genre. Me voilà seul avec les plongeurs. Je n'en mène pas large. On dirait que c'est moi qui vais plonger.

Laurent et Damien avancent à pas lents vers le fond de la grande galerie. Ils me font penser à deux cosmonautes qui rejoignent leur capsule avant la mise sur orbite. L'un après l'autre, ils se glissent dans la galerie qui mène au siphon. A mon tour je franchis l'étroiture en rampant dans le sable grossier.

La salle du siphon est minuscule. 3 mètres sur 4, peut-être, mais le plafond très bas permet juste de s'assoir. La moitié de la surface est occupée par un petit lac dans lequel le plafond plonge progressivement. La sensation est oppressante. Dans ce si petit volume, les respirations des deux plongeurs au travail résonnent anormalement fort. Je ne distingue pas bien la mienne dans cet ensemble, est-ce que je ne suis pas entrain d'étouffer ?

J'observe le lac. Au dessous de la surface de l'eau, j'aperçois la voûte qui plonge puis laisse place à une ouverture noire : le siphon. Il est large mais terriblement bas : 20 ou 30 centimètres à peine, dirait-on. Il me semble rigoureusement impossible que des êtres humains, hérissés d'accessoires divers de surcroît, puissent se glisser par là. Puis je comprends. De ma position surbaissée, j'observe la surface de l'eau avec un angle très aigu. La réfraction déforme ma perception de la réalité, comme quand on regarde ses pieds dans la rivière et qu'ils paraissent tordus. N'empêche... ça n'est certainement pas un boulevard.

Pendant ce temps, les plongeurs terminent les préparatifs. Ils attachent solidement leur fil d'Ariane à une excroissance rocheuse. Ce câble, qu'ils tireront derrière eux, leur permettra de retrouver leur chemin au retour même si la visibilité est mauvaise. Ils soupèsent leurs sacs, y ajoutent une pierre... ajustent une dernière fois leur harnachement.

Laurent se met à l'eau. Brrr. Les sacs attachés à son baudrier commencent par flotter puis, alourdis par les pierres, s'enfoncent tout doucement en se remplissant d'eau. Il reste immobile et silencieux quelques instants. Puis il met son masque et plonge la tête dans l'eau. Il observe la ligne noire du siphon. Attend encore. Son collègue ne dit rien. Que pense-t-il, que ressent-il en cet instant précis ? Je sens mon propre coeur battre à tout rompre. Comment peut-il prendre la décision de partir là-dessous ?

"A tout à l'heure". Il a prononcé ces mots sur un ton presque interrogatif. Il met son embout, étend les bras à la surface de l'eau, et se laisse submerger tout doucement. Lorsqu'il est entièrement sous l'eau, il reste immobile quelques secondes. Je le distingue nettement à travers l'eau claire. Le faisceau de sa lampe balaie la fente noire. Puis il donne une légère poussée. Son corps glisse lentement au dessus du sable et disparaît.

Damien se met à l'eau à son tour. Plus facilement, plus simplement, il me semble. Comme lorsqu'un premier parapentiste a décollé du site inconnu, et démontré que c'était possible ? Pourtant, il y a une petite difficulté supplémentaire à être le second. Sous l'effet des mouvements de Laurent, l'eau claire s'est maintenant chargée en particules d'argile. Elle n'est pas totalement opaque, mais on ne doit plus y voir à plus de quelques décimètres. Damien va sans doute devoir se guider au fil d'Ariane. Il est fou. Ils sont tous les deux complètement fous, c'est certain.

Le faisceau de lumière irradie quelques instants l'eau boueuse. La salle du siphon n'est plus éclairée que par cette surface luminescente, dont l'intensité décroit peu à peu. Quelques secondes plus tard, les derniers reflets s'éteignent définitivement. Me voici dans le noir total. Pendant encore quelques secondes, de grosses bulles viennent éclater à la surface de l'eau. Puis c'est le silence.

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Cette plongée et les suivantes ont permis d'en savoir un peu plus sur Baume Dolente. Le porche ne représente qu'une toute petite partie de la grotte. Au delà du siphon, une galerie de belle dimension continue plein nord. Elle est entrecoupée de salles importantes, et d'un second siphon que les plongeurs ont également franchi. A l'heure ou j'écris ces lignes, le réseau atteint près d'un kilomètre. Il se termine sur une "salle du murmure" et une salle "Cela pourra". Il reste sans doute encore beaucoup à découvrir là-dessous. La can de l'Hospitalet, parent pauvre de la spéléologie lozérienne, n'a pas dit son dernier mot.

18/04/2010
21/01/2009
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