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Marc Lemonnier
Démocratie participative
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Un dispositif internet approprié

Les groupes humains ont fonctionné des millénaires sans internet. Il n’est donc pas question ici de prétendre qu’il est impossible de s’en passer. Internet peut cependant s’avérer formidablement utile pour la démocratie participative, tout particulièrement pour les groupes d’effectifs nombreux et/ou répartis sur des territoires étendus.

La base d’un dispositif internet peut s’articuler autour de 2 outils assez simples à mettre en œuvre et à utiliser :

  • Les listes de diffusion, qui permettent une discussion à distance permanente entre les membres du groupe
  • Les sites web internes, qui permettent de rendre disponible facilement une grande quantité d’information aux membres du groupe

Les listes de diffusion

A quoi ça sert ?

Les listes de diffusion sont probablement le premier outil à mettre en œuvre pour favoriser la démocratie participative au sein d’un groupe.

Ce sont des systèmes de messageries collectives. Un message envoyé vers une liste de diffusion parvient simultanément à plusieurs (voire plusieurs milliers de) personnes. Il est nécessaire d’être « abonné » à la liste pour recevoir les messages. On peut être abonné à autant de listes que l’on souhaite.

L’organisation logique des listes de diffusion au sein d’un groupe est la suivante :

  • Une liste rassemble la totalité des membres du groupe
  • Chaque sous-groupe (exemple : le conseil d’administration, le bureau, les groupes de travail, les groupes de réflexion, etc…) a sa propre liste.
  • Il peut exister des listes thématiques rassemblant des personnes intéressées par un même sujet, même s’il n’existe pas de groupe officiel

Chacun peut donc, en dehors des moments de réunions, continuer à donner son avis et recevoir de l’information de la part des groupes dont il fait partie. Les listes de diffusion peuvent donc être considérées comme des sortes de « réunions virtuelles permanentes », au sein desquelles certains sujets peuvent être bien défrichés avant une réunion.

Comment les mettre en place ?

Plusieurs solutions techniques s’offrent à vous pour mettre en place des listes de diffusion :

  • Si vous avez des moyens financiers à y consacrer, adressez-vous à un prestataire de service internet qui pourra vous en créer et vous aider à les gérer. Les prix de départ restent toutefois assez modestes (de l’ordre de quelques euros par liste et par an)
  • Si vous n’avez pas de moyens financiers à y consacrer, certains serveurs d’accès proposent des listes gratuites. Il faut alors les gérer vous-même, ce n’est pas compliqué.

Comment les gérer au quotidien ?

Gérer une liste c’est avant tout effectuer régulièrement quelques manipulations techniques très simples (inscription des personnes, désinscription, mise à jour des adresses qui changent, etc…) sur lesquelles nous ne nous étendrons pas ici.

Mais gérer une liste c’est surtout s’occuper de la manière dont les abonnés l’utilisent. Une liste fonctionne comme un groupe normal. Elle doit donc comme un groupe normal être animée. Dans la plupart des cas, une liste non animée est morte (il ne s’y passe rien) ou inefficace (il n’y a pas de discussion structurée, beaucoup de hors sujet, etc…).

Les règles de base de l’animation d’une liste sont les mêmes que pour une réunion :

  • Envoyer régulièrement des petites infos concernant le groupe, sa vie, ses projets
  • Demander des réactions
  • Solliciter directement les personnes pour apporter des précisions, des avis, etc…
  • Limiter les bavards et les hors sujet
  • Etc… (vous trouverez des conseils dans la fiche « être animateur ???)

Le site web interne

Le web permet de rendre disponible facilement et à bon marché une grande quantité d’information, soit pour les membres du groupe, soit pour le « reste du monde ». Nous laissons ici de côté le cas du site web « public » (c’est à dire conçu pour être lu par qui veut) pour nous intéresser au site web interne, à destination du groupe.

Que mettre sur un site web interne ?

Il faut considérer le site web interne comme un centre de ressource permanent pour les membres du groupe. Ils doivent pouvoir y trouver le maximum d’information sur le groupe, les projets, les actions, etc… Voici quelques documents utiles à rendre disponibles :

  • Les textes fondateurs (charte, etc…)
  • Les bulletins de liaison
  • Les compte-rendus des diverses réunions
  • Les documents financiers : budgets prévisionnels, bilans…
  • Les dossiers préparatoires aux projets, les dossiers de demande de subvention
  • S’il en existe, les documents explicatifs divers pour mieux comprendre la manière dont fonctionne le groupe, le projet
  • Les publications produites par le groupe
  • … mais aussi tous les écrits produits par les gens du groupe : humeurs, articles de fonds, etc… Le web interne peut donc jouer un rôle proche de celui d’un bulletin associatif

La publication de ces informations pose évidemment un problème de confidentialité : et si une personne extérieure au groupe y avait accès ? Cela n’est pas forcément grave, cela peut même faire connaître le groupe et ses objectifs à d’éventuels lecteurs externes.

Si toutefois vous ne souhaitez pas laisser exister cette possibilité, la solution consiste à restreindre l’accès du site par un mot de passe. Cette fonctionnalité est offerte par beaucoup de logiciels d’édition de sites, sinon il faut la demander à la structure qui héberge le site web. Il faudra ensuite envoyer le mot de passe aux personnes autorisées.

La confidentialité pourra également poser un problème vis à vis des membres même du groupe. Certaines personnes n’aimeront pas spontanément livrer au groupe des informations comme les budgets, les compte-rendus de réunion… Si ces aspects posent réellement des problèmes, c’est que le groupe n’est pas mûr pour la démocratie participative !

Il est possible de créer plusieurs sites web internes, chacun destiné à un sous-groupe, un projet ou un sujet particulier. Les documents placés dans chacun doivent alors être adaptés aux lecteurs potentiels.

Comment procéder ?

Il existe aujourd’hui des logiciels de publication de sites web simples et intuitifs. Un site web interne ne nécessitant pas de prouesses graphiques et interactives pour attirer le lecteur (qui normalement y viendra de lui-même), la mise en place et la maintenance seront rapides. La tâche la plus longue est celle de la production de l’information : si les documents existent déjà par ailleurs sous une forme informatique, il n’y a qu’à les publier, ce qui est rapide et simple. Dans le cas contraire, le temps que nécessiterait leur écriture rendra souvent illusoire la mise en place d’un site web interne.

Attention : trop d’information tue l’information. Il faut donc bien organiser le site web pour que l’information soit facile à trouver. Il est en particulier utile :

  • De répartir l’information dans plusieurs rubriques aux titres explicites
  • De mettre en évidence dans chaque rubrique les derniers documents à jour, et de classer les autres dans une sous-rubrique « archives » qui contient les versions antérieures des documents
  • De donner des noms explicites à chaque document, et d’y faire figurer la date d’édition

D’autres outils

Internet propose beaucoup d’autres outils utiles pour la démocratie participative : les forums, les outils de travail contributif, le « tchat », etc… Leur mise en oeuvre est un peu plus complexe, il sera donc toujours temps de vous y intéresser lorsque les outils les plus simples auront été éprouvés !

Les limites

Internet est en phase d’expansion rapide au sein de la population française, mais… tout le monde ne l’a pas, et ne souhaite pas forcément l’avoir. Il faut donc faire attention à ne pas marginaliser ceux qui n’en sont pas dotés, et qui, rapidement, auront moins leur place au sein du groupe (ils recevront moins d’information, ils auront moins de possibilités de dire leur avis et de participer aux débats, etc…). Quelques conseils pour éviter cet écueil :

  • L’essentiel de l’information doit continuer à parvenir aux membres du groupe sur support papier (bulletin de liaison, etc…)
  • Régulièrement des réunions doivent continuer à jalonner la vie du groupe
  • Pour augmenter le pourcentage de connectés au sein du groupe il est utile de faire un peu de prosélytisme : organiser des séquences de sensibilisation à l’utilité d’internet, éventuellement conseiller les personnes pour s’équiper, imaginer des modes d’accès pour ceux qui ne l’ont pas (prêt de machines, etc…)
13/05/2012
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